Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage!

Feuilles de journal 
En mer, entre Abu-Dhabi et Mascate, le 13/03/2019

 

Georges Brassens, Henri Colpi, Georges Delerue                   

Heureux, qui, comme Ulysse,
A fait un beau voyage ;
Heureux, qui, comme Ulysse,
A vu cent paysages ;
Et puis a retrouvé,
Après maintes traversées,
Le pays des vertes années.

 

Pendant les 15 dernières années de ma vie professionnelle, j’avais mis au point un programme de « réjouissances » annuelles que j’ai suivi avec le plus grand sérieux.

L’année débutait avec un mois sans voyages, pour se reposer après les fêtes et leurs agapes.

Dès le mois de février, je partais pour 4 ou 5 jours aux États-Unis, afin de participer au Congrès de l’Association des Ingénieurs américains travaillant dans le domaine des explosifs.

Cette association, dont je faisais partie, organisait tous les ans son congrès dans une des villes du « sunny belt », aux États-Unis. Ainsi, revenaient, à tour de rôle, Nashville et Orlando, Las Vegas et la Nouvelle -Orléans, Los Angeles et Austin …

Malheureusement, San Diego, que je rêve encore de connaître, est sortie du chapeau l’année avant mon arrivée dans ce job et l’année après mon départ à la retraite. Pas de chance !

A ces quelques jours passés aux U. S., je faisais un tour dans un pays d’Amérique Centrale, d’habitude mon préféré, le Guatemala, mais, quelques fois, le Costa Rica ou le Panama.

Puis, en mars, c’était la première grande tournée sud-américaine: Argentine, Uruguay, Chili, Pérou. J’ajoutais, chaque fois, un ou deux « petits pays » (en terme de chiffre d’affaires!): la Bolivie, le Brésil, un pays d’Amérique Centrale…

La Colombie, un de mes pays préférés, m’a été interdite plusieurs fois, par les décisions du groupe TOTAL, à l’époque où les prises d’otages étaient monnaie courante dans ces contrées. Même que, pour appliquer une décision prise par quelques ronds de cuir, on m’a forcé de supprimer… l’escale dans l’aéroport de Bogota où j’étais censé passer 2 heures, entre deux avions! Heureusement, comme je travaillais dans une filiale marginale du groupe, j’ai pu expliquer à mon patron l’absurdité de cette interdiction et il a signé mon ordre de mission, évitant ainsi un détour inutile et quelques heures perdues dans des aéroports où je n’avais rien à faire.

En tout cas, mes tournées se déroulaient une fois d’Est en Ouest (de Buenos Aires vers Lima) et la fois d’après d’Ouest en Est (de Bogota vers Montevideo), ce qui me permettait de commencer par un week-end à Rio de Janeiro et finir avec Miami ou de commencer par le week-end à New-York et finir à Sao Paulo et les destinations voisines de mon choix (Iguazu, las misiones jesuitas, en Argentine, Machu Picchu ou Iquitos, au Pérou, dans la forêt amazonienne… que sais-je ?) .

Mon programme de « visites-clients » était calculé, en grande partie, en fonction des 3 week-ends à prévoir et des objectifs touristiques envisagés dans mon circuit. Plusieurs fois, ces programmes ont été étudiés pour tenir compte de la date des mariages ou autres fêtes de famille où j’étais invité, des expositions en cours ou des fêtes nationales, dans tous ces pays. C’est ainsi que je me suis retrouvé à Bs. As. le jour du décès de mon grand oncle maternel! Mais ça, je ne l’avais pas prévu d’avance!

Mars, c’est le moment idéal pour aller en Argentine et en Uruguay : les clients sont revenus après 2 mois et demi de vacances (on cumule les fêtes de Noël avec les vacances d’été !), les filles sont bronzées… à point, c’est l’« otoño porteño », chanté par Piazzolla… Mais, pas avant le 15 mars! Avant cette date, on risque de ne pas trouver grand monde!

En avril, j’allais faire un tour au Moyen-Orient. C’était la bonne saison pour les Émirats : ni trop chaud, ni trop froid, pas de risque de « khamsin », le vent de sable qui peut durer 40 jours!

