Pour un Âne enlevé… (II)

Feuilles de journal

La Bastide Vieille, le 24/11/2020

 

Quelques années plus tard, j’ai émis l’idée que je voulais apprendre le français !

Enorme joie dans la famille !

Oh ! C’était encore une décision « intéressée » ! 

J’avais lu « Les Trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas, en roumain, et je voulais connaître la suite de l’histoire : « Vingt ans après » et « Le Vicomte de Bragelonne ».

Mais, ces livres n’étaient pas traduits en roumain ou pas disponibles dans les librairies, qui favorisaient plutôt les auteurs soviétiques.

La seule solution était donc… d’apprendre le français. 

Je raconterai, une autre fois, comment s’est déroulé cet apprentissage.

Ce qui est certain, c’est qu’un an plus tard, j’avais avalé 11 000 pages de l’œuvre historique d’Alexandre Dumas ! 

Quand les livres de la « Bibliothèque rose » d’avant la guerre, appartenant à l’une des collègues de travail de mon père, ont été tous parcourus, il a fallu trouver… autre chose à lire !

Certes, entre temps, nous avons commencé à recevoir « L’Humanité », grâce à l’abonnement souscrit par un touriste rencontré dans les rues de Bucarest (éditeur du journal communiste « La Marseillaise » de Seine-et-Oise !).

Mais, ce genre de littérature « ne nourrit pas son homme » ! 

Un jour, mon père est arrivée à la maison et m’a annoncé : « J’ai rencontré une amie qui a une formidable bibliothèque, bourrée de livres en français. Elle nous invite chez elle, pour que tu puisses la consulter et choisir tes futures lectures ! ».

Je me souviens de cette visite… comme si c’était hier !

Pendant que mon père et notre amphitryonne   grignotaient des petits fours et sirotaient un verre d’eau de vie de prunes (tzuica, en roumain !), moi j’avais plongé dans la bibliothèque de la dame. 

Je n’avais plus besoin de rien ! J’étais comme un poisson dans l’eau !

« Il à découvert des lettres !», comme disait ma mère, me prenant par-dessus la jambe, quand j’étais « accaparé » par des écrits. 

Au bout d’un long moment, il a fallu partir. 

Alors, j’ai choisi d’emporter deux livres :

-un d’entre eux s’intitulait « Cent Récits d’Histoire De France ».

C’était le complément idéal aux romans d’Alexandre Dumas.

-l’autre, c’était un livre très lourd et très épais. Je dirais, plutôt un album, format A5. Il pesait… un âne mort !

La dame a hésité longtemps avant de m’autoriser à l’emporter. 

Et pour cause ! Il s’agissait d’une édition bibliophile des « Contes de Charles Perrault », des années ’30. Avec des illustrations en pleine page, en couleur, recouvertes d’une feuille de papier transparent, fine comme du « papier cigarettes ». Une vraie perle !

D’ailleurs, elle me l’a prêté… en CDD : « contrat à durée déterminée ». 

Alors que l’autre livre était… en CDI (contrat à durée indéterminée).  

J’ai rendu  le deuxième livre, au bout d’un mois. 

Mais, j’ai lu, consulté, feuilleté le premier… pendant des années !

Dès que se présentait un « sujet » en rapport avec l’histoire de France, je sortais mon « Cent récits… ».

Le livre n’avait qu’un seul défaut. Comme il était édité au début du XXe siècle, les « 100 récits » s’arrêtaient à « La Grande Exposition de 1900 ». 

Pour chaque récit il y avait deux pages :

-à gauche, l’événement décrit,

-à droite, une gravure qui l’illustrait. 

Les récits étaient « contés » selon la « doxa » en vigueur sous la « Troisième République ». Dans l’esprit revanchard en vigueur après la perte de l’Alsace et de la Lorraine ou des conquêtes coloniales du XIXe siècle.

Mais, c’était une excellente base d’apprentissage, qui m’a aidé à comprendre les événements que j’ai vécu « en temps réel », depuis 50 ans.

Ayant « intégré » les arguments me permettant de contrer, quelquefois, les « théories » révisées qui nous sont servies par des journalistes ou commentateurs politiques, qui  « interprètent » maintenant les faits, en fonction de leur idéologie du jour !   

