Ma mie, le monde est à l’envers!

Boulogne, 19/03/2017

Il a neigé à Port-au-Prince
Il pleut encore à Chamonix
On traverse à gué la Garonne
Le ciel est plein bleu à Paris
Ma mie l’hiver est à l’envers
Ne t’en retourne pas dehors
Le monde est en chamaille
On gèle au sud, on sue au nord
Fais du feu dans la cheminée
Je Reviens Chez Nous
S’il fait du soleil à Paris
Il en fait partout!

«  Je Reviens Chez Nous »

Je suis allé à Santa Cruz de Gran Canaria début mars. Il a fait 17° C et il a plu 3 fois en deux jours!

J’ai visité “les jardins d’Alhambra” à Grenade, le 10 mars. Il n’y avait pas une fleur. Trop froid!!!

J’ai décidé d’aller voir à Madrid la Quinta de los Molinos, dont on m’avait vanté la floraison des amandiers dans la troisième semaine de mars.

Il avait plu sur les fleurs, à peine s’il restait un ou deux arbres portant quelques fleurs. Continue reading

Rencontre avec « l’homme en habit rouge »

J’ai toujours été un admirateur inconditionnel de Barbara. Quelquefois même de manière irraisonnée, d’autres fois en dépit des évidences adverses. 

J’ai découvert l’existence de Barbara en ’65 ou 66’ quand, grâce à une libéralisation inespérée du régime communiste de Roumanie, j’ai pu recevoir la revue « l’Express » envoyé tous les mois par des amis français. 

Un petit entrefilet accompagné d’une photo a attiré mon attention. On mentionnait l’étrange habitude d’une vedette de la chanson, récemment découverte par le grand public, qui avait la curieuse manie de tricoter dans sa « Mercédès », conduite par son chauffeur, derrière des petits rideaux qu’elle fermait souvent, pour protéger son intimité. Et la photo montrait Barbara très attentive à son ouvrage. 

Pourquoi ai-je retenu ce détail, alors que je n’avais même pas entendu une seule chanson de Barbara ? Serait-ce parce qu’elle pratiquait un « sport » déjà désuet dans le contexte de l’époque ? Ou parce que j’avais compris qu’elle était « à contretemps » avec le mouvement « yéyé », qui à ce moment là envahissait les ondes en France et partout en Europe ? 

Par la suite, une fois arrivé en France, j’ai entendu, de plus en plus souvent, parler de Barbara. 

En ’68 ou 69’, élève à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, j’écoutais avec religiosité, sur mon petit transistor, les programmes de Christian Barbier, diffusés bien après minuit sur « Europe 1 ».

Je suivais avec un énorme plaisir ses reportages et commentaires retransmis les soirs de première à « l’Olympia ». A l’époque, Bruno Coquatrix dirigeait de main de maître la salle du Boulevard des Capucines. Continue reading

Sorolla en el mundo

Feuilles de journal

 

…Et sur les femmes nues des musées, au gué, au gué
Faisait l’brouillon de ses baisers, au gué, au gué…

 Georges Brassens, « Corne d’Aurochs »

 

La Havane, 11/12/2016

Tel que je me le suis proposé à la fin du texte « Sorolla en Paris », je suis parti à la recherche des tableaux du fameux peintre espagnol dans les pays que j’ai traversé pendant mon périple intercontinental du mois de décembre.

La première étape était la Havane.

N’écoutant guère les conseils du « Guide du routard », édition 2017, qui annonce la fermeture pour travaux du « Musée des Beaux-Arts » de la Havane, je suis allé voir sur place dès mon premier jour à Cuba. Très bonne surprise ! Le musée est ouvert, en excellent état, plusieurs expositions d’art contemporain sont en cours. 

La section « Espagne » occupe tout un étage.

Dès l’entrée est exposé un grand tableau de Sorolla. Suivi dans une grande salle d’une dizaine d’autres tableaux, toujours de la facture « clair et éclatant de lumière », à l’exception d’un portrait plutôt sombre. Il y a même, au milieu de la salle, un buste en bronze de Sorolla. La gardienne m’a expliqué que le grand tableau exposé à Paris n’est pas encore de retour. Mais qu’en attendant, il a été remplacé par deux autres toiles. Aucun problème ! Il y en a encore  une vingtaine dans  les dépôts. 

Assis sur un banc, au milieu du grand hall circulaire où sont exposées les toiles de Sorolla, j’ai essayé de deviner de loin quels étaient ses tableaux. En lisant de prés les étiquettes, je me suis aperçu que je me trompais sur l’auteur de bon nombre d’entre eux. C’est ainsi que j’ai découvert toute une série de peintres espagnols, contemporains avec Sorolla, plus ou moins brillants, mais que l’on pourrait regrouper dans une même école : « l’impressionnisme espagnol ». Continue reading

Cu Dan Spătaru în Franța / Avec Dan Spătaru en France

Mon collègue d’école, notoirement connu sous l’acronyme « bob231046 », est aussi un « cantautore » inspiré, avec plus de 400 refrains, de sa production ou des reprises, disponibles sur Youtube.