Dubaï ’94 : premier voyage pour « les explosives »

En mai et en juin, c’était le tour de l’Europe…du Sud. Au Nord…il fait trop froid, pour moi!

Je commençais par une petite semaine en Italie : une année, de Venise à Rome et, l’année suivante, de Rome à Venise. En passant par  Spilimbergo (Pordenone), Brescia, Milan, La Spezia, le Latium et le sud de Rome, là où se trouvaient mes clients… toujours bien situés pour coucher à Florence, au lac Trasimène, à Cinque terre ou Gubbio !

J’ajoutais au voyage, qui, comme par hasard, tombait au moment des « grands ponts » du mois de mai, quelques jours de congés, histoire de passer un moment dans mon pays fétiche et, quelquefois, j’amenais mon épouse pour qu’elle puisse juger sur pièces du « triste sort du vendeur de nitrates »! Ainsi, en plus des agents qu’elle avait rencontrés en 1996 en Colombie et au Venezuela à l’occasion d’un de mes voyages d’affaires, elle a connu aussi quelques agents européens.

Pologne, Tchéquie, Slovaquie ou Espagne, Portugal… à la belle saison !

A cette époque, il était admis dans notre groupe qu’une fois par an, nous avions le droit d’échanger le billet d’avion en « classe affaires » pour deux billets en « classe économique ». Et d’amener ainsi la personne de notre choix. Ce qui faisait faire des économies à la boîte! Pour l’hôtel, il était payé aussi par la boîte: aucune différence entre la chambre single ou double! Et les repas étaient, le plus souvent, réglés par les agents. Donc, des vacances « studieuses » pour nos compagnes, à peu de frais!

Sauf que, pendant que nous rendions visite à nos clients, elles allaient voir des musées, avant de nous retrouver pour les repas… quand elles ne préféraient pas le tourisme au travail. Belle mentalité!

Bien sûr « je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans  ne peuvent pas connaître », comme chantait Aznavour.

Aujourd’hui, tous ça « c’est du passé, n’en parlons plus! », selon Patrick Bruel. Et les voyages en avion nous rapportaient des miles, à dépenser pour nos vacances personnelles. Même qu’une secrétaire gauchiste a réclamé la distribution des miles accumulés entre tous les membres du département.

Heureusement que ses propres collègues lui ont signalé que les tracas du voyage n’étaient subis que par les voyageurs !

Qui peut encore rêver à de tels avantages? Et nous rentrions au travail en nous plaignant du «  décalage horaire », de la « mauvaise bouffe » de par le monde, du mal au dos dans les avions (en « classe affaires », quelquefois en « première »!). A partir d’un certain moment, même ce « détail » a été codifié : en dessous de 2heures et demi de vol, « classe économique », au delà, « classe affaire ». Ce qui faisait que, sur un vol Paris-Santiago du Chili je voyageais en « classe affaire » jusqu’à Buenos-Aires et je passais ensuite en « classe éco » ! Absurde ! Mais, grâce à mon statut « Platinum » ou « Pétroleum », je négociais souvent un « surclassement ».

En juin, c’était le tour des pays de l’Est (Slovaquie, Tchéquie, Estonie ou Hongrie, Bulgarie-pas plus de deux à la fois-, en 5 jours!) avec 2 week-ends sur place.

Turquie, Grèce, Bulgarie, Chypre… c’est toujours au printemps !

Ou la virée annuelle Grèce /Chypre/Turquie/Israël, avec passage obligé du week-end à Bucarest, si la Roumanie n’était pas au programme des « visites-clients ». Auquel cas je leurs consacrais toute une semaine, aux quatre coins du pays.

Mes clients, connaissant mes faiblesses, me baladaient partout, pour me faire plaisir et me montrer leur pays, dont ils étaient si fiers. Quelquefois, ils me donnaient une voiture avec chauffeur pour m’accompagner dans mes ballades, pendant le week-end, quand ils ne venaient pas eux-mêmes, souvent avec toute leur famille !

