Un automne de porcelaine… (V)

Paris, le 10 septembre 2022

Parmi ses tentatives pour trouver un emploi, mon père a contacté la société « Phillips », qui cherchait un directeur pour le « Département éclairage » après avoir signé un contrat avec la ville de Paris.

Mon père a été reçu, a présenté ses états de service, parlé de son expérience etc. L’affaire paressait conclue.

Tout à la fin, avant de se quitter, le directeur a demandé à mon père :

 « Au fait, quel est votre âge ? »

« 60 ans. », a répondu mon père.

« Quel dommage ! Chez « Phillips » on passe à la retraite à 60 ans ! Vous ne pouvez pas commencer une carrière chez nous à votre âge ! » 

L’un des grands plaisirs de mon père, une fois qu’il a commencé à travailler dans une entreprise, les huiles « Lesieur » pour ne pas la nommer, était d’aller aux Halles, le vendredi en fin de journée.

On y trouvait plein de choses « à donation » : des fruits et légumes, des fleurs… En particulier, je me souviens qu’il a apporté un régime de bananes presque entier acheté pour… 1FF !

On s’y donnait « à cœur joie » !  Jusqu’au jour où ma mère a découvert qu’elle avait pris quelques kilos ! Comme conséquence, on a « interdit » les bananes à la maison !

Racontant cette aventure à des amis Roumains, ma mère s’est entendu répondre : « Normal ! Tous les Roumains, une fois arrivés à Paris, prennent des kilos à force de s’empiffrer de bananes ! Ils en ont tant rêvé, pendant des années… » 

 *   *   *

Je pourrais raconter tellement d’anecdotes, vécues ou entendues, de cette époque de découvertes jour après jour. Mais, il faut savoir s’arrêter ! 

Quand-même, je ne peux pas ne pas mentionner la maison du « 3, rue Volta » ! Cette maison, qui se trouve dos-à-dos avec (feu) « l’Hôtel de l’Ecole Centrale », a été considéré très, très longtemps comme « la plus vieille maison d’habitation » de Paris. 

Dans le « Dictionnaire historique des rues de Paris », édité en 1985, Jacques Hillairet écrit :

« La plus vieille maison de Paris. – Le bailli du domaine rural du bourg Saint-Martin-des-Champs avait déjà, en 1292, son siège rue Frépillon, alors que le maire du même domaine avait le sien dans la rue au Maire. Sans qu’aucun texte ne puisse permettre de l’affirmer, on est fondé de penser que la plus vieille maison actuelle de Paris est l’ancienne maison de ce bailli ; c’était, naturellement, la plus belle du quartier, peut-être, aussi, la plus haute : quatre étages.

Cela lui a valu, pendant des siècles, une certaine considération ; de nos jours, son ancienneté a eu pour heureux effet d’éviter qu’elle ne soit démolie lors de l’élargissement de la rue.

Quelle que soit son origine, il n’est pas moins probable que cette maison date de la fin du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle, soit aux alentours de l’an 1300, vers le milieu du règne de Philippe le Bel. »

Suit une longue description de l’intérieur, de la façade, de la porte d’entrée, même du jardin ou cour « touchant par le fond, le mur fortifié du prieuré ».

Autrement dit, l’emplacement de mon cher hôtel de l’Ecole etc. ! 

Seulement, mon père m’a raconté qu’il est descendu à la cave de notre hôtel, qu’il a vu un superbe carrelage, commun avec la cave de l’immeuble de la rue Volta. Mais, toujours Jacques Hillairet écrit : « Particularité curieuse : cette maison n’a pas de cave ! »  Ça, alors !

Aussi : « Rappelons que ce genre de construction a été interdit en 1560 ; que la hauteur des maisons de cette sorte a été limitée à 8 toises (16 mètres) en 1667 (c’est alors que celle-ci a dû perdre son pignon qui surplombait la rue) et que les chéneaux et les gouttières n’ont été obligatoires pour toutes les maisons qu’en 1831. »

Et l’auteur conclut : « Lorsque cette maison, dont la façade est classée, disparaîtra, la « plus vieille maison de Paris » sera celle du no. 51 de la rue de Montmorency (1407). »

Et puis, patatras ! Voici qu’un certain Jean-Marie Pérouse de Montclos, affirme que cette maison date de la première moitié du XVIIe siècle et aurait été construite aux environs de 1650 !

Martine Dubois, conservateur des Archives nationales aurait effectué des recherches, en 1979, et, reconstituant l’histoire de la parcelle sur laquelle est construite la maison du 3, rue Volta, a découvert que, jusqu’en 1644, aucune construction n’occupait ce terrain. Donc « …la maison n’a pu être construite qu’entre 1644 et 1654. ». Alors que plus haut on nous rappelle que « ce genre de construction a été interdit en 1560 ! »

Quelle salade !

