Dans les années qui ont suivi, je ne me suis pas intéressé beaucoup au sort de l’île de la Giudecca !
Même si, « volens –nolens » *, je passais à chaque arrivé ou départ de Venise près de sa pointe Est, en route vers le débarcadère du Lido.
Le Lido de Venise (en italien : Lido di Venezia) est un fin cordon littoral qui s’étire sur une douzaine de kilomètres entre la lagune de Venise et la mer Adriatique dans la région de Vénétie en Italie du nord.
Tout ça, parce que la société « Aliscafi », qui relie l’aéroport « Marco Polo » au centre de Venise, s’arrêtait, à chaque passage, dans le port du Lido.
*« Volens –nolens » : Qu’on le veuille ou pas !
Tirant son origine du latin avec “volens” (voulant) et “nolens” (ne voulant pas), l’expression originelle était “ne voulant, ne le voulant pas”. On utilisait cette expression dans la Rome Antique pour qualifier la fatalité des Dieux : quoi que l’on dise ou fasse, si une chose devait arriver, elle arrivait. Sa signification traverse les siècles et notre temps veut que l’on utilise sa forme traduite pour désigner les choses sur lesquelles on ne peut influer et celles que l’on doit subir.
Dans un film roumain des années ’50, cette formule « condensée » était employée dans le sens « Tu veux ou tu veux pas ? »
J’ai raconté cette aventure dans un texte récent… en roumain !
Cafeneaua de ieri… sau de azi ! (IX) | ADRIAN ROZEI
Je pense qu’il mérite d’être repris en français …pour la partie qui nous concerne aujourd’hui ! D’autant plus que « l’action décrite » démarre à l’Hôtel des Bains dans l’île du Lido, le « cordon insulaire » parallèle à la Giudecca.
Le café d’hier… ou d’aujourd’hui ! (IX) (fr)
J’ai dû prendre le vaporetto « Alilaguna » pour arriver à l’aéroport à l’heure.
Il est vrai que, dans ce domaine aussi, nous avons vécu une « aventure inoubliable » !
Durant l’été 1988, alors que mon fils n’avait que 3 mois, nous avons été invités au mariage de mon ami Jean-Marc avec Irmi.
J’ai (partiellement) narré cet épisode dans différents textes (en roumain et en italien) :
Comment j’ai découvert « Baio de Sampeyre » ! (complément) | ADRIAN ROZEI
Mais ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est le retour de Venise à l’aéroport Marco Polo !
J’avais alors remarqué qu’« Alilaguna » proposait des départs quotidiens vers l’aéroport Marco Polo, toutes les heures, entre 7h00 et 22h00, toujours à « …et 20 minutes » !
Pour ne pas rater le décollage de l’avion, nous devions prendre le bateau de 14h20.

La première « Carte d’embarquement » à l’international de mon fils, avec la mention « Bébé – Interdit de fumer ».
Mais lorsque je suis arrivé à l’embarcadère, j’ai constaté que le seul voyage annulé était… celui de 14h20 !
Que pouvions-nous faire pour ne pas rater l’avion ? Nous avons couru chez « Danieli », avec « armes et bagages » (comme disent les Français !). Des bagages en quantité suffisante …pour un bébé de trois mois !
Chez « Danieli », on pouvait louer un « motoscafo » (taxi) afin d’aller à l’aéroport, pour la somme (en 1988 !) de 400 Francs Français, soit l’équivalent d’environ 65 Euros d’aujourd’hui !
Je n’avais pas le choix !
J’ai payé… et on est parti !
Encore aujourd’hui, je ne regrette pas cet « investissement » !
Non seulement que je me suis senti comme un prince pendant une demi-heure, mais le panorama de Venise, illuminé par le soleil de l’après-midi, vu à toute allure du moto-taxi, m’a laissé un souvenir inoubliable !
De plus, j’ai sorti mon baladeur et mis de la musique italienne à fond ! Ainsi, je couvrais le bruit du moteur !
Je tenais la main de mon fils et je chantais, en hurlant, avec une fameuse vedette italienne :
« Prendi questa mano, zingara,
dimmi pure che destino avrò,
parla del mio amore, io non ho paura
perché lo so che ormai non m’appartiene. »
(Prends ma main, gitane,
dis-moi quel sera mon destin,
parle de mon amour, je n’ai pas peur
je sais qu’il ne m’appartient plus.)
Vidéos Bing Iva Zanicchi – Zíngara (1969)
J’ai vérifié à l’aéroport de Marco Polo : aujourd’hui, le même « plaisir » coûte… 170 Euros (prix officiel, avant « négociation » ou si un millionnaire « dépensier » n’a pas monopolisé tous les moyens de transport) !
A suivre…
Adrian Irvin ROZEI
Paris, janvier 2026


