Tous les chemins mènent à Rome !
« Le proverbe « Tous les chemins mènent à Rome ! » signifie que, quel que soit le chemin emprunté, on arrive toujours à destination ou, plus généralement, que plusieurs moyens permettent d’atteindre un même but. Il est relié au réseau routier de l’Antiquité. Sous le règne de l’empereur Auguste, l’empire romain a mis en place le premier grand réseau européen. Les 29 routes qui le composaient partaient toutes du « Milliaire d’or », au centre de Rome, un monument qui indiquait le nom et la distance des principales grandes villes. »
Mais, « Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis ! », affirmait Sertorius dans la tragédie, portant le même titre, de Corneille.
Pour moi, Rome serait… plutôt du côté de Montmartre !
Mais, ce qu’aucune de ces affirmations historiques ne précisent pas, c’est le temps qu’il faut… pour y arriver !
Dans mon cas, j’y ai mis… un demi-siècle ! Comment ça ? Simple !
Partons du début !
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En 1975, quand je suis arrivé, pour la première fois, à Buenos-Aires, on m’a dit : « Tu dois aller voir La Recoleta ! »
Et, tout de suite, on m’a expliqué : « Le cimetière de Recoleta est un célèbre cimetière situé dans le quartier de Recoleta à Buenos-Aires (Argentine). Il constitue une superbe exposition d’architecture funéraire du XIXe et du début du XXe siècle, avec des panthéons familiaux et des caveaux de la haute bourgeoisie et des anciens estancieros richissimes. Parmi eux se trouvent les sépultures de nombreux protagonistes de l’histoire argentine. »
A cette époque, avant que les restes mortels d’Eva Peron n’y soient inhumés, le personnage féminin le plus célèbre du cimetière était Rufina Cambaceres.
Rufina Cambaceres (également orthographiée Cambacérès) (31 mai 1883 – 31 mai 1902) était l’unique héritière d’une importante fortune issue de l’élevage de bétail en Argentine. En 1902, à l’âge de 19 ans, elle fut retrouvée apparemment sans vie et enterrée dans la crypte familiale à Buenos-Aires. Après son inhumation, des bruits se firent entendre depuis la tombe, et on découvrit ensuite qu’elle avait été enterrée vivante. Depuis son enterrement prématuré, elle est populairement connue comme « la fille qui est morte deux fois » ; son tombeau est l’un des plus célèbres du cimetière de La Recoleta.
Rufina Cambaceres est née à Paris, dans une famille aisée. Son père était l’écrivain et homme politique argentin Eugenio Cambaceres et sa mère la danseuse italienne Luisa Bacichi, mariés à Paris. Son père est décédé de la tuberculose alors qu’elle avait quatre ans. Rufina reçut une bonne éducation, excellant dans ses études et parlant cinq langues. Elle est devenue une mondaine de Buenos-Aires.
Le soir de son dix-neuvième anniversaire, alors qu’elle se changeait pour l’opéra, Rufina s’effondra et fut retrouvée sur le sol de son boudoir sans signes vitaux. Trois médecins l’ont déclarée morte d’un AVC ou d’une crise cardiaque.
Elle fut enterrée par sa mère le lendemain, portant ses bijoux préférés, dans le mausolée familial du cimetière de La Recoleta. La même nuit, sa nourrice entendit des bruits profonds et forts venant de son cercueil. Craignant que des voleurs ne fouillent le corps, elle s’approcha du cercueil et découvrit qu’il avait bougé et que le couvercle était brisé par endroits. En y regardant de plus près, on trouva des traces de griffures à l’intérieur du couvercle et sur le visage de la jeune femme, indiquant que Rufina avait été enterrée vivante.
L’effondrement initial de Rufina est généralement attribué à la catalepsie, dont la raison n’a jamais été entièrement clarifiée. On suppose qu’après son enterrement prématuré, elle mourut d’étouffement, d’épuisement ou d’un choc après s’être réveillée dans un cercueil. Cependant, selon une légende urbaine, il a également été avancé que son corps aurait été retrouvé près de la porte, qu’elle avait réussi à sortir de son cercueil et, en réalisant qu’elle était piégée dans un mausolée au milieu de la nuit, elle avait subi une crise cardiaque.
Le tombeau de Rufina est un chef-d’œuvre Art nouveau, construit en marbre de Carrare, avec une statue grandeur nature qui la représente tenant la porte de son propre mausolée, peut-être en la fermant.
