Boulogne, le 6/05/2026
Ce 6 mai, en ouvrant le quotidien « Le Figaro », je suis tombé à la page 37, dans la rubrique « Voyages », sur un article qui m’a fait un énorme plaisir !
L’article s’intitule : « La saga du Delano, icône de South Beach à Miami ».
On peut y lire :
« Le Delano à l’élégante silhouette Art déco, inauguré au terme de la Seconde Guerre mondiale, a réouvert ses portes le 1er mai après six ans de fermeture… Rares sont les villes dont le destin se confond à ce point avec celui d’un hôtel. Le Delano raconte 80 ans de l’épopée de Miami Beach et les montagnes russes d’une destination qui connaît la gloire puis les aléas liés aux différentes crises financières et aux conséquences du Covid. En ce début mai, la réouverture de l’établissement relance le jeu de la station balnéaire de la baie de Biscayne, en Floride, alors que de nouvelles adresses de prestige sont annoncées en 2027… »
Si je suis si content d’apprendre cette (bonne) nouvelle, c’est parce que je connais cet endroit depuis… un demi-siècle !
Reprenons dès le début !
* * *
Vers la fin des années ’70 du siècle dernier, quand je suis arrivé pour la première fois à Miami, je venais avec, en tête, l’image de carte postale de la Floride des années ’30. J’imaginais l’endroit, un peu comme du temps des Flagler ou Vanderbilt, ceux qui ont fait la fortune de la Floride, près d’un siècle auparavant.
D’ailleurs, cette fausse image était entretenue, en France, …va savoir pourquoi ! Rappelons les paroles de la chanson « Le poinçonneur des Lilas » de Serge Gainsbourg, écrite en 1959 :
« Pour tuer l’ennui, j’ai dans ma veste
Les extraits du Reader-DigestEt dans c’bouquin, y a écrit
Que des gars s’la coulent douce à Miami
Pendant c’temps que je fais l’zouave
Au fond d’la cave… »
Et Zizi Jeanmaire chantait, dans « Jeanmaire Ami Amour La grande vie à Miami » :
« Si l’on faisait ami, ami
Ami, ami à Miami !…. »
Jeanmaire Ami Amour La grande vie a Miami – Vidéo Dailymotion
Dès le début, il y avait une confusion des lieux : Miami et Miami-Beach !
Peu nombreux sont ceux qui savent qu’il s’agit… de deux villes différentes !
« Miami Beach est une ville américaine située dans le comté de Miami-Dade, dans le sud-est de l’État de Floride. Elle fait face à la ville de Miami, de laquelle elle est séparée par la baie de Biscayne à l’ouest, tandis qu’elle est baignée par l’océan Atlantique à l’est.
Établie le 26 mars 1915 avec le statut de town, Miami Beach devient une ville le 1er mai 1917. Sa population est de 87 779 habitants lors du recensement des États-Unis de 2010. Un grand nombre de ses résidents sont natifs de l’étranger, la ville étant marquée par une forte influence hispano-américaine.
Peuplée, dans un lointain passé, par des Amérindiens Tequesta, la langue de terre jadis marécageuse et inhospitalière où se dresse maintenant Miami Beach n’est occupée en permanence qu’à la fin du XIXe siècle. Le lieu est parfois mentionné sous le nom d’Ocean Beach avant la généralisation du nom de Miami Beach.
On a souvent tendance à croire que Miami Beach est un quartier de la ville de Miami, alors qu’il s’agit bien de deux municipalités distinctes. Miami Beach est officiellement incorporée en tant que ville le 1er mai 1917. »
En promenade à Miami Beach, j’ai été plus que déçu ! Peut-être, aussi, parce que c’était le mois de décembre, il faisait plutôt froid, les retraités s’agglutinaient dans des hôtels minables, à peine entretenus. Je les voyais derrière des baies vitrées, décorées de guirlandes de Noël ou de Hanouka, par petits paquets, comme s’ils attendaient celui qui allait venir …les libérer d’une prison !