En tout cas, aujourd’hui la façade de la maison est restaurée et en excellent état.  Moins agréable est la présence d’un restaurant et d’un salon de coiffure… chinois, qui arborent des inscriptions rouge vif en idéogrammes.

Mais, tout ça peut disparaître …s’il y a une décision de la mairie de Paris ! Et qu’elle soit mise en application ! 

  *   *   *

Nous avons quitté la rue Bailly le 7 mai 1968. Un « Récépissé de Déclaration de changement de résidence », délivré par la « Préfecture de police -Direction de la Police générale » le confirme.

Néanmoins, je suis passée, maintes et maintes fois, « à mon ancienne adresse », comme chante Charles Aznavour dans « La Bohème ».

« Quand au hasard des jours
Je m’en vais faire un tour
À mon ancienne adresse
Je ne reconnais plus
Ni les murs, ni les rues
Qui ont vu ma jeunesse… »

Pour une fois, ce n’est pas tout-à-fait exact !

Même si, à travers le temps, j’ai suivi l’histoire mouvementé de l’hôtel (un incendie, des victimes, une histoire crapuleuse…), je n’y suis jamais entré.

Mais, aujourd’hui… j’ai sauté le pas ! Même si l’hôtel de mes 20 ans a changé de nom, j’ai ressenti un grand plaisir à le revoir. Parce que le « 3H/ Paris Marais Hôtel » est devenu un (vrai) « boutique-hôtel » classé 3*.

La décoration est agréable, moderne, mais pas criarde pour deux sous, l’atmosphère du salon de la Réception cozzy et j’ai été très bien reçu par le réceptionniste, que j’ai trouvé intéressé par le passé de l’hôtel, qu’il connaissait partiellement.

Une bonne surprise : les dessins originaux signés par Mesnager, peintre urbain que je suis depuis quelques années.

Jérôme Mesnager, né le 30 janvier 1961, à Colmar (Haut-Rhin), est un peintre français.

Père de « l’Homme en blanc », il est l’un des premiers peintres de rue parisiens. Ses œuvres participent du courant artistique communément appelé « art urbain » (street art) ou « graffiti ».

Une très bonne surprise ! Ça vaut la peine de « retourner à son ancienne adresse ! »

*   *   *

Le départ de mes parents pour « 36, rue Notre-Dame de Lorette » s’est effectué en mon absence. Ils m’ont écrit, vantant leur « nouvelle conquête ».

Dans ce nouvel hôtel ils disposaient d’un « coin cuisine ». Donc, ma mère, qui, comme d’habitude, avait déniché la perle rare, pouvait cuisiner à la maison.

J’attendais avec impatience de découvrir « leurs puissantes installations », dont ils m’avaient décrit avec trémolos les avantages.

Encore une fois, j’ai été déçu ! Nous ne vivions pas sur la même Planète !

Mais, il y a une chose qui m’a marqué… pour la vie !

Dans ce nouvel logement, les locataires habitaient, pour la plupart, à l’année. Alors, par mesure d’hygiène, ils ont demandé aux propriétaires que les toilettes, qui se trouvaient au fond du couloir, ne comportent pas de lunettes. Chaque famille avait ses lunettes, qu’ils amenaient sous le bras, cachées dans une boîte en carton, à chaque visite « au petit coin ». 

Dans l’hôtel, habitaient aussi quelques Roumains, parmi lesquels un certain Frâncu, un monsieur « portant beau », « entre deux âges, mais plutôt vers le troisième ! »  Il apparaît, d’ailleurs, à côté de ma mère, dans la photo prise par mon père devant les « Folies Bergère » en 1968.

Plus d’une fois, je l’ai vu arrivant du « petit coin », avec le carton sous le bras, et croisant dans le couloir une dame pomponnée, toujours avec le carton sous le bras.  En grand seigneur, à la roumaine, M. Frâncu faisait un baise-main à la dame, qui souriait flattée.

On aurait dit deux nobles dans les couloirs de Versailles, s’il n’y avait pas eu… les accessoires sous le bras qui indiquaient la destination des deux personnages !

*  *  *

J’ai passé une bonne partie du mois de mai ’68 au 36, rue Notre-Dame-de- Lorette. Parce que, la direction de l’Ecole a considéré que je n’avais pas besoin de « stage ouvrier », comme mes chers collègues.

C’est vrai que, venant d’un pays communiste, j’avais pratiqué cette discipline, à raison d’un jour par semaine, à partir de l’âge de 10 ans.

Et, à la fin de chaque année scolaire à L’Ecole Polytechnique de Bucarest, j’avais bénéficié d’un « stage-ouvrier » d’un mois.

Il valait mieux que je révise… l’optique-cristallographie, matière essentielle pour la suite de ma carrière, puisque enseignée par le Directeur de l’Ecole !

