Incontri con Donna Franca (III)

La Bastide Vieille, 25/06/2021

Entre-temps, une autre rencontre avec Donna Franca Florio a eu lieu à Rome !

En mai 2017, j’étais, une fois de plus, de passage à Rome pour quelques jours.

En regardant la liste des expositions en cours, j’ai découvert qu’une rétrospective Boldini était présentée au « Complesso del Vittoriano » entre le 4 mars et le 16 juillet. Ça tombait bien !

Mais, en même temps, entre le 5 mai et le 27 août, on annonçait une exposition Botero. Toujours au « Complesso del Vittoriano » et encore dans « L’Aile Brasini » !

« Connu sous le nom de “Altare della Patria”, l’ensemble monumental du Vittoriano – ou même simplement “Il Vittoriano” -, qui veut célébrer et se souvenir de Vittorio Emanuele II de Savoie, le premier roi d’Italie, est l’un des monuments symboliques de la Ville Eternelle et du Pays, lieu emblématique et institutionnel d’une grande centralité, destination de millions de visiteurs chaque année.

Construit entre 1885 et 1911, il représente l’unité du pays et “l’amour du pays”, puisqu’en novembre 1923 le corps du soldat inconnu a été enterré au cœur du Vittoriano…

L’Aile Brasini du Complexe Monumental Vittoriano – accessible depuis la Via San Pietro en prison, du côté des Forums Impériaux – accueille, en plus de l’Institut et du Musée du Risorgimento, des salles d’exposition utilisées pour accueillir des expositions temporaires consacrées aux grands maîtres de l’art et aux questions d’intérêt historique, sociologique et culturel. La variété de la programmation, la qualité et le nombre d’événements proposés contribuent à faire du Vittoriano l’une des salles d’expositions les plus animées de la capitale.

Avec ses 700 mètres carrés d’extension, …c’est l’espace d’exposition le plus grand et le plus prestigieux de l’Ala Brasini. Depuis son ouverture, l’espace a traditionnellement accueilli de grandes expositions d’art. Situé au premier étage du monument, il est accessible par un imposant escalier.

L’élégant escalier qui conduit le visiteur au Hall peut servir d’espace d’introduction à l’exposition et est visible depuis l’entrée du monument. »

A l’entrée du Vittoriano, j’étais comme l’âne de Buridan, ne sachant par où commencer d’abord ! Continue reading

Incontri con Donna Franca (II)

La Bastide Vieille, 25/06/2021

Rappelons d’abord qui était Giovanni Boldini !

Tout ça, parce que, si les peintures représentant des personnages marquants de la vie sociale, culturelle, voire politique, de la deuxième moitié du XIXe siècle ou de la première moitié du XXe siècle sont vues et présentées très souvent par les médias de notre temps, les noms de leurs auteurs sont régulièrement passés sous silence et donc peu connus du grand public.

C’est le cas d’un Antonio de La Gandara, John Singer Sargent, Joaquín Sorolla y Bastida, voir d’un Anders Leonard Zorn, Peder Severin Krøyer, Philip de László, Leo Belmonte ou Aladár Körösfői-Kriesch et de tant d’autres artistes de cette époque. Et pourtant, le plus souvent ces artistes ont fait leurs études, ont gagné des prix prestigieux ou développé leur activité artistique en France ! Il faut croire que le dernier venu sur la place artistique de Paris a plus d’importance que les « valeurs confirmées » du passé ! Sic transit gloria mundi !

Mais, revenons à Boldini** !

