Mes sphinx imaginaires (II)

La Bastide Vieille, 14/11/2021

On comprend aisément que de tels souvenirs ne s’oublient pas !

Et, dès que j’ai eu l’occasion, j’ai tenté de les faire partager, d’abord avec mon épouse, puis avec mes fils.

En 1984, quand ma future épouse souhaitait comprendre « d’où venait le (bon !) sauvage », je l’ai amené à Bucarest, ma ville natale, et… dans les Bucegi !

Ce fût un voyage… historique !

Pour elle, qui découvrait toutes ces beautés naturelles, mais aussi pour moi, qui connaissait bien les endroits que nous avons visités, mais qui me sentais encore plus dépaysé qu’en… Patagonie !

Il faut préciser que nous étions à ce moment-là  vers la fin du régime absurde de Ceauşescu, et que le surréalisme le plus total régnait dans le pays !

Pendant notre voyage, les aventures tristes ou grotesques se succédaient à chaque minute ! Mais, elles sont trop nombreuses et variées pour être racontées ici.

Je me contenterai de mentionner que, grâce aux paquets de « Kent extra-longues » (le passe-partout presque officiel de l’époque !), non seulement moi qui parlait roumain, mais aussi mon épouse, fumes  « homologués » comme roumains, malgré les passeports français présentés au refuge « Babele » où nous avons passé trois nuits.

Autrement dit, nous n’avons payé que le tiers du prix dû par les étrangers !

Toujours dans le même refuge, grâce à la bouteille de gin que je transportais partout avec moi (je voulais éviter les rasades d’eau de vie roumaine que l’on nous offrait partout !), nous avons été invités par un inconnu à un repas pantagruélique, qui a duré jusqu’à 3 heures du matin ! Alors que, partout dans le pays, les étagères des magasins d’alimentation étaient vides et, selon les ukases du « génie des Carpates », tous les restaurants devaient fermer leurs portes, au plus tard, à 21 heures !

Toute autre a été l’ambiance en 1998, quand nous sommes allés sur les Carpates, accompagnés par nos fils en âge de 10 et 8 ans.

Mais, pour compliquer les choses et, surtout, faire plaisir à des amis que j’apprécie beaucoup, j’avais invité dans notre randonnée montagnarde deux personnes :

-une jeune fille roumaine, nièce d’une ex-collègue de l’Ecole Polytechnique de Bucarest et

-un enfant de l’âge des miens, petit fils d’une ex-collègue de travail de mon père.

Une petite précision : l’enfant, nommé Alexandre, a un père Angolais et une mère Roumaine. On comprend aisément quelle est la couleur de la peau d’Alexandre !

En revanche, ce que les gens que l’on rencontrait comprenaient plus difficilement, c’était :

-pourquoi je parlais français avec mon épouse, Laurent et Olivier,

-le roumain ou l’anglais avec Alexandre,

-le roumain et le français avec Denise !

Et, surtout, quels étaient les liens de parenté dans cette étrange famille ! 

Le fait est que nous avons fait « l’ascension » des montagnes avec succès (en téléphérique !) et tout le monde a apprécié le sphinx et Babele ! 

*   *   *

Une autre « promenade dans la montagne » très populaire dans ma jeunesse, tout comme aujourd’hui, est celle du Massif Ciucaș ! 

« Les montagnes Ciucaș (en roumain : Munții Ciucaș , en hongrois : Csukás-hegység ) est une chaîne de montagnes en Roumanie

Le plus haut sommet est Vârful Ciucaș à 1 954 mètres. Autres sommets sont Gropșoare à 1 883 mètres, Tigăile Mari à 1 844 mètres et Zăganu à 1 817 mètres.

La chaîne se compose de deux crêtes – la crête Ciucaș-Bratocea dans la direction sud-ouest-nord-est et la crête Gropșoarele-Zăganu dans la direction nord-ouest-sud-est – reliées par la selle formée par le pic Chirușca. La crête Ciucaș est au nord et comprend le pic Ciucaș, tandis que la crête Bratocea est au sud et a une longueur de plus de 5 kilomètres.

En Roumanie, les montagnes Ciucaș sont considérées comme faisant partie des Carpates de courbure. Géologiquement, selon les divisions des Carpates , la chaîne fait partie des Carpates moldaves-munténiennes, du groupe plus large des Carpates orientales extérieures»

Ainsi, le décor est planté !

Pour rejoindre ce massif et, éventuellement, accomplir ces balades en montagne, il faut rejoindre la petite ville de Cheia.

