La Principessa senza impero

Tra le migliaia di turisti che calcano in tutta fretta la Citta’ dei Dogi ogni anno, pochi sono coloro che deviano dal percorso principale che porta a Rialto e a San Marco, per una visita al quartiere chiamato “Del Milion”. 

 Inotre, se gli chiedessi da dove venga questo nome, ben pochi si ricorderanno del titolo del libro dettato da Marco Polo quando si trovava nel carcere genovese, libro in cui raccontava le avventure passate dal celebre viaggiatore nell’Impero Celeste di Kubilai Han. 

Vero e’ che son passati ormai piu’ di sette secoli da queste avventure, pero’ il ricordo di Marco Polo e delle meraviglie che ha vissuto e’ rimasto ancora vivo nella memoria dei veneziani. Per questo il quartiere in cui Marco Polo e la sua famiglia sono vissuti porta ancora oggi il titolo del suo libro. 

 Quando si arriva in questo quartiere, se chiedi a un qualunque abitante locale, ti fara’ vedere, dopo che hai attraversato il portico che da’ sul Ponte del Teatro, la targa messa su una delle case vicine che indica il posto dove, tempo fa, abitava la famiglia di Marco Polo. 

Se hai tempo bastante per parlarne, puo’ essere che un veneziano autentico ti racconti una storia misteriosa che, benche’ mai trascritta in atti ufficiali, si trasmette di generazione in generazione da sette secoli. E’ la triste e sconvolgente storia della “principessa senza impero”.  Continue reading

Mon Alexandrie!

Constantza est l’Alexandrie de la Roumanie !

Ou, peut-être qu’Alexandrie est le Constantza de l’Egypte ! Qui pourrait me le confirmer ? Peut-être Georges Moustaki. Mais il n’est plus parmi nous. 

Alors, dans une chaude soirée de printemps à Constantza, j’ai décidé de faire appel à sa mémoire chantée pour savoir si j’ai tort ou raison de penser cela. 

Je vous chante ma nostalgie
Ne riez pas si je rougis
Mes souvenirs n’ont pas vieilli
J’ai toujours le mal du pays
Ça fait pourtant cinquante années
Que je vis loin d’où je suis né…
 

Je ne suis pas né à Constantza,  pardon!, à Alexandrie comme Georges Moustaki.

Mais je me souviens de la chaleur et des odeurs de la ville de Bucarest de mon enfance.

Bucarest, à cette époque, au mois de juillet, c’était un cagnard. Pas le moindre souffle de vent, pas la moindre brise marine, comme à Alexandrie, pour adoucir les 40° C à l’ombre du cœur de l’été. D’ailleurs, en vieux roumain, le mois de juillet est appelé «Cuptor » : la Fournaise.  Continue reading

Vom scrie şi noi o carte !*

In 2014, scriam într-un text intitulat « După 50 ani… » :

« Unul dintre motivele principale ale vizitei mele la Bucureşti din luna mai a fost sărbătorirea celor 50 ani de la bacalaureat.

Pregătirea a început încă de pe 15/02 şi s-a derulat pe trei continente. Pentru că, în afara foştilor colegi, încă în România, am încercat să-i regăsim pe cei dispersaţi… în lumea mare! N-a fost simplu! Mai ales cu colegele noastre, care, măritate fiind, şi-au schimbat, uneori de două sau trei ori numele, sau cu cei care le-au adaptat, în funcţie de consonanţele obişnuite ţărilor unde trăiesc azi.

Totuşi, pentru “SH 50”, cum am denumit întâlnirea celor dela “Spiru Haret”, am reuşit să dăm peste 54 colegi, dintre care mai bine de jumătate se află azi în afara  României (USA, Canada, Franţa, Germania, Elveţia, Israel, Spania, UK… ba chiar şi Australia!)

Au participat efectiv 40 colegi, unii dintre ei insoţiţi de soţii sau soţiile lor. Astfel am totalizat aproape 60 participanţi.

Desigur că o astfel de participare masivă, pentru colegi care uneori nu s-au mai întâlnit de jumătate de secol, presupunea o organizare logistică excepţională. Şi nu numai o simplă întâlnire la o masă, cu câţiva mici şi o halbă de bere!

