A Boulogne ?… « Yes ! » (II)

Boulogne, le 6 novembre 2025

Je ne m’attarderai pas trop sur le sujet de l’opérette à laquelle j’ai assisté ce soir !

Il suffit de préciser, avec les présentateurs boulonnais, que : « Le livret de l’opérette Yes !  doit beaucoup au théâtre de boulevard parisien : « un mariage pour rire » qui devient « un mariage pour de bon », des aspirations contrariées, des personnages colorés, irascibles, incontrôlables… ».

Autrement dit, les règles du genre… il y a 100 ans, comme aujourd’hui !

Et affirmer qu’il s’agit d’une « satire sociale », c’est un peu… chercher midi à 14 heures !

Mais, proclamer que « les thèmes jazzy entêtants composés par Maurice Yvain nous entraînent dans ce tourbillon » est tout à fait exact. Et les jeunes interprètes, dont certains démontrent de réelles aptitudes vocales ou un vrai don pour le style bouillonnant du genre, rendent l’exercice fort agréable.

A la fin de la soirée, j’ai rencontré Jean-Noël Poggiali, qui s’est chargé de l’adaptation et de la mise en scène du spectacle. 

Après l’avoir félicité pour la réussite de celui-ci, qui a fait salle comble, je lui ai suggéré de le présenter au Festival de l’Opérette de Lamalou-les-Bains.

A ma grande surprise, le metteur en scène de la soirée m’a appris qu’il connait fort bien cet évènement artistique annuel et qu’il a même joué dans des spectacles présentés dans le théâtre du cœur de l’Hérault précédemment mentionné !  

En continuant notre discussion, j’ai découvert que non seulement que j’ai dû assister à certaines de ses prestations sur la scène de Lamalou, mais aussi que nous avons des connaissances communes parmi les acteurs et les organisateurs de ces spectacles. 

En nous quittant, Jean-Noël Poggiali a eu l’amabilité de m’accorder un autographe, sur la couverture du programme du spectacle avec l’opérette de Maurice Yvain, qui dit :

« Pour Adrian, par amour pour l’opérette qui réunit au-delà des frontières ! »

C’est une affirmation qui mériterait de devenir la devise, le « motto » d’un texte « à venir » !

*   *   *

Malgré tout, je ne résiste pas à la tentation (l’envie ?) de dire quelques mots sur mon « histoire » avec l’opérette ! D’autant plus qu’elle « croise le décor » de ce texte… à Boulogne !

C’est vrai ! J’en ai parlé précédemment dans des textes comme :

Secretul lui Marco Polo (en roumain, en 2007 !) : « Le secret de Marco Polo »,

Le tour du monde… en quatre jours ! (II) | ADRIAN ROZEI

Post Covidum homo triste est ! (II) | ADRIAN ROZEI

Mais, jusqu’à maintenant, je n’ai (presque !) rien dit sur le début de mon « histoire avec l’opérette » à Bucarest, avec l’opérette viennoise, à Vienne, Budapest et Bucarest, avec l’opérette anglaise (Gilbert & Sullivan) à Londres et… Penzance, avec la zarzuela à Madrid et… « last, but not least ! », avec l’opérette française, à Paris, Marseille, Toulouse… et aux quatre coins du monde, dont à Guayaquil ou Buenos-Aires ! 

Contentons-nous, pour le moment, de Lamalou-les-Bains et de Boulogne !

Parmi les personnalités du monde de l’opérette, mentionnées dans ma conversation avec Jean-Noël Poggiali, nous avons trouvé au moins cinq que nous avons côtoyé tous les deux. Je parle des « L’Huillier » (père, fils et petite-fille), comme de Claude Deschamps et de Carole Clin.

Pour les deux premiers, voici ce qu’écrivait le Midi Libre en 2016 :

« Retiré à Lamalou-les-Bains depuis quelques années, où il avait créé en 1975 un festival d’été consacré à l’opérette, et qui constitue toujours une manifestation unique sur la planète lyrique, Fernand L’Huillier, âgé de 97 ans, est décédé ce dimanche 2 octobre. Avec lui disparaît un volet important de l’histoire du chant et de la mise en scène sur les plateaux de nombreux théâtres. »

Pour ce qui est de Claude Déchamps, voici ce que j’écrivais dans le texte

Post Covidum homo triste est ! (II) | ADRIAN ROZEI en 2020 (écrit en roumain !) en pleine pandémie :

« Nous avons retenu seulement 4 spectacles parmi ceux proposés :

  • « L’Opérette et Mariano », le 17/08,
  • « Un soir à Vienne », le 19/08,
  • « Un soir chez Offenbach », le 26/08
  • « Un soir au Châtelet », le 30/08. (Représentation annulée le 29/08. Covid oblige !)

