Dans mon hamac!

Feuilles de journal
Dunkerque, le 25/07/2018

 

                                         Georges Moustaki – Dans mon hamac

Depuis deux semaines, il fait si chaud que je dors toutes les nuits sur  le balcon, dans mon hamac!

C’est une habitude prise depuis une trentaine  d’années, depuis que j’ai acheté bon nombre de hamacs en Amérique du Sud où Centrale.

J’ai toute une collection de hamacs, pour une, deux ou trois personnes. Ils viennent de Colombie, du Guatemala, du Costa Rica, d’Uruguay  ou du Brésil, et sont tissés en coton ou en laine.

Cette fois-ci, j’ai choisi un hamac pour une personne, acheté au Costa Rica.

Les hamacs pour une seule personne sont plus légers, moins profonds, donc plus horizontaux. On ne peut pas s’y enrouler, comme on fait quand, le matin, il fait un peu froid. Par contre, dans un hamac pour deux ou trois personnes, on peut ajouter un drap et des oreillers… à volonté.


Un hamac en laine permet à l’air de circuler plus facilement et garder moins la chaleur du corps.

J’ai appris tous ces détails pratiques depuis quelques trente ans.

A l’époque, de l’autre côté  du jardin qui sépare notre immeuble d’un édifice voisin, un couple de clochards allemands avaient choisi le toit en saillie d’un magasin « Darty » comme « résidence d’été ». J’appréciais beaucoup leur présence sur les lieux, parce que, ayant un chien (berger allemand!), celui-ci montait la garde toute la nuit. J’ai appris par hasard que mes clochards avaient étés,  avant de se marginaliser, pharmacien et, respectivement, traductrice à l’UNESCO. Mais, maintenant ils vivaient de mendicité, à la station de métro la plus proche.

Tout ça a duré quelque temps, jusqu’au moment où l’homme, se soûlant de plus en plus souvent, a commencé à frapper sauvagement son épouse. Le chien est intervenu…sans succès! Moi, scandalisé, j’ai essayé d’alerter la gendarmerie voisine. Peine perdue! On m’a répondu qu’on n’a pas le droit de s’immiscer dans la vie privée des gens!*

Alors, j’ai arrêté de coucher sur le balcon, dans mon hamac. Je risquais de recevoir une bouteille sur la tête, en pleine nuit!

Le temps a passé. Le pharmacien a fini par tuer sa femme et a été emmené vers… des destinations où l’on ne paie pas de loyer!

J’ai pu reprendre mon gentil vice, mais… sans la protection du chien de garde!

Maintenant, grâce au « réchauffement climatique », j’ai de plus en plus souvent l’occasion de dormir dans mon hamac.

Aujourd’hui, en voyage à Dunkerque, j’ai visité  la « Duchesse Anne », le plus grand et ancien voilier que l’on puisse admirer en France.

En vérité, ce bateau a  voile à été construit, en 1901, pour la marine marchande allemande, dans laquelle il servait de bateau-école. Il est arrivé en France en tant que paiement des dommages de guerre, en 1946, et fut sauvé de la casse, par miracle, grâce  à  la mairie de la ville. Il a été classé, en 1982, « Monument historique » et, aujourd’hui, superbement restauré,  on peut le visiter.

Ainsi, j’ai découvert, sous le pont, le grand salon où  les quelques 200 jeunes élèves-mariniers passaient  le plus gros  de leurs temps. En cours de formation, de jour, ou pour se reposer, la nuit. Vu l’espace plus que limité dont on dispose sur un voilier, ils dormaient dans des hamacs.

On peut en voir quelques-uns, accrochés au plafond du bateau, qui n’est rien d’autre que le pont, vu par en dessous!

J’ai constaté ainsi que leurs hamacs étaient rembourrés avec une espèce de mini-matelas, pas comme le mien, qui est nu. Moi, j’installe éventuellement un drap, en dessous, quand  je crains  que la fraîcheur du matin ne me réveille, vers 4 ou 5 heures de la nuit.

Mais, les températures de plus en plus élevés que l’on enregistre dernièrement, me font craindre de ne pas pouvoir continuer de coucher sur la terrasse et d’être obligé d’installer l’air conditionné dans l’appartement.

A moins d’inventer un système de refroidissement de mon hamac !

Je pourrais commencer en trempant mon derrière dans un bac d’eau froide ! 

Un premier essai, à la Bastide!

Voici une invention d’avenir!


                                                                Adrian Irvin ROZEI 
                                                                                      Dunkerque, juillet 2018

 

 —–

 *La terrasse où j’accrochais mon hamac, dans les années ’90. 

On y voit, à gauche, les hardes des clochards allemands. Entretemps, Darty a brûlé et on a construit à sa place un immeuble de bureaux de 7 étages… avec une clôture sécurisée !

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