3 ans, 6 mois et 20 jours… (I)

La Bastide Vieille, 10/10/2019 

 

…ou 1270 jours ! 

C’est le temps qu’il a fallu pour que mon projet « AZULEJOS » soit achevé!

C’est long ! C’est très long!

Mais, je pense que ça valait la peine de passer tout ce temps en voyageant dans 6 pays, en dépensant des efforts d’ingéniosité et de patience et, accessoirement, quelques milliers d’Euro pour voir s’accomplir un rêve de 60 ans ! Parce que ce projet n’est que l’aboutissement d’une passion qui vient… de mon enfance. 

Mais, commençons… par le début!

 *   *   *

Quand j’avais 10 ou 12 ans, à Bucarest, je passais tous les jours, en allant vers mon école, devant une belle maison qui se trouvait, et se trouve encore, au coin de ma rue. La vue de cette maison me fascinait ! Elle présentait l’aspect d’une villa de style « néo-roumain », correspondant au goût architectural du pays au tournant du XIXème au XXème siècle. Sa façade était rehaussée de décorations en céramique polychrome, qui reprenaient des motifs traditionnels roumains. 

Au coin de ma rue, à Bucarest

Ce type de décoration n’est pas rare à Bucarest. Un certain nombre de bâtiments construits à la même époque en sont revêtus du même genre d’ornements. En particulier, un grand architecte roumain, Ion Mincu, avait utilisé la céramique coloré pour rehausser les façades de ses projets. Continue reading

A pied, à cheval, en voiture…

Feuilles de journal
Boulogne, 24/10/2019

 

…mais, pas en train !

J’avais prévu d’aller à Capestang, près de Béziers, le 24/10/2019.

Là-bas, dans notre résidence du Languedoc, on avait programmé des travaux, qui devaient commencer quelques jours plus tard. Il était donc normal de vouloir s’assurer que tout serait prêt en heure et en temps voulu.

Pour davantage de sécurité, mon épouse a décidé de partir la veille, le 23/10. Nous avons, donc, acheté les billets nécessaires bien à l’avance, pour profiter d’un prix intéressant.

Et puis, le 23/10/2019, mon épouse a voulu prendre le métro, vers 7h 00 du matin, afin d’arriver à temps pour le départ du train, prévu à 8h07. Mais, elle a découvert que le métro ne fonctionnait pas sur notre ligne, à cause d’un incident électrique.

Elle a couru donc pour attraper un taxi. 

Une fois installée dans le train, elle attendait tranquillement le départ.

Puis, vers 8h07, mais quelques minutes après le départ supposé du train, une voix métallique a annoncé que ce train n’irait pas au-delà de Montpellier. 

En grande vitesse, elle a quitté la rame, avant que tous les autres voyageurs comprennent de quoi il s’agissait. Bien lui a pris ! Elle fût la première à demander au « Service voyageurs » le changement du billet pour un autre train, à la même heure, le 24/10/2019.

En consultant Internet, j’ai découvert que l’annulation du voyage datait de 6h45.  Continue reading

La Tour, prends garde !

Feuilles de journal
La Bastide Vieille, le 17/04/2019

 

En 1995, dans la maison de mes beaux-parents, j’ai découvert un livre qui m’a beaucoup intéressé. Cet ouvrage, plutôt un album, s’intitulait « L’Eldorado du vin – Les châteaux de Béziers en Languedoc ».

Sur près de 200 pages, Jean-Denis Bergasse, l’auteur du livre, décrivait « …le mouvement architectural du Bitterrois au XIXe siècle, phénomène de « castellisation » lié aux alcools et aux vins », relevant son  «exceptionnelle densité et diversité des réalisations ».

« Entre 1860 et la Première Guerre mondiale, les terroirs du Biterrois, mais aussi de Pézenas, d’Agde et de Narbonne, ont vu surgir de nombreux châteaux, symbole d’une prospérité soudaine et rarement égalée. » 

Je connaissais Jean-Denis Bergasse, pour l’avoir rencontré plusieurs fois dans les manifestations mondaines (mariages, baptêmes, vernissages, conférences savantes…), dont il était un invité phare dans notre région. 