C’est l’une des tombes les plus visitées du cimetière.
Une autre légende urbaine raconte que son fantôme hante le cimetière.
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J’ai été particulièrement touché par la découverte de cette histoire, tout comme par la beauté de Rufina et de celle de son tombeau.
Quelques années plus tard, vers 1981, j’ai commencé à fréquenter assidument le département de l’Hérault, là où ma future épouse, née à Montpellier, habitait chez ses parents. C’est ainsi que j’ai découvert l’existence du personnage emblématique de l’Hérault, celui qui apparait dans des médaillons sur les cartes du département au XIXe siècle : Jean‑Jacques‑Régis de Cambacérès (1753–1824).
Cambacérès a été l’un des plus grands juristes français, principal architecte du Code civil et l’un des hommes d’État les plus puissants sous la Révolution, le Consulat et l’Empire. C’est aussi l’archichancelier de Napoléon, son conseiller juridique le plus influent, et une figure majeure de la noblesse de robe montpelliéraine. Nommé Archichancelier de l’Empire en 1804, l’une des plus hautes charges de l’État, il devient duc de Parme (1808), Grand maître du Grand Orient de France (1804–1816), Membre de l’Académie française (fauteuil 30).
Il est l’un des piliers institutionnels du régime napoléonien, réputé pour sa rigueur, son intelligence politique et sa loyauté.
Jean‑Jacques‑Régis de Cambacérès meurt à Paris le 8 mars 1824. Il est enterré au Père-Lachaise.
Au sommet de sa gloire, Cambacérès achète en 1808, « L’hôtel de Roquelaure », un hôtel particulier situé dans le 7e arrondissement de Paris, au no 246 du boulevard Saint-Germain. Construit au début du XVIIIe siècle comme résidence du maréchal de Roquelaure, dont il garde le nom, Cambacérès en fait une demeure d’apparat.
Devenu un palais, le grand corps de logis permet de donner de fastueuses réceptions et de recevoir les hôtes étrangers de marque, que Cambacérès accueille à la place de Napoléon. Les fêtes données à Roquelaure deviennent célèbres pour leur faste et leur finesse gastronomique.
Je n’ai visité ce bâtiment prestigieux de Paris qu’au début de l’année 1992, alors qu’il hébergeait le ministère de la Ville. Mais, auparavant, il avait changé plusieurs fois de fonction. Surtout, en tant que ministère de l’Environnement, sa « mission » depuis 1978 ! Et qu’il a repris, sous différentes dénominations, jusqu’à nos jours !
Mais, d’abord, dans les années ’80, j’avais découvert à Montpellier, « l’Hôtel de Cambacérès‑Murles », qui se trouve au 3, rue Sainte‑Croix, Place de la Canourgue.
Sur la façade de l’immeuble on peut remarquer une plaque qui indique : « Construit entre 1707 et 1730 par Jean Giral pour Dominique de Cambacérès, conseiller à la Cour des Comptes ».
Mais, ce Dominique précède d’un demi-siècle Jean‑Jacques‑Régis.
Dominique de Cambacérès († après 1730) est l’arrière‑grand‑oncle de Jean‑Jacques‑Régis de Cambacérès.
Autrement dit : Jean‑Jacques‑Régis descend directement de la même lignée, mais de la branche cadette, tandis que Dominique appartient à la branche aînée, celle qui a bâti l’hôtel particulier de la rue Sainte‑Croix à Montpellier.
Ouf ! Bien compliqué, tout ça !
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Le 11 novembre 2025, je suis allé au « Père-Lachaise » à Paris.
En déambulant parmi les tombes fleuries du cimetière, j’ai remarqué un monument comportant le buste d’une jolie dame. Sur le socle, l’inscription indique : Delphine de Cambacérès.
Très vite, en consultant les documents disponibles sur le net, j’ai découvert que : « Rufina Cambaceres (1883‑1902), enterrée à La Recoleta de Buenos- Aires, et Delphine de Cambacérès (1860‑1887), dont la tombe se trouve au Père‑Lachaise à Paris, appartiennent à la même grande famille franco‑argentine des Cambacérès, liée à la fois à la haute société parisienne et à l’aristocratie porteña (de Buenos-Aires).