L’une des raisons de notre choix est la présence sur scène de Claude Deschamps, acteur et ami, que nous connaissons… on ne sait même plus depuis quand ! Cette année, il a toutefois « élargi son champ d’action », passant des rôles comiques, qui lui allaient comme un gant, à la « présentation et mise en espace ».

Claude Deschamps sur scène dans différentes productions à Lamalou

Toute cette histoire a démarré …à Boulogne, il y a une trentaine d’années !

A cette époque, mon médecin traitant m’a dit : « J’ai aussi un autre patient Roumain ! »

Pour la faire courte, après différentes étapes, j’ai fait la connaissance d’Arta Verlen.

Elle n’était pas Roumaine, mais son époux, Nick Varlan, si !

Malheureusement, on trouve peu de renseignements, sur le Net, au sujet de ce couple, qui aurait dû devenir « mythique », au vu de leur exceptionnelle activité dans le domaine lyrique, pendant une quarantaine d’années, jusqu’en 1991.

Ils ont été, ensemble, lui comme chanteur et manager, ainsi qu’elle essentiellement comme actrice, mais pas seulement, à la tête d’une impressionnante troupe de spectacles lyriques, comprenant plus d’une centaine de personnes, artistes, machinistes, monteurs, couturières… qui, sous leurs chapiteaux ou sur des grandes scènes, avec leurs décors, costumes, matériel… etc., sillonnaient la France et même l’étranger, sous la bannière des « Productions Nick Varlan » !

J’ai retrouvé une trace de cette activité, dans l’entrefilet suivant :

« En 1981, le théâtre de la Porte-Saint-Martin et les productions Nick-Varlan proposent une reprise pendant toute une saison de la célèbre opérette de Vincent Scotto. » (Violettes impériales)

Puis :

Porte-Saint-Martin octobre 1981, toujours dans « Violettes impériales »

Séraphina : Arta Verlen

Rosette : Carole Clin »

Heureusement, je dispose d’une importante quantité de documents, offerts par Arta Verlen, avec lesquels j’essayerai de décrire cette « aventure » incroyable et… oubliée ! Et, j’expliquerai, aussi, pourquoi je ne l’ai pas fait… depuis plusieurs décennies !

Mais, en attendant, voici quelques images récentes de Lamalou-les-Bains.

Le « Festival des opérettes » est devenu entretemps : FestivaLyrique !

Claude Deschamps et Carole Clin à Lamalou en 2025

Qu’importe le flacon, c’est la même ivresse !

*   *   *

A la sortie de l’Amphithéâtre du Conservatoire de Boulogne, nous avions un autre (grave !) problème à résoudre !

Après avoir satisfait les joies de l’esprit, il fallait satisfaire celles du corps !

Autrement dit, …il fallait trouver un endroit pour dîner !

Certains demanderaient « quel est le rapport du dîner avec l’opérette ? »

J’aimerais leurs rafraichir la mémoire avec quelques vers du texte de… « La Veuve joyeuse » :

« Allons donc chez Maxim,

Où l’on danse, où l’on rit,

Où l’on aime sans souci,

Où l’on boit, où l’on vit… »

Seulement, un jeudi, vers les 23h du soir à Boulogne, ce n’est pas si simple de trouver un endroit où « l’on danse, où l’on rit » et, en supplément, l’on vous sert à dîner !

Plus d’un restaurant, autour de la Place Marcel Sembat, où nous nous sommes adressés, dès la fin du spectacle, nous a répondu que « la cuisine était fermée depuis une demi-heure » ! Et, d’autres, ont précisé que « la dernière commande est prise à 21h30 » !

J’étais… désespéré ! Le dîner au restaurant, après le spectacle, fait partie de la « cérémonie de la (bonne) soirée ».

Et, j’oserais dire que c’est une pièce maîtresse dans un processus culturel, ayant commencé vers 18h de l’après-midi !