« Giovanni Boldini, né le 31 décembre 1842 à Ferrare en Italie, et mort le 11 janvier 1931 à Paris, est un peintre et illustrateur italien.
À l’instar de John Singer Sargent, Giovanni Boldini est un portraitiste de réputation internationale, travaillant principalement à Paris et à Londres. Au début du XXe siècle, il est l’un des portraitistes les plus en vue à Paris…
… En 1900, il travaille à Palerme au Portrait de Franca Florio, qui « scandalise le mari du modèle qui impose des corrections moralisatrices draconiennes. »

Mais, comme l’on chante dans la tirade du roi Ménélas dans « La Belle Hélène »… « N’anticipons pas ! ». Continue reading

Incontri con Donna Franca (I)

La Bastide Vieille, 25/06/2021

 

« On appelle saga un récit en prose (…)
rapportant la vie et les faits et gestes
d’un personnage, digne de mémoire
pour diverses raisons, depuis sa naissance
jusqu’à sa mort, en n’omettant ni
ses  ancêtres ni ses descendants s’ils
ont quelque importance. »

Régis Boyer « L’Islande médiévale » 

 

Décidemment, cette année, les « romans-saga » ont le vent en poupe !

Pas moins de quatre œuvres littéraires de ce genre sont apparues ces dernières semaines dans les vitrines des librairies.  A chaque fois, ces romans-fleuves totalisent des milliers de pages et plusieurs volumes.

Un seul, parmi ces romans, n’affiche qu’un seul volume et à peine 500 pages. Pour l’instant ! Car un deuxième volume, non encore traduit en français, vient de sortir en Italie.

De quoi s’agit-il ?

Le volume, qui s’intitule « Les lions de Sicile », est signé par Stefania Auci et porte en haut de la couverture la mention « La Saga des Florio ». Et la bande publicitaire ajoutée au volume précise: « Le livre phénomène en Italie ».

Probablement que cette couverture n’aurait pas attiré mon attention, dans la vitrine de la « librairie-phare » de Béziers, si elle ne présentait pas un visage qui m’est familier. Et qui me poursuit depuis six ans. Une vraie saga !

Il s’agit de Donna Franca Florio, telle qu’elle apparaît dans un fameux portrait peint par Giovanni Boldini, au début du XX-ème siècle.  Continue reading

Pourquoi j’écris…

Ce texte a été publié dans le livre « Sécantes roumaines/Secante româneşti » édité en 2011 aux Editions Duran’s à Oradea (Roumanie)

Pascal  Sevran,  dans  son  livre: « Lentement, place  de  l’ Église. »,  dit :

« Ce  que  nous  écrivons  n’intéresse  que  nous,  si  par  faiblesse il  nous  arrive  de  croire  à  la  sincérité  de  nos  amis,  nous  saurons  bientôt  que  s’ils  nous  lisent,  c’est  pour  de  mauvaises  raisons.  Seuls  quelques  inconnus  au  creux  d’un  lit,  dans  un  train,  sur  un  banc  public  et  qui  nous  lisent  les  larmes  aux  yeux,  justifient  notre  impardonnable  désir  de  leur  plaire. »

C’est  vrai  qu’on  se  demande  souvent,  alors  qu’on  noircit  du  papier,  et  quelque  soit  le  genre  qu’on  aborde  -roman,  poésie,  nouvelles etc. –  pourquoi  et  pour  qui  écrit-on. 

Certes,  il  y  a  des  gens  qui  ont  fait  de  l’écriture  un  métier. Autrement  dit,  qu’ils  survivent  plus  ou  moins  bien  grâce  à  leur « savoir-faire »,  en  noircissant  du  papier.  Continue reading

«Traduttore, traditore ! »*

La Bastide Vieille, 12/07/2021

« Le don des langues (est) le mystérieux présent de la Pentecôte. L’épisode est célèbre. Lors de la Pentecôte, les apôtres se mirent à parler dans toutes les langues. Ce don du Saint-Esprit n’a pas fini d’intriguer. »

J’avoue que j’ai toujours rêvé de comprendre toutes les langues du monde !

Mais, pas les mots dits dans chacune de ces langues.

Moi, j’aimerais comprendre ce que suggèrent à chaque destinataire les affirmations et  histoires racontées par ses interlocuteurs. Parce que, chaque phrase prononcée déclenche dans l’esprit de celui qui l’écoute d’innombrables connections, souvenirs, références ! Tout comme dans l’esprit de celui qui parle !

