Un automne de porcelaine… (IV)

Paris, le 10 septembre 2022

 

La suite de mon parcours se déroule au long de la rue Réaumur, en direction de la station de métro « Arts et Métiers ».

Ici, on longe la grille du Conservatoire National des Arts et Métiers.

« Le Conservatoire national des arts et métiers est situé au cœur de Paris, sur le cardo, à l’emplacement et en partie dans les bâtiments historiques de l’ancien prieuré bénédictin de Saint-Martin-des-Champs. Ce grand monastère clunisien fondé par le roi Henri Ier en 1059-1060 sur des vestiges de l’époque mérovingienne, est encore aujourd’hui en partie conservé.

Les cours à Paris ont principalement lieu au 292, rue Saint-Martin mais également dans la rue voisine au 2 rue Conté, dans l’Annexe Montgolfier, ancien bâtiment de l’École centrale des Arts et Manufactures jusqu’en 1969. »

C’était, justement, la présence de l’École centrale des Arts et Manufactures qui présentait un grand intérêt pour moi.

Encore en Roumanie, j’avais étudié les règlements des Grandes Ecoles françaises et j’avais découvert que tout élève d’une Ecole Polytechnique étrangère pouvait y entrer « sur titres » à partir de sa troisième année.

Comme j’étais, déjà, en quatrième année d’études à l’Ecole Polytechnique de Bucarest… tous les espoirs étaient permis ! Et comme, en plus, j’avais un cousin qui avait fait ses études à l’Ecole Centrale de Paris, l’idée « d’intégrer » cette Grande Ecole me souriait. En vérité, elle « souriait » plutôt à mon père ! 

Moi, j’aurais préféré poursuivre mes études à l’ENSM de Saint-Etienne (l’Ecole Nationale Supérieure des Mines), là où mon père Ionel et son frère jumeau Aurel avait accomplis les leurs. Mais, mon père craignait que deux localisations de la famille (Paris et Saint-Etienne) ne lui coûte… le double !

Nous avons décidé, donc, que j’allais postuler aux deux endroits : ENSM et l’Ecole Centrale.

La réponse de l’Ecole Centrale a été très rapide : j’ai été convoqué tout de suite pour « défendre » mon dossier. Ça tombait bien : nous habitions à quelques mètres seulement au 3, rue Bailly à « l’Hôtel de l’Ecole Centrale » ! Encore une coïncidence ? Un bon ou mauvais présage ? Chi lo sa ?

En vérité, je n’ai mis qu’une seule fois les pieds à l’Ecole Centrale de Paris. J’ai répondu à leur convocation, j’y suis allé avec la copie de mon certificat d’études (traduit et légalisé à Bucarest) qui listait les matières étudiées et les résultats obtenus aux examens réussis.

Après une étude approfondie de tous ces documents et une conversation serrée avec un directeur, on m’a demandé… d’attendre la réponse à la maison.

La réponse ne s’est pas fait attendre longtemps : j’étais admis ! Mais, puisque l’année scolaire avait déjà commencé depuis un mois, on m’a demandé d’attendre… la rentrée de l’année suivante et, entretemps, profiter de « ma liberté » pour… améliorer mon français !

Que, je dois le dire, entre nous, je n’avais jamais étudié dans aucune institution officielle (école primaire, lycée, faculté, cours privé etc.), sinon… dans les romans d’Alexandre Dumas (père) !

Douche froide ! Qu’allais-je faire pendant un an ? Et la perspective de mon diplôme, qui s’éloignait d’autant.

Heureusement ! Comme dit un dicton roumain : « Tot rău’i spre bine ! » (A quelque chose malheur est bon !) 

Quelques jours plus tard, j’étais admis, toujours « sur titres » à l’ENSM de Saint-Etienne à la suite d’un examen beaucoup plus approfondi, qui s’est tenu… dans les vestiaires d’une salle de réunion, au-dessus du (feu !) cinéma « Biarritz » sur les Champs-Elysées !

