Quiconque ne voit guère, n’a guère à dire aussi…(I)

Paris, le 20/12/2022

Je reviendrai dans peu conter de point en point
Mes aventures à mon frère.
Je le désennuierai : quiconque ne voit guère
N’a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint
Vous sera d’un plaisir extrême.
Je dirai : J’étais là ; telle chose
m’advint ;
Vous y croirez être vous-même.

« Les deux pigeons » – Jean de La Fontaine

 

« L’Officiel des spectacles » parisien, du mois de décembre, indique à la section « Expositions – Photographie » :

Nadja Massün, Oaxaca -Transylvanie – Clichés de la photographe. Institut culturel du Mexique. 119 rue Vieille du Temple (3e) …  Entrée libre. Jsq. 19 janv. 2023

J’avoue que le titre de cette exposition m’a « interpellé » !

Qu’y a-t-il en commun entre « Oaxaca et la Transylvanie » ? Comme l’on dit dans la langue de Goethe, « die Hochzeit eines eingelegten Herings mit einem gelben Kanarienvogel» ! (Le mariage d’un hareng saur avec un canari jaune.)

Mais, comme je connais et « le hareng », et « le canari », je me suis empressé d’aller voir l’exposition sur place.

J’aurais pu consulter Internet, pour savoir « qui est Nadja Massün ».

Ainsi, j’aurais trouvé quelques extraits d’articles (en espagnol !) qui parlent de son activité en tant que photographe. Par exemple, dans « El Pais -Mexico », j’aurais appris que : Continue reading

Caesar males tras nice ! (II)

Paris, 07/12/2022

Le texte de Yusuf Selman Inanç reprend bon nombre de ces informations.

Bien sûr, vu du côté turc ! Parce que, il faut le rappeler, Bender, en Bessarabie (aujourd’hui Tiraspol), bien que sous suzeraineté turque à cette époque, est de nos jours la « capitale de l’état croupion » de Transnistrie !

Pour mémoire : La Transnistrie — du préfixe « trans », signifiant « au-delà », et de Nistru, nom roumain du fleuve Dniestr —, en forme longue la république moldave du Dniestr (en russe : Приднестровская Молдавская Республика ; en ukrainien : Придністровська Молдавська Республіка, en moldave/roumain : Република Молдовеняскэ Нистрянэ/Republica Moldovenească Nistreanăetc., etc. 

Et où la population se répartit comme suit : Les groupes ethniques les plus importants en 2015 sont les Russes (161 300, 34 %), les Moldaves (156 600, 33%) et Ukrainiens (126 700, 26,7 %).

Quelle salade (russe) !

Mais, ce qui nous intéresse, maintenant, ce sont les dernières lignes du texte repris dans la revue « Courrier international » : Continue reading

Caesar males tras nice ! (I)

Paris, 07/12/2022

Hier, vers 17 heures, je me dirigeais vers la station de métro proche de ma maison.  J’étais un peu stressé ! Et pourtant, il n’y avait aucune raison.

J’allais à l’Ambassade de Roumanie pour participer à « une action » (comme on dit dans le milieu diplomatique roumain !).

De quoi s’agissait-il ? Simple ! Je répondais à une invitation, reçue quelques jours auparavant, qui disait :

« A l’occasion de la Fête Nationale roumaine, Madame Sena Latif, Chargée d’affaires a.i. de l’Ambassade de Roumanie à Paris et Madame Simona Junescu, Gérant intérimaire du Consulat Général ont le plaisir de vous inviter à la réception qui aura lieu mardi, le 6 décembre 2022, entre 18h00 et 20h00. »

Ensuite, l’on précisait l’endroit : Hôtel de Béhague, 123, rue Saint-Dominique, 75007 Paris.

Ce n’était pas une première, en ce qui me concerne. Je participe aux Fêtes Nationales roumaines depuis… une trentaine d’années.

Avant 1989, j’évitais… même la rue où se trouve l’Ambassade de Roumanie !  Sauf quelques fois, dans les années ’80, quand nous nous sommes retrouvés, entre amis d’origine roumaine ou française, devant l’Ambassade pour manifester contre les « décisions absurdes du régime absurde » installé à Bucarest. Continue reading

Logothètes, fromage au clou, lait caillé dans les encriers…** (II)

Service après-vente

Comme indiqué précédemment, ce texte a été écrit en 2009.

J’ai pu constater avec joie, que le sujet « Napoléon III et son image en France » est devenu entretemps « un sujet d’actualité » !

Mais, avant de regarder cette évolution dans le détail, il est bon de préciser quelques éléments en rapport avec l’action de l’Empereur des Français dans les Pays Balkaniques et, en particulier, sur le territoire de la Roumanie d’aujourd’hui.

Pour cette clarification, ma tâche est facilitée par un texte, publié dans la revue mentionnée précédemment : « 3R- Rădăcini, racines, radici » édité par l’Association « Memorie și speranță » dans son numéro 55 – 60 (juillet- décembre 2022) à Bucarest (Roumanie). »

Il s’intitule « A l’intersection des familles Rasponi, Bonaparte, Murat et Ghika » et il est signé par mon amie Madame Myriam Bulut-Ghika.

