Faune, fais-moi peur !

Ce texte a été publié dans la revue « 3 R », éditée par l’association « Memorie şi speranţă » en Roumanie, dans le no. 7-12, daté juillet – décembre 2018.

Les remparts de la Cité de Carcassonne

La Tour et le portail du Domaine Cazaban, près de Carcassonne

Lodève, 5/10/2018

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Quand j’avais 10 ou 12 ans, à Bucarest, je rendais visite, plusieurs fois par semaine, à mon cousin, Costin Cazaban, le fils du grand acteur, professeur et directeur de théâtre, Jules Cazaban.

Costin habitait en plein centre ville, à deux pas du Palais Royal, devenu depuis une dizaine d’années le « Palais de la République ». En partant de sa maison, nous allions régulièrement nous promener en ville, à la découverte d’un quartier, d’un musée, d’un jardin, d’un monument ou d’une église. 

Mais, tout d’abord, nous faisions un crochet par le parc qui se trouvait derrière le Palais royal. Là-bas, descendant en pente douce, on pouvait rencontrer cinq ou six bassins, formant une fontaine, dont l’eau tombait en cascades. Sur les deux cotés, une dizaine de jets d’eau alimentaient les bassins avec leur eau. Comme ceux-ci étaient branchés sur un même tuyau, il suffisait de boucher une sortie pour que les jets des autres deviennent plus puissants et arrosent beaucoup plus loin. Nous les appelions « vases communicants » et on prenait grand plaisir à boucher les jets, à tour de rôle, pour les faire cracher… le plus loin possible !  Continue reading

Mon Alexandrie!

Constantza est l’Alexandrie de la Roumanie !

Ou, peut-être qu’Alexandrie est le Constantza de l’Egypte ! Qui pourrait me le confirmer ? Peut-être Georges Moustaki. Mais il n’est plus parmi nous. 

Alors, dans une chaude soirée de printemps à Constantza, j’ai décidé de faire appel à sa mémoire chantée pour savoir si j’ai tort ou raison de penser cela. 

Je vous chante ma nostalgie
Ne riez pas si je rougis
Mes souvenirs n’ont pas vieilli
J’ai toujours le mal du pays
Ça fait pourtant cinquante années
Que je vis loin d’où je suis né…
 

Je ne suis pas né à Constantza,  pardon!, à Alexandrie comme Georges Moustaki.

Mais je me souviens de la chaleur et des odeurs de la ville de Bucarest de mon enfance.

Bucarest, à cette époque, au mois de juillet, c’était un cagnard. Pas le moindre souffle de vent, pas la moindre brise marine, comme à Alexandrie, pour adoucir les 40° C à l’ombre du cœur de l’été. D’ailleurs, en vieux roumain, le mois de juillet est appelé «Cuptor » : la Fournaise.  Continue reading