Dans un texte, écrit au mois d’octobre 2025, je mentionnais les « moulins de mon cœur », qui se trouvent à Montmartre, dans le Languedoc et à Bucarest.
Ce texte, a été publié dans la revue « Panet Paris Montmartre », au mois de janvier 2026, et ensuite, sur mon site. Il peut être lu à l’adresse :
Les moulins de mon cœur… | ADRIAN ROZEI
Mais, l’espace disponible dans la revue mentionnée ne me permettait pas de parler d’un autre moulin, de son environnement et de son histoire tout aussi exceptionnels. Même s’il s’agit d’un style, d’une époque et d’un volume dans l’espace …tout à fait différents !
D’autant plus que, dans ce cas précis, il s’agit non seulement d’un pays diffèrent de ceux « visités » dans le texte précédemment cité (France et Roumanie), mais aussi d’un endroit réputé pour son histoire, son atmosphère, ses paysages uniques, ses innombrables personnages célèbres et d’évènements ayant marqué l’histoire du monde… un bon nombre de siècles ! Et qui attirent (trop) de touristes du monde entier.
Alors que ce « moulin de mon cœur », après des décennies d’abandon, n’attire aujourd’hui que les touristes à la recherche… d’un logement confortable !
Je parle cette fois-ci, de Venise, en Italie, dans l’île de la Giudecca et… de « Molino Stucky » !
Mais, plantons d’abord le décor !
* * *
La Giudecca est une des îles de la lagune de Venise (celle-ci est plus exactement un groupement de neuf îles), la plus grande, immédiatement au sud des îles centrales, dont elle est séparée par le canal de la Giudecca. Elle dépend administrativement du sestiere de Dorsoduro depuis 1171.
Le Canal de la Giudecca fut anciennement appelé delle Zattere (des radeaux) ou Carbonaria, d’après les radeaux chargés de charbon qui y arrivèrent mais encore Canale Vigano, du lat. vicus : bourg, village.
Il est, avec le Grand Canal, l’un des grands canaux qui se jette dans le bassin de Saint-Marc à Venise. Il est situé au nord de l’île de la Giudecca et scinde le sestiere de Dorsoduro en deux.
Traditionnellement, tous les grands navires de croisière passaient par ici pour se rendre au port de Venise. La largeur du canal varie entre 150 et 250 mètres et monte à 400 mètres entre Zattere et Zitelle, tandis que sa longueur est proche de 3 km.
A l’origine l’île portait le nom de Spina Lunga ou Spinale (« Longue Arête », de spina, arête de poisson) à cause de sa forme courbe et allongée. Au XIIe siècle, on attribua à la communauté juive (la plus importante de Venise, après les Grecs) cette île, Spinalunga, qui prit le nom de Giudecca (quartier des juifs) à partir du moment où les juifs s’y installèrent.
En 1527, un décret ordonna aux Juifs de déménager dans la zone du Cannaregio, là où se trouvaient les anciennes fonderies à canons.
L’île devint ensuite, à l’âge d’or de la république de Venise, un lieu de villégiature et d’évasion, composée de palais entourés de grands parcs.
La magnificence de cette période est notamment attestée par l’imposante église du Redentore (« Rédempteur »), conçue par Andrea Palladio entre 1577 et 1592 pour marquer la fin de la terrible épidémie de peste qui frappa la cité en 1576 et tua un tiers de ses habitants. Tous les ans, le doge et son entourage visitaient l’église en traversant le canal sur un pont de bateaux, à partir du quai du Zatterre dans le sestiere du Dorsoduro. Cette fête du Rédempteur a toujours lieu, dans la troisième semaine de juillet.
L’église du Rédempteur est le cœur spirituel de la Festa del Redentore, l’une des célébrations les plus importantes de Venise. Chaque année, un pont votif temporaire est installé sur le canal de la Giudecca, reliant les Zattere à l’île et permettant aux fidèles de rejoindre l’église à pied.
La fête allie tradition religieuse et fête populaire. Le samedi soir, les Vénitiens se réunissent pour des dîners en bateau ou le long des rives, suivis d’un spectaculaire feu d’artifice illuminant la lagune. Le dimanche est dédié aux célébrations liturgiques et aux régates traditionnelles sur le canal de la Giudecca.
C’est, d’ailleurs, grâce à cette fête que j’ai découvert, en 1969, à ma première visite à Venise, l’île de la Giudecca.
J’étais arrivé dans la Cité des Doges avec un voyage organisé par le C.R.O.U.S. (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires) de Paris, qui avait regroupé une trentaine d’étudiants pour un circuit traversant le nord de l’Italie. Parmi nous, non seulement des étudiants de toute la France, mais aussi quelques Européens et même… des Mexicains !
Notre hôtel se trouvait au bord du « Canale San Marco » sur la Riva dei Sete Martiri, pas loin des Giardini della Bienale. Il faut préciser que cette « extension » de la fameuse « Riva dei Schiavoni » avait été aménagée entre 1935 et 1937, à l’emplacement des chantiers navals abandonnés, dont on peut voir encore aujourd’hui, quelques hangars de l’ancienne « marinarezza » vénitienne.
Le quai qui, à l’origine, devait porter le nom du Duce, a été baptisé à l’inauguration « Riva del Impero », pour changer de nom, après la guerre, en « dei Sete Martiri » en souvenir des sept partisans fusillés par les fascistes nazis.
*La vue vers l’île de la Giudecca et l’église du Rédempteur en 1900 et en 2014.
L’aquarelle en arrière-plan est l’œuvre de Jirô Taniguchi, l’auteur japonais du livre « Venise ».
Dans le texte : Le tour du monde… en quatre jours ! (I) | ADRIAN ROZEI j’ai parlé de cette histoire de (semi) fiction, qui rassemble des faux souvenirs avec les images contemporaines de la Cité des Doges.