In practică, întâlnirea a durat un week-end: în prima zi, dela orele 12 a.m. la 12 p.m., într-un complex rezidenţial din apropierea lacului Săftica, iar a doua zi, la invitaţia unuia dintre foştii noştri colegi, în casa lui de pe malul lacului Snagov. »

Această întâlnire, un moment de excepţie, ar fi putut rămâne o frumoasă amintire, fără alte consecinţe, dacă Matei Cazacu, fostul nostru coleg de şcoală, nu ne-ar fi trimis după câtăva vreme un mesaj care spunea : « Vom scrie şi noi o carte ! »

El ne propunea să descriem, fiecare după amintirile sale, cum am trăit viaţa noastră de elevi, desigur punând accentul pe anii petrecuţi la « Spiru Haret ».

La început, am fost foarte circumspect. Cum vom putea povesti atâtea aventuri, momente de bucurie şi de tristeţe, anecdote, evocări… care să intereseze chiar şi pe cei care n-au fost colegi cu noi ? Pentru că noi am decis să scriem o carte pentru marele public, nu numai pentru câţiva foşti colegi de acum jumătate de secol. Continue reading

Una strada lunga 2000 ani !

A l’arrivée de l’été 1968, j’ai dû choisir l’endroit où j’allais passer mes premières grandes vacances d’homme libre.

Le choix n’a pas été facile : j’aurais pu choisir n’importe lequel des pays du monde, moins les pays communistes. Mais les moyens limités et un peu de logique m’ont amené à choisir entre l’Espagne et l’Italie. Et, consultant les offres des Œuvres universitaires, j’ai décidé de partir à Rome. Pour ne pas faire les choses à moitié, j’ai pris carrément un séjour de 15 jours.

J’ai débarqué dans la capitale italienne après un long voyage de prés de 24h qui m’a permis de longer la côte, de Gènes jusqu’à Rome, et de commencer à découvrir le paysage maritime transalpin. C’est dans le train que j’ai remarqué avec étonnement que je comprenais assez bien la langue italienne. J’ai dû être Italien dans une vie antérieure !

A Rome, le petit hôtel choisi parmi les propositions des Œuvres universitaires se trouvait en plein centre de la ville.

En réalité, la « Pensione del Leoncino » était, comme souvent à Rome, un étage dans un immeuble occupé par des habitants de la ville et au rez-de-chaussée il y avait même des magasins, aussi bien d’alimentation que d’habillement.  Je  me souviens même d’un garage, au coin de la rue, qui provoquait l’ire des habitants en empêchant, avec des voitures stationnées n’importe comment, la circulation déjà difficile dans le quartier. Les marchands des quatre saisons avec leurs étalages  ambulants faisaient l’article de leurs denrées à grand coup de gueulantes. Et si les voisins étaient mécontents, ils poussaient leurs charrettes et recommençaient quelques mètres plus loin.

C’était donc une plongée sans intermédiaire dans la vraie vie romaine. Continue reading

Ici c’est Sainté

Feuilles de journal
Saint-Etienne, 17/09/2016

Au mois d’octobre 1967, quand j’ai débarqué à Sainté pour la première fois, je n’étais arrivé en France que depuis un mois. Pour moi, tout était nouveau, différent, étrange. Je n’atterrissais pas quand même en terre totalement inconnue. Mon père, qui avait vécu 4 ans à Saint-Étienne, entre 1926 et 1930, d’abord en classe préparatoire, puis comme élève ingénieur à l’EMSE, m’avait inculqué patiemment pendant 20 ans les rudiments de la vie stéphanoise. Mais maintenant il s’agissait de me faire une opinion par moi-même, d’autant plus que bon nombre de choses avaient changé en 40 ans.

Bien sûr, mes premières références étaient les collègues de l’Ecole et voisins de chambre à la Maison des Elèves. C’était aussi, sans que je me rende compte, mes idoles. Et pour cause ! Ils avaient « intégré » l’Ecole dont je rêvais depuis ma plus tendre enfance, ils étaient (souvent) brillants, ils dominaient aussi bien la langue française que les séries convergentes, ils connaissaient (quelquefois) l’histoire de France et, qui plus est, ils jouaient au tennis ou skiaient comme des Dieux !