Suivant ma suggestion, il a enregistré aussi une chanson célèbre en Roumanie, dans sa langue d’origine.

J’ai choisi cette chanson qui, à mon avis, colle bien avec son état d’esprit.

Je profite de l’occasion pour vous la faire entendre et vous inciter à écouter d’autres enregistrements.

* * *

Unul dintre colegii mei de școală din Franța, cunoscut sub pseudonimul « bob231046 », este și un « cantautore » de talent, cu mai bine de 400 refrene, scrise sau reluate de el, disponibile pe Youtube.

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Les halles de Béziers et … sa chichoumée!

Béziers. Cathedrale-St-Nazaire

Béziers. Cathedrale-St-Nazaire

C’est comme ça chez nous!
Jacques Nougaret, qui présente le programme, est mon collègue de la Société Archéologique, avec qui on prépare le livre sur “les hôtels particuliers de Béziers”.

C’est lui qui m’a trouvé deux photos de De Max, un célèbre acteur roumain en 1900, sur la scène des Arènes de Béziers.

Dans la séquence tournée sur le parvis de la Cathédrale, on devine à l’horizon la Bastide Vieille, où nous sommes. À seulement 8 km à vol d’oiseau!

PS. Sabine est la reine de la chichoumée!

Connaissez-vous Mlle Pétrescu, « la Merveille du XIXe siècle » ?

Feuilles de journal

Paris, le 2/01/2017

 

On n’a pas tous les jours … 70 ans
Ça nous arrive une fois seulement, 
Ce jour-là passe hélas trop vite !
C’est pourquoi faut qu’on en profite. 


Je ne comptais pas fêter de manière spéciale mon anniversaire du 2 janvier 2017. 

C’est vrai que c’était dans ma vie une date particulière : j’allais « changer de préfixe » en passant de 6 à 7 ! 

Et puis, j’ai reçu une invitation du « Petit Bofinger ». 

Ce restaurant est un de mes endroits préférés dans Paris. Près de la place de la Bastille, il se trouve en face du grand « Bofinger », mais il a un style tout à fait différent. 

Ici, pas de verrière polychrome, pas de faïences 1900, pas de ferronneries « Art nouveau » ! Au contraire, l’ambiance est plutôt « Art déco », même si une grande fresque représente le Paris de 1945 et les murs sont couverts de dessins de SEM, qui croquait des personnages chapeautés ou portant queue-de-pie au début du XXe siècle, quand ils allaient aux courses à Longchamp. Mais, dans un établissement plus petit, l’ambiance est aussi plus feutrée et le service davantage personnalisé. 

J’ai reçu donc de la part du « Petit Bofinger » un message m’annonçant qu’à l’occasion de mon anniversaire, je bénéficiais d’une coupe de champagne gratuite.  Continue reading

Pizza, fondue savoyarde ou…  steak tartare ?

Feuilles de journal

Annecy, le 19/09/2016

Quand on vit à Saint-Etienne, on a intérêt à aimer la cuisine italienne !

Rien que sur le pourtour  de la place Marengo (je n’arrive toujours pas à l’appeler « Jean Jaurès » !) il y a  quatre restaurants italiens. Et selon un restaurateur (italien) du voisinage il y aurait six autres dans les rues adjacentes. Heureusement d’ailleurs, parce que sinon on serait condamné au « kebab/frites ».

Mais, certains de ces restaurants ont une fonction de socialisation insoupçonnable. Par exemple, le « Stromboli » situé à un endroit stratégique au coin de la place, en ligne avec la Préfecture, annonce fièrement « ouvert 7 jours sur 7 ». Et si on demande suavement : « Jusqu’à quelle heure ? », la réponse est beaucoup plus surprenante : « Tant qu’il y a des clients ! ».

J’ai connu à Bucarest, dans les années ‘90, des restaurateurs qui annonçaient avec autant de fierté : « Ouvert jusqu’au dernier client ! », ce qui signifiait souvent 4 ou 5 heures du matin. Même que j’ai vu quelquefois des « hommes d’affaires » tziganes qui, ayant fait un bon coup, « privatisaient » le restaurant avec des liasses de dollars et, accompagnés par trois ou quatre musiciens, restaient sur place jusqu’au lever du jour.

Mais, à Saint-Etienne ce n’est pas du tout la même chose ! Continue reading

Una strada lunga 2000 ani !

A l’arrivée de l’été 1968, j’ai dû choisir l’endroit où j’allais passer mes premières grandes vacances d’homme libre.