A moi, de me faire une idée de ce qui est « vérité » ou « construction idéologique »! 

Je ne me souviens pas de ce qui est devenu mon « Cent récits… » à notre départ de Roumanie !

L’ai-je offert à un ami ? A-t’il été vendu, pour trois sous et demi, comme tant d’autre livres de notre bibliothèque ? L’ai-je abandonné dans le grenier de la maison ?

En tout cas, on ne pouvait pas l’emporter, comme tout autre objet ancien ou livre en langue étrangère ! 

En France, je me suis souvenu de ce bouquin. Et, j’ai essayé de le retrouver. 

Peine perdue !

Chez tous les bouquinistes où j’ai posé la question… il était inconnu. Une seule fois, il y a une trentaine d’années, un antiquaire bien connu, avec pignon sur rue près de Notre-Dame, m’a dit qu’il pouvait le retrouver. Contre la modique somme de… 100 FF !

J’ai trouvé ce prix exagéré… et j’ai abandonné. 

Puis, il y a quelques jours, en parlant de ce sujet avec un ami, il m’a demandé :

« As-tu cherché sur Internet ? »

Je l’ai fait et –miracolo !- je l’ai trouvé ! En d’innombrables versions, à partir de 9 Euro !

J’ai choisi un exemplaire « Très Bon Etat », pour 12 Euro. Qui, avec les frais de port, fait monter la note à… 18,49 Euro.

« C’est un effort que nous pouvons encore nous permettre ! », comme disait, il y a 40 ans, déjà, un de mes amis. 

Et, voilà que le livre est arrivé !

Dès que je l’ai ouvert, bon nombre d’images me sont revenues à l’esprit.

Comme, par exemple, « La Mort de Bayard », « L’Entrevue de Péronne et Louis XI » ou « Bonaparte, au Pont d’Arcole, s’élançant un drapeau à la main ».

Mais, surtout, « La Convention nationale. Le procès et la mort de Louis XVI ». 

Il y a 53 ans, à mon arrivée à Paris, me souvenant de la gravure représentant « L’Ancien donjon du Temple », je suis allé le chercher.

Quelle désillusion ! Je n’ai trouvé qu’un square portant ce nom ! 

Comment pouvais-je imaginer que, en 1989, j’aurai l’occasion de découvrir, dans une exposition temporaire, le seul jouet authentique, reconnu comme ayant appartenu au Dauphin, une « carriole » en bois mal dégrossi avec laquelle il jouait au Temple.

Et d’apprendre qu’elle appartenait à mon patron, dont l’ancêtre avait été le geôlier de la famille royale, à cet endroit, en 1792 ! 

 *   *   *

Pour ce qui est de l’autre livre, celui des « Contes de  Charles Perrault », je rêve de le retrouver, un jour !

Mais, cela est beaucoup plus difficile ! Je ne me souviens ni du titre complet, ni de l’auteur, ni de l’éditeur !

Tout ce que je vois, avec les yeux du souvenir, est une page, dans l’histoire de « Riquet à la houppe ».

Pour mémoire, voici l’histoire : 

« Un jour qu’elle (la princesse si belle, mais si bête!) s’était retirée dans un bois pour y plaindre son malheur, elle vit venir à elle un petit homme fort laid et fort désagréable, mais vêtu très magnifiquement. C’était le jeune Prince Riquet à la houppe  qui, étant devenu amoureux d’elle d’après ses portraits qui circulaient par tout le monde, avait quitté le royaume de son père pour avoir le plaisir de la voir et de lui parler…

 « J’ai le pouvoir, Madame, dit Riquet à la houppe, de donner de l’esprit autant qu’on en saurait avoir à celle que je dois aimer le plus; et comme vous êtes, Madame, celle-là, il n’en tiendra qu’à vous que vous n’ayez autant d’esprit qu’on en peut avoir, pourvu que vous vouliez bien m’épouser. »

La Princesse demeura toute interdite, et ne répondit rien. « Je vois », reprit Riquet à la houppe, « que cette proposition vous fait de la peine, et je ne m’en étonne pas; mais je vous donne un an tout entier pour vous y résoudre. »