En Roumanie, de passage ou pour le travail !

Je me sentais donc obligé de potasser, à l’avance, leur histoire, leurs traditions, leurs habitudes… pour pouvoir poser des questions intelligentes et ne pas passer pour un rustre!

Me voyant si bon connaisseur, ils s’imaginaient que je ne m’occupais que de leur pays. Sans subodorer que, dès le lendemain de notre rencontre, je recommençais ailleurs, quelquefois chez leurs ennemis jurés!

C’est ainsi que j’ai appris qu’il n’y a pas de vérité absolue et qu’il vaut mieux rester modeste, tant que l’on n’a pas entendu le point de vue… de l’adversaire! Mais, sur place, je me faisais toujours l’avocat du diable, débitant les théories que je venais d’entendre… en face, quitte à reprendre la théorie contraire, quelques jours plus tard ! Ainsi, j’arrivais à pouvoir estimer les deux points de vue, quitte à me faire accuser d’être le « suppôt de l’ennemi » !  

En juillet et en août je ne voyageais pas! Tout au moins, pas pour mon travail. C’était la saison des vacances, donc ma famille allait souvent dans le Languedoc, chez mes beaux-parents, où je les retrouvais pour une semaine ou deux. On profitait du gardiennage assuré des enfants et on allait, avec mon épouse, dans quelques pays d’Europe ou en France, loin des côtes ou la foule des grandes vacances s’agglutine en dépit du bon sens.

Début septembre, je commençais de nouveau mes voyages.

C’était le moment idéal pour aller en Scandinavie. En vérité, je travaillais surtout avec la Finlande, mais je m’arrangerais pour passer au Danemark, pour voir mon éditeur, en Suède, où j’ai des amis depuis 40 ans, des fois, même en Norvège.

L’arrivée en bateau, après une nuit de traversée de Copenhague à Oslo, à travers le fjord, est une de mes mini-croisières préférées. Elle faisait faire aussi des économies à ma boîte, en éliminant le prix de l’hôtel, mortellement cher en Norvège.

Parlant du prix des nuits à l’hôtel, j’ai mis en place un système de « contrat » non officiel. Ainsi, j’ai payé au « Grand Hôtel » d’Oslo, le plus élégant palace avec plus d’un siècle d’existence, seulement 100Euro la nuit. A peu près le tiers du prix affiché.

De même, au « Grande Bretagne » à Athènes ou au « Métropole » à Bruxelles.

J’avais partout mes hôtels préférés où j’étais connu… comme le loup blanc. Ils connaissent mes marottes, mes phobies, mes préférences! Comme je l’appelais : « un service personnalisé »!

Un jour  à Bogota, je suis arrivé sans réservation à l’hôtel « Tequendama », là où j’habitais régulièrement depuis 20 ou 30 ans ; j’ai découvert qu’il y avait je ne sais quel congrès dans la ville et que l’on ne pouvait plus trouver une seule chambre de libre dans la capitale colombienne. Pour ne pas me laisser dehors, la direction de l’hôtel a accepté de m’installer un lit pliant dans les bureaux du « Departamento de bebidas y comidas ». Avec l’obligation de quitter les lieux à 8 heures du matin… pour laisser travailler les employés.

Au « Grand Hôtel » d’Oslo, en absence de chambres single, on m’a attribué une suite!

Le lendemain,  j’ai invité mes clients, pour notre réunion, dans ma suite. Bien sûr, ils ont refusé l’augmentation de prix que j’étais venu réclamer pour l’année à venir : « Si vous avez les moyens de payer une suite à vos employés, vous n’avez pas besoin de nous augmenter le prix! »

Quand j’ai montré que je ne payais que 100Euro, ils ont accepté tout de suite le changement de prix: « Maintenant nous avons la preuve  que vous savez négocier au mieux. Donc, l’augmentation se justifie! Mais, …on ne pourrait pas bénéficier du même avantage ?» 

A la différence de mes chers collègues, moi je ne choisissais pas les « Sheraton » ou les « Hilton », mais des « hôtels de charme », même s’ils étaient plus petits, mais avec une histoire et une ambiance feutrée.