Il maîtrisait avec aisance l’art et la manière d’entretenir un public néophyte sur des sujets tout aussi variés que l’histoire de la région, les coutumes et traditions locales, que de la vie mondaine et la généalogie des grandes familles biterroises.  Mais je ne pouvais pas soupçonner, à l’époque, qu’il m’inviterait à rejoindre la « Société Archéologique de Béziers », dont il était le Président, et qu’il m’inciterait à décrire les liens entre le Languedoc et la Roumanie, ce qui, quelques années plus tard, allait devenir ma première publication en français.  Continue reading

Objets inanimés, avez-vous donc une âme…

Feuilles de journal
La Bastide Vieille, 12/02/2018

Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?
Lamartine

 

Plus de cent fois, j’ai affirmé : « Oui ! Les objets inanimés ont une âme ! Et elle est vicieuse ! »

Même qu’un jour, ma patronne de l’époque, Sophie M., après une telle affirmation, m’a demandé : « Adrian, êtes-vous sûr que ce n’est pas votre âme qui est vicieuse ? »

Je n’en sais rien, pour ce qui est de la mienne, mais pour « les objets inanimés » j’en suis de plus en plus convaincu, jour après jour ! 

Tout un chacun connaît la « La « loi de l’emmerdement maximum » (LEM) ou « loi de l’emmerdement universel » (qui) est une extrapolation de la loi de Murphy ». Et l’exemple le plus souvent mentionné est celui de la tartine qui tombe TOUJOURS avec la face beurrée vers le sol, quel que soit son centre de gravité !

Mais celui-ci est un cas simple, voir simpliste.

Il y a des cas bien plus sophistiqués ! 

En voici un, qui me concerne directement : 

Depuis toujours, je suis un grand amateur, sinon un fanatique, …des pendules. 

Comme enfant, à Bucarest, nous avions une pendule de cheminée en marbre noir, surmontée de la statue d’un poète romain assis, portant fièrement sur  la tête une couronne de lauriers,  qui écrivait, le style à la main, sur une tablette du même métal dans lequel il avait été tourné. Je l’ai admirée, pendant des années, et un jour, j’ai décidé de l’appeler « Ovide » ! Continue reading

L’heure exacte !

La Bastide Vieille, 20/02/2019

 

L’histoire raconte qu’un type, qui venait d’aménager dans un nouvel appartement, a invité un ami, pour lui présenter sa nouvelle installation.

Une fois le tour du salon, des chambres, de la cuisine, que sais-je !, fini, l’ami lui a fait plein de compliments sur l’agencement, la disposition des lieux, les équipements de la maison… 

Toutefois, un peu étonné, il lui a dit :

« Tout est parfait dans ta maison, mais, j’ai remarqué qu’il n’y a pas de pendule, ni de montre et je sais que tu ne porte pas de montre bracelet et que tu refuse le téléphone portable. Alors, comment fais-tu pour savoir l’heure qu’il est ? » 

« C’est très simple ! Quand je veux connaître l’heure, j’ouvre la fenêtre et je regarde l’horloge sur la tour de l’église d’en face ! »

« D’accord ! Mais, la nuit ? »

« Pour la nuit, j’ai une trompette ! »

« Ça va pas ? Que fais-tu la nuit, avec la trompette ? »

« J’ouvre de nouveau la fenêtre et je joue un petit air. Il y a toujours quelqu’un pour crier : « Tu es fou ? A 3 heures et demi du matin, tu joues de la trompette ? »

                                               *   *   *  Continue reading

Ballade d’un bel été qui ne craint pas l’automne…

Cartagena de Indias, 5/12/2018

En Méditerranée – Georges Moustaki

« … Il y a un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée… »

J’ai passé un été magnifique!