J’ai eu l’occasion de raconter cette « aventure » et ses suites dans des textes intitulés :

Un siècle avec l’Ecole des Mines  

Une autre histoire de « marteaux » *

En revenant de la Revue…*,

écrits après la réunion avec mes collègues de promotion  de l’Ecole, qui a eu lieu en 2016, pendant les fêtes du Bicentenaire de la fondation de l’ENSM de Saint-Etienne.

 *   *   *

En attendant le dénouement de toutes ces démarches, et bien d’autres encore dont le récit alourdirait de trop ce texte, nous longions chaque jour la grille de ancien prieuré bénédictin de Saint-Martin-des-Champs.

Derrière cette grille, aujourd’hui presque caché à la vue des passants par un arbuste envahissant, se trouve un monument qui m’a intrigué… depuis septembre 1967 ! Et pour la signification duquel je n’ai trouvé qu’une explication partielle ! 

Ce monument représente un abbé accordant sa bénédiction, de la main gauche, et qui semble cacher, derrière lui, « collé-serré », un noble à perruque poudrée et habit du XVIIIe siècle.  L’explication pourrait se trouver dans le dessin qui orne le parchemin que déroule l’abbé de la main droite.

Le dessin représente une montgolfière avec des motifs décoratifs de l’époque Louis XVI.

Comme j’ai découvert que l’une des salles du CNAM porte le nom de « Montgolfier », je suppose que le groupe statuaire de la rue Réaumur se réfère à un incident dramatique déroulé en ces lieux pendant la Révolution, qui a impliqué la famille du créateur des ballons connus sous ce nom.

Seulement, il y a 55 ans, ne connaissant pas cette histoire, j’imaginais que la statue avait une signification… plutôt érotique !

Et, le monument étant exécuté en pierre, je me gaussais, en faisant remarquer l’air constipé du noble et celui extasié du prêtre, en affirmant que « les voies du Seigneur sont impénétrables ! »

Formule pêchée, certainement, dans les livres de Frédérique Dard, dont la lecture faisait ma joie en Roumanie.   

*    *    *

Près de la station de métro « Arts et Métiers », nous arrivions au croisement avec la rue de Turbigo.

C’est ici que je rencontrais l’un des plus grands secrets de Paris : celui de la plus grande cariatide de la ville !

Cette sculpture, dont on sait fort peu de choses, est, probablement, un des monuments sur lequel on trouve le plus de commentaires ! Qui prennent un ton tantôt savant, tantôt rigolo, tantôt amusé… Mais qui, en substance, racontent la même histoire. J’ai tenté de faire, ici même, une sélection des plus consistants :            

« On doit cette immense silhouette à Auguste Emile Delange, qui proposa en 1851 au concours des Beaux-Arts le dessin de cette cariatide. Le thème, à la base, n’avait pourtant pas grand-chose à voir, puisqu’il demandait la conception d’un phare en hommage à Augustin Fresnel, fondateur de l’optique moderne… Sept ans plus tard, ce n’est pas un phare, mais une belle cariatide qui orna cet immeuble de pur style Haussmannien.

Un décor aussi exceptionnel que mystérieux, puisqu’à part son origine, on ne sait pas grand-chose de cette sculpture, baptisée selon l’époque « le génie », « l’ange du bizarre » ou même « la femme qu’a l’sac ». Un surnom dû à la petite bourse qu’elle tient à la main droite, accessoire typique du Second Empire.

Le brin de myrrhe tenu dans sa main gauche est quant à lui une évocation des déesses grecques, en hommage aux plus célèbres des Cariatides, situées à l’Acropole d’Athènes.

On ne sait pas grand-chose non plus sur sa signification. Certains la considèrent comme l’image d’une charité rassurante prête à donner aux nécessiteux, d’autres comme un « génie de la passementerie », dans ce quartier percé en 1858 et destiné en grande partie à la production textile.

