Le retour de « Genji » (I)

Boulogne, le 24/12/2023

J’ai découvert l’existence de « Genji Monogatari » il y a quelques six décennies.

En 1969, alors que j’étais en dernière année à l’École des Mines, mes collègues ont décidé que nous devrions aller, en « voyage de promotion », au Japon.

C’était l’époque où le Japon était très à la mode. Le pays du Soleil-Levant était perçu comme « l’avenir de l’humanité », surtout à cause des progrès technologiques qu’il engendrait jour après jour.

En ce temps-là, on découvrait, à chaque moment, un nouveau produit électronique mis sur le marché par le Japon à un prix inégalable et en quantité presque illimitée : des postes de télé, des transistors, des magnétophones, des radios portables etc.

D’ailleurs, même dans un pays communiste, comme la Roumanie, cette fascination se faisait sentir. Je me souviens de notre prof d’électronique à l’École Polytechnique de Bucarest, qui avait eu la chance de suivre un stage au Japon, et qui n’arrêtait pas de nous chanter les louanges du système japonais, même si, à l’époque, dans ces contrées, il valait mieux encenser un pays socialiste. Continue reading

De rerum natura ad hortos japonicos in Gallia…*

La Bastide Vieille, septembre 2023

Depuis très longtemps, j’ai entendu parler du jardin japonais de Maulévrier.

Son nom varie, en fonction des sources consultées, entre « parc oriental » et « jardin japonais ».

« Le parc oriental de Maulévrier est un jardin japonais situé à Maulévrier en Maine-et-Loire en France. Avec une surface de 29 hectares, il est le plus vaste jardin japonais d’Europe. »

Qui plus est, il s’agit aussi d’un parc historique :

« Un parc oriental y est créé entre 1899 et 1913, par l’architecte parisien Alexandre Marcel (1860-1928), concepteur du pavillon du Tour du Monde, du pavillon du Cambodge pour l’Exposition universelle de 1900 à Paris et de la Pagode rue de Babylone à Paris, qui venait tout juste d’épouser Madeleine la fille de Bergère. Ainsi, il habite souvent dans le château, dont il refait les décors et supervise l’aménagement paysager d’inspiration japonaise. Les éléments khmers du parc sont reproduits à partir de moules des pièces exposées lors de l’Exposition universelle de 1900. Il fait planter des végétaux chinois, thaïlandais, japonais et européens. Le jardin est entretenu par 20 à 40 jardiniers jusqu’en 1940. »

Mais, par la suite, son abandon par les propriétaires de l’endroit met en péril jusqu’à son existence. Continue reading