Entre juillet et août, j’ai sillonné la France du haut en bas : trois jours à Nantes, deux jours à Vannes, deux jours à Dunkerque, un jour à Malo-les-bains, puis deux jours à Nîmes, deux jours à Uzès, un jour au Pont-du-Gard, un jour à Collioure…

Sans parler des 4 semaines passées à la Bastide Vieille près de Béziers, dans notre résidence secondaire, en plein Languedoc. Pendant tout ce temps, nous avons reçu des visiteurs ou rencontré des amis venus de France ou des quatre coins du monde.

Tout ça, alors que les journaux et les TV s’empressaient de nous submerger sous le flot des nouvelles alarmantes (feux de forêts, canicule, inondations, sécheresse, attentats, grèves,…que sais-je!). Pendant tout ce temps, j’ai profité de la douceur du climat Méditerranéen, des architectures romanes et du XIXe siècle, des festivals de folklore, de musique classique ou des opérettes, des feux d’artifice ou des corridas, des “Son et lumière “, comme des danses régionales…

Un été de rêve!

Une vraie parenthèse dans la grisaille et le terrorisme que tentent de nous imposer les “politicards et journaleux” de tout bord, pour cacher la faillite des “valeurs” qu’ils ont défendu ou imposé pendant des décennies. Continue reading

Je suis Zen! (II)

Suite…

Prés de 40 ans ont passé. Mon rêve japonais est resté… un rêve ! 

Pendant tout ce temps, je revenais périodiquement aux « Jardins Albert Kahn », je visitais des expositions d’art classique japonais (surtout à Rome !) et j’ai même installé une décoration extrême-orientale dans notre grenier, dans le Languedoc. 

Le choix d’une décoration japonaise est devenu, de nos jours, une chose très difficile. A cause de la multiplication des copies, faux, imitations… bon marché, qui inondent les boutiques à trois sous partout dans le monde, la frontière entre l’authentique et le kitsch est extrêmement difficile à tracer, à moins de disposer de ressources financières énormes. Ce qui n’est pas mon cas !

Ceci, d’autant plus que, même les œuvres les plus authentiques frisent, par moment, le goût douteux, selon nos critères européens. 

Mais, la patience, voire l’obstination, ont payé ! 

J’ai ressorti des œuvres accumulées pendant des décennies : j’ai « hérité » d’une collection d’estampes, ayant appartenu à d’un grand artiste roumain, représentant les acteurs du théâtre « Kabuki », réalisées il y a plus d’un siècle ; nous avons trouvé des artisans prêts a exécuter des travaux dans le goût de ce que nous leur avons demandé et, par un pur hasard, l’existence, dans notre région, de pièces de mobilier exécutées par un fameux artiste spécialisé, pendant les années ’50, dans la production de meubles en laque de Chine. 

Evidemment, on peut trouver tous ces objets à des prix ridiculement bas – « à donation », comme disait ma belle-mère !- puisque ce style n’intéresse plus personne. Ils préfèrent le « vintage » des années ’50. Tant mieux pour nous !  Continue reading

Je suis Zen! (I)

La Bastide Vieille, le 24/09/2018

 

La culture japonaise m’intéresse et me passionne depuis un demi-siècle!

En 1969, alors que j’étais  en dernière année à l’École des Mines, mes collègues ont décidé que nous devrions aller, en « voyage de promotion », au Japon.

C’était l’époque où le Japon était très à la mode. Le pays du Soleil-Levant était perçu comme « l’avenir de l’humanité », surtout à cause des progrès technologiques qu’il engendrait jour après jour.

En ce temps-là, on découvrait, à chaque moment, un nouveau produit électronique mis sur le marché par le Japon à un prix inégalable et en quantité presque illimitée. C’était des postes de télé, des transistors, des magnétophones, des radios portables etc.

D’ailleurs, même dans un pays communiste, comme la Roumanie,  cette fascination se faisait sentir. Je me souviens de notre prof d’électronique de l’École Polytechnique  de Bucarest, qui avait eu la chance de faire un stage au Japon, et qui n’arrêtait pas de nous chanter les louanges du système japonais, même si, à l’époque, dans ces contrées, il valait mieux encenser un pays socialiste.

