La finta giardiniera … (VII)

ou “Die Gärtnerin aus Liebe » *

La Bastide Vieille, le 22/04/2021

Plus de 3 mois sont passés depuis le jour où j’ai écrit ce long reportage, qui raconte mes (nos) expériences dans le monde du jardinage. C’était l’hiver et maintenant, c’est le printemps !

Autrement dit, la saison où se préparent les « victoires et défaites » d’une nouvelle année.

Cela suppose beaucoup de réflexion, des choix qui engagent à long terme et des heures et des heures passées dans le jardin.

Ça tombe bien ! Les restrictions sanitaires « se suivent et ne se ressemblent pas » : tantôt on peut sortir, plus tard il faut rester à la maison, on a des bouffées d’espoir, alternées avec des moments de cafard…

Mais, la nature est un point d’appui de confiance !*

 « Silence, ça pousse ! », comme dit un jardinier de métier à la télé. 

Justement ! C’est le moment de faire appel à notre jardinier, pour les travaux  qui dépassent notre savoir-faire. Et aussi, pour demander des conseils à « un homme d’expérience ».

En plus des avis verbaux, il me prête un livre : « Guide des végétaux d’ornement et fruitiers ». 

Maintenant, je me promène dans le jardin, le livre à la main, en imaginant tous les végétaux que je pourrais planter et en les voyant déjà à leur taille adulte et couverts de fleurs. Seulement, le livre fait… 248 pages ! Quelques 400

« arbres décoratifs, arbres d’ornement, conifères, végétaux pour haies, végétaux de climat doux, plantes de terre de bruyère, plantes grimpantes, terrasses et balcons, rosiers, arbres et arbustes fruitiers » ! 

Y’a de quoi devenir fou ! 

Ce n’est pas comme ça qu’il faut s’y prendre ! Je dois, d’abord, repérer les emplacements (encore) disponibles. Puis, regarder la taille des plantes qui peuvent s’insérer dans le tissu végétal existant. Ensuite, choisir les couleurs, la période de floraison, la vitesse de croissance de chaque espèce, tout en gardant à l’esprit l’idée-clé qui régit, depuis le début, nos choix : la plus grande variété d’espèces possible ! Ce qui signifie une seule plante, tout au plus deux, pour des raisons de symétrie, de chaque type. 

Tout ça, modulé par les offres ponctuelles des jardineries et magasins de bricolage de la région… et sur Internet ! « Vaste tâche ! », comme disait le Grand Charles. 

Bien sûr, on démarre avec les meilleures intentions : « Dans cette période de pandémie, il faut soutenir le commerce local ! ».

Mais, quand, au bout d’un petit moment, l’on s’aperçoit qu’on peut trouver sur le Net, un « produit » similaire, voir meilleur, avec 30-40-50% de prix en moins, et qu’il est livré en temps et à l’heure voulus… on change un peu d’avis !

Justement ! C’est « l’avis » et le conseil que l’on cherche auprès des jardineries de proximité !

Il suffit donc d’en faire la ronde, afin de sélectionner celles où les gens sont compétents, aimables, disponibles…

Ce qui, en ces temps de pandémie, et vu que les français se jettent sur les travaux domestiques et le jardinage « comme la vérole sur le bas clergé », n’est pas une mince affaire ! 

Enfin, nous n’avons (presque !) rien d’autre à faire ! Pas de voyages, pas de restaurants, pas de spectacles, ni de musées… et NETFLIX ou les puzzles… c’est trop peu pour moi ! Si, en prime, il fait « beau et chaud » (une célèbre contrepèterie belge !), on peut passer un long moment à jardiner.

Sur le papier ou en temps réel ! 

Caution! Men at work!

Mais, tout d’abord, il faut réparer les « défaites » du passé.

Malgré tous nos efforts, mes chers agrumes ont, encore une fois, gelés !

Il n’est pas question de recommencer les expériences du passé.

Adieu « Linette, Ninette et Nicolette » ! La mort dans l’âme, je suis obligé de me séparer de mon oranger et du citronnier plantés en pleine terre. 

On va prendre le problème autrement !

Nous gardons le citronnier et l’oranger en pot, afin de pouvoir les rentrer en hiver dans la serre, et, à coté d’eux, on va planter, en pleine terre, deux rosiers sur pied, d’à peu près 1,5 m d’hauteur. Entre les couleurs des « azulejos », des agrumes, des pots de céramique… et des rosiers, ça va faire « de l’effet sur l’amateur », comme chantaient les Frères Jacques, il y a quelques décennies !

Mais, il faut choisir des rosiers de la bonne couleur. Sachant que je n’aime pas trop les roses rouges ! Refusé les « Alain Souchon », « Baccara », « Ena Harkness », « Madame Delbard », « Chrysler Impérial » etc., etc. 

« Quelle culture horticole! », vous allez dire, je l’entends d’ici. Bof ! C’est à ça que sert mon « Guide… ». Sauf que… il faut trouver à la vente toutes ces centaines de variétés.

Et c’est là où Internet s’avère le plus compétent ! Et deux fois moins cher que les jardineries du coin. 