« La Princesse avait si peu d’esprit, et en même temps une si grande envie d’en avoir, qu’elle s’imagina que la fin de cette année ne viendrait jamais; de sorte qu’elle accepta la proposition qui lui était faite. »

Et voici l’image dont je me souviens, qui correspond à la scène décrite ici :

« Elle alla par hasard se promener dans le même bois où elle avait trouvé Riquet à la houppe, pour rêver plus commodément à ce qu’elle avait à faire. Dans le temps qu’elle se promenait, rêvant profondément, elle entendit un bruit sourd sous ses pieds, comme de plusieurs gens qui vont et viennent et qui agissent. Ayant prêté l’oreille plus attentivement, elle entendit que l’un disait : « Apporte-moi cette marmite »; l’autre : « Donne-moi cette chaudière »; l’autre : « Mets du bois dans ce feu. »

La terre s’ouvrit dans le même temps, et elle vit sous ses pieds comme une grande Cuisine pleine de Cuisiniers, de Marmitons et de toutes sortes d’Officiers nécessaires pour faire un festin magnifique. Il en sortit une bande de vingt ou trente Rôtisseurs, qui allèrent se camper dans une allée du bois autour d’une table fort longue, et qui tous, la lardoire à la main, et la queue de renard sur l’oreille, se mirent à travailler en cadence au son d’une chanson harmonieuse.

La Princesse, étonnée de ce spectacle, leur demanda pour qui ils travaillaient. C’est, Madame, lui répondit le plus apparent de la bande, pour le prince Riquet à la houppe, dont les noces se feront demain. »

La Princesse, encore plus surprise qu’elle ne l’avait été, et se ressouvenant tout à coup qu’il y avait un an qu’à pareil jour elle avait promis d’épouser le prince Riquet à la houppe, elle pensa tomber de son haut. »

Le dessin de mon livre montrait, d’un côté, la princesse, habillée avec une superbe crinoline, et, de l’autre, la longue file de

« vingt ou trente Rôtisseurs, qui allèrent se camper dans une allée du bois autour d’une table fort longue, et qui (portaient) tous, la lardoire à la main, et la queue de renard sur l’oreille… ».

Mais, dans mon cas, ils portaient des plateaux, des assiettes, des marmites et des soupières… 

Sur les plateaux, on pouvait admirer des gâteaux énormes, comme des Kougelhopf sucrés, à l’alsacienne, couverts de fruits confits et de crème Chantilly ou des rôtis à la broche. 

J’étais fasciné par l’image du garçon en costume bariolé qui portait, au dessus de sa tête, un plateau avec une espèce de faisan rôti, décoré de ses plumes, et entouré de ses petits !

Je n’avais jamais vu une chose pareille. Mais, cela me rappelait la réponse de mon père, quand ma mère lui demandait : « Que veux-tu manger demain ? »

« Des cailles farcies aux noix ! », répondait mon père.

Cette réponse la laissait baba ! Quand je pense que la pauvre, dans la Roumanie communiste des années ’50, se donnait un mal fou pour se procurer… 1 Kg de viande !

Mais, ce souvenir singulier, aussi précis qu’il soit, ne suffit pas pour retrouver le livre.

J’ai cherché sur Internet les  illustrations du conte de « Riquet à la houppe ».

Tout ce que j’ai trouvé, c’est un dessin qui rappelle le style de celui de mon livre d’il y a un demi-siècle.

En attendant, je me console en feuilletant d’autres livres, traitant du même sujet, aussi bien illustrés de dessins colorés.

Comme, par exemple : « Les Contes des Frères Grimm ».

Les Contes de Grimm, comme chacun (ne) le sait (pas),

« est un recueil de contes populaires allemands publié par Jacob et Wilhelm Grimm, d’abord en deux volumes, parus successivement le 20 décembre 1812 et en 1815. De leur vivant, ils publieront sept éditions, la dernière en 1857. 

