Lembranças do Brasil (III)

Comme à la Samaritaine !

Rio de Janeiro, 24/03/2018

 

Le Brésil, …c’est comme à la Samaritaine : « A chaque minute, il se passe quelque chose ! »

Je suis arrivé à Rio avec 20 min d’avance sur l’horaire. Tant mieux!

Le « Routard » 2016 annonçait un prix du taxi de 125 Reais pour Copacabana, plus le supplément de nuit (tarif 2).

J’ai refusé le forfait à 98 Reais et j’ai pris le taxi jaune standard. Malgré le contrôle « Blitz » de l’armée, qui nous a ralenti sur la route, à l’arrivée le compteur marquait… 75 Reais. J’ai arrondi à 80. 

Mais, le chauffeur m’a donné la carte de sa société. Pour le retour, je payerai …seulement 50 Reais! C’est déjà ça de gagné !

À l’hôtel « Olinda », j’ai habité dans les premières années de mes séjours à Rio, dans la décennie ’70.

C’est un hôtel dans le style « Art Déco », avec un restaurant donnant sur la plage de Copacabana, avec des meubles et des boiseries en bois précieux, au milieu de la baie.

À l’époque, je l’avais choisi parce que mon oncle habitait juste à côté.

Comme il avait survécu à une crise cardiaque, il avait décidé que, s’il voulait revoir le jour le lendemain, il devait toucher chaque matin deux rochers, à un bout et à l’autre de la plage. Ça lui faisait une dizaine de km. de marche, tous les jours!

J’ai fait moi-même ce parcours, une ou deux fois, pendant les weekends passés à Rio. Mais pas à 6 heures du matin, comme lui, mais plutôt vers 10 heures. Et pour cause! Lui, il allait au lit à 20 heures, moi, …vers 2 heures du matin!

Le fait est que, mon oncle a survécu quelques 10 ans à son attaque! Et je ne sais pas si, à la veille de son décès, il avait fait son footing matinal!

En arrivant à l’hôtel, on m’a attribué la chambre 310. Mais, les indications des numéros, devant l’ascenseur, s’arrêtent …à 309!

De retour à la réception, on m’a expliqué qu’il s’agit d’une chambre nouvelle et qu’on n’a pas eu le temps de changer les plaques.

Tant mieux! Une chambre tout neuve signifie « très moderne ».

Mais, une fois dans la pièce, j’ai constaté qu’il faisait plutôt chaud.

En étudiant la géographie des lieux dans le détail, j’ai découvert une chose étrange! Chaque fois qu’on ouvrait la porte, par un appel d’air, la fenêtre de la salle de bain s’ouvrait …sans aucune intervention humaine!

Non! Ce n’était pas un miracle vaudou, ni un coup de magie caché!

Tout simplement, une suite avait été partagée en deux chambres et moi j’avais hérité de la salle de bain, modernisée, mais, …avec la fenêtre d’époque! On m’a expliqué que l’hôtel à été racheté par un groupe espagnol, qui entreprend des travaux …depuis 7ans!

Comme je n’avais pas l’intention de passer la nuit à refermer la fenêtre à chaque courant d’air, j’ai trouvé une solution originale.

J’ai pris un chewing-gum dans le frigo, je l’ai bien mâché et je m’en suis servi pour coller la fenêtre ! En attendant qu’ils trouvent la clef qui permet de la fermer/ouvrir.

À la guerre, comme à la guerre!

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Métier à risque à RIO de JANEIRO

Rio de Janeiro, 25/03/2018

„Je te déconseille d’essayer…
Un métier… à risque
Réparation des paratonnerres sur le Christ Rédempteur
à Rio de Janeiro”

Cliquez ci après et accrochez-vous fermement: Phobie du vide s’abstenir…………

Je te promets de ne pas monter sur les bras du Christ!

Mais, il y a 12 ans, j’ai commencé à entreprendre une action tout aussi dangereuse!

Nous avons à Boulogne-Billancourt la maison où a vécu et travaillé Landowski, l’auteur du Christ de Corcovado.

J’ai fait là-bas la connaissance de sa petite fille, qui a pris la tête d’une association qui se propose de faire reconnaître l’œuvre de son grand-père… au Brésil.

Quel est le problème? Les brésiliens ne reconnaissent pas la paternité de Landowski sur l’œuvre du Corcovado et soutiennent qu’elle a été faite par Hector Silva Costa, l’ingénieur brésilien qui a suivi la réalisation pratique, à Rio.

