Ces jeunes qui ne savent pas lire l’heure…(II)

Toujours dans le même numéro du « Figaro », à la page 30, (section « Style » !) voici quelques extraits d’un article intitulé :


Des montres pour ces jeunes qui ne savent pas lire l’heure

de Judikael Hirel

Alors que plusieurs enquêtes révèlent qu’une large majorité d’adolescents peine à déchiffrer l’heure analogique, heureusement, les cadrans sans aiguille ou presque ne manquent pas.

Quelle heure est-il ? La réponse à cette question simple l’est de moins en moins pour les plus jeunes générations, dit-on. Combien d’adolescents élevés à l’heure numérique affichée sur l’écran de leur smartphone sont encore en mesure de lire l’heure sur un cadran à aiguilles ? Face à cet affichage ancestral et abstrait, le numérique s’impose partout au quotidien. De quoi décourager de porter une montre classique ? Pas encore, mais éduquer les plus jeunes au lent ballet des aiguilles s’impose de plus en plus alors que la lecture analogique de l’heure compte dans la construction cognitive de l’enfant. En effet, fractionner le temps suppose de le multiplier comme de l’additionner. Une gymnastique intellectuelle et un calcul mental permanent… »

Et, plus loin :

« Pour les plus grands, les aiguilles ne sont pas la seule solution existante pour indiquer l’heure au poignet ! Depuis l’essor du quartz, la montre à affichage digital n’a cessé de se répandre, dans la foulée de la Pulsar présentée par Hamilton à New York en 1970. Un spectacle de science-fiction pour l’époque, avec son boîtier coussin avant-gardiste, son bracelet en or et surtout son affichage des heures et des minutes via des LED rouges.

Au poignet d’Elvis Presley comme de Roger Moore, alias James Bond, dans Vivre et laisser mourir (1973), elle deviendra vite un modèle star. Tout comme la Casiotron à affichage digital, première montre-bracelet de Casio dévoilée en 1974 et rééditée pour ses 50 ans. Aujourd’hui, Hamilton la revisite sous le nom de PSR, avec un affichage hybride, associant un écran à affichage à cristaux et un écran OLED, pour une parfaite lisibilité de jour comme de nuit. Symbole immortel des années 1980, la Casio F-91W à écran LCD séduit toujours autant les plus jeunes, entre look vintage et prix des plus sages (en général moins de 100 €). »

L’indémodable Casio des années 1980, une Digitrend surgie des années 1970 et la nouvelle Lacoste C33 Square à double affichage, analogique et numérique. Casio / Amida / Lacoste Continue reading

Rencontre avec « l’homme en habit rouge »

J’ai toujours été un admirateur inconditionnel de Barbara. Quelquefois même de manière irraisonnée, d’autres fois en dépit des évidences adverses. 

J’ai découvert l’existence de Barbara en ’65 ou 66’ quand, grâce à une libéralisation inespérée du régime communiste de Roumanie, j’ai pu recevoir la revue « l’Express » envoyé tous les mois par des amis français. 

Un petit entrefilet accompagné d’une photo a attiré mon attention. On mentionnait l’étrange habitude d’une vedette de la chanson, récemment découverte par le grand public, qui avait la curieuse manie de tricoter dans sa « Mercédès », conduite par son chauffeur, derrière des petits rideaux qu’elle fermait souvent, pour protéger son intimité. Et la photo montrait Barbara très attentive à son ouvrage. 

Pourquoi ai-je retenu ce détail, alors que je n’avais même pas entendu une seule chanson de Barbara ? Serait-ce parce qu’elle pratiquait un « sport » déjà désuet dans le contexte de l’époque ? Ou parce que j’avais compris qu’elle était « à contretemps » avec le mouvement « yéyé », qui à ce moment là envahissait les ondes en France et partout en Europe ? 

Par la suite, une fois arrivé en France, j’ai entendu, de plus en plus souvent, parler de Barbara. 

En ’68 ou 69’, élève à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, j’écoutais avec religiosité, sur mon petit transistor, les programmes de Christian Barbier, diffusés bien après minuit sur « Europe 1 ».

Je suivais avec un énorme plaisir ses reportages et commentaires retransmis les soirs de première à « l’Olympia ». A l’époque, Bruno Coquatrix dirigeait de main de maître la salle du Boulevard des Capucines. Continue reading