« Cheia est une station de montagne située à 60 kilomètres au nord de Ploiești dans le comté de Prahova, en Roumanie. Situé dans la vallée de Teleajen , elle est entourée par les montagnes Ciucaș

Administrativement, Cheia est un village, faisant partie de la commune de  Măneciu. »

Tout ça paraît très simple ( ?).

Mais, à la fin des années ’50, pour arriver à Cheia… c’était toute une expédition ! Même si la distance « officielle » entre Bucarest et Cheia n’est que de 146 km !

On prenait, d’abord, le tram depuis la maison jusqu’à la Gare du Nord. Ensuite, on continuait avec un train international  jusqu’à Ploieshti. Puis, il fallait changer pour un train local jusqu’à Vălenii de Munte.

Après quoi, on continuait avec un autre train jusqu’à Mâneci Ungureni (Mâneci-Hongrois) en passant par Mâneci Pământeni (Mâneci –Roumains).

On sentait déjà l’approche de l’ancienne frontière Roumanie/Autriche-Hongrie d’avant 1918 !

A ce point, commençait la vraie aventure !

Entre Mâneci et Cheia, il n’y avait qu’un train forestier, le fameux Decauville*.

C’était un petit train, à voie étroite, qui servait au transport des troncs d’arbres non équarris entre l’exploitation forestière de Valea Berii-Pasul Bratocea (Vallée de la Bière –Le Col Bratocea) et la ville où ils allaient être transformés en planches.

Le convoi poussif se composait de deux plateformes, auxquelles on ajoutait une voiture pour le transport aller-retour des bûcherons.

A titre exceptionnel, des passagers étaient autorisés à monter dans cette voiture, au confort TRES sommaire, mais… à contretemps du transport des ouvriers forestiers! Donc, le soir vers Cheia et le matin vers Mâneci !

C’était à prendre ou à laisser !

Et, plus d’une fois, j’ai vu arriver depuis la ville des familles, qui avaient raté le Decauville (en roumain Decovil !), au sommet de la motte de foin d’un char à bœufs, dont ils avaient réussi à convaincre l’heureux paysan-propriétaire  de les transporter… avec valises, enfants et belle-mère !

Quand ce n’était pas l’ambulance de la Croix-Rouge, qui klaxonnait sans arrêt pour disperser le troupeau de vaches qui bouchonnait la route !

Mais, dans le train Decauville, nous avions la chance de rencontrer un personnage… un peu spécial !

J’ai eu l’occasion d’en parler dans un texte qui racontait nos aventures « picaresques** » dans ce train de ma jeunesse, en 2008 et… en roumain :

La Paris, Berlin și China, Tuf, tuf, a plecat mașina!  (en traduction libre : « A Paris, Berlin et Chine, Touf, touf, partie la machine ! »)

« C’était un tzigane  cymbaliste  qui boitait, toujours vêtu d’un costume graisseux gris à rayures blanches, son habit de fête lorsqu’il était invité à chanter pour un mariage ou baptême, la plupart du temps « magnétisé à l’eau de vie de prunes». Tout au long du voyage, il nous  chantait, en s’accompagnant au cymbalum et nous honorait d’aphorismes et de commentaires issus de sa philosophie de vie. Et il finissait en criant gaiement : « Que tout le monde vive, pourvu que nous ne mourons pas ! »

Une fois arrivés à Cheia, commençaient les vraies vacances !

Ici, les occasions de s’amuser ne manquaient pas, surtout que nous étions une « bande de copains » à peu près du même âge, venus en vacances avec nos parents pour deux ou trois semaines.

La bronzette au bord de la rivière qui traversait le village, la cueillette des framboises, fraises, myrtilles, pommes, poires…, la visite des monastères voisins – l’Église « l’Assomption de Marie » du village de Cheia (construction 1813) et l’Église « Saint Nicolas » du village de Moieciu de Jos (construction 1761)- auraient pu suffire pour occuper tout notre temps !

Mais, le but essentiel de notre séjour était… les longues randonnées en montagne !

Même si le Massif de Ciucaş n’est pas très haut, les tracés accessibles aux débutants sont passionnants. Les deux refuges sur la montagne qui donne le nom du massif, son sommet chauve, mais ponctué par les bornes de l’ancienne frontière entre la Roumanie et l’Empire Austro-hongrois, la crête prolongée du mont Zăganu etc. justifiaient  l’organisation des randonnées… un jour sur deux ! Il ne faut pas fatiguer de trop les enfants !

Mais, moi je préférais surtout la promenade au long de la Vallée de la Bière vers le col de Bratocea !

