Plus près de nous, j’ai eu la chance de découvrir quelques documents photographiques qui nous renseignent sur le passage dans la région de la famille régnante de… Roumanie !
En 2006, j’ai fait une tournée des clients européens, à partir du 22/10 jusqu’au 02/11/2006, qui m’a conduit à travers la Finlande (Helsinki, Hanko, Muurla…) et l’Italie (Roma, Città di Castello, Genova, Sta. Margherita, Aula, Ghedi, Milano, Spilimbergo, Ferrara, Venise, Bologne, Parme, Milano et retour à Paris).
Une tournée… de travail et de tourisme (intensif !), qui m’a permis de revoir des amis et de (re)découvrir des sites exceptionnels… à peu de frais ! Merci, Maman TOTAL !
A Venise, je suis allé (entre autres !) revoir l’Hôtel Europa et Regina où j’avais, quelques 15 ans auparavant participé à un séminaire organisé (superbement !) par notre filiale italienne.
J’avais découvert que cet hôtel faisait partie du Groupe STARWOOD, aussi bien que les hôtels Danieli, l’Hôtel de Bains, Villa Cipriani (Asolo), Gritti Palace, l’Excelsior…
J’ai demandé à parler au responsable de la communication.
Au bout de quelques minutes d’attente, j’ai vu descendre dans un des salons du rez-de-chaussée, une dame élégante et fort aimable, qui m’a donné sa carte de visite. Il s’agissait du « Public Relations Manager » de la direction « Venice Area », couvrant les sites de Venise, Venise Lido et Asolo.
Je lui ai expliqué ce que je souhaitais trouver (des informations sur les séjours de quelques personnalités roumaines dans les hôtels du groupe… au XIXème et début du XXème siècle).
En même temps, je lui ai raconté, en quelques mots, l’historique de mes séjours à Venise… depuis 1969 !
A la fin de notre conversation, Madame la « Public Relations Manager » m’a demandé une faveur : « Nos disposons de photos représentant la famille royale de Roumanie, qui a séjourné dans nos hôtels au début des années 1920. Mais, nous n’avons pas pu les reconnaître ! Pouvez-vous nous aider ? »
J’ai été… heureux et flatté !
Excellente occasion de rendre un service à une personne si aimable et… si compétente !
J’ai donc reçu, dans les jours suivants, à Paris, une bande-photos avec une vingtaine d’images des « royals » (en italien, reali !) Roumains à Venise.
J’ai reconnu, bien sûr, la Reine Marie, le Roi Ferdinand et quelques princes : « la principesa, il principe ereditario e la nipote ». Dont j’ai confirmé les identités à mon interlocutrice !
La « vedette » des photos est, comme d’habitude, la Reine Marie !
Mais, beaucoup plus intéressants, sont les endroits à Venise où ces images informelles ont été prises.
Apparaissent, bien sûr, les endroits emblématiques de la Cité des Doges, comme : le Grand Canal, Ca’ d’Oro, la Salute, Murano, Torcello, San Giovanni e San Paolo …
Mais, aussi, plusieurs endroits en rapport avec notre histoire !
D’abord, plusieurs photos avec « le Reali di Rumenia in motoscafo » et une image de la Reine Marie débarquant à l’hôtel Excelsior au Lido.
Il me semble avoir vu, à Venise, une image avec le Roi Ferdinand dans un transat, toujours coiffé d’un chapeau de paille, sur la plage de l’Hôtel des Bains ! Mais, cette photo ne m’a pas été envoyé !
Une très belle image représente « I Reali di Rumenia all’ abbazia di San Gregorio ».
« L’église et abbaye de San Gregorio forment une entité catholique aujourd’hui déconsacrée de Venise, située dans le quartier de Dorsoduro…
Au milieu du XVIIIe siècle, le titre d’abbaye fut aboli et au début du XIXe siècle, l’église annexée à l’abbaye faisait partie de celles qui étaient supprimés par le décret napoléonien. Cet espace était donc destiné à la Raffinerie publique de la Monnaie vénitienne, la Zecca. Il s’ensuit que, dans l’abbaye de San Gregorio, plusieurs travaux de restauration et d’adaptation ont été réalisés…
Après la première décennie du XXe siècle, les propriétaires de la partie subsistante de l’abbaye ont décidé de la sauver de la ruine, conservant ainsi des éléments architecturaux et décoratifs appartenant à différentes époques et à différents bâtiments: les chapiteaux du cloître, hétérogènes parmi eux pour le style et les matériaux utilisés, la petite frise byzantine datant du IXe siècle, murée à l’intérieur du cloître, la sculpture du XVe siècle murée dans la calle de l’Abazia, aux fenêtres et au magnifique portail sur le Grand Canal. »
Donc, au moment de la visite de la famille royale de Roumanie, les travaux de restauration étaient à peine achevés.
J’ai tenu à présenter cette photo accompagnée de la reproduction d’une aquarelle de Tony-George ROUX ** de 1925. A peu près, à l’époque de la visite royale. En haut de l’aquarelle, on remarque la coupole de La Salute, qui se trouve dans le voisinage immédiat de San Gregorio.
