Une porte vers… l’inconnu!

Ce texte a été publié dans la revue « 3R » (Rădăcini/Racines/Radici), no. 13 -15, daté janvier – mars 2019, édité par l’Association « Memorie şi speranţă » en Roumanie.

Rome, 26/11/2018


Pendant les 50 années depuis que je vais et retourne à Rome, je suis passé maintes et maintes fois près de la place Vittorio Emmanuelle II.
J’avoue n’avoir jamais prêté  attention aux ruines, certes imposantes, qui occupent une grande partie du square qui se trouve au centre de la place.

La « Piazza Vittorio Emanuele II », est familièrement appelée par les Romains piazza Vittorio. Se trouvant dans le « rione Esquilino », elle est la plus vaste de la capitale italienne. 

Cette place n’a pas eu toujours l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui.

Dans l’antiquité romaine, ici se trouvait un célèbre monument  le Ninfeo di Alessandro, mieux connu sous le nom de Trofei di Mario (« Trophée de Marius »). Il s’agit d’une fontaine monumentale, adossée à l’antique château d’eau où aboutissait un aqueduc.

Elle fût construite au IIIe siècle sous le règne de l’empereur Sévère Alexandre.

Mais, au XIXe siècle, avec l’accession de Rome au rang de « capitale du Royaume », le besoin d’une nouvelle urbanisation de la ville s’est fait sentir.

Sur des terrains acquis par la municipalité, on a réalisé une place rectangulaire et sur tout son pourtour des immeubles de style humbertien, dressés sur de hautes arcades, avec au centre un large parc arboré.

Si, pendant tant d’années, je n’ai accordé aucune attention à cet endroit, c’est aussi parce que, à partir des années 1980, le quartier, situé non loin de la gare Termini, a vu affluer des populations immigrées. Ce lieu, conçu à l’origine comme un habitat de prestige pour la nouvelle bourgeoisie d’État qui a investi Rome après l’unification italienne, s’est retrouvé, vers la fin du XXe  siècle, dans un état de dégradation avancé.

Seulement depuis une quinzaine d’années,  le parc est redevenu un endroit de promenade accueillant. 

J’y suis donc allé m’y promener, cette fois-ci !

C’est ainsi que j’ai découvert la «  Porta magica » ou « Porta alchemica ». 

Installée sur un mur aveugle, vestige d’une église qui jouxtait la fontaine antique, la porte n’est pas accessible, étant entourée d’une grille datant du XIXe siècle. Qui plus est, une cohorte de chats semble garder l’endroit, regardant d’un mauvais œil celui qui tenterait d’y pénétrer.

On peut, quand-même y voir un cadre de porte, flanqué par deux statues du dieu Bès, provenant du Palazzo del Quirinale. 

Il est certain que cette porte a de quoi intriguer le passant !

Une recherche rapide, indique qu’il s’agit d’un monument transporté à cet endroit vers 1888, une fois que le palais où elle se trouvait a été démoli.

La « porte alchimique » est le seul survivant des cinq portes de la Villa Palombara,  construite vers 1680. Son propriétaire était  Massimiliano Savelli de Palombara, marquis de Pietraforte ( 1614 – 1685 ) et il s’agissait de sa résidence,  située à l’époque dans la campagne orientale de Rome. 

Le marquis était bien connu pour ses activités d’alchimiste.

Il semblerait qu’à l’époque, l’intérêt du marquis Savelli de Palombara pour l’alchimie est probablement né de sa fréquentation, à partir de 1656, de la cour romaine de la reine Christine de Suède. 

La légende raconte que,

« un stibeum (et donc lié au principe de l’antimoine) de pèlerin aurait été logé dans la villa pendant une nuit. Le “pèlerin”, identifiable à l’alchimiste Francesco Giuseppe Borri, est resté une nuit dans les jardins de la villa à la recherche d’une herbe mystérieuse capable de produire de l’or. Le lendemain matin, on l’a vu disparaître à jamais par la porte, mais laissé derrière lui des pailles en or, fruit d’une transmutation alchimique réussie, et une carte mystérieuse pleine d’énigmes et de symboles magiques qui devaient contenir le secret de la pierre philosophale . Sur les cinq portes de la villa Palombara et sur les murs de la maison, le marquis avait inscrit le contenu du manuscrit gravé de symboles et d’énigmes, dans l’espoir qu’un jour, quelqu’un pourrait les déchiffrer.»

C’est une partie de ces inscriptions que nous pouvons voir encore aujourd’hui sur la seule porte qui subsiste : celle que l’on appelle « porte alchimique », mais aussi «  porte magique » ou  « porte hermétique » ou  « porte du ciel ».

Etrangement, en 1963, Elemire Zolla, un fameux expert en ésotérisme, a confirmé que les inscriptions de la porte font partie d’un important document  initiatique et philosophique.

Plus récemment, dans le jeu vidéo « Tomb Raider: Chronicles – La légende de Lara Croft » , la protagoniste  se rend à Rome à la recherche de la pierre philosophale : pour la trouver, elle doit essayer d’ouvrir la porte magique.

                                        *   *   * 

La Bastide Vieille, 18/12/2018

 

Mon amie Anca, vient de m’envoyer aujourd’hui un film réalisé par la télévision roumaine, intitulé : « Les secrets du plateau des Bucegi ».

En 10 minutes, on y raconte la découverte, en 2003, d’un phénomène ésotérique capable de changer l’histoire de l’humanité. 