Pour sa part le romancier surréaliste Raymond Queneau affirmait que cette cariatide était la commande d’un habitant de l’immeuble qui avait gagné beaucoup d’argent à la loterie, et qui voulait rendre un hommage à un ange vu dans ses rêves…

Quelle que soit sa signification, ne loupez pas cette somptueuse sculpture lors de vos balades dans le quartier ! »

Moi, je ne l’ai pas « loupé » il y a 55 ans ! Mais, elle n’a pas manqué de m’intriguer tout autant. Et, sans Internet à cette époque, j’ai trouvé un livre, appelé « Le Paris mystérieux » qui en parlait. Il doit se trouver encore, quelque part, dans ma cave !

En attendant de le retrouver, j’ai dégoté la photo de « l’ange » à l’époque où nous avons fait connaissance !

*   *   *

En traversant le carrefour, j’abordais la rue Bailly, là où se trouvait l’Hôtel de l’Ecole Centrale.

« Puis je retrouve mon petit hôtel,                                                                          

 Ma chambre où la fenêtre donne

Sur un coin de ciel

D’où me parviennent comme un appel

Toutes les rumeurs, toutes les lueurs

Du monde enchanteur… du Grand Paris ! »

Notre chambre, au deuxième étage, donnait sur la rue Bailly. C’était un endroit historique, …mais je ne le savais pas !

« Cette rue est située dans le quartier du Marais.

Elle tient son nom du bailli de l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs.

Avant le percement des rues de Turbigo et Réaumur, l’emplacement de cette rue était occupé par deux rues de la fin du xviiie siècle formant un « L » :

-l’ancienne « rue Bailly » qui allait de la rue Saint-Paxent à la rue Henri-Ier (la partie est-ouest de la rue actuelle) ;

-la « rue du Vieux-Marché-Saint-Martin » (la partie nord-sud de la rue actuelle).

Les deux côtés de cet angle droit correspondent à ceux de l’ancienne enceinte fortifiée de l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs.

Ces deux rues ont fusionné, en 1878, sous le nom de « rue Bailly ».

C’est la porte d’entrée du Marais, le quartier historique de Paris.

« Le quartier devient le lieu privilégié de résidence de la noblesse et de la grande bourgeoisie parisienne au xviie siècle qui fait construire des hôtels particuliers dont un grand nombre subsistent.

À partir du milieu du xviiie siècle le quartier est progressivement délaissé par l’élite parisienne au profit du Faubourg Saint-Honoré et du faubourg Saint-Germain plus proches de la cour de Versailles et qui offrent plus d’espace. La Révolution française achève de chasser les propriétaires fortunés. Le quartier est dès lors occupé par une population d’artisans et d’ouvriers qui occupe les anciens hôtels et construit des ateliers dans les anciennes cours intérieures.

Les grands travaux d’aménagements de Paris du xixe siècle touchent peu le quartier qui conserve ses rues étroites, mais de nombreux immeubles de qualité sont progressivement détruits.

Dans les années 1960, est lancé sous l’impulsion d’André Malraux, un programme de sauvegarde et de préservation du quartier. Le quartier préservé est désormais, grâce à ses beaux immeubles, fréquenté par les touristes et recherché par les classes aisées. De nombreux musées y sont installés. »

Dès le premier jour, dans la semaine même de notre arrivée à Paris, je suis tombé sous le charme du quartier ! Et, à l’époque, il fallait avoir beaucoup d’imagination et de courage pour s’enticher de cet endroit !

Tout était noir, les façades crasseuses, les cours intérieures vrombissaient du bruit des machines à coudre, dans des ateliers plus ou moins légaux, bon nombre de fenêtres bouchées ou portant des cartons à la place des vitres, des entretoises en bois soutenaient des cadres brimbalants, qui risquaient de s’effondrer à tout moment… enfin, une image parisienne du néoréalisme italien à la Dino Risi !