Le choix n’a pas été facile : j’aurais pu choisir n’importe lequel des pays du monde, moins les pays communistes. Mais les moyens limités et un peu de logique m’ont amené à choisir entre l’Espagne et l’Italie. Et, consultant les offres des Œuvres universitaires, j’ai décidé de partir à Rome. Pour ne pas faire les choses à moitié, j’ai pris carrément un séjour de 15 jours.

J’ai débarqué dans la capitale italienne après un long voyage de prés de 24h qui m’a permis de longer la côte, de Gènes jusqu’à Rome, et de commencer à découvrir le paysage maritime transalpin. C’est dans le train que j’ai remarqué avec étonnement que je comprenais assez bien la langue italienne. J’ai dû être Italien dans une vie antérieure !

A Rome, le petit hôtel choisi parmi les propositions des Œuvres universitaires se trouvait en plein centre de la ville.

En réalité, la « Pensione del Leoncino » était, comme souvent à Rome, un étage dans un immeuble occupé par des habitants de la ville et au rez-de-chaussée il y avait même des magasins, aussi bien d’alimentation que d’habillement.  Je  me souviens même d’un garage, au coin de la rue, qui provoquait l’ire des habitants en empêchant, avec des voitures stationnées n’importe comment, la circulation déjà difficile dans le quartier. Les marchands des quatre saisons avec leurs étalages  ambulants faisaient l’article de leurs denrées à grand coup de gueulantes. Et si les voisins étaient mécontents, ils poussaient leurs charrettes et recommençaient quelques mètres plus loin.

C’était donc une plongée sans intermédiaire dans la vraie vie romaine. Continue reading

Ici c’est Sainté

Feuilles de journal
Saint-Etienne, 17/09/2016

Au mois d’octobre 1967, quand j’ai débarqué à Sainté pour la première fois, je n’étais arrivé en France que depuis un mois. Pour moi, tout était nouveau, différent, étrange. Je n’atterrissais pas quand même en terre totalement inconnue. Mon père, qui avait vécu 4 ans à Saint-Étienne, entre 1926 et 1930, d’abord en classe préparatoire, puis comme élève ingénieur à l’EMSE, m’avait inculqué patiemment pendant 20 ans les rudiments de la vie stéphanoise. Mais maintenant il s’agissait de me faire une opinion par moi-même, d’autant plus que bon nombre de choses avaient changé en 40 ans.

Bien sûr, mes premières références étaient les collègues de l’Ecole et voisins de chambre à la Maison des Elèves. C’était aussi, sans que je me rende compte, mes idoles. Et pour cause ! Ils avaient « intégré » l’Ecole dont je rêvais depuis ma plus tendre enfance, ils étaient (souvent) brillants, ils dominaient aussi bien la langue française que les séries convergentes, ils connaissaient (quelquefois) l’histoire de France et, qui plus est, ils jouaient au tennis ou skiaient comme des Dieux !

En admiration devant mes idoles, en 1968

Mais, à cette époque, je ne pouvais pas imaginer que ces statues d’airain cachaient souvent une fêlure profonde. Ils avaient tous rêvé « d’intégrer » Polytechnique ou, au moins, une Grande Ecole parisienne. Et voila qu’ils se retrouvaient à Saint-Étienne, là « où la main de l’homme n’a jamais mis le pied », à quelques 6 heures de train ou de voiture de leur ville natale et, qui plus est, au sein d’un bassin minier qui commençait déjà à battre de l’aile, économiquement parlant. Continue reading

Le commissaire A. mène l’enquête

Saint-Étienne, 19 septembre 2016 

Ma visite à Saint-Étienne du mois de septembre avait plusieurs buts. 

Tout d’abord, remplir mon engagement, pris en février 2016, quand j’ai constaté que la section « langue roumaine » de la bibliothèque de notre Ecole était vide. J’ai écrit à la direction le 15 mars, lui proposant d’offrir une sélection d’une dizaine de livres en roumain. On m’a suggéré de les apporter le 17-18/09, à l’occasion des « Journées du Patrimoine ». C’était une excellente proposition ! 

A cette occasion, l’Ecole avait organisé une « Journée portes ouvertes » et une exposition autour du thème « Les mineurs dans les Guerres Mondiales ». J’ai pu profiter, tout d’abord, d’une visite « libre » dans les salles de l’Ecole. J’avoue qu’en février j’étais trop ému pour profiter pleinement de la même visite. J’ai eu aussi des révélations concernant l’activité, pendant cette période, de nos professeurs et anciens. * 

Mais la grande surprise a été la découverte dans le détail de l’action du Big* pendant cette sombre époque. Même si je possédais quelques informations sur ce sujet, grâce au fascicule sur l’Ecole dans la guerre ’39-’45 édité il y a quelques années. 

Grâce à un de nos camarades, j’ai appris qu’une conférence et une exposition sur Louis Antoine Beaunier (1779-1835), le premier directeur de l’Ecole, devait se tenir le 18 septembre aux Archives Départementales de la Loire. 

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