Ma première nuit à Paris

La Bastide Vieille, le 18/11/2020
Feuilles de journal

 

Le 10 septembre 1967, quand j’ai débarqué à Orly, arrivant de ma Roumanie natale accompagné de mes parents, j’étais au septième ciel !

J’attendais ce jour depuis 16 ans ! En effet, c’est en 1951 que nous avons fait la première demande pour quitter le pays. 

C’était rien, à côté de l’attente de mon père. Il avait fait ses études d’ingénieur en France, qu’il avait quitté en 1931, et depuis il rêvait d’y retourner.  

Moi, j’avais été élevé dans l’idée qu’un jour « nous vivrons en France », dés mon plus jeune âge. Ce qui fait que, par moment, je refusais de parler le roumain !

C’est vrai que les films de Fernandel, Louis de Funès ou Jean Marais ne faisaient qu’attiser cette envie. 

A l’arrivée à l’aéroport, nous avons été attendus par un cousin de ma mère, qui nous a amené chez lui. Repas, palabres, souvenirs etc. ont fait passer l’après-midi comme un rêve.

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Laurul magic al lui Virgiliu

Acest text a fost publicat în revista « Siamo di nuovo insieme » numărul 99 -100, Octombrie –Decembrie 2020, editată de « RO.AS.IT. – Asociaţia Italienilor din România ».

Urare pentru acest număr – aniversare:

Dafinul (lat. Laurus nobilis), cunoscut și sub numele de laur, este o specie de plante aromatice din familia Lauraceaearbore sau arbust, care ajunge până la 10–18 m înălțime, originar din zona Mediteranei.

Frunzele de dafin sunt folosite pentru aroma lor la prepararea mâncărurilor. De asemenea, au fost folosite în Grecia antică pentru cununile de lauri, de unde și expresia “a se culca pe lauri”. O asemenea cunună de laur era oferită ca premiu la Jocurile pitice. În plus, tot de la laur derivă și cuvântul  bacalaureat (bacă de laur) și cel de laureat ( încununat cu lauri) ; există un premiu cinematografic « Premiul Laurul de aur ».

Aceasta este definiţia plantei aromatice, reputată în lumea Mediteranei, pe care o găsim prin dicţionare. Insă, deşi există acolo şi un paragraf “Utilizări şi simbolism”, nu ni se spune nimic despre legătura ei cu poetul antic Virgiliu!

Insă, vizitatorul iscoditor al oraşului Napoli poate afla aici multe alte detalii despre acest subiect.

Colombariul roman de la Via Percolana, care se află chiar alături de cripta napolitană, a fost din totdeauna asimilată cu mormântul lui Virgiliu. Cei mai faimoşi poeţi din toate vremurile veneau aici ca să se reculeagă. Staţiu, care era el însuşi napolitan, povesteşte că mărmântul poetului era un loc sfânt. Tocmai de aceea, se ducea şi el acolo în pelerinaj. 

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Pour un Âne enlevé… (II)

Feuilles de journal

La Bastide Vieille, le 24/11/2020

 

Quelques années plus tard, j’ai émis l’idée que je voulais apprendre le français !

Enorme joie dans la famille !

Oh ! C’était encore une décision « intéressée » ! 

J’avais lu « Les Trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas, en roumain, et je voulais connaître la suite de l’histoire : « Vingt ans après » et « Le Vicomte de Bragelonne ».

Mais, ces livres n’étaient pas traduits en roumain ou pas disponibles dans les librairies, qui favorisaient plutôt les auteurs soviétiques.

La seule solution était donc… d’apprendre le français. 

Je raconterai, une autre fois, comment s’est déroulé cet apprentissage.

Ce qui est certain, c’est qu’un an plus tard, j’avais avalé 11 000 pages de l’œuvre historique d’Alexandre Dumas ! 

Quand les livres de la « Bibliothèque rose » d’avant la guerre, appartenant à l’une des collègues de travail de mon père, ont été tous parcourus, il a fallu trouver… autre chose à lire !

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Pour un Âne enlevé… (I)

Feuilles de journal
La Bastide Vieille, le 24/11/2020

Parmi les innombrables tentatives (avortées !) pour me faire apprendre le français, alors que j’avais 8 ou 9 ans, une est restée dans ma mémoire.

