Il était une fois à Montmartre…

Ce texte a été publié dans le no. 18 de la revue « Planet Paris Montmartre » daté du 3e trimestre 2025.

Au mois de novembre 2025, les textes publiés sur ce site ont dépassé la barre symbolique de 700 ! Le site a totalisé, en 2024, 61 000 « unic visitors » et plus de 210 000 « visits ». Pour l’année en cours ces chiffres sont déjà en augmentation d’env. 4%, pour le premier semestre. Ceci, malgré l’absence de toute publicité pour le site, tout comme le choix assumé d’ignorer les réseaux sociaux.

Je remercie du fond du cœur tous ceux qui suivent mes écrits, semaine après semaine, et je promets de faire de mon mieux… pour ne pas les décevoir à l’avenir !

…et dans sa grande banlieue !

L’autre jour, dans une boutique « Second hand » qui vend des vieilleries, je suis tombé sur une pile de disques « Vinyle 45 Tours Microsillons », semblables à tous ceux que nous avons si bien connus. Je parle des enfants nés au milieu du siècle dernier !

Si le nom des artistes comme Georges Brassens, Sylvie Vartan, Raymond Devos ou Jacques Brel sont encore présents dans la mémoire de nos contemporains, qui se souvient encore de Robert Lamoureux, Dario Moreno, Henri Tisot, Magali Noël ou d’Armand Mestral ?

Jacques Canetti, Georges Brassens, Raymond Devos

Même si les enregistrements de Fernand Raynaud, Serge Reggiani ou Demis Roussos passent encore à la télé dans des programmes du week-end, comme « Samedi d’en rire », que je regarde consciencieusement depuis quelques années, j’avoue que des noms d’artistes comme « Zacharias et ses violons enchantés », Roger Comte ou Aglaé… ne me disent rien !

Mais, parmi la dizaine de disques que j’ai achetés, pour un prix variant entre 1 Euro et… 0,10 Euro/pièce, bon nombre portent une mention qui « m’a interpellé » : Enregistrement public réalisé au « Théâtre des 3 BAUDETS ».  Suivie, quelques fois par le label « Disques Jacques Canetti ».

Ces noms, oui ! me disent quelque chose !

Une piqure de rappel :  « Les Trois Baudets est un établissement culturel de la ville de Paris, en France, situé au 64, boulevard de Clichy (18e arrondissement), au pied de la butte Montmartre dans le quartier de Pigalle. Les Trois Baudets ont été créés à la fin des années 1940 par Jacques Canetti pour combler l’absence de salles parisiennes où les jeunes artistes, le plus souvent inconnus, pourraient facilement se produire devant un public.

En décembre 1947, Canetti fonde le Théâtre des 3 Baudets

En 1947, il fonde le théâtre des Trois Baudets, qu’il dirige jusqu’en 1966. Découvreur de talents pour les firmes Polydor et Philips, Jacques Canetti est à l’origine de la carrière de nombreux artistes francophones, parmi lesquels notamment Edith PiafFélix LeclercGeorges BrassensJacques BrelSerge Gainsbourg et Jacques Higelin

Sans remonter à 1947, l’année de ma naissance, le nom de « Canetti » me fait plonger de près de sept décennies en arrière. A peu près, à la date d’enregistrement de mes nouveaux 45 Tours !

En 1956, avait été inauguré le « Pont de l’amitié Roumano – Bulgare », entre les villes de Giurgiu, en Roumanie, et Roussé, en Bulgarie, de part et d’autre du Danube. A cette occasion, notre instituteur a organisé un voyage pour les élèves de ma classe. Nous avons réussi à échanger quelques souvenirs, au milieu du pont, avec les élèves bulgares de notre âge, venus nous rencontrer.

Parmi les cartes postales reçues à cette occasion, une était rédigée en français. Mon père, qui avait fait ses études supérieures en France, l’a récupéré et ainsi a débuté un échange épistolaire avec un enfant de mon âge et une amitié qui dure encore aujourd’hui.

Quelques mois plus tard, nous avons participé à une excursion collective d’un jour à Roussé, qui se trouve à 60 Km de Bucarest.

A cette occasion, j’ai fait la connaissance de Pepo Ecoff, mon correspondent bulgare. Et j’ai découvert que, ni moi, ni lui ne parlions un traitre mot de français ! Ceux qui rédigeaient nos lettres étaient mon père et sa mère, Dobrinka Eccof, médecin, qui avait étudié au lycée « Notre-Dame de Sion » de Roussé. Aujourd’hui, ce lycée porte le nom d’Elias Canetti, le frère ainé du dénommé Jacques Canetti, précédemment mentionné.

Pour mémoire :

« Elias Canetti est un écrivain d’expression allemande, né le 25 juillet 1905 à Roussé (principauté de Bulgarie sous contrôle de l’Empire ottoman) et mort le 14 août 1994 à Zurich. Il est devenu citoyen britannique en 1952 et a longtemps résidé en Suisse. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1981. Canetti est souvent associé à la littérature autrichienne mais il couvre une perspective plus large. Son œuvre a défendu une idée pluraliste de la culture européenne dans sa richesse et sa diversité, liée à un parcours de vie singulier. »   

Mon ami Pepo habitait à deux pas de la maison où étaient nés les trois frères Canetti : Elias, Jacques et Georges.

Moins connu que ses frères, Georges Canetti n’était pas moins brillant, mais dans un domaine totalement diffèrent !

« Georges Canetti, né en 10 janvier 1911 à Roussé en Bulgarie et mort le 27 août 1971 à Vence, est un médecin chercheur et biologiste bulgare, naturalisé français en 1933.

Il consacre sa vie à l’étude de la tuberculose. Il est notamment l’un des pionniers des traitements consistant à associer plusieurs antibiotiques (les bithérapies puis les trithérapies). Il met au point une méthode d’antibiogramme qui est toujours utilisée, et découvre une mycobactérie rare qui porte aujourd’hui son nom : Mycobacterium canetti. »

Evidemment, à ma première visite en Bulgarie, et seule sortie de mon pays natal en vingt ans, je ne savais rien de l’histoire brillantissime des Canetti.

Ce n’est que plus de trente ans plus tard, après les changements de régime en Europe de l’Est, dans les années ’90, que je suis revenu en Bulgarie et à Roussé, en particulier. Et, ainsi, j’ai pu parler longuement avec la famille Ecoff de l’histoire des Canetti, dont tous les Bulgares sont si fiers.

Maintenant, je vais ressortir le tourne-disque de ma jeunesse pour écouter les 45 Tours enregistrés chez Jacques Canetti.

Affiche du théâtre en 1994

Et, j’espère tout comprendre, grâce au progrès en français, accomplis depuis 1956 !

Adrian Irvin ROZEI

La Bastide Vieille, mai 2025


SERVICE APRES-VENTE

Ceux qui souhaitent connaître encore plus de choses sur cette « looongue » aventure, peuvent consulter le texte :

Mon ami Pepo | ADRIAN ROZEI (en roumain) ou

Mon ami Pepo | ADRIAN ROZEI (en français, Google Traduction)

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