Le résultat, c’est que nous l’avons surnommé « Suzuki », d’après le nom de la servante de Mme Butterfly, en japonais Cio-Cio-San, l’héroïne du roman de Pierre  Lotti, devenu un opéra célèbre, grâce à Giacomo Puccini.

Je n’ai pas cru un seul instant que nous serions capables, avec mes collègues de l’Ecole des Mines, de rassembler les fonds, énormes, exigés par un voyage dans un pays aussi lointain et si cher que le Japon! D’ailleurs, finalement, notre voyage a eu lieu… en Grande-Bretagne ! Continue reading

Les peuples heureux n’ont pas d’histoire…

File de jurnal

La Bastide Vieille, 12/02/2018

 

Écoutez-moi vous les ringards
Écologistes des grands soirs
La pollution n’est pas dans l’air
Elle est sur vos visages blêmes…

Renaud Sechan

 

De ani de zile, tot aud, la televizor sau la radio, jurnalişti foarte competenţi care îmi explică, pe un ton savant, că :

 -în ţările noastre occidentale, nu mai există tradiţii,

-că mâncăm numai « porcării »,

-că nu mai putem vedea nicio stea pe bolta celestă, din cauza luminii oraşelor care poluează cerul etc., etc. 

Poate că, după ani de spălare pe creier sistematic organizată, aş fi ajuns şi eu să iau de bune aceste teorii. Din fericire, fiind pensionar, îmi pot permite să voiajez o bună parte din an. 

In 2017, am traversat de vreo patru ori întreaga Franţă, de la Bordeaux la Biarritz, de la Toulouse la Marsilia, de la Uzès la Valence, de la Nevers la Valençay, prin Masivul Central,  de la St. Raphael la Menton… 

Insă, cel mai mult timp, în afara celui petrecut la Paris, l-am consacrat Languedocului, unde locuiesc 4 luni pe an. Pe bucăţele, dar în toate anotimpurile ! Şi asta, de mai bine de 10 ani. 

Pot afirma, deci, că este o zonă pe care o cunosc (foarte) bine.

De aceea, afirmaţii ca cele mai sus menţionate, mă scot din sărite. 

Aş putea începe o luuuuuuungă listă de exemple, care contrazic aceste afirmaţii.

Desigur că mi-e greu să demonstrez că din curtea noastră văd, în fiecare seară (când nu e lună plină sau e înorat !) milioane de stele.

Verific de fiecare dată, că « Steaua polară » nu s-a mutat şi că se găseşte tot deasupra chiparosului uriaş din grădină (pe care noi îl numim « L’Ancêtre » !), urmăresc « Carul mare », care se învârte în jurul ei, caut constelaţia « Orion », care apare pe boltă mai devreme sau mai târziu, în funcţie de anotimpuri… Şi, de câteva ori, am asistat chiar la eclipse de Lună.  Continue reading

Am împlinit 50 ani!

Bucureşti, 10/09/1967

Ora 8h00

Am petrecut ultima noapte în România –sau, cel puţin, aşa îmi imaginam pe atunci!- în casa vărului meu, Costin Cazaban. Nu mai aveam nici casă, nici mobile, vândusem sau împrăştiasem  tot ce mai rămăsese nevândut pe la prieteni. In schimb, după 16 ani de aşteptare, aveam hârtia mult dorită : « Certificat de călătorie pentru persoane fără cetăţenie ».

In dimineaţa de 10 septembrie, părinţii mei, care locuiseră în ultima noapte la un prieten ce avea maşină, au venit să mă ia şi am plecat la aeroportul Băneasa.

Când am sosit la aeroport, am avut surpriza de a constata că ne aşteptau 28 persoane, toţi prieteni, pentru că, în afară de Costin Cazaban, nu mai aveam nicio rudă în ţară.

Toţi cei prezenţi aduseseră buchete de flori pentru mama mea. Buchete pe care a trebuit să le ia înapoi : n-aveam voie să luăm nici măcar o floare !

Printre cei veniţi să ne conducă se afla şi tatăl unei prietene din anii de liceu. Ne conoscusem la coada pentru cumpărarea unui frigider. El i-a spus tatălui meu : Continue reading