Ce séjour à Paris m’a permis de vivre « les évènements » en direct, en évitant toutefois de trop me mêler aux manifestants.

Avec mes papiers « non reconnus par certains membres des administrations », comme on l’a vu précédemment …il valait mieux !

J’ai oublié de préciser que pendant une période, après mon arrivée, j’ai dû, tout comme mes parents, renouveler la validité du « Récépissé… », d’abord, tous les deux jours, ensuite, toutes les semaines, puis, à partir du mois d’octobre 1968, tous les mois.

Ce qui, au fond, ne me dérangeait pas trop, puisque cela me permettait de revenir à Paris. Sauf que, mes parents étaient moins enchantés, au vu des frais de transport engendrés.

*   *   *

Notre nouvelle localisation dans Paris était totalement différente de la précédente. Pas moins « historique », mais d’une autre époque.

Il s’agissait du quartier de la « Nouvelle Athènes », construit dans la première moitié du XIXe siècle. 

« C’est dans cet ensemble homogène d’immeubles délimité par les rues Saint-LazareBlancheLa Bruyère et Notre-Dame-de-Lorette où choisirent de vivre un grand nombre d’écrivains, d’acteurs, de musiciens et de peintres qui formèrent l’élite du mouvement romantique parisien, parmi lesquels Ary SchefferEugène DelacroixGustave Moreau,  George SandAlexandre DumasFrederic ChopinVictor HugoThéodore GéricaultPissarroClaude MonetPaul GauguinHorace Vernet… et Mademoiselle Mars.

Ce nom de « Nouvelle Athènes », consacré par Adolphe Dureau de la Malle le 18 octobre 1823, fait sans doute référence à l’architecture « antiquisante » de ses hôtels ainsi qu’au développement du philhellénisme très prégnant au sein de la communauté d’artistes prestigieux qui s’y installent. La formation et la culture des architectes qui ont construit les hôtels de la rue de la Tour-des-Dames justifie aussi cette appellation.

La « Nouvelle Athènes » était aussi réputée pour abriter de nombreuses jeunes femmes entretenues, appelées lorettes, du nom de l’église Notre-Dame-de-Lorette. »

L’architecture et le cadre de vie du quartier était le reflet de cette époque brillante, même si le niveau d’entretien du moment laissait, un peu, à désirer.

Néanmoins, il suffisait de vouloir creuser un peu le passé du lieu pour trouver des perles, souvent cachées et pas suffisamment mises en valeur.

Ainsi, la Place Saint-Georges abrite, derrière la bouche de métro ornée de splendides céramiques multicolores,

« l’hôtel de la marquise de Païva, orné d’angelots, de lions, de statues de style néo-gothique et néo-renaissance  (architecte Renaud, 1840). Installée ici en 1851, elle fait construire par la suite un nouveau luxueux hôtel portant son nom sur l’avenue des Champs-Élysées. »

Juste en face, bien cachée derrière une clôture en tôle,

« La fondation Dosne-Thiers (qui) est un muséebibliothèque… Elle porte le nom d’Adolphe Thiers, président de la République française de 1871 à 1873, et de son épouse Élise Dosne, qui ont habité les lieux. »

A quelques mètres, « Le théâtre Saint-Georges », qui a vu défiler sur ses planches, depuis 1929, date de son inauguration, la fine fleur des acteurs de la scène parisienne.

Et puis, au milieu de la place,

« une fontaine centrale destinée à l’origine à faire boire les chevaux, qui est tarie en 1906 par la construction du métro, (et) fait place en 1911 à un Monument à Gavarni, dû au sculpteur Denys Puech, comprenant également une fontaine (remise en eau en 1995) et surmonté d’un buste du dessinateur. Sur le socle figure en relief une scène du Carnaval de Paris, avec trois personnages, dont au milieu une débardeusePaul Gavarni (1804-1866) est spécialisé dans la représentation de ces figures carnavalesques. Il s’agit du seul monument parisien évoquant directement le Carnaval de Paris. »

Une pure merveille, du style « Art nouveau », tout comme bon nombre de façades, décorées de sculptures chargées de personnages et motifs décoratifs du même genre.

La fontaine était le « chouchou » de mon père, qui n’arrêtait pas de la prendre en photo !

Dans un autre angle de la place, se trouve une énorme serre, en arc de cercle. A l’époque de notre séjour dans le quartier, elle abritait la boutique d’un antiquaire, plutôt un brocanteur, où, au cœur d’un fouillis indescriptible, je passais des heures à analyser et étudier chaque objet, en écoutant les explications du propriétaire des lieux, enchanté d’avoir un interlocuteur attentif pour déballer son savoir.