Mon père avait choisi « la méthode globale intégrale », ce qui était, à l’époque, une avancée très originale et peu pratiquée.

Il m’a récité, traduit et fait apprendre par cœur une fable de La Fontaine :             

« LES VOLEURS ET L’ÂNE ».

Tout un chacun se souvient de ce texte ; en tout cas, moi je le connais, encore, par cœur, au moins pour les 6 premiers vers !

« Pour un Âne enlevé deux Voleurs se battaient:
L’un voulait le garder, l’autre le voulait vendre.
Tandis que coups de poing trottaient,
Et que nos champions songeaient à se défendre,
Arrive un troisième Larron
Qui saisit Maître Aliboron.*

L’Âne, c’est quelquefois une pauvre province :
Les Voleurs sont tel ou tel prince,
Comme le Transylvain, le Turc , et le Hongrois.(1)
Au lieu de deux j’en ai rencontré trois :
Il est assez de cette marchandise.
De nul d’eux n’est souvent la province conquise (2):
Un quart (3) Voleur survient, qui les accorde net (4)
En se saisissant du Baudet. »

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„Figuri bucureştene vechi şi uitate”

Acest text a fost publicat în revista « 3R » no. 31 – 36, datat iulie –decembrie 2020, editată de asociaţia “Memorie  şi speranţă”  din Bucureşti.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Bastide Vieille, 3/10/2020

Revista canadiană, editată în limba română, “ CANDELA DE MONTREAL”, datată ianuarie –martie 2015, publică în pagina 42, un text intitulat : “Figuri bucureştene vechi şi uitate” .

El este semnat de Dr. Paul Dăncescu şi începe cu fraza :

« Cine-și mai aduce astăzi aminte de enigmaticul poet Jean de Leresty… ? »

Când am citit această întrebare, am devenit, într-o fracţiune de secundă, băieţelul cuminte de acum şase decenii, aşezat în banca întâi, care ridica mâna cu două degete întinse, susurând : « Eu, Domnule Profesor ! »

E drept că, în primii 20 ani de viaţă, pe care i-am petrecut la Bucureşti, am locuit pe strada Alexandru Donici nr. 25.

La numai două case de reşedinţa mea, trăia un personaj… cam straniu ! Continue reading

Cornici in asta* (II)

Feuilles de journal

La Bastide Vieille, 14/11/2020

 

En vérité, si je suis si dubitatif en ce qui concerne la vraie valeur des cadres proposés à la vente dans la séance du 17 juin, à Florence, c’est aussi parce que… j’ai été fort mal habitué par le passé. 

Dans les années ’80 –’90, ma belle-mère, Colette, avait trouvé un tuyau fantastique.

Elle était née à Bédarieux, petite ville dans l’arrière pays du Languedoc,  département de l’Hérault. En y allant souvent, elle avait découvert une « Salle de ventes aux enchères » fort intéressante. 

Une dame « commissaire-priseur » très dynamique, s’était installée dans cette ville, « hors des chemins battus » par les antiquaires européens, et proposait à la vente toutes sortes d’objets, souvent en provenance des propriétés et châteaux de la région. Continue reading

Cornici in asta* (I)

Feuilles de journal

La Bastide Vieille, 14/11/2020

 

Je viens de recevoir le no. 472 du mois d’août de la revue « ANTIQUARIATO ».

Comme d’habitude, il contient bons nombres d’articles très intéressants. Mais, l’un d’entre eux a attiré particulièrement mon attention.

Il s’agit d’une vente aux enchères qui a eu lieu à Florence le 17 juin 2020.

Ont été proposés à la vente, à cette occasion, 183 cadres pour tableaux, datés entre le XVe et le XIXe siècle.

Très intéressant !  Continue reading

Toujours au cœur de l’actualité !

La Bastide Vieille, le 12/11/2020

 

Dans les années ’70, j’avais un client libanais du nom de Cherif Takieddine. Il était le propriétaire d’une société qui fabriquait les fameuses « Allumettes du Canon ».

