«Traduttore, traditore ! »*

La Bastide Vieille, 12/07/2021

« Le don des langues (est) le mystérieux présent de la Pentecôte. L’épisode est célèbre. Lors de la Pentecôte, les apôtres se mirent à parler dans toutes les langues. Ce don du Saint-Esprit n’a pas fini d’intriguer. »

J’avoue que j’ai toujours rêvé de comprendre toutes les langues du monde !

Mais, pas les mots dits dans chacune de ces langues.

Moi, j’aimerais comprendre ce que suggèrent à chaque destinataire les affirmations et  histoires racontées par ses interlocuteurs. Parce que, chaque phrase prononcée déclenche dans l’esprit de celui qui l’écoute d’innombrables connections, souvenirs, références ! Tout comme dans l’esprit de celui qui parle !

Comme j’ai la grande chance de pratiquer une petite dizaine de langues, je me suis rendu compte qu’en vérité, l’important n’est pas de comprendre ce que signifient les mots de votre interlocuteur, mais ce que vos affirmations lui font remonter du fond de sa mémoire, culture, souvenirs…

Ainsi, quand j’ai reçu un texte, écrit il y a presque un siècle, de la part d’un ami Roumain, je me suis demandé si quelqu’un qui ne comprend ni la langue, ni les arrière-pensées de l’auteur, ni le contexte de sa création, peut être sensible à sa signification ! Continue reading

Les nouvelles fenêtres démurées… (III)

La Bastide Vieille, 29/05/2021

Entretemps, les mois d’été de l’année 2020, s’étaient écoulés. Avec ses lots de « confinements », « déconfinements », « mesures sanitaires », « décisions gouvernementales pour ou contre », « affirmations péremptoires des médecins » (dans un sens ou le contraire !) etc. 

Pendant une courte « fenêtre de tir » de « semi-déconfinement », la « Féria de Béziers » a pu se dérouler. Pas selon la formule habituelle, mais… tout de même ! La « Féria de Béziers » est le top des manifestations annuelles de la ville ! 

« La feria de Béziers, qui se tient à la mi-août, est l’un des plus grands évènements de l’été en Occitanie. Près d’un million de personnes s’y donnent rendez-vous chaque année. Fondée en 1968, elle est l’héritière des premières novilladas et corridas qui se sont déroulées dans les arènes de Béziers depuis 1897.

La feria a bâti sa réputation grâce aux différentes fêtes qui se déroulent dans le centre-ville autour des bodegas et des casitas. Les airs joués d’une multitude de musiques de rues (peñas et bandas), scandent de leurs rythmes une multitude d’animations. chaque été depuis des lustres, (se) réunissent dans tous les quartiers de Béziers des centaines de milliers de personnes venues du Languedoc et d’ailleurs. Le soir venu, dans les rues de la ville, autour des bodegas, les spectacles et les animations, toutes les musiques et toutes les danses du monde, entraînent les festivaliers dans un grand tourbillon qui retrouve les magnificences des réjouissances populaires antiques. La feria reste un moment hors du temps partagé par tous, tout en étant liée à l’identité biterroise et à la notoriété de la ville. »

Nous participons, année après année, depuis près de deux décennies, à ces manifestations populaires.

Et, Dieu sait que, pendant les cinq jours de « réjouissances collectives » qui se déroulent autour du 15 Août, il y en a… pour tous les goûts ! Continue reading

Les nouvelles fenêtres démurées… (II)

La Bastide Vieille, 29/05/2021

Après avoir installé la photo de Jerash, j’ai continué mes réflexions concernant  «les images essentielles du monde »!

«Quoique l’on pense, on ne peux pas oublier l’Italie! »

Là, c’est beaucoup plus simple (pour moi) : le choix doit se porter sur Rome ou sur Venise !

Comme je vais tous les ans à Rome, c’est « la Ville éternelle » qui fût « l’objet de mon choix ».

Mais, un autre choix s’est avéré encore plus difficile : quel monument choisir ? Encore une fois, c’est le voyage sur place qui allait départager les gagnants. J’ai hésité longtemps entre différents endroits possibles, pour choisir, finalement, le Château Saint-Ange. Pourquoi ? Simple !

C’est l’image que je compte  admirer pendant l’éternité !

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Les nouvelles fenêtres démurées… (I)

La Bastide Vieille, 29/05/2021

 

« Quand la réalité restait en deçà de leurs espérances, leur imagination prenait le relais, substituant à une authenticité décevante des aventures hautes en couleur dont ils se persuadaient avec le temps qu’ils les avaient vécues…

Pas question de blâmer ces raconteurs d’histoires exotiques pour leurs affabulations ou leurs entorses à la vérité, puisque au fil de leur plume ils nous transmettent la fièvre qui les gagne. »                                        

Laurent Maréchaux – Ecrivains voyageurs

 

En 2017, j’écrivais, dans un texte intitulé  « Les fenêtres démurées» : 

„Je ne suis pas un prince indien et je n’habite pas un palais.