Comme j’ai la grande chance de pratiquer une petite dizaine de langues, je me suis rendu compte qu’en vérité, l’important n’est pas de comprendre ce que signifient les mots de votre interlocuteur, mais ce que vos affirmations lui font remonter du fond de sa mémoire, culture, souvenirs…

Ainsi, quand j’ai reçu un texte, écrit il y a presque un siècle, de la part d’un ami Roumain, je me suis demandé si quelqu’un qui ne comprend ni la langue, ni les arrière-pensées de l’auteur, ni le contexte de sa création, peut être sensible à sa signification ! Continue reading

Les nouvelles fenêtres démurées… (III)

La Bastide Vieille, 29/05/2021

Entretemps, les mois d’été de l’année 2020, s’étaient écoulés. Avec ses lots de « confinements », « déconfinements », « mesures sanitaires », « décisions gouvernementales pour ou contre », « affirmations péremptoires des médecins » (dans un sens ou le contraire !) etc. 

Pendant une courte « fenêtre de tir » de « semi-déconfinement », la « Féria de Béziers » a pu se dérouler. Pas selon la formule habituelle, mais… tout de même ! La « Féria de Béziers » est le top des manifestations annuelles de la ville ! 

« La feria de Béziers, qui se tient à la mi-août, est l’un des plus grands évènements de l’été en Occitanie. Près d’un million de personnes s’y donnent rendez-vous chaque année. Fondée en 1968, elle est l’héritière des premières novilladas et corridas qui se sont déroulées dans les arènes de Béziers depuis 1897.

La feria a bâti sa réputation grâce aux différentes fêtes qui se déroulent dans le centre-ville autour des bodegas et des casitas. Les airs joués d’une multitude de musiques de rues (peñas et bandas), scandent de leurs rythmes une multitude d’animations. chaque été depuis des lustres, (se) réunissent dans tous les quartiers de Béziers des centaines de milliers de personnes venues du Languedoc et d’ailleurs. Le soir venu, dans les rues de la ville, autour des bodegas, les spectacles et les animations, toutes les musiques et toutes les danses du monde, entraînent les festivaliers dans un grand tourbillon qui retrouve les magnificences des réjouissances populaires antiques. La feria reste un moment hors du temps partagé par tous, tout en étant liée à l’identité biterroise et à la notoriété de la ville. »

Nous participons, année après année, depuis près de deux décennies, à ces manifestations populaires.

Et, Dieu sait que, pendant les cinq jours de « réjouissances collectives » qui se déroulent autour du 15 Août, il y en a… pour tous les goûts ! Continue reading

Les nouvelles fenêtres démurées… (II)

La Bastide Vieille, 29/05/2021

Après avoir installé la photo de Jerash, j’ai continué mes réflexions concernant  «les images essentielles du monde »!

«Quoique l’on pense, on ne peux pas oublier l’Italie! »

Là, c’est beaucoup plus simple (pour moi) : le choix doit se porter sur Rome ou sur Venise !

Comme je vais tous les ans à Rome, c’est « la Ville éternelle » qui fût « l’objet de mon choix ».

Mais, un autre choix s’est avéré encore plus difficile : quel monument choisir ? Encore une fois, c’est le voyage sur place qui allait départager les gagnants. J’ai hésité longtemps entre différents endroits possibles, pour choisir, finalement, le Château Saint-Ange. Pourquoi ? Simple !

C’est l’image que je compte  admirer pendant l’éternité !