J’ai appris ainsi que

« quelques personnalités maçonniques, ainsi que des représentants des  « Illuminati », venant des Etats-Unis, se sont déplacés dans les Carpates pour prendre connaissance de ce phénomène »

De quoi s’agit-il ? 

Il semblerait que l’on aurait trouvé,  grâce à un scanner gigantesque, l’existence de cavités souterraines énormes, sous le plateau qui domine le sommet des Carpates.

Deux barrières énergétiques empêchent l’accès par un tunnel, aligné avec les formations karstiques qui se trouvent en surface, aux cavités précitées. 

Selon un représentant des organisations mentionnées, au-dessus du « Sphinx des Carpates » se trouverait une pyramide énergétique, qui domine notre planète et contrôle ses activités depuis … que le monde est monde ! 

Ceci intéresserait à tel point quelques puissances planétaires actuelles que l’on aurait remarqué la présence de drones qui surveillent, du haut du ciel, les recherches liées à cette découverte. 

Les détails de ce programme sont trop nombreux pour être mentionnés ici.

Ceux qui seraient intéressés, peuvent le consulter sur :

Mais, ce qui m’a interpellé dans cette description ésotérique, est  que les accès à l’immense cavité souterraine se trouveraient à trois endroits : dans les Carpates, en Egypte et au Tibet.

Ces accés permettraient d’accéder à Shambhala (tibétain bde byung),

« un pays mythique, dépositaire de l’enseignement du kalachakra qui fut transmis par le Bouddha à la demande de son roi Suchandra. Il est décrit dans le Tantra Kalachakra et ses commentaires. Selon le 14e Dalai Lama, c’est une terre pure qui, bien qu’étant terrestre, ne peut cependant pas être située sur une carte ; seuls y ont accès ceux qui ont acquis le karma convenable. » 

  

                                     *   *   *

 La Bastide Vieille, 20/12/2018

 

Aujourd’hui, nous avons commencé l’installation des panneaux d’azulejos (carreaux de céramique peints) sur le mur de notre jardin.

Ce mur, un amas de pierres posées sans mortier, à la façon languedocienne, nous sépare du jardin de nos voisins et mesure quelques 3 mètres de hauteur. Mais le sol de leur jardin se trouve à environ 2 mètres au-dessus du notre.

Un des buts essentiels de l’installation de ces panneaux en céramique est de renforcer le mur, afin d’éviter l’effritement des pierres et son éventuel écroulement. Même si ce mur existe probablement depuis plusieurs siècles. 

Nous savons que l’endroit est habité depuis plus de 2000 ans : les restes de deux villas romaines, datant du Ier siècle avant J. Ch., respectivement du Ier siècle après J. Ch., ont été mises à jour il y a quelques dizaines d’années.

Mais les fouilles archéologiques ont été abandonnées… par manque de fonds ! 

Très vite, après les travaux de préparation et décrottage du mur, le maître d’œuvre m’a appelé pour me montrer sa trouvaille.

Il s’agissait, d’abord, d’une colonne en pierre, noyée dans le mur, avec la forme des balustrades Louis XIII que l’on trouve dans notre région. 

Ensuite, a été dégagée une deuxième colonne, posée, comme la première, sur un tablier d’environ 4 mètres de longueur, réalisée dans le même matériau.

L’ensemble a la forme d’un portail de quelques 4m X 1m. Le tout noyé dans les pierres du mur et se trouvant à prés de 2 m au-dessus du sol.

Le matériau utilisé, pour la réalisation de cet ensemble, est la « pierre de Brégines ». Elle provient d’une carrière située dans la périphérie immédiate de Béziers, qui a été exploitée depuis le temps des romains. D’ailleurs, bon nombre de monuments, églises, chapelles, palais… de la région, bâtis depuis la plus haute antiquité et, surtout, au Moyen-âge,  ont été construits avec cette pierre. 

Voici donc que je me retrouve devant une nouvelle « porte vers l’inconnu » !

Pourquoi cette porte a été murée ? Quand et par qui ? Où conduisait-elle ?

Et puis : faut-il creuser plus loin ? Est-que je risque de me retrouver… au Shambhala ? 

Une décision doit être prise rapidement.

Les travaux reprennent en janvier, après la « trêve des confiseurs » ! 

                                                *   *   *

 

La Bastide Vieille, le 10/02/2018

 

Nous avons réfléchi longuement à la suite que nous devrions donner à cette découverte.

Une possibilité serait de continuer les fouilles, creuser entre les piliers de la porte emmurée depuis, peut-être, des décennies ou des siècles, à la recherche d’un continent où d’un pays mythique. Au risque de voir débarquer dans notre jardin des armées secrètes, des illuminés venus des quatre coins du monde, remarquer des drones qui nous surveillent jour et nuit…que sais-je ? 

Ou, plutôt, installer le panneau d’ « azulejos », dont je rêve depuis si longtemps, et que j’ai réussi, enfin, à trouver après 3 années de recherches en Amérique du Sud (Colombie), Afrique (Maroc) et Europe (France, Espagne, Portugal et Italie) ! Qui a été lui-même fabriqué à Séville, il y a une centaine d’années. 

J’avoue que, lâchement, j’ai opté pour la deuxième  variante. Pour notre tranquillité à nous tous, ma famille et moi-même. 

Mais, j’inscrirai un codicille dans mon testament, conseillant les générations futures, s’ils y croyaient aux phénomènes surnaturels, de continuer les fouilles. 

De là-haut, je surveillerai leurs découvertes avec beaucoup d’intérêt !

  

                                       Adrian Irvin ROZEI

                                 La Bastide Vieille, février  2019

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