Ils s’inspirent également de la plume de Charles Perrault, dont les histoires, cependant, étaient non seulement issues de la tradition orale mais aussi puisées dans des recueils de collecteurs français et italiens, comme Giovanni Francesco Straparola et, surtout, Giambattista Basile, en qui les Grimm reconnaissent d’ailleurs le premier écrivain à avoir collecté des contes dans un recueil spécialement consacré à ce genre de récit. »

Ou, comme chantait si bien  Barbara :

« Et que personne ne s’offense,
Mais les contes de notre enfance,
“Il était une fois” commence
A Göttingen, à Göttingen. »

La même Barbara, qui écrira plus tard :

« En Göttingen je découvre la maison des frères Grimm où furent écrits les contes bien connus de notre enfance. C’est dans le petit jardin contigu au théâtre que j’ai gribouillé ‘Göttingen’, le dernier midi de mon séjour. »

*   *   *

Je n’ai pas perdu l’espoir de retrouver le livre de contes de mon enfance. C’est pour cela que j’ai donné tous ces détails : qui sait ? Peut-être que, parmi les lecteurs de ce texte, il y en aura un qui reconnaîtra mon bouquin.

En quelque sorte, je jette « une bouteille à la mer » !

Et je promets, à celui qui trouvera la solution de mon problème,… une autre bouteille. Remplie du meilleur vin du Languedoc !

A vous la parole !

 

Adrian Irvin ROZEI

La Bastide Vieille, novembre 2020 

2 thoughts on “Pour un Âne enlevé… (II)

  1. M.B.G. de Genève dit :
    Bonsoir Adrian,
    Bravo d’avoir fait mon pédagogue, car à l’école, nous n’avons jamais entendu parler, et encore moins appris, la fable : “les voleurs et l’âne” et je me gausse de voir dans le même sac à voleurs des Turcs, des Hongrois et des Transylvains.

    Quant l’histoire de “Riquet à la houppe”, je ne la connaissais que de nom et on nous l’avait probablement cachée étant donné qu’un de nos oncles avait comme surnom “Riquet” pour les intimes, pace qu’en société nous étions tout surpris de l’entendre nommer “Henri”. Quant à mes enfants ne connaissant pas non plus l’histoire de “Riquet à la houppe”, ils ont rebaptisé leur grand-oncle “Criquet” pour se référer à quelque chose de plus familier pour eux. Je précise que mes enfants avaient un élevage de phasmes qui intriguait beaucoup leur entourage et n’hésitaient pas à manger des insectes grillés!

    A.I.R. répond :
    « Riquet », pas à la Houppe !, mais « Pierre-Paul » est le grand personnage de Béziers !
    Pierre-Paul Riquet, baron de Bonrepos, né le 29 juin 1609 à Béziers dans la province de Languedoc et mort le 1ᵉʳ octobre 1680 à Toulouse, est un fermier général des gabelles et entrepreneur français qui a conçu et réalisé le canal du Midi dans le Sud de la France entre la Garonne et la mer Méditerranée.
    Comme quoi, « un Riquet peut cacher un autre ! »

    C.P. de Bucarest écrit :
    Frumoase povești despre cărți!

    Eu deplâng de zeci de ani de zile pierderea unei cărți de basme – tradusă în română, din franceză – de Edouard Laboulay. Singura, din două teancuri înalte de cărți pentru copii pe care le-am dat verișorilor mei drepți dinspre mamă ( cu 12 și respectiv 14 ani mai mici decât mine) pe care nu au mai regăsit-o când, după ce au crescut și ei, mi le-au returnat.

    Nu mi-a trecut prin minte să o caut, cu atât mai puțin în versiunea originală ( n-ar avea sens, traducerea era excelentă, savuroasă, păstrând și redând umorul unor replici pe care, cu fratele meu cu aproape 3 ani mai tânăr, le invocăm și astăzi în diverse împrejurări în care se potrivesc – iar fratele meu nu știe franceză).
    Erau basme culese de la mai multe popoare, între care, cele mai remarcabile, un “basm breton”, Yvon și Finetta și un basm … islandez (?!? – mi se pare neverosimil, dar era în orice caz un basm nordic și foarte straniu, căci exalta, fățiș, virtuțile unui… hoț), “Micul om cenușiu”. Mai era și basmul (german? Scandinav) “O nevastă bună”, o versiune occidentală a lui Dănilă Prepeleac, dar fără ‘culoarea’ acestuia din urmă….