C’est, peut-être pour ça qu’un jour, arrivant à Istanbul,  j’avais réservé un mini-hôtel situé dans un « yalî », une vieille maison en bois avec plus de 100 ans d’existence. J’étais accompagné par mon chef, une dame d’une dizaine d’années plus jeune que moi, et le réceptionniste nous a attribué d’office… la suite nuptiale,  s’imaginant qu’il s’agissait de… beaucoup plus qu’un voyage d’affaires !

J’ai laissé la suite à ma patronne et j’ai pris une chambre « single ». Le lendemain, elle s’est plaint que la douche ne marchait pas dans sa chambre. La vengeance du réceptionniste ou un coup de pouce pour nous rapprocher ? Malheureusement, je ne le saurai jamais !

En octobre, j’allais, pour une semaine, dans les pays de l’Est que je n’avais pas visité en juin et, début novembre, de nouveau au soleil, au Moyen-Orient. En m’arrangeant pour profiter, encore une fois, des quelques « ponts » officiels.

Enfin, fin novembre/ début décembre,  je partais pour la deuxième grande tournée latino-américaine, la symétrique de celle du mois de mars.

Tout était calculé pour que je puisse passer aux États-Unis après le 5 décembre, quand les illuminations de Noël sont mises en place.

Et, si possible, visiter New-York en fête.

J’avoue que j’ai bien profité de la méconnaissance immense de mes patrons pour ce qui est des traditions et coutumes locales dans les pays dont j’avais la responsabilité. Combien de fois n’ai-je entendu dire: « Il va à Rio parce que c’est  le carnaval! » Peu importe qu’on était au mois de novembre!

Mais, personne ne savait, par exemple, que le carnaval à Cuba à lieu… en juillet, après la « Grande zafra » (récolte de la canne à sucre).

Quand je parlais de Miami, dans les années ’80, tous avaient les yeux qui pétillaient comme ceux de l’Oncle Picsou, à la vue des Dollars!

Alors que Miami était devenue une bourgade miteuse habitée, surtout à Miami Beach, par des petits vieux retraités sans un sou!

Par contre, Punta del Este, en Uruguay, ou Puerto Vallarta, au Mexique, ne leur disaient rien! Et ainsi je pouvais choisir mes week-ends sans entendre des commentaires désagréables!

Je dois reconnaître que j’ai eu beaucoup de chance avec mes patrons: ils n’ont pas fait beaucoup de chichis pour signer mes ordres de mission.

Surtout, ma patronne, Sophie M., qui m’a laissé le souvenir inoubliable des 5 années pendant lesquels nous avons travaillé ensemble, et que j’ai appelées, en son honneur, « les années Sophie ».

Une seule fois elle m’a dit d’un ton posé : « Adrian! Vous ne pensez-pas que vous avez exagéré? Trois jours pour voir un seul client, c’est beaucoup! »

Je suis devenu rouge/vert de honte, mais, à la première occasion, j’ai passé le week-end avec des clients pour « payer ma dette ». Mais, je pense que, la fine mouche, n’était pas dupe, malgré tout!

Avec Sophie, en Amérique du sud

Il n’y a qu’un chef hargneux, jaloux et complexé qui a profité d’une conjoncture qu’il pensait favorable, pour demander un audit sur mes notes de frais.

Mais, comme j’avais prévu le coup, tout était « sécurisé » et il n’a eu rien à dire! Et, surtout, il n’avait pas vu que j’avais fait passer le vol  Le Caire-Assouan en note de frais, à l’occasion d’un week-end de détente en Egypte.

Il faut dire que j’usais et abusais des factures… dans des langues inaccessibles au commun des mortels !

*   *   *

C’est ainsi, en profitant au maximum de mes voyages qui, au fond, étaient des vacances déguisées et… pas chers, que « l’heure de la retraite sonne », comme dit Jean Ferrat!

Les trois derniers mois ont été encore plus brillants!

