« Murales », « fresques »… l’aventure continue ! (I)

Boulogne, le 20/04/2024

 

En juin 2021, j’écrivais dans un texte posté sur mon site :

« Murales », « fresques » sau « trompe-l’œil ? – Reluare | ADRIAN ROZEI (adrian-rozei.net) qui a été publié, en roumain, dans la revue suisse « Căminul românesc ».

On peut lire sa version française, en traduction « Google translate » à cette adresse :

« Murales », « fresques » sau « trompe-l’œil ? – Reluare | ADRIAN ROZEI (adrian–rozei-net.translate.goog)

 

« Encore plus !

A Boulogne-Billancourt, la mairie a récemment lancé un concours ouvert à tous les artistes, professionnels ou amateurs, afin de recouvrir d’une fresque la face “aveugle” d’un immeuble du centre-ville.

« Peintures murales », « fresques » ou « trompe-l’œil » ? elles deviennent un véritable “art populaire”… comme en Amérique Latine ! »

N’ayant plus rien entendu sur la suite de ce projet, pendant près de 3 ans, je craignais qu’il soit abandonné.

Mais, comme dit un vieil adage : « On n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle ! »

Un soir pluvieux de février, un peu par hasard, j’ai découvert « @lemurde boulogne », qui se trouve dans la « Rue Paul-Adolphe SOURIAU », voie perpendiculaire sur l’avenue Edouard Vaillant, pas loin de la place Marcel-Sembat. J’ai décidé de revenir de jour, dans des conditions plus favorables pour la prise des photos.

Cette fois-ci, j’ai découvert « le mode d’emploi » de l’œuvre « Street-Art » qui couvre un mur aveugle, long de 200 mètres et haut de 7 ! Le panneau installé sur le mur expose en 10 points, « l’art et la manière » de réaliser des œuvres artistiques, que l’on soit peintre professionnel ou simple amateur. Trop long pour être reproduits « in-extenso » !

Mais, j’ai retenu que « Le Mur de Boulogne est mis à la disposition des artistes par la Ville de Boulogne-Billancourt, sa gestion est opérée par l’association Acaci’Art ».

Très bonne nouvelle ! Je pense, personnellement, que la gestion d’un « espace artistique » est du domaine de l’initiative privée, pas de celui des administrateurs de la ville.

C’est, peut-être, ce « changement de paradigme » qui a pris tant de temps entre l’annonce du projet et sa réalisation ! A moins que ce ne soient que… les « lourdeurs administratives »… ce qui revient au même !

Entre-temps, j’ai découvert, dans la revue « BBI » du mois de mars 2024, un texte qui m’a appris plein de choses à ce sujet. 

« …ce mur…  n’est pas qu’à destination d’artistes confirmés. Deux autres sections sont présentes : l’une est un mur d’apprentissage où chacun peut venir s’entraîner et particulièrement les jeunes, et l’autre, un mur d’expression libre à destination des initiés comme des néophytes. »

Et, aussi, que « l’impasse a commencé à être investie par les artistes il y a seulement deux mois. » Ce qui prouve qu’il s’agit d’une vraie « nécessité » populaire !

Je dois avouer que « le mur de Boulogne » me plaît énormément ! Pas seulement parce qu’il répond avec joie et bon goût au mur d’en face, qui n’est qu’une suite de formes géométriques noires ou grises sans aucune originalité !

Bien sûr, en fonction des goûts, formations artistiques, préférences… de tout un chacun, on peut aimer ou détester telle ou telle œuvre. Mais, ce que je préfère, ce sont les « débordements » qui représentent le choix des artistes « non-conventionnels » :  une poubelle qui continue le sujet du mur mitoyen, une inscription comminatoire adressée aux artistes, une référence à des motifs folkloriques internationaux…  tout en restant dans les limites de la charte de bon comportement affichée.

Il faut se souvenir que le « Street-Art », par définition, n’est pas appelé à durer… « autant que les impôts » !

C’est, d’ailleurs, la question de la pérennité de ces œuvres qui « m’interpelle » ! Le bâtiment dont le mur aveugle a été décoré affiche un panneau qui mentionne une « Déclaration préalable / Autorisation de lotir » en date du… 28 novembre 2008 !

Il s’agit, une fois de plus, d’un témoignage du passé industriel de la ville de Boulogne. Comme le prouve la façade d’un style « Art Déco ». Certes, il ne s’agit pas d’un « chef-d’œuvre » d’architecture ! Mais, c’est toujours mieux que les façades noires et grises, mentionnées précédemment !

Si j’ai bien compris, le retard pris par ce projet qui s’étendrait sur plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés, est dû à l’existence d’une toute petite maisonnette, dont l’existence m’intrigue depuis… des décennies ! Il s’agit, une fois de plus, de l’un de ces témoignages du « patrimoine du quotidien » qui « sans tambour, ni trompettes » disparaissent jour-après-jour dans l’indifférence générale et sous les coups de butoir de la spéculation immobilière.

Comme je vis à Boulogne-Billancourt depuis 56 ans, j’ai vu disparaître plus d’un tel témoignage !