Moi, qui faisais à Miami, le plus souvent, un « stop-over » sur la route entre l’Amérique Latine et Paris, au retour d’un voyage d’affaires, je me marrais en cachette, en voyant les yeux brillants de mes collègues, tels ceux d’Oncle Picsou, quand je jetais, de manière anodine, au milieu d’une conversation : « Je viens de passer le week-end à Miami ! »
Tout autre était devenue la situation, une décennie plus tard !
Voici comment décrivait la nouvelle ambiance de Miami Beach un article du journal « Le Monde » des années ’90 :
« Un village où se côtoient hôtels à taille humaine (trois ou quatre étages seulement), restaurants à la mode, boîtes branchées et terrasses de cafés fluo alignés le long d’Ocean Drive. Loin, très loin des retraités, qui, hier encore, régnaient ici en maître et qui, aujourd’hui, ont déserté le front de mer pour des havres plus discrets. Une retraite confirmée par les chiffres : en 1980, la moyenne d’âge des résidents de Miami Beach était de soixante-six ans ; dix ans plus tard, elle était tombée à quarante-six… »
La raison de tout ça ? Simple !
« La Floride : des marécages infestés de moustiques et transformés, au début du XXe siècle, en un lieu de villégiature élitiste. Aujourd’hui, un royaume ludique attirant chaque année 40 millions de visiteurs.
Miami South Beach, dit So Be, lancé il y a une dizaine d’années par les New-Yorkais entichés d’Arts Déco, est victime de son succès. Fief des stylistes et des créateurs, point de passage obligé des top-models du monde entier, rendez-vous des « rock stars » et des acteurs, la voici asphyxiée par les bars, bistrots et discos. »
Autrement dit, déjà le surtourisme ! Mais, pas « sac à dos, pataugas », ni « middle-class en vacances » ! Plutôt : Madona, Mickey Rourke, Paloma Picasso, Linda de Souza, Cindy Crawford, Sylvester Stalone, Robert Altman ou Gianni Versace. Ce dernier, avait transformé une villa gothique en palais vénitien, avec patio et mini-planétarium, pour observer les étoiles sur le front de mer, moyennant des travaux en valeur de quelques 8 millions de dollars !
J’avoue que tout ça ne me dérangeait pas ! Devenu membre de la ISEE (International Society of Explosives Engineers), je passais par Miami, au moins, une fois par an, en route vers notre conférence annuelle, quand ce n’était pas sur le retour depuis l’Amérique du Sud ou Centrale, après les visites biannuelles auprès de mes clients.
Je ne revenais pas tous les ans à Miami Beach. Mes endroits préférés en Floride étaient, plutôt, Coral Gables, Vizcaya, Flagler Museum, The Breakers, The Biltmore etc., etc. Mais, je passais, quand même, de temps à autre, par So Be.
Le but (avoué !) de mes visites était de constater les améliorations apportées par ce flot incessant de dollars à la restauration des édifices Art Déco des années ‘30, de l’évolution de l’hôtellerie « haut de gamme », de la décoration intérieure des édifices, surtout hôtels, mais aussi « condominiums de luxe » etc.
Il faut rappeler que, à Miami Beach, se concentrent près de 800 édifices aux « couleurs pastel les plus kitchs, édifices dessinés, autour des années ’30, par Murray Dixon, Henry Hohauser, Albert Anis, Roy F. France, Robert Swartburg, Russel T. Pancost, Anton Skislewich etc. »
Et que, depuis 1979, le Miami Beach Architectural District (également connu sous les noms d’Old Miami Beach Historic District et de Miami Art Deco District) de la ville est inscrit au Registre national des lieux historiques. L’Art Deco District est la plus grande collection architecturale d’Art déco dans le monde.
A suivre…
Adrian Irvin ROZEI
Boulogne, mai 2026
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