Et pourtant, après deux semaines de balades dans ce lieu « exécrable », j’ai déclaré : « C’est dans ce quartier que j’aimerais vivre ! »  

Tout le monde me regardait… comme un fou ! Eux, y compris mes parents, rêvaient du XVIe ou de Neuilly. Pas moi !

Et, j’ai même dit que « si j’avais de l’argent, c’est dans le Marais que j’achèterais un appartement ! » Malheureusement, le sujet n’était pas à l’ordre du jour ! Mais, j’imaginais déjà le potentiel de l’endroit.

Néanmoins, je me suis baladé dans le Marais des jours entiers, je suis entré dans les cours intérieures, dans des passages et les « traboules », dans les jardins secrets… 

Les débuts d’une tradition:…

A l’époque, tout était ouvert. Dans les années qui ont suivi, j’ai assisté en spectateur à la « gentrification » du quartier, à l’apparition des codes d’entrée et des fermetures électriques…

“…la Victoire couronne deux Ingénieurs des Mines dans le jardin du Musée Carnavalet.

C’est simple : dès qu’une porte était peinte en bleu, gris ou vert-bouteille, on n’avait plus accès à la cour intérieure ou à l’escalier en bois, que je connaissais depuis des années !

Au début, je me suis réjoui de la restauration de l’Hôtel de Marle ( Centre culturel suédois) ou de l’Hôtel de Donon (Musée Cognacq-Jay). Mais, en gros, à partir de 1985, avec l’ouverture du Musée Picasso (Hôtel Salé) j’ai constaté une dérive, qui s’accentue de jour en jour.

L’Hôtel Donon (Musée Cognacq-Jay) garde l’ésprit grivois du Marais d’antan!

Et la pandémie du COVID a donné le coup de grâce au Marais que j’ai connu ! La preuve : la Place des Vosges, devenue une chaîne de galeries d’art contemporain, dont les œuvres paraissent fabriquées à la photocopieuse, avec si peu de fantaisie.

Même mon cher restaurant « Annibal de Coconas », dont le nom me rappelait « La Reine Margot », le roman d’Alexandre Dumas, a changé de nom, de style et de clientèle. 

En 1967, j’avais la certitude de connaître par cœur le Marais. Ainsi, quand, avec mes parents et une amie, on cherchait la station du métro « Filles du Calvaire », sûr de moi, je me suis proposé de leur indiquer le chemin. Et, bien sûr, je me suis perdu !

Par la suite, jusqu’à la fin de ses jours, à 102 ans, chaque fois que j’affirmais quelque chose d’un ton péremptoire, mon père rétorquait « Filles du Calvaire » ! 

*   *   *

A « L’Hôtel de l’Ecole Centrale » je n’ai vraiment habité que 6 semaines. Parce que, le 20 octobre 1967, j’ai quitté Paris pour Saint-Etienne. Pas pour longtemps ! Je suis revenu pour le long week-end du 11 novembre.

Mes parents n’étaient pas si enchantés que ça :

« Tu aurais dû rester pour réviser. Ce n’est pas le moment de faire du tourisme, alors que tu as devant toi un challenge capital : tu dois réussir les examens de première année, au risque de te faire renvoyer de l’Ecole. Tu le sais très bien ! »

Mais, moi j’avais préparé une GROSSE surprise pour mon père ! J’avais apporté l’uniforme de l’Ecole, képi et épée comprises, le même que celui que mon père et mon oncle avaient porté 40 ans auparavant.

Sauf qu’eux, malgré le peu de moyens dont ils disposaient, avaient fait faire l’uniforme « sur mesure », alors que moi, je l’avais loué, pour un franc symbolique, à l’Association des Elèves. Je ne savais pas que, peu de temps après, j’aurais MON épée, le cadeau d’un ancien collègue de mon père.

