Monte-Cristo ? …l’aventure continue ! (VI)

La Bastide Vieille, janvier 2025

 

SERVICE APRES-VENTE

«  d’autres « ajouts » à venir ! »

Je ne savais pas si bien dire !

Alors que ce texte était en préparation, le 12 décembre 2024, je découvre dans « « Le Figaro littéraire » un texte illustré qui couvre une page et demi et qui parle d’« Un chef-d’œuvre inconnu de Dumas ».

Formidable nouvelle !

Synthétisée en quelques lignes : « Les Éditions du Chêne publient pour la première fois l’intégrale de son guide du Musée des Offices à Florence. Sept tomes, dont une histoire de la peinture et une galerie de portraits de peintres. Retour sur une découverte exceptionnelle. 

…ce sont encore 1 700 pages que (l’on) tire de l’oubli. Six tomes au total (sept dans l’édition qui sort au Chêne), baptisés La Galerie de Florence. Soit un guide-catalogue du Musée des Offices, institution que Dumas lui-même estimait « la plus belle de toute l’Italie et par conséquent du monde ».

En beaucoup plus court, voici l’histoire de cette découverte : Continue reading

Monte-Cristo ? …l’aventure continue ! (V)

La Bastide Vieille, janvier 2025

Cette présentation a eu, aussi, le mérite de me faire découvrir le combat de Claude Ribes en faveur de la réhabilitation de la mémoire du général Dumas :  

« Depuis 2002, l’écrivain Claude Ribbe, biographe du général Dumas et fondateur de l’association des amis du général Dumas, mène campagne pour sa réhabilitation. Le 30 novembre 2002, à l’occasion de l’entrée au Panthéon d’Alexandre Dumas, il prononce un discours au Sénat devant le cercueil de l’écrivain et le portrait du général.

En 2006, pour le bicentenaire de la mort du général, il obtient que deux plaques commémoratives soient apposées… 

Le 4 avril 2009, une sculpture réalisée par Driss Sans-Arcidet est inaugurée à Paris, place du Général-Catroux, à la suite d’une demande de Claude Ribbe, formulée en 2002 et acceptée par le Conseil de Paris. Elle représente des fers d’esclaves brisés. L’association des amis du général Dumas milite pour qu’une réplique de la statue détruite sous l’Occupation soit réinstallée auprès de ce monument et qu’une copie de cette statue soit offerte à la République d’Haïti, conformément à un souhait émis en 1838 par l’écrivain Alexandre Dumas, qui imaginait un financement de l’original et de la copie de la statue par les hommes de couleur du monde entier et écrivait à ce propos : « Ce serait une manière de rappeler à la vieille Europe, si fière de son antiquité et de sa civilisation, que les Haïtiens, avant de cesser d’être français, ont payé leur part de gloire à la France ».

Et voilà que je découvre, grâce à un article de journal et à un programme T.V., au mois de novembre 2024, qu’une polémique autour de la mémoire du général Dumas vient d’éclater. Continue reading

Monte-Cristo ? …l’aventure continue ! (IV)

La Bastide Vieille, janvier 2025

*   *   *

«  …bien malin celui qui la trouvera. »

Ce bout de phrase est… la clé secrète de notre récit !

Encore une fois, je reviens au texte d’Alain Decaux. Qui le racontera bien mieux que moi. J’en suis sûr ! Parce qu’il est « de l’Académie française » !

« Cette porte, entrebâillée par Dumas, il a fallu attendre notre époque pour qu’elle s’ouvre complètement.

Il y a quelques années, un généalogiste de Caen, M. Gilles Henry, décidait de rechercher les ancêtres d’Alexandre Dumas. Le père du romancier, le général Dumas, qui exerça d’importants commandements sous la Révolution, était lui-même le fils d’un planteur de Saint-Domingue, Alexandre Davy de la Pailleterie, d’origine normande et noble. Les Davy de la Pailleterie portaient le titre de marquis sans toutefois qu’aucune lettre patente ne leur eût été concédée.

A Saint-Domingue, Alexandre Davy de la Pailleterie, après une violente discussion avec son frère aîné Charles, disparaît en 1748. En vain on cherche sa trace dans l’île. On sait seulement qu’il a emmené avec lui plusieurs esclaves fugitifs. On le croit mort. En fait, il file le parfait amour avec une Noire nommée Cessette Dumas – voici le nom de Dumas qui apparaît – dans une région de l’île où les Blancs ne pénètrent pas, car elle sert de refuge aux esclaves en rupture de ban.