En admiration devant mes idoles, en 1968

Mais, à cette époque, je ne pouvais pas imaginer que ces statues d’airain cachaient souvent une fêlure profonde. Ils avaient tous rêvé « d’intégrer » Polytechnique ou, au moins, une Grande Ecole parisienne. Et voila qu’ils se retrouvaient à Saint-Étienne, là « où la main de l’homme n’a jamais mis le pied », à quelques 6 heures de train ou de voiture de leur ville natale et, qui plus est, au sein d’un bassin minier qui commençait déjà à battre de l’aile, économiquement parlant. Continue reading

Le commissaire A. mène l’enquête

Saint-Étienne, 19 septembre 2016 

Ma visite à Saint-Étienne du mois de septembre avait plusieurs buts. 

Tout d’abord, remplir mon engagement, pris en février 2016, quand j’ai constaté que la section « langue roumaine » de la bibliothèque de notre Ecole était vide. J’ai écrit à la direction le 15 mars, lui proposant d’offrir une sélection d’une dizaine de livres en roumain. On m’a suggéré de les apporter le 17-18/09, à l’occasion des « Journées du Patrimoine ». C’était une excellente proposition ! 

A cette occasion, l’Ecole avait organisé une « Journée portes ouvertes » et une exposition autour du thème « Les mineurs dans les Guerres Mondiales ». J’ai pu profiter, tout d’abord, d’une visite « libre » dans les salles de l’Ecole. J’avoue qu’en février j’étais trop ému pour profiter pleinement de la même visite. J’ai eu aussi des révélations concernant l’activité, pendant cette période, de nos professeurs et anciens. * 

Mais la grande surprise a été la découverte dans le détail de l’action du Big* pendant cette sombre époque. Même si je possédais quelques informations sur ce sujet, grâce au fascicule sur l’Ecole dans la guerre ’39-’45 édité il y a quelques années. 

Grâce à un de nos camarades, j’ai appris qu’une conférence et une exposition sur Louis Antoine Beaunier (1779-1835), le premier directeur de l’Ecole, devait se tenir le 18 septembre aux Archives Départementales de la Loire. 

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Le tour du Moyen-Orient en six heures

Feuilles de journal

Paris, le 11/09/2016

 

Beyrouth, 18h00

Il y quelques semaines, j’ai remarqué sur les murs de la ville une affiche présentant une photo aérienne de la ville de Beyrouth. Il s’agissait de l’exposition de deux photographes réputés, Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, intitulée « Se souvenir de la lumière » (Two suns in a sunset).

Regardant de plus prés le parcours de ces deux artistes, nés en 1969, j’ai vu qu’ils « … construisent leur œuvre sur la production de savoirs, la réécriture de l’histoire, la construction d’imaginaires, mais aussi des modalités de la narration contemporaine en prenant appui sur l’expérience de leur propre pays tout en dépassant ses frontières. Le processus d’enquête auquel ils ont recours, leur questionnement sur le territoire, autant géographique qu’individuel, confèrent à leur œuvre une esthétique particulière. »

N’ayant rien compris à ce charabia, je me suis dit : « Allons voir sur place ! Je connais bien Beyrouth, où je suis allé maintes fois entre 1974 et 2005, ville que j’aime bien et dont j’espère que je trouverai des images actuelles. »

Sur place, j’ai découvert «une esthétique particulière » .

Les photos de la ville ne représentent qu’une toute petite partie de l’exposition. La seule salle qui présente quelques images de la ville est celle du « Wonder Beirut » (1997 – 2006), donc rien de nouveau pour moi.

ch-e-beirut-001_resizeSi, au moins, les photos exposées pouvaient me ramener en mémoire des lieux  que j’ai bien connu ! Mais, les artistes ont décidé de présenter des cartes postales de l’époque heureuse du Liban, les années ’60, « éclatées » par le souffle des bombes, aspergées de couleurs criardes, « des brulures sur des images idéalisées ». Un temps qu’ils n’ont pas connu eux-mêmes et dont on reconnaît à peine les lieux. Continue reading

Dați cu biciul dinapoi… !

