La Tour, prends garde !

Feuilles de journal
La Bastide Vieille, le 17/04/2019

 

En 1995, dans la maison de mes beaux-parents, j’ai découvert un livre qui m’a beaucoup intéressé. Cet ouvrage, plutôt un album, s’intitulait « L’Eldorado du vin – Les châteaux de Béziers en Languedoc ».

Sur près de 200 pages, Jean-Denis Bergasse, l’auteur du livre, décrivait « …le mouvement architectural du Bitterrois au XIXe siècle, phénomène de « castellisation » lié aux alcools et aux vins », relevant son  «exceptionnelle densité et diversité des réalisations ».

« Entre 1860 et la Première Guerre mondiale, les terroirs du Biterrois, mais aussi de Pézenas, d’Agde et de Narbonne, ont vu surgir de nombreux châteaux, symbole d’une prospérité soudaine et rarement égalée. » 

Je connaissais Jean-Denis Bergasse, pour l’avoir rencontré plusieurs fois dans les manifestations mondaines (mariages, baptêmes, vernissages, conférences savantes…), dont il était un invité phare dans notre région. 

Il maîtrisait avec aisance l’art et la manière d’entretenir un public néophyte sur des sujets tout aussi variés que l’histoire de la région, les coutumes et traditions locales, que de la vie mondaine et la généalogie des grandes familles biterroises.  Mais je ne pouvais pas soupçonner, à l’époque, qu’il m’inviterait à rejoindre la « Société Archéologique de Béziers », dont il était le Président, et qu’il m’inciterait à décrire les liens entre le Languedoc et la Roumanie, ce qui, quelques années plus tard, allait devenir ma première publication en français.  Continue reading

Languedoc et Roumanie: du Félibrige aux « Rencontres en Méditerranée » – une histoire d’amour inachevée

par Adrian Irvin ROZEI, membre de la Société Archéologique, Scientifique et Littéraire, d’origine roumaine

This article evokes the literary relationship between Romania and the south of France, focusing on the contacts of Vasile Alecsandri, major Romanian poet and diplomat of the XIX-th century, with “Société Archéologique Scientifique et Littéraire” from Béziers. The second part presents a bird’s eye view of the artistic liaisons between Languedoc and Romania through the years.

sasl copertaDans le dernier quart du XIXème siècle, la  Roumanie, pays récemment apparu sur la carte de l’Europe, recherchait une reconnaissance internationale par tous les moyens.

Le fait militaire majeur qui a généré aussi bien l’indépendance du pays, que sa proclamation en tant qu’état souverain, a été la guerre russo-turque de 1877.

A cette occasion les armées roumaines alliées avec les troupes du tsar contre l’ennemi héréditaire, l’Empire ottoman, ont emporté à Grivitza et Plevna deux victoires historiques qui ont permis de changer le sort de la guerre. Par la suite, en 1878, les Principautés Unies ont eu leur indépendance reconnue par le Congrès de Berlin et, en 1881, le prince Carol I a proclamé le royaume sous le nom de Roumanie. En même temps que la reconnaissance politique du nouvel état, sa reconnaissance culturelle devait jouer un rôle tout aussi important afin d’assurer la présence de son caractère national dans le concert européen.

A ce titre, la France, puissance majeure européenne, état centralisé et unitaire de longue date, représentait le meilleur vecteur d’affirmation internationale pour le nouveau pays.

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