Ce n’est qu’en 1775 qu’Alexandre reparaîtra. On apprendra qu’il a eu, de Cessette Dumas, quatre enfants : Adolphe, Jeannette, Marie-Rose et Thomas-Alexandre. En somme, c’est par amour pour une Noire qu’il a vécu si longtemps loin des Blancs.

L’histoire est jolie. Elle le devient beaucoup moins quand Gilles Henry nous apprend que, pour payer son voyage de retour en France, Alexandre va vendre les enfants qu’il a eus de Cessette ! Nés d’une esclave, ils sont eux-mêmes esclaves. Continue reading

Monte-Cristo ? …l’aventure continue ! (II)

La Bastide Vieille, janvier 2025

  

Revenons à ma revue et au texte d’Alain Decaux.

Tout d’abord, Decaux raconte une histoire de fantaisie, en imaginant une visite d’Alexandre Dumas au château d’If, sur l’île qui se trouve en rade de Marseille, à l’époque du Second Empire.

Et, parmi les touristes de passage, qui pouvons-nous rencontrer ? Vous l’avez deviné ! Alexandre Dumas lui-même !

Voici, en facsimilé, le récit d’Alain Decaux.

Pour ce qu’il en est de la réalité de l’aménagement des (fausses) cellules d’Edmond Dantès et de l’abbé Faria, selon les documents consultés, « la date exacte de leur installation n’est pas clairement mentionnée dans les sources disponibles ».

Mais, cette visite aurait pu avoir lieu ! Continue reading

Monte-Cristo ? …l’aventure continue ! (I)

La Bastide Vieille, janvier 2025

Plus de six mois sont passés depuis la sortie du film « Le Comte de Monte-Cristo » et nous sommes en pleine « Monte-Cristo-mania » !

La preuve ?

-Le film a totalisé plus de 9,5 millions d’entrées, alors que les auteurs comptaient, tout au plus, sur 4 à 4,5 millions au moment de l’écriture du scénario ! « Nous attirons 150 000 curieux par jour et cette tendance ne faiblit pas », affirmait la production, déjà, au mois de juillet. « Autre preuve de la belle unanimité autour du projet : la note de 4,5/5, accordée par les spectateurs sur Allociné, soit la meilleure moyenne jamais enregistrée pour un long-métrage français sur ce site ! »

– On ne peut pas entrer dans une librairie majeure de « France ou de Navarre » sans tomber sur un stand qui propose cinq ou six variantes du chef-d’œuvre d’Alexandre Dumas, depuis la version en livre de poche jusqu’à l’édition brochée et cartonnée de luxe. Malgré, au minimum, deux volumes qui totalisent plus de 1500 pages.

Chez Gallimard, on a réimprimé le livre en deux tomes à la fin du mois de mai. « Au cumul, le tirage pour le premier tome est de 35 000 exemplaires et de 27 000 pour le second. » En version Pléiade, « les ventes ont pour leur part augmenté de… 248% entre la semaine qui a précédé la sortie et celle qui a suivi le lancement. » Toujours au mois de juillet !

-Que dire des sites en rapport avec l’action du roman ou la vie de son auteur (le Château d’If, le Château de Monte-Cristo etc.) ? Le nombre de visiteurs, en période estivale, a explosé !

Et pourtant, malgré cet engouement du public, bon nombre de zones d’ombres, par rapport à la genèse du roman, subsistent encore.

Il faut dire que l’auteur, malgré de longues explications fournies en son temps, a su ménager quelques zones d’ombre, qui n’ont été éclairées que… près d’un siècle après la sortie de son chef-d’œuvre.

Même si je me suis investi personnellement dans les recherches attachées aux « à cotés » du sujet, je n’ai résolu une partie de ces mystères que grâce à de heureux hasards et… beaucoup d’entêtement !

Voici comment ! Continue reading

Dis ! T’as vu Monte – Cristo ? (V)

La Bastide Vieille, 22/07/2024

Il n’y a pas qu’à Rome que des lieux ou noms me rappellent le Comte de Monte-Cristo !

A Paris, par exemple, j’y pense chaque fois quand je passe par les Grands Boulevards. En particulier, au carrefour de la rue de la Chaussée-d ’Antin avec le Boulevard des Italiens.