D’autant plus qu’à mon avis, la « Gastronomie » est un art au même titre que la musique, la peinture, la danse… que sais-je ?

D’ailleurs, « nos ancêtres les Romains », voire les Grecs, même s’ils n’avaient pas désigné un Dieu spécifique de la Gastronomie, sacrifiaient, dans ce domaine, à plusieurs Dieux… à la fois :

« Dans la mythologie : un panthéon culinaire

Il n’existe pas à proprement parler un “Dieu de la Gastronomie” dans les panthéons classiques, mais plusieurs divinités incarnant des aspects de la nourriture, du vin, du plaisir des sens :

  • Dionysos (Grèce) / Bacchus (Rome) : dieu du vin, de la fête, de l’extase — il est souvent invoqué dans les banquets et les rituels de la table.
  • Demeter (Grèce) : déesse des moissons et des céréales, gardienne de la fécondité de la terre.
  • Hestia (Grèce) / Vesta (Rome) : déesse du foyer, du feu sacré — elle veille sur la cuisine domestique.

Mais aucun ne porte le titre exclusif de “Dieu de la Gastronomie” — car la gastronomie est une symphonie de divinités, un art sacré partagé entre les dieux du goût, du feu, de la terre et du vin… »

J’aurais raté donc, ce soir-là, un maillon essentiel de cette chaîne si je n’avais pas remarqué un établissement bien éclairé où les clients étaient encore attablés !

Il s’agit du restaurant « Madame – Monsieur », sur le Boulevard Jean Jaurès, où nous avons été très bien accueillis et avons fort bien dîné … à l’italienne !

J’ai pu même satisfaire un autre de mes vices : j’ai fini la soirée en savourant un « affogato al’ café », réalisé selon mes principes et présenté « a mi manera » ! (comme chantait un certain F. S. !)

Ce fût l’apothéose d’une si belle soirée, marqué par une note acquittée à 0:59:29 !

*   *   *

Quelques jours plus tard, un ami, lui aussi boulonnais d’adoption, écoutant une description d’activités enchaînés, comme celles que je viens de vous présenter, m’a rétorqué : « Tu es un boulimique de la culture ! »

De prime abord, j’ai été choqué ! Puis, en y réfléchissant bien, j’ai été content de ce commentaire.

En paraphrasant la chanson d’un certain Boris Vian, intitulée :
« 
On n’est pas là pour se faire engueuler

                           Chanson de Boris Vian »

« On n’est pas là pour se faire engueuler
On est là pour bien s’amuser
Si tout le monde était resté chez soi
Ça ferait du tort à la République…
 »

Surtout, quand on vit à Boulbi* !

 

Adrian Irvin ROZEI

 Boulogne, novembre 2025

*Boulbi : pour ceux qui n’habitent pas dans mon « coin », et je sais qu’il y en a beaucooooup dans le monde :

« “Boulbi” est un mot d’argot français qui désigne Boulogne-Billancourt, une commune située à l’ouest de Paris. Il est devenu célèbre grâce au rappeur Booba, qui l’a popularisé dans son morceau “Boulbi” sorti en 2006.

Étymologie : Boulbi est une apocope familière de Boulogne-Billancourt, contraction affective et urbaine utilisée dans le langage populaire.

Usage : Le mot est souvent employé pour désigner le quartier dans un contexte de culture urbaine, de rap français, ou pour évoquer une certaine identité banlieusarde.

Prononciation : /bul.bi/ »


SERVICE APRES-VENTE

 En fouinant dans des albums photos… d’autrefois, je tombe sur quelques documents et images qui illustrent fort bien mon propos !

Des photos prises à Lamalou-les-Bains en 1991 à l’occasion du « Festival d’Opérette ». Les habitués reconnaîtront :

Le théâtre, le Casino et la façade de l’Hôtel Mas,

sur scène, un moment de l’opérette « Le Secret de Marco Polo » de Francis Lopez.

Le programme du spectacle mentionné, avec la mise en scène par Fernand L’Huillier et, parmi les interprètes, Carole Clin et Claude Deschamps ! 

Voilà l’original, avec Luis Mariano, en 1959:

Vidéos Bing Luis Mariano “Le secret de Marco Polo” (live officiel) | Archive INA

Leave a Reply