A Venise, dans Paris… (IV)

20/04/2023

Feuilles de journal

 

Service après-vente

Le lendemain, je suis passé par la Médiathèque de Boulogne.

A chaque passage à cet endroit, je jette un coup d’œil dans la boite où sont exposés les livres et revues que les lecteurs ont déjà lus et dont ils veulent se débarrasser. Gratuitement !

Cette fois-ci, je tombe sur une revue intéressante : 

                                      « L’Art et la Mer »

Numéros joints

N° 35 – Nos 37 et 38

Le n° 36 a été diffusé au Salon de la Marine 1986

Le sommaire de la revue comprend :

Numéros 37 & 38

La place de la Concorde à Paris ou la curieuse histoire d’une place maritime. Texte par Jean Ducros

Numéro 35

Visite à l’hôtel de la Marine. Photographies par Benoît Dufeutrelle

Cela ne peut pas mieux tomber !

En 65 pages, je vais apprendre TOUT sur cet endroit, que je viens de visiter, mais… tel qu’il était vu il y a 35 ans !

L'entrée en 1988 et en 2021!

L’entrée en 1988 et en 2021!

Dès l’éditorial, j’apprends que :

 « Le musée de la Marine n’est pas resté en ces lieux, mais l’administration centrale de la Marine les a associés à sa vie culturelle. Des centaines, voire des milliers d’œuvres maritimes ont orné les salles, les escaliers et les couloirs de l’hôtel de la place de la Concorde.

Régulièrement, des expositions de Peintres de la Marine sont organisées sous l’égide du Service des collections de l’Etat-major de la Marine. De plus, le public, nombreux, découvre en fin de semaine derrière les nobles façades de l’hôtel construit par ordre de Louis XV par Gabriel et par Soufflot un monument national où l’histoire comme les beaux-arts ont posé leurs marques. »  

Voici, donc, la preuve que, il y a un demi-siècle, le Ministère de la Marine n’était pas un bâtiment si « inabordable », ni classé « secret défense » ! Et qu’il se chargeait de la promotion des artistes dans son domaine ! Pas si mal ! 

Les 40 premières pages de la brochure présentent, sous le titre « La Concorde : Un site splendide voué à la mémoire d’une nation », l’histoire de ce magnifique emplacement depuis 1748, quand le Bureau de la Ville de Paris « délibère pour traduire la gloire du roi Louis XV en un monument à son effigie », jusqu’en 1771, quand des bruits courraient concernant « l’intention du Roi de ramener la Cour à Paris. »

Et l’on précise que :

« …nous trouverons dans les aménagements de l’hôtel du Garde-meuble de la Couronne – l’actuel hôtel de la Marine, place de la Concorde – des indices datant des années 1770, qui montrent que Louis XV se ménageait la possibilité d’un séjour de la famille royale dans la capitale à l’heure où il faisait intervenir en grand les « gens de ses Bâtiments » sur Versailles. »

Tiens, tiens ! Mais, nous ne saurons quelle fut la suite de cette aventure que… si nous retrouvons le numéro suivant de la revue !

Peut-être que ce prochain numéro indique au passant curieux qu’il peut voir encore (pour combien de temps ?) sur une pierre d’angle de l’Hôtel de Crillon, une inscription d’époque qui indique « Place Louis XV ».

Je la connais… depuis 50 ans ! Mais, je la vois s’abimer jour après jour, même si, depuis quelques années, elle est protégée par une plaque transparente. 

Les dernières 24 pages qui suivent, décrivent, avec force détails, l’Hôtel de la Marine :

« Puissent ces pages servir de guide aux visiteurs de l’hôtel de la Marine, à ceux qui en y entrant sont désireux de revivre par l’imagination les deux siècles au cours desquels l’ancien hôtel du Garde-meuble de la Couronne, véritable maison royale édifiée sou Louis XV pour glorifier les arts et l’histoire, est devenu un palais national où chacun peut évoquer la merveilleuse habilité des artisans d’art et les grandes heures de la Nation. » 

La description qui suit ne peut intéresser vraiment que le visiteur qui suivrait, revue à la main, le parcours décrit en 1988.

Néanmoins, on peut en relever quelques aspects.

  • L’hétérogénéité des styles et des époques dans la même pièce. Un parti pris exactement contraire à celui de la restauration finie en 2021. Cette fois-ci, selon les commentateurs, on a recherché les meubles/objets les plus proches de l’époque de Thierry de Ville-d’Avray.
L'entrée en 1988 et en 2021!

L’entrée en 1988 et en 2021!

  • Les couleurs plutôt ternes des murs, autant que l’on puisse juger d’après des images disponibles, souvent en noir et blanc.

  • Ces couleurs correspondraient aux « tendances » de la précédente restauration, pratiquée dans les années 1979 – 1981 ? Apparemment, la connaissance de l’état des pièces au moment de la Révolution est excellente, d’après le fascicule en notre possession, puisqu’il nous indique : « Cette connaissance qu’avaient les Parisiens des objets conservés en cet hôtel faillit être fatale à ceux-ci.» 
  • Bon nombre de choix ont dû être faits… de façon arbitraire, à l’occasion de la dernière restauration. Par exemple, l’on sait que les appartements présentés comme « ceux de M. et Mme. Thierry de Ville-d’Avray » n’ont été occupés ni entièrement, ni réellement par ceux-ci, pour des raisons trop longues pour être détaillées ici.

En tout cas, toutes ces considérations, et bien d’autres encore, n’ont pas une grande importance pour l’immense majorité des visiteurs, français et étrangers, de l’hôtel.

Ce qui compte, à mon avis, c’est l’atmosphère, le souffle de l’histoire qui se dégage du bâtiment restauré. Et le sentiment, en quittant les lieux, d’avoir passé un excellent moment AVEC des personnages historiques, dont on a entendu souvent parler, depuis les cours d’histoire du collège, mais que l’on pensait ne pas pouvoir côtoyer un jour ! 

Et, c’est ça la vraie « renaissance » de l’histoire et, par voie de conséquence, de l’hôtel !

 

 Adrian Irvin ROZEI

 Paris, avril 2023

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