J’ai choisi, donc, un « panaché » de trois rosiers sur pied avec trois couleurs originales : « Sunsilk » (jaune vif), « Waltz time » (couleur parme et non rose clair, comme dans l’image !) et… une rose rouge « Dame de cœur », qui ira avec les autres roses rouges, dans un grand bac en pierre, devant la maison.

J’avoue qu’en voyant arriver mes trois rosiers « tête et pieds nus », par la poste, dans une boîte en carton… j’ai craint le pire. 

Mais, une fois plantés, selon les conseils avisés de « l’homme de métier », je suis resté bouche-bée.    En seulement trois jours, ils ont commencé à sortir des feuilles et, à peine deux semaines plus tard, des bourgeons ! Bravo « Groupons » ! Enfin ! Plutôt « Willemse », qui les avait produit ! 

Mais, le plus étonnant, c’est que la commande faite en direct, auprès de ce « producteur » réputé,  a mis 12 jours et deux ratages avant de parvenir chez le destinataire ! Comme quoi « consommer local »… peut présenter, quelques fois, des limites !

N’empêche que nous avons acheté, aussi, trois petits rosiers rose/rouges dans une jardinerie voisine, en promotion, à 10 Euros seulement, qui ont très bien pris.

Conclusion ? Pas de règle générale : il faut être pragmatique ! 

Parlant de « pragmatisme », je dois mentionner « l’affaire Callistemon ». 

J’avais repéré deux emplacements où je pouvais planter encore deux arbustes.

J’ai tourné le problème dans tous les sens ! Trop de soleil, trop près de l’amandier, longs à pousser… Rien ne me convenait. 

Alors, notre jardinier est venu avec une proposition originale : « Vous pourrez planter des Callistemons ! »

« Quésaco? », comme on dit chez nous !  Selon Wikipedia, «c’est un terme qui veut dire, “Qu’est-ce que c’est ?” » . 

« Le genre Callistemon comprend 34 espèces de buissons de la famille des Myrtaceae. La majorité de ces espèces est endémique d’Australie; quatre espèces se rencontrent aussi en Nouvelle-Calédonie. On leur donne le surnom de « rince bouteille » à cause de l’aspect cylindrique et en brosse des fleurs sur la tige. »

Excellente suggestion ! J’en ai pris deux, dans la jardinerie où travaille le vendeur le plus sympathique et compétent. Qui plus est, beaucoup moins chers que dans la jardinerie « à la mode » du coin.

Pragmatisme, pragmatisme !

« C’est ma règle et j’y tiens ! », comme chante Brassens ! 

Et, dans très peu de temps, les « Callistemon » se sont mis à bourgeonner et faire des « rince bouteilles ». Félicitations ! 

Ils me restaient quelques endroits un peu compliqués : soleil très fort ou mi-ombre, emplacements symétriques ou solitaires… 

Comment faire ? 

En potassant mon bouquin, j’ai eu une révélation : on pourrait planter des clématites ! C’est coloré, ça pousse vite et ça cache… des murs lépreux !

Mais, … quelles couleurs choisir ? Et, comment les faire grimper, puisqu’il s’agit de « plantes grimpantes » ?

« Les Clématites (Clematis) forment un genre de la famille  des  renonculacées.

Il comprend environ 300 espèces de vivaces herbacées à souche ligneuse et de plantes grimpantes, semi-ligneusespersistantes ou caduques. On les trouve dans les deux hémisphères, notamment en Europe, dans l’Himalaya, en Chine,  en Australie, en Amérique du Nord et Amérique centrale ; elles sont cultivées pour leur abondante floraison très décorative.

Il existe plus de 40 cultivars, généralement à grandes fleurs.

Du fait de la diversité des espèces : vivaces herbacées de petites tailles, arbustes grimpants ou étalés, plantes grimpantes atteignant de 1 à 15 mètres de hauteur, l’aspect des clématites varie considérablement. »

Nous sommes partis à la recherche de supports, sous forme de treillis en bois, qui permettraient aux clématites de grimper. Pas jusqu’à 15 mètres ! Deux ou trois, c’est largement suffisant !

Ça tombait bien ! Une grande chaîne de magasins de la région annonçait qu’à « partir du 5 mars, dès 7 h » une promotion sur ce type d’objet aura lieu. On la présentait, d’ailleurs, dans le catalogue national, édité par la maison et disponible en des centaines d’exemplaires, dans tous leurs magasins. Mais, on nous prévenait, dans le même catalogue, qu’il s’agissait d’ « Arrivages : Quantité limitée ».

Très bien ! Nous sommes allés dès le 5 Mars ! Pour apprendre que le « produit » recherché n’était pas encore arrivé ! Mais, qu’il sera un « produit disponible tout au long de l’année » et « qu’il ne fallait pas s’inquiéter ». Moi, j’étais si inquiet que… je ne dormais plus d’angoisse ! LOL.

Nous avons téléphoné, jour après jour, pendant deux semaines.

Pour la faire courte, à ce jour, le « produit » n’est toujours pas arrivé !