Delphine, née en 1860 à Buenos-Aires, était la fille de Joseph Antoine de Cambacérès (chimiste français installé en Argentine) et de Rufina Alais Bedoya. Elle épousa Lucio Lucero, dont elle eut une fille, Maria Teresa. Décédée en 1887, elle est représentée par un buste en marbre signé Amédée Jouandot sur sa tombe au Père‑Lachaise (division 48). Sa branche familiale est directement liée à l’installation des Cambacérès en Argentine au XIXe siècle.
Les deux jeunes femmes descendent de la famille Cambacérès, originaire de France (Nîmes, Montpellier) et implantée en Argentine au XIXe siècle.
Joseph Antoine de Cambacérès (père de Delphine) s’installe à Buenos-Aires en 1824 et fonde une lignée dont naît Eugenio Cambaceres, père de Rufina.
Deux destins croisés : Delphine, morte jeune, repose à Paris, tandis que Rufina, également morte prématurément, repose à Buenos-Aires. Elles incarnent deux branches d’une même famille, partagée entre l’Europe et l’Amérique du Sud.
Ainsi, Rufina et Delphine sont les descendantes lointaines de la même dynastie que Jean‑Jacques Régis, mais par des branches émigrées en Argentine.
Un vrai « Pont Transatlantique » !
Ce pont relie trois continents de mémoire : le droit et la politique (Cambacérès à Montpellier), l’art funéraire et la littérature (Delphine à Paris), la légende et le mythe urbain (Rufina à Buenos-Aires).
Trois tombeaux, trois continents, une seule lignée. La toge de Montpellier, le marbre de Paris, le fer de Buenos-Aires. Un fil invisible relie ces mémoires : la famille Cambacérès, inscrite à la fois dans la Loi, l’Art et la Légende.
Cette carte est une géographie de la mémoire :
- Hérault : la rigueur du droit.
- Paris : la mélancolie romantique.
- Buenos-Aires : la légende tragique.
Ensemble, elles forment un itinéraire poétique où chaque lieu est une station d’un rituel transatlantique !
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Cette histoire est trop belle… pour s’arrêter ici !
Je viens de découvrir qu’à Paris, dans le quartier de la Nouvelle-Athènes, au pied de la Butte Montmartre, se trouve aussi un Hôtel de Cambacérès !
Il est sis au 4, rue de la Tour-des-Dames, a été construit en 1822 et habité, à partir de 1826, par Etienne de Cambacérès, le neveu de l’Archichancelier.
Aujourd’hui, il est occupé par un cabinet d’avocats.
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Pour revenir aux « chemins qui partent de Rome », on se souvient que l’empereur Auguste fit mettre en place, non loin du temple de Saturne, une borne. Elle a été nommée « Milliarium aureum » ou « Milliarium Urbis ».
Son but été de signifier à tout un chacun que vers elle convergeaient toutes les voies de son empire.
Je ne suis pas « Auguste », mais je suis « Adrian » !
Je pourrais donc demander qu’une borne milliaire soit installée à Montmartre, pour marquer le départ des routes, un vrai « Pont Transatlantique », vers toutes les localisations Cambacérès !
Et, je suis prêt à commencer cette démarche… dès demain.
Avec l’espoir de ne pas devoir attendre sa finalisation… encore un demi-siècle !
Adrian Irvin ROZEI
Paris, janvier 2026
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C.P. de Bucarest écrit:
“Mare noroc am cu tine, Adrian, că… pot să nu mă fac de râs când se vorbește desore cimitirul Recoleta🤓🤭.
Deși am locuit atâția ani chiar “peste drum” de el, l-am vizitat de puține ori, de obicei cu ocazia însoțirii unor vizitatori (delegați oficiali sau rude sau prieteni) și niciodată pentru prea mult timp. Oricum, rareori pentru mai mult decât admirarea monumentelor funerare în sine, fără să mă aplec asupra “ocupanților” și cu atât mai puțin a istoriei și conexiunilor familiale ale acestora🤫. Ei, sigur că am învățat “din prima” drumul scurt spre cavoul Evitei, căci mai toți vizitatorii mei voiau să-l “bifeze”🤭… Dar nu mi-am dat timpul să mă hrănesc cu mai multe legende urbane decât evocă mai tânăra mea prietenă Justina Irimia în cărțulia ei despre Buenos Aires (doar ca ilustrare a unor moravuri argentiniene, care reprezintă tema propriuzisă a cărții). “