La rue du Helder, aujourd’hui

A quelques dizaines de mètres, se trouve la rue du Helder.

Dans le « Comte de… »  on peut y lire, à la fin du Tome II :

« Il fut fait comme disait Albert, et le lendemain, à cinq heures de l’après-midi, les deux jeunes gens se quittaient, Albert de Morcerf pour revenir à Paris, Franz d’Épinay pour aller passer une quinzaine de jours à Venise.

Mais, avant de monter en voiture, Albert remit encore au garçon de l’hôtel, tant il avait peur que son convive ne manquât au rendez-vous, une carte pour le comte de Monte-Cristo, sur laquelle, au-dessous de ces mots : « Vicomte Albert de Morcerf, » il y avait écrit au crayon : 

21 mai, à dix heures et demie du matin,

27, rue du Helder. » 

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Dis ! T’as vu Monte – Cristo ? (IV)

La Bastide Vieille, 22/07/2024

 

« J’ai fini la soirée, selon une bonne tradition instaurée depuis quelques années, avec… un autre Valadier !

« Popolo », en 1909, en 1968 et en 2020 !

« Popolo », en 1909, en 1968 et en 2020 !

J’ai traversé d’abord la Piazza del Popolo, dessinée par Giuseppe Valadier, le fils du précédent, « architecteurbanistearchéologue italien, né le 4 avril  1762 à Rome et mort dans la même ville le 1er février 1839 ». 

J’ai pris ensuite un capuccino à « L’Hôtel de Russie », toujours un projet de Giuseppe Valadier.

Je viens ici toujours tard dans la soirée.  Le plus souvent, il n’y a plus beaucoup de monde dans le jardin. Mais, cette fois-ci… il n’y avait personne ! Mois de janvier oblige ! … » 

Ce sont mes souvenirs de la Piazza del Popolo, en 2020, racontés dans le texte : Otro modelo, otro color ! (IV) | ADRIAN ROZEI (adrian-rozei.net) 

Mais, les histoires du Comte de Monte-Cristo au même endroit sont bien plus dramatiques ! 

«  passons par la rue du Cours, nous enverrons la voiture nous attendre sur la piazza del Popolo, par la strada del Babuino ; d’ailleurs je ne suis pas fâché non plus de passer par la rue du Cours pour voir si des ordres que j’ai donnés ont été exécutés…

Franz sourit ; un instant après le comte rentra. Continue reading

Dis! T’as vu Monte-Cristo? (I)

La Bastide Vieille, 22/07/2024

 

                                                                     « Non ! J’ai vu monter personne ! »

                                                                                          Annie Cordy

« Dis t’as vu Monte Carlo ?
Non j’ai vu monter personne
Dis t’as vu Monte Christo ?
Non j’ai vu monter personne
Mais j’ai vu le fils d’un voisin
Flirter avec une voisine
Il paraît que c’est son cousin… »

              youtube annie cordy dis t’as vu monte carlo – Recherche Google

 « MON DIEU ! lut Monte-Cristo, CONSERVEZ-MOI LA MEMOIRE ! »

« Le Comte de Monte-Cristo » vol. VI, pg. 216

Mon lien avec Alexandre Dumas (père) est, je peux le dire sans fausse modestie, viscéral. D’ailleurs, il me semble avoir raconté cette « aventure » de ma jeunesse… plus d’une fois.

Vers l’âge de 10 ans, j’avais découvert le bien-connu roman d’Alexandre Dumas intitulé « Les Trois mousquetaires ». A l’époque, j’étais élève dans une école primaire de Bucarest, en Roumanie.

A mes 10 ans, en 1957, dernière année de maternelle et première année des écoles mixtes en Roumanie! Je partageais le troisième pupitre dans la rangée centrale avec Carmen Mateescu, la première “Carmen” de ma vie ! Mais, j’étais trop occupé par la rédaction de mon texte pour y faire attention! Au moins… pour la photo de fin d’année!

Tout comme moi, bon nombre de mes collègues s’étaient entichés des aventures de D’Artagnan et de ses camarades à tel point que nous nous identifions aux personnages décrits par Alexandre Dumas dans son roman.

On a commencé par chercher et dénicher des accoutrements qui nous permettaient de nous déguiser en « mousquetaires du Roi ». On se dessinait, avec des allumettes calcinées, des moustaches à pointes retroussées, comme on l’avait vu dans des livres d’histoire de France… d’avant-guerre. Continue reading