    Am citit multe basme în copilăria mea, inclusiv până mai târziu decât ar fi fost firesc, pt că aveam o prietenă cu 3 ani și jumătate mai mică, pasionată de basme, datorită căreia am avut acces și la seria de cărți “Din basmele popoarelor lumii”, publicată când eu treceam deja în ciclul gimnazial și – inclusiv din cauza lecturilor pentru mătușa oarbă ( pe care fie le ascultam, făcute de mama, fie începusem deja să i le fac eu, citeam deja Jane Eyre, nuvele de Somerset Maugham, Forsythe Saga, romane de clasici ruși, și, când a început seria din Colecția Meridiane, viețile pictorilor) – nu prea mai aveam vârsta basmelor.

    Cu Frații Grimm am o poveste – de fapt, două – foarte specială.
    În copilăria mea, existau două volume cu traducerile basmelor lor -format mare și cu ilustrații doar în peniță sau creion, desene alb-negru -apărute, cred, la distanță în timp, căci altfel nu-mi pot explica de ce noi aveam doar primul volum ( cu coperta roșie) iar mama, îndârjită în procurare de cărți, nu reușise să facă vreodată rost de al doilea.

    Pe acest prim volum roșu m-am “trezit”, la 5 ani, că pot deja citi singură: îmi amintesc perfect momentul revelației, stăteam pe burtă de-a curmezișul patului uriaș din dormitorul părinților, cu cartea deschisă, iar literele grupate în cuvinte au căpătat deodată sens. E drept, am mai avut apoi nevoie să întreb anumite lucruri, cum ar fi “de ce 50 este scris “cin-ci(n)-zeci” ( nu aveam noțiunea lui “ci” moale, neaccentuat, care putea face silabă unică împreună cu ‘cin’/cinci, așa că îl citeam ca pe o silabă aparte, mama s-a amuzat teribil dar mi-a explicat cu răbdare…).

    Cam în același an, s-a mutat în bloculețul vecin o familie cu o fată cu un an mai mare, care a devenit marea mea prietenă din copilărie, umplând locuri lăsate goale de copii din vecini care, fiind evrei, emigrau în serie, începând cu prietenul meu cel mai apropiat “Andrei mic” (Andrei Kaizer) de la parter, plecat chiar cănd eu aveam 6 ani și el 7 – mic în raport cu “Andrei mare” (Livianu) de la etajul 1, cu doi ani mai mare ca mine, a cărui familie a plecat abia în 1970.

    Acestă prietenă, Sanda, avea (doar) volumul 2 din Frații Grimm, cu coperți galbene – ceea ce confirmă, cred, dificultatea procurării acestor rarități – și desigur le-am schimbat pentru a le citi, dar de multe ori ne întâlneam la casa uneia dintre noi și citeam împreună.
    Nu-mi pasă că nu am avut niciodată acel volum, probabil oricum l-aș fi dat la un moment dat verilor mei sau s-ar fi distrus prea tare – pentru că, atunci când l-am citit, nu mi-aș fi putut imagina nici măcar în vis în ce măsură aveam să ajung cândva să mă regăsesc în “Cele 12 fete ale Împăratului”, care, în pofida tuturor interdicțiilor și ferecate în turn bine păzit, reușeau să fugă în fiecare noapte într-un loc în care dansau până reușeau să rupă câte o pereche de conduri de dans !

    De atâtea ori m-am simțit ca “cele 12 fete ale împăratului”, încât sunt convinsă că datorez acelei lecturi timpurii înțelegerea faptului că pasiunea pentru dans nu poate fi (si nu trebuie) reprimată cu nici un fel de interdicții și turnuri ferecate, precum și curajul și tenacitatea de a învăța și practica dansurile visate chiar și de la 48 de ani înainte…

    M.C.V. de Ciudad de Panama dit :
    As-tu regardé sur EBay ? On y trouve de très vieilles éditions.
    Tente ta chance !
    Bisous

  2. Salut Adrian bravo pour ces beaux souvenirs je me demande qui peut bien être ce patron ? : « Et d’apprendre qu’elle appartenait à mon patron, dont l’ancêtre avait été le geôlier de la famille royale, à cet endroit, en 1792 !
    Amitiés

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