J’ai eu la chance de connaître mon successeur  (« mon héritier spirituel », comme j’ai l’habitude de le nommer!), de m’entendre très bien avec lui, malgré les 30 ans qui nous séparent, et de lui « passer le flambeau ».

Ceci s’est fait à travers 10 semaines de visites chez les clients, en Amérique centrale et du sud, au Moyen-Orient et aux U.S., à l’occasion du congrès annuel mentionné.

J’ai fini en beauté, le 30/03/2007, à Lima, au Pérou, quand, à 17 heures pétantes, j’ai passé mon stylo et mon cahier à Inti, en lui disant: « Maintenant, tu es le seul maître à bord! » Ou, comme on dit en anglais: « You are in the driver’s seat! ».
Et j’ai ajouté : « Bonne chance!  Moi, je pars en vacances pour 10 jours à New-York, sur le chemin du retour vers la France, grâce à mon billet « Classe affaires ». Ce sera, probablement le dernier de ma vie! »

*   *   *

Une fois passée l’excitation des premiers mois de « jeune retraité », je me suis posé la question (comme Gilbert Bécaud!): « Et maintenant, que vais-je faire ? De tout ce temps que sera ma vie… »

Bien sûr, je pensais aux voyages! Pour le reste, j’avais mis déjà les jalons depuis quelques bonnes années!

C’est certain! Je n’aurais plus les moyens de voyager « comme un prince », ainsi que chantait Jean-Claude Pascal (J’ai donné des diners à étonner des princes !) Mais, j’aurais davantage de temps à ma disposition. Et, comme disait La Fontaine, « pas la trace du collier autour du cou ! »

Un long moment, j’ai pensé à me contenter…de 3 pays seulement: la France, où j’habite, la Roumanie, où j’ai développé plein d’activités, et l’Italie, sans laquelle… je ne peux pas vivre!

Au fond, je me suis dit, j’ai déjà vu 99 pays au monde! (après les avoir comptés sur la carte!) La majorité, des dizaines de fois. Par exemple, en Argentine j’y suis allé plus de 50 fois! Rien que pendant les 14 années dans mon dernier job, à raison de 2 fois par an, cela fait près de 30 fois! Et, si je compte depuis 1974…!

Alors, peut-être que… ça suffit!

Pendant 8 ans, je ne suis  sorti d’Europe, que… pour ajouter un ou deux pays à ma liste. Péché d’orgueil ? Je me disais que  je dois arriver à 100!

Puis, un jour de février 2015 à Paris, il a plu, il a neigé, il y a eu du grésil et du soleil!

Ce jour-là, je n’en pouvais plus! C’était un vendredi, à 18heures! Je suis entré dans la première agence de voyages, tout près de ma maison.

Une demi-heure plus tard, je sortais avec un billet pour une croisière dans les Caraïbes, pour la semaine suivante!

Le retour du « voyageur au long cours » : après 8 ans, aux Antilles.

Peu importe s’il s’agissait d’endroits que j’ai vus… 100 fois!

«Je fuirais, laissant là mon passé
Sans aucun remords
Sans bagage et le cœur libéré
En chantant très fort »,

comme chante Aznavour.

Le destin avait bien fait les choses!

J’avais prix la dernière cabine, la moins chère, quelque 430 Euro pour la semaine, au 4ème pont, tout en bas.

En arrivant à l’aéroport, j’ai découvert que j’avais été surclassé: on m’avait mis au 11ème pont, à la droite du capitaine! Une paille!

Maintenant, j’étais de nouveau… un prince!

Qui plus est, j’ai découvert très vite que le capitaine était cubain, vivant depuis 13 ans… en Roumanie, qu’il était marié avec une roumaine, rencontrée sur un bateau de croisière, et qu’ils avaient… 2 enfants et demi! Le dernier étant attendu pour dans 3 mois.

Quelle aubaine! Je parlais roumain avec le capitaine, ce qui me donnait « une once de plus value », comme chante Brassens, aux yeux de l’équipage!

La première escale, ce fut Santo Domingo, que je connais… depuis 30 ans!