Les Allumettes Du Canon

Ziade Lamia

Éditions du Panama

Présentation

Ce livre tient son titre d’une célèbre marque d’allumettes libanaise (à présent disparue) dont la boîte était ornée du dessin d’un canon. L’auteur était enfant au moment où la guerre civile au Liban a éclaté. Elle nous raconte en mots et en images la fin de « la Suisse du Moyen-Orient », l’horreur des combats, le quotidien sous les décombres, les morts… ceux de sa famille, les autres. La tragédie libanaise vue de l’intérieur comme personne ne l’a jamais racontée. Un livre étonnant !

Un jour, parlant avec mon agent libanais, celui-ci lui a raconté qu’une femme de ménage, ayant oublié une boîte d’allumettes sur la gazinière tous feux allumés, a fait flamber les allumettes, ce qui a mis le feu à tout l’appartement.

C’est comme ça que mon agent a eu l’idée de faire les boîtes en polystyrène ignifugé !

Ça m’a donné l’occasion de vendre, pendant quelques années, du polystyrène au Liban, pour cette application inhabituelle. 

Maintenant, je découvre, dans le no. 3732 de Paris Match, daté 12 au 18 novembre 2020, la photo de Ziad Takieddine, « l’homme d’affaires (qui) donne une énième version des financements libyens qui épargne Nicolas Sarkozy. »    

J’avoue que, n’étant pas passionné par cette histoire à répétitions, je ne savais pas que son protagoniste est un druze libanais. Et, très probablement, apparenté à mon ancien client. 

Mais,… encore plus fort !  Continue reading

Reluare – La Tour prends garde ! – Reprise

Ce texte a été publié dans la revue « Las Testas de Geïs » Bulletin no. 84, édité par l’association du même nom à Cazouls-lès-Béziers (Hérault).
 

« Cazouls-lès-Béziers est une commune française située dans le département de l’Hérault, en région Occitanie. Ses habitants sont appelés les Cazoulins.

Cazouls-lès-Béziers se trouve située sur les premiers contreforts du Massif Central, au nord de la ville de Béziers et à quelques kilomètres de la mer Méditerranée.

Il est entouré de vignes, qui constituent l’une de ses principales ressources (production de vin), mais également par la garrigue et de nombreux bois de pins. Il est limité à l’est par l’Orb, fréquenté par les pêcheurs.

Le lieu est appelé Castrum de Casulis en 1178 et Cazolz en 1431.

Son nom aurait pour origine le mot latin casulae, dérivant de casa (maison) et Olei (olive), donc signifiant un endroit où se tenait un moulin à huile d’olive. Toutefois, Casulae peut aussi désigner des tombeaux.

Au dernier recensement, la commune comptait 4987 habitants. »

comme l’indique Wikipedia.

Le « Midi libre », en date du 20/12/2011, écrit : Continue reading

Je ne verrai pas de sitôt « La Cantatrice chauve » ! (II)

Ce texte a été publié dans la revue « 3 R », « Rădăcini / Racines / Radici », no. 25 – 30, datée janvier – juin 2020, éditée par l’Association « Memorie şi Speranţă » de Bucarest (Roumanie).

Feuilles de journal
Boulogne, le 11/05/2020

 

Une fois arrivé en France, j’ai couru, dés que mes moyens me l’ont permis, rue de la Huchette, pour voir les pièces de Ionesco. Ce genre de théâtre DOIT être vu sur scène ! On ne peut pas imaginer son impact en lisant le texte ! 

Par la suite, il y a eu une grande pause dans mes contacts ionesciens ! 

Mais, vers 1975, j’ai participé, sur le parvis de la « Place du Trocadéro », qui allait dix ans plus tard être renommé «  Parvis des Droits de l’Homme », à la manifestation de soutien pour Ben Corlaciu, un réfugié politique roumain.

Celui-ci avait déserté le « paradis communiste » et les autorités roumaines ont gardé en otage sa femme et son enfant, sous prétexte qu’il avait touché de l’argent pour une traduction qui, maintenant qu’il était resté à l’Ouest, ne pouvait plus être publiée. Et ils exigeaient le remboursement des sommes correspondantes, sachant parfaitement que le pauvre bougre n’avait pas un sou vaillant ! 

Alors, Eugène Ionesco, qui ne pouvait pas voir en peinture les maîtres de Bucarest, a accepté que la somme demandée soit déduite de ses droits d’auteur en Roumanie.

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