Tout ça, au mois de mai ’68, alors que d’autre « faisaient grève » et occupaient la Sorbonne. D’ailleurs, une amie de mes parents, hongroise de Transylvanie, réfugiée à Paris depuis une quinzaine d’années, qui frisait les soixante-dix ans, était allée à la Sorbonne. Montée sur l’estrade d’un amphithéâtre occupé, Mme. Rich avait harangué la foule des étudiants.

Elle leur avait raconté ses expériences en pays communiste. Sur quoi, on l’a copieusement sifflée, mais pas agressée physiquement.

Nous, on pensait qu’elle était complétement folle, en tentant de « pisser contre le vent de l’histoire. »

Mais, son expérience m’a donné envie de tester l’ambiance des lieux et je suis allé aussi, pour quelques heures, dans la cour de la Sorbonne. A mes risques et périls !

*   *   *  

Nous avons quitté la rue Notre-Dame-de-Lorette quatre mois plus tard, en septembre 1968. On n’est pas allé bien loin : toujours dans le 9e arrondissement, au 3, rue du Cardinal Mercier, comme le prouve, encore une fois, le « Récépissé etc., etc. ».

C’était encore un pas en avant, avant de prendre, quelques mois plus tard, un vrai appartement en location à Boulogne-Billancourt.

J’avoue avoir quitté à contre-cœur Paris « la ville de mes 20 ans ».

Mais, les bureaux de « Lesieur », là où travaillait mon père, ayant déménagés dans cette ville, il aurait été absurde de ne pas se rapprocher de son lieu de travail. Ainsi, commençait une nouvelle étape dans ma vie, au bout d’une première année pleine d’expériences inoubliables.

*   *   *

A l’occasion de ce périple nostalgique à « 55 + », je suis retourné à l’hôtel de la rue Notre-Dame-de-Lorette. Et, j’ai « poussé la porte » !

De nouveau, une bonne expérience m’attendait ici !

Le bâtiment, un peu miteux des années ’60, a été rénové, modernisé, agrandi, en préservant l’esprit des lieux. J’ai découvert, ainsi, des détails de décoration et d’architecture qui ne m’avaient pas sauté aux yeux, il y a plus d’un demi-siècle.

Par exemple, la superbe cave voûtée, en pierre de taille, les poutres (de quelle époque ?) de l’escalier qui y descend, la main courante en « bois des îles » de l’escalier qui monte jusqu’aux étages supérieurs.   

Comme quoi, obnubilé par ses problèmes « au jour le jour », on risque de passer à côté des petits bijoux à qui personne ne prête attention !

*   *   * 

A notre arrivée en France, nous avons été émerveillés par le nombre d’invitations à déjeuner, à dîner, à des mariages ou simples rencontres informelles, quelquefois par des personnes à peine connues.

Pendant quelques mois, mes parents ont fait partie d’un club de rencontres très chic, situé dans le quartier de la Bourse.

Nous avons établi quelques liens avec des personnes très intéressantes et fort agréables. Un jour, nous avons été invités à prendre un verre par une de ces personnes, une dame d’une cinquantaine d’années, habitant un appartement très chic, du côté du Bd. Exelmans.

Nous nous lui avons avoué notre surprise au vu de cet accueil si chaleureux et, plutôt, inattendu.

Elle nous a répondu : « Ne vous faites pas d’illusions ! C’est normal, dans un premier temps.  Les Français aiment voir « comment peut-on être persan » ? Ou Roumain, ou Papou…

Et puis, ils vous aident à vos débuts. Ensuite, au fur et à mesure que vous entrez dans la « normalité », vous ne les intéressez plus. Quelquefois, même, ils commentent dans votre dos : « Tiens, celui-là ! Il est arrivé, il y a à peine deux ans, une main devant, une main derrière, et maintenant « il roule carrosse ! ».

J’ai gardé dans ma mémoire, une fois de plus, ce commentaire !

Nous n’avons jamais « roulé carrosse », même quand on aurait pu le faire !

Tout ce que nous avons essayé, ce fût de nous intégrer dans un monde auquel nous avons tant rêvé.

Le « parcours initiatique » de notre première année en France n’est que la description des débuts de ce long parcours.

 Que je l’espère, pour ma part, n’est pas encore fini !

 

Adrian Irvin ROZEI

Paris, septembre 2022

1 thought on “Un automne de porcelaine… (V)

  1. G. P. de Paris écrit:
    Merci cher Adrian,

    Il faut quand même que tu saches que je lis absolument tous tes mails et que je m’en délecte !
    Ton parcours est tellement incroyable de part tes origines bien sûr, donc de l’image de la France vue à travers un œil neuf venant d’un pays dit de l’Est, mais aussi ta curiosité permanente !
    Quelle culture !
    Et aussi quelle joie de vivre inébranlable et permanente !
    Finalement la vie trop facile que nous avons ici en France finit par nous ramollir.
    Merci de continuer inlassablement à me compter parmi tes lecteurs.

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