Il n’y avait qu’une seule pièce, minuscule, dans l’appartement de mes parents. Pour que la surprise soit complète, je suis allé me changer …dans les toilettes de l’étage. Quand je suis revenu dans la pièce, « fier comme Artaban », il y a eu un moment de silence et je crois avoir décelé une larme, au coin de l’œil de mon père !

Et j’ai ressenti, au fond de moi, la responsabilité qui m’incombait ! 

Mais, sur le moment, j’ai fait trois fois le tour du lit. Il n’y avait pas la place pour en faire plus ; la chambre était si petite !

Si mes parents étaient si fiers, moi, j’étais très déçu. J’ai compris d’un coup d’œil leur état d’indigence, comparé avec la « vie de prince » que je menais à Saint-Etienne.

Et pourtant, mon père était dans un état d’euphorie permanente. Il n’arrêtait pas de monter sur les statues des parcs parisiens, de potasser les guides de Paris, de flâner de quartier en quartier, quand il ne travaillait pas.

Même si nous attendions de jour-en-jour les papiers qui lui permettraient de trouver un emploi officiel, grâce à la générosité de l’un de ses collègues, ancien élève des Mines, bien plus jeune et qui ne l’avait pas connu 40 ans auparavant, il a pu travailler, faisant des traductions, très peu de temps après notre arrivée.

J’ai compris, ainsi, ce que signifiait (à cette époque !) d’être « ancien élève d’une Grande Ecole » !                   

*   *   *

« L’Hôtel de l’Ecole Centrale » appartenait à deux sœurs, mariées chacune de leur côté. Je ne me souviens pas quels étaient les emplois des maris. Mais, ils avaient des jobs qui leur permettaient de prendre beaucoup de vacances. De telle sorte qu’ils avaient organisé leur travail à l’hôtel et ils prenaient, chaque couple, six mois de vacances par an.

Pas tout d’un coup ! Le plus souvent, par tranches de trois mois. Mais, ils prévoyaient, en fonction de leurs emplois du temps, une ou deux semaines ensemble. D’ailleurs, l’un des deux couples avait quelques points d’intérêt en Nouvelle-Calédonie (famille, affaires… que sais-je ?) et ils quittaient la Métropole pour de longs séjours là-bas. 

Mes parents se sont liés d’amitié avec un de ces couples et, même une fois qu’ils avaient quitté l’hôtel, ma mère revenait les voir de temps en temps. Bien sûr, avec des espacements de quelques mois. 

Parmi les habitants « à long terme » de l’hôtel, il y avait aussi une jeune dame, appelé Mireille, qui était très sympathique et libre pendant la journée. Elle nous a dit qu’elle travaillait comme caissière dans un cinéma et donc elle rejoignait son poste en fin d’après-midi.

Comme ma mère ne connaissait rien à la vie française, Mireille l’a accompagnée plusieurs fois chez Prisunic, au marché, pour faire des courses dans les Grands magasins etc.  Elles étaient devenues si « grandes copines » qu’elles se faisaient la bise… et moi aussi, quand je revenais pour quelques jours à Paris.

Un jour, quelques mois après notre départ, ma mère est venue voir la patronne de l’hôtel.

« Comment va Mireille ? », a demandé ma mère.

« Elle est partie en province. », a répondu son interlocutrice.

« Elle a abandonné son emploi au cinéma ? », s’est étonné ma mère.

« Quel cinéma ? Elle « travaillait » à la rue Blondel ! Son « mec » est sorti de taule, ils ont récupéré leur fillette de trois ans, qui été placée en nourrice, et ils sont partis en province. »

En entendant tout ça, ma mère a blêmi. Et, moi aussi, au souvenir de nos bises généreusement distribuées !

 

A suivre…

Adrian Irvin ROZEI

Paris, septembre 2022

1 thought on “Un automne de porcelaine… (IV)

  1. JMR de Maisons-Laffitte dit :
    Très belle évocation Adrian
    Un Paris qui n’existe vraiment plus ; ni la générosité intelligente des Grandes Ecoles
    Amitiés

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