J’ai parlé avec le directeur d’un autre magasin du même groupe.

« Ah, mon bon Monsieur ! Si vous saviez ! On nous a avertis que nous n’aurons pas un objet de plus que ce que nous avons vendu l’année dernière.  Vu la passion fulgurante des Français pour le jardinage, y’a plus de bois (en Pologne !) et on manque de tout. ».

Autrement dit : « Y’a plus d’pièces, y’a plus d’main-d’œuvre ! », comme chantait Pierre Perret, en parlant des plombiers.

C’est bon à savoir ! Et moi, qui m’imaginais que, à cause de la pandémie, toutes les industries sont à l’arrêt.

C’est vrai qu’un bateau avait bloqué le Canal de Suez pendant une semaine. Et donc, toute l’Europe, qui travaille « en flux tendu » est, maintenant, sans pièces de rechange, ni chips électroniques, en provenance de Taiwan. C’est « l’effet papillon », comme on nous explique savamment à la télé ! 

Enfin ! A grande peine, nous avons réussi a trouver deux « bacs à fleurs en bois avec treillis », restés d’une livraison précédente. Comme il s’agissait de « pièces d’exposition », j’ai pu négocier un prix spécial.

Que de mal pour pas « gran’chose » !

Mais, pour les autres treillis, nous avons fait appel à notre jardinier et… à un réseau métallique resté d’une construction précédente.

Une fois cette opération achevée, j’ai dû choisir mes clématites.

Rien de plus simple !

J’ai consulté les écriteaux attachés sur les « renonculacées » exposées dans la cour de notre jardinier préféré. D’après ces indications, j’ai pris :

-deux « Madame Baron Veillard »,

-une « Lilacina Floribunda »,

-une « Clematite armandii »,

en fonction de la couleur des autres plantes et arbres, qui les entourent.

Ensuite, j’ai ajouté un « Chèvrefeuille du Japon ‘Dart’s Acumen’ » blanc, pour trancher avec les deux grands cyprès qui l’encadrent.

Ce n’est pas tout !

J’ai aussi commandé deux « Plumbago –Auriculata Capensis » ou « Dantelaire du Cap », pour  le « bac à fleurs avec treillis » ancien, qui présente l’avantage d’être 10 cm. plus long que ceux qui… ne sont pas arrivés. Et que j’ai pu négocier à… 30% en dessus de l’ancien prix !

Ainsi, dans l’ensemble, je suis tombé sur le niveau des «  Prix bas au grand air » annoncés comme « l’affaire du siècle », mais toujours pas reçue !

« A la guerre comme à la guerre ! », comme affirme une «expression datant du XVIIe siècle. En temps de guerre, les ressources et moyens sont très souvent limités et il faut faire avec le peu de moyens disponibles pour les tâches de la vie courante. Donc, en cas de situations critiques, il faut faire avec ce qui est disponible et ne pas compter sur une aide extérieure. » 

Nous connaissons le « Plumbago »… de longue date !

« Plumbago auriculata, la Dentelaire du Cap (ou plus rarement Dentellaire du Cap ou Plumbago du Cap), est une plante grimpante ornementale originaire d’Afrique du Sud appartenant à la famille des Plumbaginaceae. Synonymes : Plumbago capensis ou Plumbago grandiflora ».

Nous en avons un de Plumbago, avec des splendides fleurs bleues, que moi je vois, plutôt, comme « petitflora », contrairement à son nom officiel ! Mais, on m’a prévenu qu’il s’agit d’une « plante invasive » !

C’est, justement, ce qui m’intéresse. Qu’elle pousse très vite et qu’elle occupe tout l’espace du treillis en bois, qui n’est pas si beau. 

A suivre…

Adrian Irvin ROZEI

La Bastide Vieille, avril 2021

– 

* Il y a longtemps, un ami m’a demandé : « Tu aimes la nature ? »

J’ai répondu : « Bien sûr ! »

« C’est bien ! »

Et il a continué : « Cela prouve que tu n’es pas rancunier ! »

Ça m’a laissé perplexe !

2 thoughts on “La finta giardiniera … (VII)

  1. Conseils d’un ancien. Dans le temps aux environs de mes 10 ans , il gelait en hiver. Je ne parle pas de la préhistoire …..L’hiver était froid pour certaines plantes fragiles.
    Dans ce temps là , je gagnais , parfois, mon argent de poche en aidant les ouvriers à porter des comportes de LAURIERS ROSES pour les mettre à l’abris dans la ( serre ) au fond du jardin avec les nombreuses ruches entretenues avec amour par mon père
    Donc pour protéger les plantes du gel rien de tel que des comportes de terres à positionner au mieux en fonction de la MTO.
    Bon jardinage à vous deux.

  2. Salut Adrian
    quelle chance de pouvoir hortivcultiver autant de plantes les plus intéressantes les unes des autres ayant vendu ma maison de Normandie je n ai plus de terrain pour ces activités …merci pour le bouquin ….N oublie pas de changer mon adresse mail celle que tu utilises n est plus valable Bises a Sabine et aux garçons On s ennuie bien de vous A bientôt JM

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *