Post Covidum homo triste est ! (II)

File de jurnal… pandemice

La Bastide Vieille, 23/08/2020

 

A sosit, după 115 zile de absenţă, autorizaţi fiind să călătorim dincolo de 100 km de reşedinţa noastră principală,  ziua când am putut lua trenul pentru a reveni în Languedoc.

Pe drum, fredonam refrenul bine cunoscut din melodia « Tout va très bien, madame la marquise » interpretată de orchestra lui Ray Ventura.

« Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Absente depuis
cent quinze jours,
Au bout du fil
Je vous appelle ;
Que trouverai-je à mon retour ?

Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien… »

 Am ajuns cu bine la Bastide Vieille !

 Insă cam uşurel !

Cum spunea Antonio Machado:

« …me encontraréis a bordo ligero de equipaje,
casi desnudo, como los hijos de la mar.
 »***

*** « …mă vei găsi la bord cu un bagaj uşor,
            aproape gol, ca fiii mării. »

Asta, pentru că valiza mea a coborât din tren… fără mine, undeva, între Nîmes şi Sète!

Am fost cam descumpănit. Nu pentru că am pierdut două cămăşi şi un pantalon ! Ci, pentru că, în valiză, se găseau, mai ales, cărţi, reviste, articole… în trei limbi –franceză, română, italiană ! – care urmau să-mi servească la scrierea textelor din săptămânile următoare. Pe care aveam puţine şanse să le regăsesc, fiind vorba de documente care datau (unele !) de acum 45 ani, cu autografe şi dedicaţii !

M-am consolat, parţial, imaginând decepţia hoţului, care se aştepta la o altă pradă, mai uşor de vândut ! Les risques du métier ! 

In realitate, sosirea în casa noastră din Languedoc a fost o surpriză plăcută : nu se spărsese nicio ţeavă şi n-am găsit-o ocupată de vreo familie de migranţi din sudul Mediteranei !  Continue reading

Anch’io sono pittore !

Boulogne, 25/05/2020

 

En cette période de confinement forcé, les réseaux sociaux tournent à plein régime. Et l’on reçoit, des quatre coins du monde, les mêmes « marronniers »  (Un marronnier en journalisme est un article ou un reportage d’information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Les sujets « débattus » dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres.  )

Tout ça, occupe les internautes désœuvrés !

Parmi les messages envoyés, les jardins japonais occupent une place d’honneur.

C’est ainsi que j’ai reçu, plusieurs fois, l’image d’un superbe cerisier en fleur du Japon. 

En la regardant, une idée me vint à l’esprit :

« Anch’io sono pittore ! » 

C’est l’exclamation émise, paraît-il, par  Correggio (1404 – 1534), à Bologne, devant le tableau représentant Sainte Cécile par Raphaël. On peut la modifier en disant : « Anch’io sono poeta ! » ou de toute autre façon, dit mon « Dictionnaire des citations et locutions étrangères »,

édité par B. Marian à Bucarest, il y a plus de cent ans, en 1916. 

J’ai hérité de ce livre en 1960, au moment du départ précipité d’une tante vers la France, qui a dû abandonner tous ses biens.

J’aime tellement ce livre que je l’ai relié moi-même, avec la couverture d’un cahier « pour écoliers » de l’époque. Puis, je l’ai amené en France, à notre départ de Roumanie.  Continue reading

3 ans, 6 mois et 20 jours… (II)

La Bastide Vieille, 10/10/2019

 

Une fois tous ces « détails » artistiques finalisés, il restait un problème capital à régler : trouver un artisan, dans notre région capable d’installer toutes ces belles choses pour un prix raisonnable.

« Vaste tâche ! », comme disait le Général De Gaule !

La majorité des artisans ne savent même pas ce que sont les « azulejos » et préfèrent installer du « placo » qui se fait vite et rapporte beaucoup ! En plus, ils ont, tous, des commandes de villas, cabanes, restaurations… pour 2 ans. Donc, mes « céramiques colorées » ne les intéressent pas !

Quand, enfin, nous avons trouvé un artisan qui annonçait une certaine expérience dans « l’ancien », nous avons convenu de la date du début des travaux.

C’était en avril 2018, et j’ai couru « ventre à terre », depuis le Brésil, pour être sur place, comme convenu. Sauf que… l’artisan n’est pas venu !   Et il ne répondait même pas au téléphone !

Par un hasard heureux ( ?), nous l’avons rencontré…sur un parking de la région. Après des explications vaseuses, il a promis de venir pour faire le travail au mois de juin. De nouveau, j’ai couru, à la date prévue, depuis l’île de Paros, en Grèce. Et, une nouvelle fois… il n’est pas arrivé ! 

Alors, j’ai compris qu’il fallait repartir… « ex-nihilo » !

En peut de mots, j’ai convoqué 7 artisans (certains recommandés, d’autres pêchés dans l’annuaire…), j’ai obtenu des devis ou… pas de réponse, avec des prix qui s’échelonnaient de 1 à 7 !  Et des délais de réalisation des travaux similaires ! 

En attendant l’installation des panneaux!

Pendant ces 5 mois, mes caisses avec les « azulejos » dormaient tranquillement dans un hangar. Je n’ai même pas osé les déballer, de peur de changer l’ordre des morceaux. Et pourtant, Don Antonio m’avait promis que tout sera numéroté, étiqueté, rangé avec des marquages (en espagnol !). Continue reading

3 ans, 6 mois et 20 jours… (I)

La Bastide Vieille, 10/10/2019 

 

…ou 1270 jours ! 

C’est le temps qu’il a fallu pour que mon projet « AZULEJOS » soit achevé!

C’est long ! C’est très long!

Mais, je pense que ça valait la peine de passer tout ce temps en voyageant dans 6 pays, en dépensant des efforts d’ingéniosité et de patience et, accessoirement, quelques milliers d’Euro pour voir s’accomplir un rêve de 60 ans ! Parce que ce projet n’est que l’aboutissement d’une passion qui vient… de mon enfance. 

Mais, commençons… par le début!

 *   *   *

Quand j’avais 10 ou 12 ans, à Bucarest, je passais tous les jours, en allant vers mon école, devant une belle maison qui se trouvait, et se trouve encore, au coin de ma rue. La vue de cette maison me fascinait ! Elle présentait l’aspect d’une villa de style « néo-roumain », correspondant au goût architectural du pays au tournant du XIXème au XXème siècle. Sa façade était rehaussée de décorations en céramique polychrome, qui reprenaient des motifs traditionnels roumains. 

Au coin de ma rue, à Bucarest

Ce type de décoration n’est pas rare à Bucarest. Un certain nombre de bâtiments construits à la même époque en sont revêtus du même genre d’ornements. En particulier, un grand architecte roumain, Ion Mincu, avait utilisé la céramique coloré pour rehausser les façades de ses projets. Continue reading

Vendanges tardives

Feuilles de journal
Capestang, 20/09/2019
 

Le dimanche 4 août 2019, j’ai remarqué dans le « Midi Libre », que je lis chaque jour, quand je suis dans le Languedoc, un article intitulé « Coup de cœur pour un vin blanc ».

Comme il s’agissait d’un événement qui a eu lieu dans notre village, j’ai gardé la page. Mais, je n’ai pas eu le temps de lire le texte. En été, il se passe tant de choses dans notre région que, souvent, je suis obligé d’empiler les journaux afin de trouver le temps de les lire une fois la saison finie. 

Maintenant que les vendanges tirent vers la fin, j’ai repris les coupures de presse accumulées.

Je découvre ainsi que

« un assemblage réussi  pour un vin blanc IGP Coteaux d’Ensérune, du Domaine Cros-Reboul… a été sélectionné parmi un panel de plusieurs centaines de vins, 250 échantillons, précisément, dégustés par « Midi Libre »… à Narbonne». 

Nous connaissons fort bien ce Domaine, qui se trouve à Capestang. 

Son propriétaire, Philippe Cros est le dernier vigneron indépendant intra muros de notre ville.  Sa sœur, Marie Cros, tient le restaurant « La Cave du vigneron », qui se trouve justement dans la cave de cette famille de vignerons depuis plusieurs générations.

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La question que l’on se pose…

File de jurnal
La Bastide Vieille, 3/08/2019

 

Zilele astea, regiunea noastră apare « à la une » prin jurnalele şi revistele din Franţa ! 

De exemplu, pe 26 iulie 2019, puteam citi în « Midi Libre », la pagina 5 :

« Pourquoi le Caroux est aussi la femme allongée ? »

Pentru noi, cei care o vedem din fundul curţii, răspunsul e clar, chiar dacă noi o numim “la femme couchée”. 

“La femme couchée”, văzută din grădina noastră şi în ziarul “Midi Libre”

Insă, iată ce afirmă ziarul : 

Pe vremea când mai existau titani şi giganţi, Cébenna şi Réa, ultimii doi reprezentanţi ai acestei specii, se plimbau mână în mână prin zona noastră, într-o regiune numită « platoul şi dealul Caroux ». 

Numai că Zeus, care dorea să libereze locul, pentru a-i putea instala pe oameni (i lui! Nota mea.), a decis moartea lor. Atunci, Cébenna, simţind pământul fugindu-i de sub picioare, s-a întins pe platou, şi-a dat capul pe spate, iar lacrimile ei au format râul Rieutord. Continue reading

12 iulie 2019

File de jurnal
Domaine de Creiscels, 13/07/2019

 

Data de 12 iulie are, pentru noi, o semnificaţie specială :

pe 12 iulie 1986 ne-am căsătorit şi 12 iulie este ziua Sf. Olivier, al cărui nume îl poartă mezinul nostru ! 

In plus, anul acesta se mai adăuga şi decizia de a inaugura MPE, terminată de numai o săptămână. Ce e « MPE » ? Simplu : « la maison en pain d’épice » sau « căsuţa de turtă dulce », noua noastră « casă la ţară » ! 

Era deci normal să sărbătorim aceste evenimente… cum se cuvine ! 

Am început cu un « cocktail dinatoire & vin » la Château de Jonquière, nu departe de Clermont-l’Hérault.

Cunoaştem acest superb castel de ani de zile. El beneficiază de un trecut briliant, încă din secolul XII, dar, mai ales, de o arhitectură distinsă, aş zice « feminină », cu o curte de onoare elegantă, cu o scară în formă de potcoavă datată din secolul XVII, ca şi întregul castel. Continue reading

12 juillet 2019

Feuilles de journal
Domaine de Creiscels, 13/07/2019

 

La date du 12 juillet a, pour nous, une signification particulière : c’est le 12 juillet 1986 que nous nous sommes mariés et le 12 juillet est la fête de Saint Olivier, le prénom de notre fils cadet.

Qui plus est, cette année s’ajoute la décision d’inaugurer MPE, dont la première étape a été finie il y a à peine une semaine. Que signifie le « MPE » ? Simple : c’est l’acronyme de « la maison en pain d’épices », notre nouvelle résidence secondaire.

Il était donc évident qu’il fallait fêter tous ces événements… comme il se doit !

Nous avons commencé avec un « cocktail dinatoire & vin » au Château de Jonquières, près de Clermont l’Hérault.

Nous connaissons ce superbe château depuis des lustres ! Il jouit d’un brillant passé, depuis le XIIe  siècle, mais surtout d’une architecture remarquable, que j’appellerai « féminine », avec une élégante cour d’honneur, d’un escalier en fer à cheval du XVIIe siècle, tout comme l’ensemble du bâtiment.  Continue reading

La Tour, prends garde !

Feuilles de journal
La Bastide Vieille, le 17/04/2019

 

En 1995, dans la maison de mes beaux-parents, j’ai découvert un livre qui m’a beaucoup intéressé. Cet ouvrage, plutôt un album, s’intitulait « L’Eldorado du vin – Les châteaux de Béziers en Languedoc ».

Sur près de 200 pages, Jean-Denis Bergasse, l’auteur du livre, décrivait « …le mouvement architectural du Bitterrois au XIXe siècle, phénomène de « castellisation » lié aux alcools et aux vins », relevant son  «exceptionnelle densité et diversité des réalisations ».

« Entre 1860 et la Première Guerre mondiale, les terroirs du Biterrois, mais aussi de Pézenas, d’Agde et de Narbonne, ont vu surgir de nombreux châteaux, symbole d’une prospérité soudaine et rarement égalée. » 

Je connaissais Jean-Denis Bergasse, pour l’avoir rencontré plusieurs fois dans les manifestations mondaines (mariages, baptêmes, vernissages, conférences savantes…), dont il était un invité phare dans notre région. 

Il maîtrisait avec aisance l’art et la manière d’entretenir un public néophyte sur des sujets tout aussi variés que l’histoire de la région, les coutumes et traditions locales, que de la vie mondaine et la généalogie des grandes familles biterroises.  Mais je ne pouvais pas soupçonner, à l’époque, qu’il m’inviterait à rejoindre la « Société Archéologique de Béziers », dont il était le Président, et qu’il m’inciterait à décrire les liens entre le Languedoc et la Roumanie, ce qui, quelques années plus tard, allait devenir ma première publication en français.  Continue reading

L’heure exacte !

La Bastide Vieille, 20/02/2019

 

L’histoire raconte qu’un type, qui venait d’aménager dans un nouvel appartement, a invité un ami, pour lui présenter sa nouvelle installation.

Une fois le tour du salon, des chambres, de la cuisine, que sais-je !, fini, l’ami lui a fait plein de compliments sur l’agencement, la disposition des lieux, les équipements de la maison… 

Toutefois, un peu étonné, il lui a dit :

« Tout est parfait dans ta maison, mais, j’ai remarqué qu’il n’y a pas de pendule, ni de montre et je sais que tu ne porte pas de montre bracelet et que tu refuse le téléphone portable. Alors, comment fais-tu pour savoir l’heure qu’il est ? » 

« C’est très simple ! Quand je veux connaître l’heure, j’ouvre la fenêtre et je regarde l’horloge sur la tour de l’église d’en face ! »

« D’accord ! Mais, la nuit ? »

« Pour la nuit, j’ai une trompette ! »

« Ça va pas ? Que fais-tu la nuit, avec la trompette ? »

« J’ouvre de nouveau la fenêtre et je joue un petit air. Il y a toujours quelqu’un pour crier : « Tu es fou ? A 3 heures et demi du matin, tu joues de la trompette ? »

                                               *   *   *  Continue reading