La balade démarrait par un long passage de sous-bois, au long d’une rivière, qui bouillonnait… comme la bière. D’où le nom de la vallée !

Rien de spécial ! Mais, ensuite, il y avait une très longue traversée…  d’un champ de framboises sauvages!   

Il fallait prévoir… un pyjama !  Pas pour dormir, mais pour se protéger des orties et pointes acérées des framboisiers ! Et, surtout, il fallait regarder avec beaucoup d’attention à gauche et à droite. Parce que, cet endroit était aussi apprécié par les ours, qui venaient aussi trouver leur dessert.

Heureusement, ils grognaient de plaisir et ainsi on pouvait les entendre de loin. Mais, il valait mieux être prudent ! Un ours, ça court vite !

La fin de la promenade se trouvait toujours au pied du Sphinx de Bratocea et Tigăile Mari (Les Grandes Casseroles)!

« Le Sphinx de Bratocea est un mégalithe anthropomorphe situé à une altitude de 1 623 m, dans le massif de Ciucaș qui fait partie de  la chaîne de Courbure des Carpates (groupe montagneux méridional des Orientaux ). 

Le Sphinx de Bratocea est situé dans la partie centre-sud du massif de Ciucaș et la partie sud du pic de Bratocea, au nord de la station touristique de Cheia, sur le territoire administratif de la commune de Măneciu, à proximité de la réserve naturelle Tigăile de Ciucaș. 

Les monts Ciucaș, en plus de la variété floristique et faunistique, abritent plusieurs formations géologiques creusées dans le calcaire, des ensembles rocheux irréguliers de différentes formes et tailles (falaises, champignons, colonnes, aiguilles, tours, cheminées), résultant de l’action de l’air ( gel-dégel, du venttempérature ) et de l’ eau (lavage ou égouttage). Parmi ces formes géomorphiques ruineuses se trouve ce sphinx , qui, vu sous un certain angle, ressemble à une tête humaine, avec un œil gauche. »

Quelques images des années ’60.

Une fois qu’on avait vu tout ça, on pouvait rentrer tranquillement au village pour attendre sur la terrasse le retour du facteur, qui rapportait de la « grande ville », un (1) exemplaire du journal du Parti, que l’un d’entre nous lisait rapidement, afin de nous faire un compte-rendu succinct! 

Après quoi, on « tchatchait  » jusqu’à minuit, accompagnés du bruit de fond du générateur de la centrale électrique à pétrole. Qui arrivait à grande peine à faire fonctionner les quelques ampoules du village ! 

Et, le surlendemain on recommençait… avec une autre randonnée en montagne ! 

 *   *   *

Voici les quelques souvenirs des « sphinx de mon enfance » et leurs voisinages.

Quand, en 1974, après sept années de vie en France, je suis retourné pour la première fois en Roumanie, je tenais à aller, ne serait-ce que rapidement, dans les Carpates !

J’ai eu du mal à choisir entre les Bucegi et les monts Ciucaş !  Ce qui m’a décidé, ce fût la nouvelle de l’existence d’un bus direct Bucarest-Cheia. 

« Voici une nouvelle, qu’elle est bonne ! », comme disait Coluche.

Même qu’entretemps, un hôtel avait été construit à Cheia. Quelle modernisation !

Seulement, une fois arrivé dans le village, j’ai découvert que l’hôtel était complet. Pas de chance !

Je n’allais pas abandonner comme ça !

Devant l’hôtel, une brave femme m’a abordé : « Vous avez besoin d’une chambre ? »

« Bien sûr ! »

J’ai hésité un moment : selon la loi de l’époque,  un étranger n’avait le droit de séjourner QUE dans un établissement de l’Etat ! Quand la dame m’a précisé que la chambre proposée se situait dans un bâtiment appartenant à une école de Ploieşti, j’ai accepté. Mais, je lui ai précisé qu’il fallait ABSOLUMENT déclarer à la police ma présence ! 

Je suis parti tranquillement faire ma course en montagne.

En revenant, en début de soirée, j’ai découvert que la dame m’attendait affolée sur le pas de la porte de mon « auberge » !

« Vous devez vous présenter tout de suite à la Milice ! » (nom d’époque de la police !)

« Très bien ! », j’ai répondu. Et j’y suis allé calmement !

Après les présentations de rigueur, le flic m’a demandé de m’asseoir et m’a dit :

« Camarade touriste ! Connaissez-vous les dispositions de la décision du Conseil des Ministres Roumain no. 625 du 15/02/1970 ? »

« Non ! », j’ai répondu suavement.