File de jurnal

Cartagena, 15/04/2016

Timp de douăzeci de ani, toată copilăria mea, am locuit la București pe strada Alexandru Donici.

Strada Donici are numai vreo patruzeci de case și se află între străzile Vasile Lascăr și Icoanei. La sfârșitul anilor ‘50, această stradă foarte centrală din Capitală, nu vedea trecerea unei mașini decât de câteva ori pe zi. Nici vorbă de autoturismele de azi, parcate la întâmplare peste tot, care ocupă jumătate din partea carosabilă a străzii. Mai mult ! Pe atunci, mama mea s-a bătut cu « Sfatul popular» al « Raionului  1 Mai » și  a obținut instalarea unui « sens interzis » (pe care noi îl numeam « sens unic » !), ceeace reducea circulația la mai nimic.

Scopul instalării acestei circulații unilaterale ? Sub pretexte ecologice (liniștea locuitorilor, pericolul circulației în ambele direcții…) mama mea voia să putem continua, noi copiii din cartier, să ne jucăm în mijlocul străzii. Așa că-i tot trăgeam cu șotron, țurca, lapte gros, fotbal, leapșa pe furate (sau pe cocoțate !), « țările », « de-a v-ați ascunselea »…și câte și mai câte !

Insă cea mai mare plăcere era… plimbarea cu trăsura ! Continue reading

Un siècle avec l’Ecole des Mines  

Quand on m’a demandé de raconter la vie de mon père, Ionel  Rozei, j’ai longuement hésité. Comment peut-on résumer en quelques pages un siècle d’une existence si dramatique, si variée, si riche ? Et peut-on laisser de côté le sort tragique de son frère jumeau, Aurel, lui aussi ancien élève de l’Ecole des Mines ? Et puis, ne doit-on mentionner l’aventure personnelle de son fils, Adrian, auteur de ces lignes, un autre ancien élève de notre école ? Ensuite, je me suis dit, comme me l’avait enseigné un de mes camarades de l’Ecole, il y a près d’un demi –siècle : «Tout ce qui est simple, est faux ; tout ce qui est compliqué, est inutilisable ! »

Essayons donc de faire simple !

                                                    *   *   *

L’histoire de Ionel Rozei, et celle de son frère jumeau Aurel, se confond avec les hauts et les bas du XXe siècle d’un bout à l’autre de l’Europe. Je dirais, en ce qui concerne mon père, qu’il s’agit d’une leçon de survie : comment traverser un siècle et cinq dictatures sans perdre l’espoir, en gardant son esprit jeune, d’innombrables intérêts dans la vie et en pratiquant des activités multiples et variées jusqu’à son dernier jour ?

Parce que Ionel Rozei a subi tour à tour la dictature carliste dans la Roumanie des années ’30, la dictature fasciste pendant la Deuxième Guerre Mondiale, la dictature du prolétariat dans les années ’50, la dictature de Ceauşescu pendant les années ’60 et, vers la fin de sa vie, en moindre mesure, la dictature du «  politiquement correct ».

Nés le 27 novembre 1907, en Roumanie, les frères jumeaux Aurel et Ionel ont grandi dans une famille d’intellectuels qui a donné à leur pays quatre académiciens, ainsi que des hommes de science, des artistes et des écrivains. Leur père était le directeur d’une imprimerie sise à Galatzi, importante ville portuaire au bord du Danube, en Roumanie. Continue reading

Une autre histoire de « marteaux »*

Pendant les trois années passées à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, entre 1927 et 1930, mon père Ionel et son frère jumeau Aurel avaient un excellent ami, lui aussi élève de l’école.

Nicolas Sassi, grec d’Alexandrie, était venu en France pour suivre les  cours d’une Grande Ecole d’ingénieurs. Il avait fait toute sa formation en Egypte et il était très fier de son « excellent français ».

On le voit d’ailleurs sur la photo de promotion 1927 au troisième rang à droite, tête nue, juste à côté de mon oncle Aurel, alors que mon père Ionel se trouve au premier rang, tout à gauche de l’image.

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Mais, quelques temps auparavant, Nicolas, en voyage d’études « au pays minier » à Montceau-les-Mines, envoyait une carte postale à ses amis où il écrivait :

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