Toujours au cœur de l’actualité !

La Bastide Vieille, le 12/11/2020

 

Dans les années ’70, j’avais un client libanais du nom de Cherif Takieddine. Il était le propriétaire d’une société qui fabriquait les fameuses « Allumettes du Canon ».

Les Allumettes Du Canon

Ziade Lamia

Éditions du Panama

Présentation

Ce livre tient son titre d’une célèbre marque d’allumettes libanaise (à présent disparue) dont la boîte était ornée du dessin d’un canon. L’auteur était enfant au moment où la guerre civile au Liban a éclaté. Elle nous raconte en mots et en images la fin de « la Suisse du Moyen-Orient », l’horreur des combats, le quotidien sous les décombres, les morts… ceux de sa famille, les autres. La tragédie libanaise vue de l’intérieur comme personne ne l’a jamais racontée. Un livre étonnant !

Un jour, parlant avec mon agent libanais, celui-ci lui a raconté qu’une femme de ménage, ayant oublié une boîte d’allumettes sur la gazinière tous feux allumés, a fait flamber les allumettes, ce qui a mis le feu à tout l’appartement.

C’est comme ça que mon agent a eu l’idée de faire les boîtes en polystyrène ignifugé !

Ça m’a donné l’occasion de vendre, pendant quelques années, du polystyrène au Liban, pour cette application inhabituelle. 

Maintenant, je découvre, dans le no. 3732 de Paris Match, daté 12 au 18 novembre 2020, la photo de Ziad Takieddine, « l’homme d’affaires (qui) donne une énième version des financements libyens qui épargne Nicolas Sarkozy. »    

J’avoue que, n’étant pas passionné par cette histoire à répétitions, je ne savais pas que son protagoniste est un druze libanais. Et, très probablement, apparenté à mon ancien client. 

Mais,… encore plus fort ! 

Dans le reportage du Paris Match, Ziad Takieddine apparaît à Beyrouth, à « Zeituna Bay, la marina de la capitale libanaise, le 23 octobre. » 

J’étais à cet endroit merveilleux, accompagné de mes amis libanais, l’année dernière, au mois de mars. J’ai tellement aimé l’ambiance et la cuisine du lieu que je suis retourné, le lendemain, pour diner ! 

Il faut dire que c’est un endroit historique ! Et pas seulement pour moi.

Je me suis baladé à cet endroit en 1974, lors de ma première visite au Liban. 

Je suis passé alors devant le restaurant « Bucarest », qui a laissé un souvenir inoubliable à ceux qui l’ont connu. 

On est ici à deux pas du fameux « Hôtel Saint Georges », que l’on peut admirer à son moment de gloire, à la fin des années ’60, dans un film où jouait Mireille Darc, intitulé d’après  son surnom : « La Grande Sauterelle ».

Aujourd’hui, l’hôtel est une ruine debout et fait l’objet d’une bataille d’avocats entre propriétaires. 

Juste en face, on trouve la statue de Rafic Hariri, à l’endroit même où sa voiture a sauté sur une bombe, attentat encore non élucidé, qui l’a tué.

Derrière, se trouve le fameux « Hôtel Phoenicia », où j’ai habité en 2002, à l’occasion de mon dernier voyage d’affaires au Liban. 

Au début des années ’80, j’ai vécu, presque en direct, l’enlèvement du fils de l’un de mes amis, dans un bus de ramassage scolaire.  Il a été gardé en otage une demi-journée, dans l’ « Hôtel Holiday Inn »,  encore aujourd’hui une « ruine debout », que l’on peut admirer dans la photo du Paris Match en arrière plan.  

A deux pas, se trouve l’ « Hôtel Warwick ».

Il y a un an, juste au moment de ma visite à Beyrouth, mon fils cadet, Olivier, travaillait à l’« Hôtel Warwick », sur les Champs-Elysées. Je suis entré, j’ai parlé avec le réceptionniste, et ainsi j’ai appris que les deux hôtels font partie du même groupe.  

Je pourrais continuer… pendant des heures !

On comprend facilement que tous ces souvenirs…  ça crée des liens ! 

C’est pour cela, entre mille autres raisons, qu’au mois d’août, quand j’ai appris la catastrophe qui venait de s’abattre sur Beyrouth, je n’ai eu de cesse que de demander, à gauche et à droite, si la Marina de Zeitouna Bay a été épargnée par l’explosion.

Maintenant, que je viens de voir les images du « Paris Match », je suis rassuré !

Et je me félicite d’avoir acheté ce magazine, ce que je fais très rarement. 

La preuve qu’il peut servir, aussi, à autre chose qu’aux « comptes-rendus  des cancans internationaux » !

 

Adrian Irvin ROZEI

La Bastide Vieille, novembre 2020 

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