« Les camarades touristes étrangers ne doivent habiter que dans un institution d’Etat ! »

« Tout à fait d’accord ! Ce bâtiment appartient à l’école X de Ploieşti. En Roumanie, à ma connaissance, l’enseignement est exclusivement d’Etat ! »

Cette affirmation a laissé perplexe mon interlocuteur ! 

Pour l’amadouer, j’ai commencé à lui raconter mes souvenirs d’enfance à Cheia, comme j’étais content de découvrir tous les changements accomplis depuis mon départ etc., etc.

En ajoutant que, à cette heure-ci, de toute façon, il n’y avait plus de bus pour Bucarest ! 

Après un court moment de réflexion, mon (doux !) Cerbère a décidé que je pouvais rester… une nuit chez ma logeuse!

J’ai repris mon discours, pour lui expliquer que… j’avais encore quelques courses en montagne à faire !

Nouveau moment de réflexion, et puis : « D’accord !  Je vous souhaite un bon séjour chez nous !»

Pendant les deux jours qui ont suivi, dès qu’il me rencontrait dans la (seule !) rue du village, « mon copain flic » s’approchait, me saluait et s’inquiétait de la réalisation de mon programme. 

Ça valait la peine de faire sa connaissance ! 

 *   *   *

Plus de 25 ans sont passés depuis ces aventures !

Beaucoup de choses ont changé dans le monde. En Roumanie, tout comme dans ma vie, aussi ! 

En 2000, en ami roumano-canadien de Montréal nous a proposé d’envoyer nos fils en Roumanie, pour deux semaines, avec les enfants de l’Association qu’il avait fondé.

« L’Ecole de langue et culture roumaine « Mihai Eminescu » de Montréal a organisé le premier camp de vacances pour les enfants canadiens d’origine roumaine en Roumanie, à Buşteni. » 

J’ai vu tout de suite l’intérêt de cette opération pour mes fils : découvrir la Roumanie ensemble avec des enfants de leur âge, avec qui ils peuvent communiquer ! Parce que, tous ces participants parlaient le français (québécois !) et, pour la plupart, le roumain. 

Pour atteindre mon but, j’ai prétexté que, n’ayant pas autant de vacances qu’eux, je ne viendrai que pour la deuxième semaine ! Mais, mon épouse a tenu à les accompagner… d’un bout à l’autre du séjour ! 

Comme mes amis de Montréal avaient une agence de voyages, donc une longue expérience dans ce domaine,  j’étais sûr que l’organisation serait parfaite et bien supérieure à ce que moi je pourrais mettre sur pied pour  des enfants, habitués aux conditions de vie occidentales, dans un pays où l’on côtoie… « le meilleur  et le pire » ! 

En effet, tout s’est bien passé pendant la première semaine !

Même si, à tour de rôle, les plus petits, peu habitués à la cuisine roumaine, ont eu des problèmes d’estomac, assez vite réglés.

Mais, moi, prudent, j’ai appelé tous les jours pour m’assurer que les conseils de prudence, prodigués à la maison, ont été bien suivis. 

A ma grande joie, en arrivant, j’ai découvert que l’essentiel des excursions qui  m’intéressaient étaient prévues pour les jours suivants ! 

Tout d’abord… le Sphinx des Bucegi ! Qui est un « must » pour les enfants qui doivent découvrir la Roumanie. Mais, les miens connaissaient déjà ce « hit » depuis deux ans, à l’occasion du voyage décrit précédemment ! 

Peu importe ! Ils en ont bien profité ! En particulier, en organisant une bataille de boules de neige, en plein mois de juillet, tout près des Babele et du Sphinx. 

A suivi un autre voyage, dont le point de chute était le village de Cheia. Où je n’avais pas mis les pieds depuis plus de deux décennies ! 

Mais, avant d’y arriver, j’ai demandé que le bus s’arrête devant le sphinx de Bratocea.

Un monument naturel que je n’avais pas vu… depuis près de quatre décennies, mais dont j’avais parlé, maintes et maintes fois, dans ma famille. 

Bien sûr, le village de Cheia n’avait plus grand’ chose à voire avec celui de mon enfance ! Toutefois, les dahlias montaient encore jusqu’au ciel, les chars remplis de foin revenaient encore des champs au coucher du soleil, mais les vaches broutaient maintenant dans les poubelles de la mairie ! On n’arrête pas le progrès ! 

L’avantage d’un voyage (bien !) organisé : cette fois-ci, dans la même journée, nous avons visité le village de Cheia et les deux monastères historiques des environs.

Le Monastère de Cheia…

…et celui de Suzana.