Voici le fragment qui nous concerne :

…………………………………………………………………………………………

EXTRAIT DE LA REVUE 3R N° 55-60 IULIE – DECEMBRIE 2002

(pp. 68-70) 

                                                                      

2.3 L’intérêt particulier de Napoléon III pour l’unité roumaine

2.3.1 L’état des principautés jugé par la France 

La France avait jugé sévèrement l’état des principautés de Moldavie et de Valachie. Continue reading

Logothètes, fromage au clou, lait caillé dans les encriers…** (I)

Ce texte a été publié dans la revue « 3R- Rădăcini, racines, radici » édité par l’Association « Memorie și speranță » dans son numéro 55 – 60 (juillet- décembre 2022) à Bucarest (Roumanie).

Dieu sait que peu d’hommes politiques éminents du 19ème siècle ont été plus éclaboussés de boue que Napoléon III, l’Empereur des Français !  

Tous les arguments, même ceux qui auraient milité en faveur de son œuvre, ont servi à distiller dans l’esprit des nouvelles générations l’idée que cette personnalité majeure, qui a marqué non seulement l’histoire politique, financière, économique ou culturelle de la France, mais même de l’Europe ou du monde entier, n’était qu’un dictateur “au petit pied”, un substitut d’opérette de son grand-oncle, une marionnette qui n’a laissé derrière lui qu’un pays autrefois glorieux, aujourd’hui humilié par une Allemagne à peine constituée,  mais déjà victorieuse.

On comprend bien que cette vision simpliste a balayé en un instant la réalité : la construction de la base industrielle de la France moderne, la mise en place d’un réseau de communications contemporain, le changement radical de physionomie des villes françaises, sans oublier les innombrables réformes administratives et législatives qui, pour l’essentiel, ne sont que la continuation des travaux du premier Empereur dans ce domaine. Mais on pourrait dire, dans la perspective de l’histoire, que tout homme politique ne devient important que par la grandeur de ses ennemis ! Continue reading

Un humoriste biterrois à Montmartre

Ce texte est le 550ème publié sur mon site (358 en roumain, 174 en français et 18 en italien ou anglais). Ces titres ont totalisé env. 24 000 « single visitors » par an et entre 160 000 et 200 000 « visits » chaque année depuis 2020. J’aimerais remercier tous les lecteurs qui suivent, semaine après semaine, tous ces sujets qui me passionnent. Malheureusement, je ne connais personnellement qu’une infime partie d’entre eux ! Je profite de cette occasion pour leur manifester ma reconnaissance pour leur fidélité, malgré ma décision de ne pas faire appel à aucun moyen de promotion de masse (réseaux sociaux, annonces, publicités pour le site…). Et je m’engage à continuer, de la même façon, le plus longtemps possible et tant qu’ils continueront à lire mes écrits.
 

Ce texte a été publié dans la revue « Planet Paris Montmartre », éditée à Paris au 4e trimestre 2022, qui poursuit sa parution sous différents titres depuis 1987.
 

Je n’aurais probablement jamais entendu parler de Gabriel de Lautrec, « le Prince de l’humour », si je n’étais, depuis une quinzaine d’années, membre de la Société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers.

La

« Société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers », connue aussi sous l’acronyme SASL, est une « société savante créée le 28 octobre 1834. Elle succède à l’Académie de Béziers, ancienne société qui en 1766, a été érigée en Académie royale des sciences et belles-lettres puis a disparu en 1790.

La société a pour siège l’hôtel de Bergé. Là sont réunies la bibliothèque et les collections de la société. La bibliothèque est ouverte aux chercheurs. Les conférences sont données dans les salons. »

Tout cela était parfaitement vrai jusqu’à l’apparition de la pandémie du COVID 19. Qui a démarré en même temps que les travaux de restauration de l’Hôtel de Bergé.

Les réunions ayant été interrompues par ces deux événements, la direction de SASL a décidé de lancer un bulletin d’information hebdomadaire, intitulé « Le coin des curieux », qui se propose de ramener dans la mémoire des membres les faits, lieux et personnalités remarquables de l’histoire de la ville de Béziers.  Continue reading

Un automne de porcelaine… (V)

Paris, le 10 septembre 2022

Parmi ses tentatives pour trouver un emploi, mon père a contacté la société « Phillips », qui cherchait un directeur pour le « Département éclairage » après avoir signé un contrat avec la ville de Paris.

Mon père a été reçu, a présenté ses états de service, parlé de son expérience etc. L’affaire paressait conclue.

Tout à la fin, avant de se quitter, le directeur a demandé à mon père :

 « Au fait, quel est votre âge ? »

« 60 ans. », a répondu mon père.