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Les nouvelles fenêtres démurées… (I)

La Bastide Vieille, 29/05/2021

 

« Quand la réalité restait en deçà de leurs espérances, leur imagination prenait le relais, substituant à une authenticité décevante des aventures hautes en couleur dont ils se persuadaient avec le temps qu’ils les avaient vécues…

Pas question de blâmer ces raconteurs d’histoires exotiques pour leurs affabulations ou leurs entorses à la vérité, puisque au fil de leur plume ils nous transmettent la fièvre qui les gagne. »                                        

Laurent Maréchaux – Ecrivains voyageurs

 

En 2017, j’écrivais, dans un texte intitulé  « Les fenêtres démurées» : 

„Je ne suis pas un prince indien et je n’habite pas un palais.

Mais, nous avons plusieurs fenêtres murées dans une grange qui a plus d’un siècle d’existence. Alors, j’ai décidé de voir ce qu’il y a derrière les fenêtres.

J’ai ouvert la première fenêtre et j’ai trouvé une vue sur le Bassin d’Arcachon et la dune du Pyla.

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La deuxième fenêtre s’ouvrait sur une église en bois du nord de la Roumanie, la région du Maramures.

La fenêtre suivante donne sur un hôtel de l’île de Taboga, au Panama, dans l’Océan Pacifique, là où Gauguin avait passé quelques mois il y a plus d’un siècle.

Enfin, une autre fenêtre cachait la vue de la cathédrale de Carthagène, en Colombie, sur les bords de la mer des Caraïbes.

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Il reste encore une fenêtre murée. J’ai décidé de ne pas l’ouvrir afin de donner libre cours à ma fantaisie en imaginant la multitude de paysages qu’elle peut cacher. C’est la part du rêve !

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Si Bouddha n’avait pas eu la curiosité de regarder à travers les fenêtres de son palais, il aurait vécu heureux, jusqu’à la fin de sa vie.

Mais peut-être qu’il se serait ennuyé copieusement !”

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Il y a « mouton » et « mouton »…

La Bastide Vieille, 15/06/2021

Quand j’ai appris que les moutons de Lalanne seront installés dans les jardins de Versailles, je me suis dit : « Pourquoi pas chez nous ? ».

D’autant plus que, il y a quelques années, j’avais trouvé, chez un antiquaire de Pézenas, un superbe mouton… rouge. Je voulais l’acheter pour l’installer au fond de notre jardin. Je trouvais qu’une tâche rouge, au milieu du vert (avec toutes les nuances !) du jardin, serait du plus bel effet !

Levée de bouclier  ! « Comment ? Mauvais goût ! Kitch ! … etc., etc. »

J’ai dû abandonner mon projet. A contrecœur !

Mais, en revenant de voyage, quelques semaines plus tard, j’ai trouvé, au fond du jardin, une énorme bassine en étain, qui traînait dans des hangars depuis un siècle, … peinte en rouge !

J’ai félicité ceux ( ?) qui ont pris cette initiative ! Continue reading

Le Drac n’est pas si vert !*

La Bastide Vieille, le 18/10/2020

Ce texte a été publié dans le no. 37 – 42 de la revue « 3R – Rădăcini  Racines Radici » éditée par l’Association « Memorie şi speranţă » de Bucarest (Roumanie). 

La couverture de la revue « 3R » reproduit une photo de Sorana Coroamă. 

Sorana Coroamă-Stanca (24 janvier 1921, Chisinau – 7 janvier 2007,  Bucarest) était un auteur, réalisateur et scénariste roumain. 

Entre 1959 et 1965, elle a été exclue de la vie publique et du théâtre pour des raisons politiques (plusieurs membres de sa famille ont été persécutés par les autorités communistes) et a été forcée de travailler à la coopérative “Arts appliqués”, où elle fabriquait des perles et des boutons, pour survivre. 

Dans  les années suivantes, elle a été décorée de l’Ordre du mérite culturel classe IV (1967) “pour des mérites spéciaux dans le domaine de l’art dramatique” et de l’Ordre national “Service fidèle” au rang de chevalier (1er décembre 2000) “pour des réalisations artistiques exceptionnelles et pour la promotion de la culture, à l’occasion de la fête nationale de la Roumanie“. 

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