Mais, nous avons plusieurs fenêtres murées dans une grange qui a plus d’un siècle d’existence. Alors, j’ai décidé de voir ce qu’il y a derrière les fenêtres.

J’ai ouvert la première fenêtre et j’ai trouvé une vue sur le Bassin d’Arcachon et la dune du Pyla.

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La deuxième fenêtre s’ouvrait sur une église en bois du nord de la Roumanie, la région du Maramures.

La fenêtre suivante donne sur un hôtel de l’île de Taboga, au Panama, dans l’Océan Pacifique, là où Gauguin avait passé quelques mois il y a plus d’un siècle.

Enfin, une autre fenêtre cachait la vue de la cathédrale de Carthagène, en Colombie, sur les bords de la mer des Caraïbes.

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Il reste encore une fenêtre murée. J’ai décidé de ne pas l’ouvrir afin de donner libre cours à ma fantaisie en imaginant la multitude de paysages qu’elle peut cacher. C’est la part du rêve !

Geam murée 001_resize

Si Bouddha n’avait pas eu la curiosité de regarder à travers les fenêtres de son palais, il aurait vécu heureux, jusqu’à la fin de sa vie.

Mais peut-être qu’il se serait ennuyé copieusement !”

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Vaillant – Le Journal le plus captivant !

La Bastide Vieille, 5/03/2021

Acest text a fost publicat în revista « 3R – Rădăcini, Racines, Radici » nr. 37 – 42, datat « ianuarie –iunie 2021 », editată de Asociaţia « Memorie şi speranţă » din Bucureşti (România).

Coperta revistei prezintă o imagine a Soroanei Coroamă.

Sorana Coroamă-Stanca (24 ianuarie 1921Chișinău –   7 ianuarie 2007,  București) a fost o autoare, regizoare și scenaristă română.

Între 1959 și 1965 a fost exclusă din viața publică și din teatru, din motive politice (mai mulți membri ai familiei au fost persecutați de autoritățile comuniste) și a fost nevoită să lucreze la Cooperativa „Arta Aplicată”, unde a confecționat mărgele și nasturi, pentru a-și câștiga existența.

In anii urmatori, a fost decoratà cu Ordinul Meritul Cultural clasa a IV-a (1967) „pentru merite deosebite în domeniul artei dramatice” si cu Ordinul național „Serviciul Credincios” în grad de Cavaler (1 decembrie 2000) „pentru realizări artistice remarcabile și pentru promovarea culturii, de Ziua Națională a României”.

In cursul unei cariere de mai bine de patru decenii,  ea a regizat  peste 190 de spectacole de teatru, prezentate în România, Germania, URSS, Polonia, Maroc…, a fost profesoarà si a scris piese de teatru, s-a implicat în viatza socialà si culturalà a României.

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Ma première nuit à Paris

La Bastide Vieille, le 18/11/2020
Feuilles de journal

 

Le 10 septembre 1967, quand j’ai débarqué à Orly, arrivant de ma Roumanie natale accompagné de mes parents, j’étais au septième ciel !

J’attendais ce jour depuis 16 ans ! En effet, c’est en 1951 que nous avons fait la première demande pour quitter le pays. 

C’était rien, à côté de l’attente de mon père. Il avait fait ses études d’ingénieur en France, qu’il avait quitté en 1931, et depuis il rêvait d’y retourner.  

Moi, j’avais été élevé dans l’idée qu’un jour « nous vivrons en France », dés mon plus jeune âge. Ce qui fait que, par moment, je refusais de parler le roumain !

C’est vrai que les films de Fernandel, Louis de Funès ou Jean Marais ne faisaient qu’attiser cette envie. 

A l’arrivée à l’aéroport, nous avons été attendus par un cousin de ma mère, qui nous a amené chez lui. Repas, palabres, souvenirs etc. ont fait passer l’après-midi comme un rêve.

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Pour un Âne enlevé… (II)

Feuilles de journal

La Bastide Vieille, le 24/11/2020

 

Quelques années plus tard, j’ai émis l’idée que je voulais apprendre le français !

Enorme joie dans la famille !

Oh ! C’était encore une décision « intéressée » ! 

J’avais lu « Les Trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas, en roumain, et je voulais connaître la suite de l’histoire : « Vingt ans après » et « Le Vicomte de Bragelonne ».

Mais, ces livres n’étaient pas traduits en roumain ou pas disponibles dans les librairies, qui favorisaient plutôt les auteurs soviétiques.

La seule solution était donc… d’apprendre le français. 