J’ai retrouvé, abandonnant le groupe, mon cher hôtel « Nicolas de Ovando », où j’avais passé tant de nuits, la Cathédrale avec la tombe de Christophe Colomb -vide!-, le Palais de son fils…

En une fraction de seconde, j’ai compris l’énorme erreur commise pendant 8 ans: je ne peux pas vivre sans l’Amérique!

Et puis « à quoi bon? », comme chante Jane Birkin, sur des vers de Serge  Gainsbourg. « Pour être l’homme le plus riche du cimetière ? », comme disait… mon agent péruvien!

Alors, j’ai pris une décision… révolutionnaire : « Ma femme voulait tous les jours, moi, une fois par semaine! Et, à la fin nous sommes tombés d’accord : ce sera deux fois par semaine…  que nous mangerons du poisson! », comme disait une pub, il y a quelques années à la télé.

Dans mon cas, ce sera une croisière, deux fois par an! Et pas seulement aux Amériques.

En croisière, dans le Golfe arabique

Voilà comment se fait que j’ai totalisé quelques 7 croisières en 4 ans! Et je suis arrivé à… 105 pays visités!

Mais, si ce type d’occupation présente, dans mon cas, certains avantages, il a aussi ses limites.

Ce serait trop long de les énumérer ici! Ça se réfère à la taille du bateau, à son organisation, à la nationalité de son équipage, au genre de musiques ou spectacles que chacun préfère, aux activités sportives pratiqués, à la cuisine que l’on aime et… « Last, but not least ! », comme disait Shakespeare, des pays et cultures dont chacun d’entre nous est friand!

Le résultat est que, depuis un an, j’ai abandonné cette manière de voyager. Et je l’ai remplacé par des voyages construits par moi même, en Amérique du Nord et du Sud. Leur but n’est plus tellement de revoir des lieux que je connais déjà, en grande partie, mais de rencontrer des amis, des parents, des connaissances que je n’ai pas revus, quelquefois, depuis des décennies!

2018 : un voyage « construit » en Amérique Latine !

Cette recherche m’a amené en Espagne, au Portugal, en Italie, en Roumanie etc., pour l’Europe, et en Colombie, au Panama, en Floride… pour les Amériques.

Et, à l’occasion, je tente de découvrir des contrées dont je rêve… depuis des décennies ou que j’ai visité… il y a des décennies!

Une place à part est représentée par les voyages à New-York.

J’ai décidé, il y a 4 ans, que j’irai tous les ans, au mois de décembre, à New-York.

Là, il y a un double but: revoir mes amis et, comme disait François Villon, « chercher les neiges d’antan! ». Et découvrir d’autres nouvelles.
Pour l’instant, j’ai tenu ma promesse !

Alors, comment se fait-il que je me trouve sur un bateau de croisière, en plein milieu du Golfe arabique?

Comme chante Julio Iglesias, « tropece de nuevo con la misma piedra ! » (J’ai trébuché de nouveau sur la même pierre!)

Pour rencontrer mes amis de Dubaï ou du Liban, et découvrir aussi les changements survenus depuis mon dernier passage, en 2015, la solution la plus simple est, de nouveau,… la croisière!

Tout au moins, pour la première partie du voyage.


Pour les détails de mon périple et mes nouvelles découvertes, je reviendrai.
« Si Dios quiere! », comme disait… Qui déjà?

Inch Allah!

Adrian Irvin Rozei
Dans le Golfe, mars 2019

1 thought on “Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage!

  1. Tu as réalisé tes rêves Adrian qui ,lorsque tu étais jeune, semblaient impossible ;tu as parcouru le monde dans tous les sens et cela t’a évidemment enrichi de par les paysages les mentalités les connaissances bref quand je te disais que tu étais un citoyen du monde c’est vrai

    ta femme a eu de la chance de pouvoir profiter de certaines escapades et puis l’écriture les albums de photos les commentaires fixent les souvenirs et permettent aussi d’ induire une certaine idée du voyage …

    mais à quand le voyage sur la lune t’es-tu inscrit pour pour le voyage interplanétaire ?

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