C’est vrai que Landowski ne s’est pas déplacé au Brésil, mais il a réalisé dans son atelier de Boulogne la tête et les mains de la statue. Et sa petite fille me racontait que, étant enfant, elle jouait à se cacher dans la main du Christ!

En réalité, aucun des deux prétendants n’a « fait » la tête du Christ, mais, …un sculpteur roumain!

Gheorghe Leonida, né à Galatzi, comme mon père, en 1892,  a travaillé plusieurs années avec Landowski, dans son atelier. Malheureusement, il est décédé en 1942, en tombant du toit de sa maison, alors qu’il coupait des fleurs dans un arbre. Les dangers du jardinage!

Le pouvoir communiste l’a effacé ensuite de l’histoire, parce qu’il avait fait plusieurs portraits de la famille royale!

Cette mésaventure à été découverte par Attico Vila da Boas Mota, un éminent professeur brésilien de langues romanes, en 2000, en fouillant dans les documents de la famille Leonida, en Roumanie. 

J’ai eu l’occasion de parler au téléphone avec Attico  et je comptais aller le voir. Mais il vivait à Macaobas, à quelques 600 km de Salvador de Bahia. Un peu difficile pendant un weekend, entre deux visites chez mes clients des explosives !

En 2006, la petite fille de Landowski comptait organiser à Rio une exposition avec les dessins de son grand-père, pour rappeler sa « modeste contribution » dans la création de l’œuvre la plus emblématique de l’Amérique du Sud! Mais, …elle avait beaucoup de mal à obtenir un local.

Je me suis proposé de l’aider et j’ai pris contact avec mon ami Jean Boghici, un bien connu marchand d’art de Rio.

Et, accessoirement …roumain!

Jean m’a dit: « Ne te mêle pas de cette affaire! C’est un sujet sensible et tu vas te faire plein d’ennemis ! »

Et comme en 2007 j’ai arrêté d’aller au Brésil (retraite oblige!), j’ai tout laissé tomber. 

Il y a deux semaines, pendant la préparation de mon voyage, j’ai voulu retourner dans l’atelier de Landowski et revoir ces croquis, moulages, modèles, dont je me souviens très bien. Énorme déception ! L’atelier n’existe plus! Et les œuvres ont été déplacées au troisième étage du « Musée des années ’30 », dans la Médiathèque… Landowski !!!! 

En attendant, j’irai revoir la statue de Corcovado.

La dernière fois j’y suis allé en 2007, avec celui qui allait me remplacer dans la vente du nitrate en Amérique, mon ami Inti Serrano.

C’était à la tombée du jour et pour éviter la nuit au milieu des bois de la forêt de Tijuca, le chauffeur du taxi a dévalé la pente …à tombeau ouvert!

Heureusement que le Christ était là, avec les bras ouverts, pour nous protéger.
Tout c’est bien terminé !

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Le 23/03/2018, à 13:34, A.N.-S. a écrit :

L’atelier du grand Paul Landowski, prix de Rome, n’existe plus ? Et la maison a été vendue ?  

C’est pour cela donc que la Porte d’Asclépios se trouve dans le hall de la Médiathèque,  depuis quelques années déjà. Mais c’est un scandale !  

J’aimais beaucoup ce musée, avec son jardin.  

Quant à l’histoire de Leonida, il faut l’écrire. Demande des renseignements à son neveu, Mihai Cantunari, il doit sûrement connaître des histoires de famille. 

Réponse AIR : 

Encore pire!

Il y a quelques années, je pense en 2015, à l’occasion d’une commémoration, la Médiathèque a organisé dans le hall d’exposition une superbe évocation de l’œuvre de Landowski.

Le clou était une projection de la statue du Christ sur le mur vitré, entre les deux tours du bâtiment.

De nuit, avec un éclairage très étudié, l’effet était… à couper le souffle! Je suis sûr que Landowski aurait aimé voir ça !

Et puis voilà que des… intelligents ont protesté : « Pas de symbole religieux dans un endroit publique! » 

Bon! Je pars voir les sculptures (religieuses) d’Aleijadinho !

Pour me consoler !

PS Pour plus de détails, voir Si tu vas à Rio… sur ce même site.

 

                                               A suivre…

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