Je raconterai, une autre fois, comment s’est déroulé cet apprentissage.

Ce qui est certain, c’est qu’un an plus tard, j’avais avalé 11 000 pages de l’œuvre historique d’Alexandre Dumas ! 

Quand les livres de la « Bibliothèque rose » d’avant la guerre, appartenant à l’une des collègues de travail de mon père, ont été tous parcourus, il a fallu trouver… autre chose à lire !

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Pour un Âne enlevé… (I)

Feuilles de journal
La Bastide Vieille, le 24/11/2020

Parmi les innombrables tentatives (avortées !) pour me faire apprendre le français, alors que j’avais 8 ou 9 ans, une est restée dans ma mémoire.

Mon père avait choisi « la méthode globale intégrale », ce qui était, à l’époque, une avancée très originale et peu pratiquée.

Il m’a récité, traduit et fait apprendre par cœur une fable de La Fontaine :             

« LES VOLEURS ET L’ÂNE ».

Tout un chacun se souvient de ce texte ; en tout cas, moi je le connais, encore, par cœur, au moins pour les 6 premiers vers !

« Pour un Âne enlevé deux Voleurs se battaient:
L’un voulait le garder, l’autre le voulait vendre.
Tandis que coups de poing trottaient,
Et que nos champions songeaient à se défendre,
Arrive un troisième Larron
Qui saisit Maître Aliboron.*

L’Âne, c’est quelquefois une pauvre province :
Les Voleurs sont tel ou tel prince,
Comme le Transylvain, le Turc , et le Hongrois.(1)
Au lieu de deux j’en ai rencontré trois :
Il est assez de cette marchandise.
De nul d’eux n’est souvent la province conquise (2):
Un quart (3) Voleur survient, qui les accorde net (4)
En se saisissant du Baudet. »

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„Figuri bucureştene vechi şi uitate”

Acest text a fost publicat în revista « 3R » no. 31 – 36, datat iulie –decembrie 2020, editată de asociaţia “Memorie  şi speranţă”  din Bucureşti.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Bastide Vieille, 3/10/2020

Revista canadiană, editată în limba română, “ CANDELA DE MONTREAL”, datată ianuarie –martie 2015, publică în pagina 42, un text intitulat : “Figuri bucureştene vechi şi uitate” .

El este semnat de Dr. Paul Dăncescu şi începe cu fraza :

« Cine-și mai aduce astăzi aminte de enigmaticul poet Jean de Leresty… ? »

Când am citit această întrebare, am devenit, într-o fracţiune de secundă, băieţelul cuminte de acum şase decenii, aşezat în banca întâi, care ridica mâna cu două degete întinse, susurând : « Eu, Domnule Profesor ! »

E drept că, în primii 20 ani de viaţă, pe care i-am petrecut la Bucureşti, am locuit pe strada Alexandru Donici nr. 25.

La numai două case de reşedinţa mea, trăia un personaj… cam straniu ! Continue reading

Toujours au cœur de l’actualité !

La Bastide Vieille, le 12/11/2020

 

Dans les années ’70, j’avais un client libanais du nom de Cherif Takieddine. Il était le propriétaire d’une société qui fabriquait les fameuses « Allumettes du Canon ».

Les Allumettes Du Canon

Ziade Lamia

Éditions du Panama

Présentation

Ce livre tient son titre d’une célèbre marque d’allumettes libanaise (à présent disparue) dont la boîte était ornée du dessin d’un canon. L’auteur était enfant au moment où la guerre civile au Liban a éclaté. Elle nous raconte en mots et en images la fin de « la Suisse du Moyen-Orient », l’horreur des combats, le quotidien sous les décombres, les morts… ceux de sa famille, les autres. La tragédie libanaise vue de l’intérieur comme personne ne l’a jamais racontée. Un livre étonnant !

Un jour, parlant avec mon agent libanais, celui-ci lui a raconté qu’une femme de ménage, ayant oublié une boîte d’allumettes sur la gazinière tous feux allumés, a fait flamber les allumettes, ce qui a mis le feu à tout l’appartement.

C’est comme ça que mon agent a eu l’idée de faire les boîtes en polystyrène ignifugé !

Ça m’a donné l’occasion de vendre, pendant quelques années, du polystyrène au Liban, pour cette application inhabituelle. 

Maintenant, je découvre, dans le no. 3732 de Paris Match, daté 12 au 18 novembre 2020, la photo de Ziad Takieddine, « l’homme d’affaires (qui) donne une énième version des financements libyens qui épargne Nicolas Sarkozy. »    

J’avoue que, n’étant pas passionné par cette histoire à répétitions, je ne savais pas que son protagoniste est un druze libanais. Et, très probablement, apparenté à mon ancien client. 

Mais,… encore plus fort !  Continue reading