Mais, la grande expérience du voyage ce fût la rencontre de Valea Plopului. 

Ici, et depuis une dizaine d’années, au moment de notre visite, en juillet 2000, un prêtre au grand cœur, Nicolae Tănase, prenait en charge, en leur prodiguant gîte, couvert, éducation, formation…  quelques dizaines d’enfants, orphelins, abandonnés, maltraités…

Et, en plus, aux jeunes femmes enceintes rejetées par leur entourage ! 

Ce fût une grande leçon de vie pour les enfants de notre groupe !*** 

A suivre…

 

Adrian Irvin ROZEI

La Bastide Vieille, novembre 2021

 

* « La société Decauville, créée en 1875, est un ancien constructeur français de matériel ferroviaire et de manutention, de cycles et d’automobiles.

En 1875 il (Paul Decauville) invente un nouveau type de voie de chemin de fer de faible écartement (de 400 à 600 mm) qui très vite prit le nom de « Decauville ».

La voie est formée d’éléments (rails et traverses) entièrement métalliques qui peuvent se démonter et être transportés facilement.

Cette invention a trouvé des applications dans de nombreux domaines : exploitations minières et industrielles, desserte d’ouvrages militaires, etc.

Les wagonnets étaient d’abord poussés à la main ou tractés par des chevaux. Par la suite, des voitures motorisées et des petites locomotives  firent de “Decauville” un véritable système de chemin de fer. L’apparition des voies étroites Decauville, mais également d’autres fabricants, constitua une évolution majeure en permettant de déplacer aisément de lourdes charges à une époque où la brouette et le tombereau dominaient.

Connue dans le monde entier, Decauville fut l’un des fleurons industriels français à partir des années 1880 et jusque dans les années 1970. »

Parmi les 5100 équipements recensés dans le monde en 1953, la Roumanie ne représente qu’un tout petit pourcentage. Et pourtant, je peux témoigner avoir voyagé dans un train Decauville… et plus d’une fois !

Dans les années 2000, le nom disparaît au profit de la seule marque Marrel (groupe CTELM/Gestioni/Fassi). L’usine Decauville de Corbeil existe toujours.

** « Le roman picaresque (de l’espagnol pícaro, « misérable », « futé ») est un genre littéraire né en Espagne au xvième siècle et qui a connu sa plus florissante époque dans ce pays.

Un roman picaresque se compose d’un récit sur le mode autobiographique  de l’histoire de héros miséreux, généralement des jeunes gens vivant en marge de la société et à ses dépens. Au cours d’aventures souvent extravagantes supposées plus pittoresques et surtout plus variées que celles des honnêtes gens, qui sont autant de prétextes à présenter des tableaux de la vie vulgaire et des scènes de mœurs, le héros entre en contact avec toutes les couches de la société.

Intention satirique et structure itinérante : la structure itinérante du roman picaresque met le protagoniste dans chacune des strates de la société. L’entrée du protagoniste au service d’un élément représentatif de chacune de ces couches constitue un nouveau prétexte de critique de celles-ci. Le pícaro assiste ainsi, en spectateur privilégié, à l’hypocrisie incarnée par chacun des puissants nantis qu’il critique à partir de sa condition de déshérité, puisqu’il ne s’érige pas en modèle de conduite. »

*** Depuis cette époque, l’activité du foyer dirigé par le père Nicolae Tănase a pris un essor remarquable : plus de 400 personnes, pas seulement des enfants et des jeunes femmes, mais aussi des vieillards sans ressources, bénéficient de cette aide, totalement indépendante des structures de l’Etat roumain. 

2 thoughts on “Mes sphinx imaginaires (II)

  1. I.M.N. de Bucarest dit :
    Sarbatori Fericite la toti!!!!!!!

    Mi-a facut mare placere povestea ta, mai ales ca la Cheia am facut cred 4 vacante de la 11-14 ani. Cu parintii si un var al tatalui meu care avea 2 baieti cam de aceiasi virstà.
    Cred ca am batut aceleasi carari, stiu poiana cu fragii salbatici, mai era un zmeuris urias, unde imi era frica de ursi, vacile care se intorceau seara si fiecare stia unde sta, si mai era o padure cu brazi imensi, era destul de putina lumina si mergeai pe ace galbene de brad.
    Nu am mai fost niciodata acolo.
    Stiu si decovilul.
    Mult drag!

    M.T. de Bucarest écrit:

    Ma bucur ca ai ramas in sufletul tau atasat de tara in care te-ai nascut.
    Iti doresc un Craciun linistit si un an nou bun.
    Cu amicitie,

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