« Quel dommage ! Chez « Phillips » on passe à la retraite à 60 ans ! Vous ne pouvez pas commencer une carrière chez nous à votre âge ! » 

L’un des grands plaisirs de mon père, une fois qu’il a commencé à travailler dans une entreprise, les huiles « Lesieur » pour ne pas la nommer, était d’aller aux Halles, le vendredi en fin de journée.

On y trouvait plein de choses « à donation » : des fruits et légumes, des fleurs… En particulier, je me souviens qu’il a apporté un régime de bananes presque entier acheté pour… 1FF ! Continue reading

Un automne de porcelaine… (IV)

Paris, le 10 septembre 2022

 

La suite de mon parcours se déroule au long de la rue Réaumur, en direction de la station de métro « Arts et Métiers ».

Ici, on longe la grille du Conservatoire National des Arts et Métiers.

« Le Conservatoire national des arts et métiers est situé au cœur de Paris, sur le cardo, à l’emplacement et en partie dans les bâtiments historiques de l’ancien prieuré bénédictin de Saint-Martin-des-Champs. Ce grand monastère clunisien fondé par le roi Henri Ier en 1059-1060 sur des vestiges de l’époque mérovingienne, est encore aujourd’hui en partie conservé.

Les cours à Paris ont principalement lieu au 292, rue Saint-Martin mais également dans la rue voisine au 2 rue Conté, dans l’Annexe Montgolfier, ancien bâtiment de l’École centrale des Arts et Manufactures jusqu’en 1969. »

C’était, justement, la présence de l’École centrale des Arts et Manufactures qui présentait un grand intérêt pour moi.

Encore en Roumanie, j’avais étudié les règlements des Grandes Ecoles françaises et j’avais découvert que tout élève d’une Ecole Polytechnique étrangère pouvait y entrer « sur titres » à partir de sa troisième année.

Comme j’étais, déjà, en quatrième année d’études à l’Ecole Polytechnique de Bucarest… tous les espoirs étaient permis ! Et comme, en plus, j’avais un cousin qui avait fait ses études à l’Ecole Centrale de Paris, l’idée « d’intégrer » cette Grande Ecole me souriait. En vérité, elle « souriait » plutôt à mon père ! 

Moi, j’aurais préféré poursuivre mes études à l’ENSM de Saint-Etienne (l’Ecole Nationale Supérieure des Mines), là où mon père Ionel et son frère jumeau Aurel avait accomplis les leurs. Mais, mon père craignait que deux localisations de la famille (Paris et Saint-Etienne) ne lui coûte… le double ! Continue reading

Un automne de porcelaine…(III)

Paris, le 10 septembre 2022

Le passage par le Bd. Saint-Denis, nous permettait de traverser le Bd. de Strasbourg au carrefour « Strasbourg-St. Denis ». C’était, aussi, le nom d’une station de métro fort pratique pour aborder la traversée de Paris.

Nous on revenait régulièrement à cet endroit parce que c’est ici que se trouvait, et s’y trouve encore, l’agence L 412 du « Crédit Lyonnais ». Dont l’adresse officielle est « 9, Bd. Saint-Denis ».

Nous on entrait par la porte du Bd. de Strasbourg. C’est dans cette agence que mon père a ouvert un compte, qui portait le no. 58974/C, devenu, par la suite 200933B. Je retrouve toutes ces informations grâce à ses carnets d’adresses des années ’60-’70, que j’ai gardé scrupuleusement.

On avait choisi pour ouvrir un compte bancaire, le « Crédit Lyonnais » parce que… c’était le seul nom de banque à résonnance connue pour nos oreilles !

Moi, je n’étais pas titulaire du compte, puisque j’étais encore mineur.

En vérité, je suis devenu « majeur » deux fois dans ma vie :

  • une première fois en Roumanie, à l’âge de 18 ans,
  • et une deuxième fois, en France, à l’âge de 21 ans !

Entre les deux, j’ai été « déclassé » pendant 3 mois ! Continue reading

Un automne de porcelaine… (II)

Paris, le 10 septembre 2022

A quelques pas des Folies Bergère, j’ai reconnu l’angle de la rue Bergère avec la rue de Trévise.

Si nous avons fréquenté cette rue pendant un bon moment, à notre arrivée à Paris, c’est parce qu’ici se trouvait une cantine à bas prix financée par un organisme de secours aux démunis.

Selon le « Dictionnaire des rues de Paris », cette rue « ouverte en 1836 entre les rues Richier et Bleue, a été prolongée… en 1844, jusqu’à la rue Bergère.

Elle doit son nom au Maréchal Mortier, duc de Trévise (1768 – 1835), tué l’année d’avant son ouverture dans l’attentat de Fieschi contre le roi Louis-Philippe. »

Tout ça ne colle pas du tout avec mes souvenirs.  Et pour cause !

Dans mon désir de faire rattacher mon actualité du moment à mes lectures de jeunesse, j’ai confondu « Trévise » et « Tréville » !

Dans mes souvenirs, D’Artagnan, le héros du roman d’Alexandre Dumas « Les trois mousquetaires », arrivait à Paris avec une lettre de recommandation pour M. de Trévise. Continue reading