** Tony Georges Roux, né le 3 juillet 1894 à Fontenay-sous-Bois et mort à Versailles le 17 septembre 1928, est un peintre français. Il concourt de 1919 à 1922 pour le prix de Rome.
Il meurt à son domicile de Versailles à l’âge de 34 ans.
C’est probablement à l’occasion de la même visite qu’a été prise la photo qui porte la mention : « II Reali di Rumenia a S. Vio ».
Voilà encore un endroit que je connais fort bien ! Où j’ai habité et que j’ai fréquenté, depuis les années ’80. D’ailleurs, j’y suis retourné… pas plus loin qu’au mois de juin 2025, à l’occasion de ma dernière visite à Venise !
Explication de texte :
« Le rio di San Vio (canal des Saints Guy et Modeste) est un canal de Venise dans le sestiere de Dorsoduro.
Le rio di San Vio a une longueur d’environ 270 mètres. Il fait le lien entre le Canal de la Giudecca et le Grand Canal en sens sud-nord.
L’ancienne église paroissiale des SS. Vito et Modeste, (dédiée aux saints Guy, Modeste et Crescence, vulgairement San Vio) fut érigée en 912, par les familles Vido et Magno ou Balbi.
Depuis 1310 et la victoire du doge sur Bajamonte Tiepolo, il fut établi qu’en signe de gratitude tous les ans, le jour du-dit saint, l’église verrait une procession du doge et de la Seigneurie des six Grandes Écoles, les réguliers, les congrégations du clergé et le chapitre des chanoines de Castello, suivi d’un banquet fastidieux.
L’église de S. Vito ferma en 1808, et en 1813 entièrement démolie. Le propriétaire du terrain, Gaspare Biondetti Crovato y érigea en 1864 une nouvelle chapelle sur dessin de Giovanni Pividor.
Emplacement du rio San Vio :
-Il débouche au Sud dans le canal de la Giudecca
Ce rio longe les fondamenta Venier (flanc ouest) et Bragadin (flanc est).
-Il débouche au Nord sur le Grand Canal entre le palais Loredan Cini et le Campo San Vio. »
Commençons par le côté sud, près du Canal de la Giudecca.
Ce rio est traversé par quatre ponts (du nord au sud) :
Ponte de la Calcina sur le Zattere ai Gesuiti avec embouchure dans le canal de la Giudecca. Ce pont se trouve juste en face de la fameuse Pensione Seguso, qui donne, par sa façade principale, vers le Canal de la Giudecca.
Voilà ce que j’écrivais dans un texte, intitulé
A Venise, dans Paris… (I) | ADRIAN ROZEI posté sur mon site le 23/04/2023 :
« Parmi les pièces présentées (chez Arcurial), j’ai remarqué une « paire d’appliques lanternes à trois bras de lumière en verre soufflé, pince et pailleté d’or » du « maître verrier Seguso ».
Ceci m’a rappelé le temps, dans les années ’80, où j’allais régulièrement habiter à la « Pensione Seguso » sur la ‘Fondamenta delle Zattere’.
« L’hôtel Pensione Seguso, fidèle à une tradition familiale centenaire, continue d’accueillir aux Zattere les amoureux de la belle et unique ville de Venise. Nous avons commencé notre activité pendant la Première Guerre mondiale quand un ami anglais de notre famille a suggéré de transformer le palais où nous vivions en hôtel et d’accueillir les nombreux touristes qui visitaient Venise.
Au début, nos clients étaient surtout des Anglais, mais avec le temps, l’hôtel est devenu célèbre dans le monde entier.L’hôtel prend le nom de notre famille et maintient son caractère traditionnel de sorte que vous pouvez être sûr d’un accueil chaleureux et amical chaque fois que vous nous rendez visite et nous espérons continuer cette tradition pendant longtemps.
L’hôtel Pensione Seguso est situé sur la ‘Fondamenta delle Zattere’ et à quelques minutes à pied des “Gallerie dell’Accademia” et de la “Collection Guggenheim”. »
A l’époque, j’avais cherché l’emplacement de l’hôtel sur des vieille cartes de Venise et j’avais découvert que son immeuble existait déjà… avant la construction de « La basilique Santa Maria della Salute (Sainte-Marie-du-Salut) » (1631 – 1681).
Mais, un autre souvenir nous rappelle, jour après jour, cet endroit.
Sur l’image posté sur le site de l’hôtel, on peut remarquer un légumier en argent assez spécial : il se compose d’un socle et d’un couvert surmonté par une anse circulaire.
Ce qui m’a le plus « interpellé », c’est que l’anse peut s’enlever, moyennant un mouvement circulaire. Ceci permet d’employer le couvert de ce légumier comme un deuxième plat profond, qui s’emboîte parfaitement dans le socle.
On m’a expliqué, dans les années ’80, que cet objet était resté dans l’hôtel après le départ des officiers américains qui y avaient habité à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Eh bien, au début des années ’90, j’ai trouvé, à Montréal, deux légumiers semblables, que je me suis empressé d’acheter. Et que je vois, aujourd’hui, chaque jour, dans notre salle à manger !
A suivre…
Adrian Irvin ROZEI
Paris, janvier 2026