« Un homme arpente Venise hors des sentiers touristiques, sur les traces de son histoire familiale. Il se surprend parfois à flâner, se perd au long des canaux, s’arrête pour observer. A mesure que les brumes du passé se dissipent, c’est une nouvelle cartographie de la Sérénissime qui se dessine : contemplative et intrigante, majestueuse et intime. »
En tout cas, cette « riva » est une des plus belles promenades de la ville, permettant d’admirer, dans le lointain, les bords de l’île de la Giudecca.
Et, le soir de la fête du Rédempteur, le magnifique feu d’artifices mentionné précédemment.
Vidéos Bing Venice Festa del Redentore Fireworks 2025 | Stunning Night Show Over the Grand Canal 🇮🇹
Au lieu de bénéficier de cette occasion unique, mes chers camarades de voyage ont préféré se chamailler … pour une raison futile ! Quelques-uns d’entre eux ont décidé de se réunir dans une des chambres de l’hôtel pour célébrer une messe (en français). En réaction, d’autres étudiants « anti- calotins », ont proposé d’organiser une « messe noire », à l’étage au-dessus, pour… leur « couper l’herbe sous les pieds » !
J’ai retrouvé, ainsi, les chamailleries, plutôt bon-enfant, que je suivais avec un certain détachement, à la Maison des Elèves de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, dont je suivais les cours.
Plus d’une fois, au moment du déjeuner que nous prenions au « resto » de la M.E. (Maison des Elèves), j’ai entendu un de mes collègues se lever et crier à-tue-tête : « A bas la calotte ! »
Suivi, tout de suite, par une ou plusieurs voix qui rétorquaient : « Vive la calotte ! »
Pour ceux que ce terme… ressemble à du chinois, je précise :
« Définition de calotin, calotine (nom et adjectif) : familier et péjoratif Ecclésiastique : personne qui défend le clergé. ➙ clérical. Adjectif : Relatif au clergé, aux dévots. Un air calotin.
Exemple : Elle était avant tout contre les « calotins ». Marcel Proust (1871-1922) »
Tout ça, aujourd’hui …semble sortir des livres d’histoire ! Et pourtant, je les ai vécus …je le jure !
Mais, moi, à peine débarqué depuis moins de deux ans de ma Roumanie natale et communiste, je regardais ces joutes verbales …comme au cinéma !
Et, à Venise, je suis allé le soir de la fête, avec des amis belges et mexicains, admirer le feu d’artifices !
A suivre…
Adrian Irvin ROZEI
Paris, janvier 2026








C.P. din Bucuresti scrie :
« Splendid🤓🤗 !
N-ai idee cât m-am delectat – “la cafea” – cu textul tău despre Giudecca și cu minunatele sale ilustrații. Din fericire, chiar și din scurtissimul și aglomeratul nostru sejur de anul trecut la Venezia , Giudecca nu-mi rămăsese necunoscută.
Desigur, datorez asta, ca și atâtea alte ”repere” care îmi jalonează drumurile în Italia, profesoarei mele de italiană de la Buenos Aires, Marina agiacometti, care a “populat” în așa fel cu povești, istorii, anecdote și amintiri personale (ba chiar, în pandemie când trecusem cursurile online, și cu vizite ghidate de rude sau prieteni de-ai ei, profesioniști, transmise nouă în direct, între care memorabilă este plimbarea nocturnă de două ore prin Verona, ghidată de soția – ghid profesionist – unui văr de-al ei care o însoțea cu camera de filmare în spate😇) toate lecțiile despre anumite orașe, pe care – la modulele mai avansate, de “limbă ȘI CIVILIZAȚIE italiană” – le-am avut în programă, încât vizitele au devenit trasee cu puncte clare jalonate dinainte în mintea mea și “îmbrăcate” cu informații documentare deja culese, selectate și duse cu mine (ah, ce beneficiu enorm al tehnologiei🤗) în memoria telefonului.
Stim deja că drumul ne va duce din nou pe la Venezia, așa că mă voi putea hrăni iarăși cu peisajele atât de luminoase consemnate de penelul japonezului Jiró.
Oricum, chiar în cele 3 “sesiuni” de vizitare care ne-au populat după amiaza sosirii/cazării la Mestre și întreaga zi următoare, am avut grijă să fac timp și pentru flânerie, cu obiectivul expres al plimbării dinspre înserat de a hălădui prin “al doilea” cartier evreiesc, cel de la fonderiile de tunuri, unde prezența turistică considerabil mai temperată ne-a îngăduit și o agreabilă pauză de “spriz” cu “cicchetti”, admirabila și rafinata versiune veneziană a spaniolelor “tapas”, pe o terasă din lungul canalelor înguste pe care câte un cuplu “chic” se afișa în bărcile personale sau în vreo gondolă cu vizibil aspect nonturistic .
Deci, chiar dacă a decretat poetul că “S-a stins viața falnicei Veneții”, noi suntem nu doar resemnați ci chiar bucuroși să mai putem “adulmeca” farmecul decadent și încărcat de istorie și de istorii al acestui loc ce stă mărturie încăpățânării (dar și măiestriei și capacității) oamenilor de a-și clădi viața pe geografii improbabile sau chiar imposibile🤭.
Venezia este, pt mine, o probă clară că o scriere precum “Le città insibili” a lui Italo Calvino nu doar că nu putea fi zămislită de vreun scriitor de aiurea, ci era de-a dreptul predestinată să apară în spațiul literaturii ficționale italiene, făcând ca imaginarul oricât de extravagant să para plauzibil🤓
A.I.R. ràspunde:
Ashteaptà sà vezi urmarea! Mai urmeazà… 6 episoade !