Un exemple ? Les bâtiments de la SNECMA, dans la rue de Bellevue, un souvenir du passé « aéronautique » de la ville, remplacés par une « architecture internationale ».  Alors que la façade était ornée de motifs décoratifs représentatifs pour l’époque de sa construction… et de ses activités ! Pendant des années, durant la décade ’70, j’ai fréquenté la clinique « SNECMA », ouverte à tout le voisinage pour un prix… pratiquement nul !

Mais, de nos jours on essaye de ne plus refaire les erreurs des décennies précédentes ! C’est ainsi que, de plus en plus, on « recolle » des façades anciennes sur des bâtiments nouveaux. L’un des premiers et plus brillants exemples étant « Piazza Liberty » (Art Nouveau en italien) de Milan, qui date des années ’50 !

Ou la minuscule chapelle de la rue Mitropoleus à Athènes, conservée sous l’immeuble de l’hôtel Electra Metropolis.

Même pratique à Bucarest, avec l’ancien édifice de l’ambassade Austro-Hongroise, brûlé partiellement en décembre 1989.

D’autant plus qu’il y a, à Boulogne-Billancourt un précèdent : la façade Art-Déco de l’ancien cinéma Artistic Palace de la rue Solferino…. qui cache un immeuble d’habitation construit en 1992 !

Alors, ceci serait aussi un sujet de réflexion pour nos édiles… le moment venu !

Autant que la survie d’autres pan d’histoire, dont je me suis « entiché » précédemment :

A Boulogne, en goguette… | ADRIAN ROZEI (adrian-rozei.net)

Boulogne…entre l’ancien et le nouveau | ADRIAN ROZEI (adrian-rozei.net)

Magnolia for ever ! | ADRIAN ROZEI (adrian-rozei.net)

 *   *   *

A l’autre coin du bâtiment de l’avenue Edouard Vaillant, parallèle à la rue Souriau, on découvre la rue Emile Landrin.

C’est un autre coin « historique » de Boulogne que j’aime pour son ambiance surannée ! Une petite rue, avec seulement une soixantaine de numéros, pratiquement que des villas du début du XXe siècle.

D’ailleurs, quelques fois, la date de construction des bâtiments apparaît sur la façade, sur une plaque en céramique multicolore, portant aussi le nom de l’entrepreneur.

J’aime bien aller me promener dans cette rue, surtout au printemps, quand les arbres fleurissent et la nature renaît. Surtout que bon nombre de villas bénéficient d’un jardinet, soigneusement entretenu par leurs propriétaires, qui débordent des couleurs des tulipes, lilas, glycines, roses etc.

Mais, ce que j’apprécie le plus, c’est de découvrir que, plus d’une fois, les extensions ou surélévations contemporaines de certaines villas gardent l’esprit de leurs origines et ne dépareillent pas dans le paysage.

Il y a aussi un hôtel qui, même s’il s’agit d’un immeuble moderne, affiche une décoration qui rappelle la vie et l’œuvre de Gustave Eiffel.

Je me demande si, des derniers étages de l’hôtel, on voit la Tour… qui porte le même nom ? C’est à vérifier, au prochain passage dans la rue Landrin !

En tout cas, de ma terrasse, près du Pont-de-Sèvres, je vois régulièrement le faisceau lumineux du sommet de la Tour, balayer le ciel !

Cela me rappelle la phrase narquoise de l’un de mes meilleurs amis d’antan : « Au-delà de 15 Km autour de la Tour Eiffel… on quitte la civilisation ! »

Je lui laisse la responsabilité de cette affirmation !

 

A suivre…

 

Adrian Irvin ROZEI

Boulogne, avril 2024

One thought on “« Murales », « fresques »… l’aventure continue ! (I)

  1. Acaci’Art de Boulogne écrit :
    Bonjour, Merci on va voir comment communiquer dessus.

    C.P. din Bucuresti scrie :
    Foarte interesant!
    Sunt partizană și admiratoare a artei stradale ( ah, Valparaiso ! Dar nici Buenos Aires nu stă rău, iar dintre locurile în care am trăit în Europa, Bruxelles se poate lăuda cu lucruri remarcabile, dintre care unele fac obiectul specific al unor tururi ghidate, și de asemenea fan Art Deco, așa că am avut mai multe bucurii de pe urma articolului tău. Mulțumesc deci !

    Obiectez, însă – parțial și argumentat – la afirmația ta că gestiunea artistică a spațiului public ar trebui să fie privată: de acord ca autoritatea publică să o încredințeze unei asociații “private”, neguvernamentale, care să aibă idee despre artă și o “viziune”, cât de cât, asupra ansamblului (încadrării în peisajul urbanistic) și asupra durabilității.
    Îmi vei da dreptate dacă vei lua în calcul că și astfel de intervenții precum supraînălțările vilelor pe care le menționezi pot fi ținute în limitele respectului față de spuritul clădirilor originale DOAR printr-un sistem de reglementări (și o capacitate reală de implementare a lor) ale autorităților publice locale, care să nu permită construirea de “bazaconii”.

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