Chez les antiquaires, Place St. Sulpice…

 

Paris, le 26/10/2018

C’est un après-midi ensoleillé d’automne. Je me trouve Place St. Sulpice, où j’ai rendez-vous avec mon ami Béla, qui est historien, pour aller assister à une conférence.

C’est bientôt le 11 Novembre et on va fêter 100 ans depuis la fin officielle de la Grande Guerre. Les commémorations, les conférences, les rencontres, les défilés vont se multiplier, dans les jours à venir. 

Même si je ne dirais pas comme Brassens :

« Moi, mon colon, cell’ que j’préfère,
C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit! »,
je compte quand-même y participer, de mon mieux. 

En attendant l’heure fatidique de notre rencontre, j’ai encore quelques 45 minutes à ma disposition. 

Ça tombe bien !

Place St. Sulpice se tient le « Marché d’automne des antiquaires parisiens ».

Je peux y faire un tour, alliant l’utile à l’agréable, pour admirer tant de belles choses : des peintures, des meubles, des bibelots, de vieux livres… il y a de quoi occuper son temps ! Continue reading

Non, je n’ai rien oublié…

La Bastide Vieille, le 2/10/2018

 

Quand nous sommes arrivés à Paris, en septembre 1967, nous n’avions pas un sou vaillant !

Même le billet de 1Leu roumain, que je voulais amener avec moi pour le montrer à mes futures connaissances, et qui ne valait rien en France, m’avait été retiré à la douane, à la sortie de Roumanie. 

Tout ce que nous possédions, c’était 300 FF, dont nous attendions avec impatience l’arrivée depuis Grenoble.

Pendant qu’il attendait qu’il soit reçu par le consul, dans les couloirs du Consulat de France à Bucarest, mon père avait fait la connaissance d’un jeune français de Grenoble, grand amateur de natation. Le jeune homme avait fait le déplacement pour encourager un champion français de la spécialité, qui concourait dans les bassins du stade « Dinamo », dans le cadre d’une rencontre franco-roumaine.  Seulement, cet ardent supporter, dans le feu de l’enthousiasme, c’était fait voler le portefeuille et  se retrouvait sans un sou, ni billet de train, pour le retour. Il était donc venu au Consulat, pour demander de l’aide. Ce que le consul de France lui a refusé. 

Alors, mon père a décidé d’intervenir.

Je suis allé avec le jeune homme, que nous ne connaissions ni d’Eve, ni d’Adam, à l’office de Chemins de fer roumains et j’ai réglé le prix du billet, l’équivalent de 300 Francs. Il nous a promis d’envoyer ce montant, dés son arrivé en France, à l’adresse de la cousine de ma mère, qui habitait Paris.

Ce qu’il a fait, très honnêtement ! Sauf que, quand nous avons présenté, à la préposée au guichet de la poste, notre « Récépissé de demande de carte de séjour », celle-ci, qui n’avait jamais vu un tel papier, a refusé de nous donner l’argent. C’est vrai qu’il s’agissait d’une feuille de papier maronnasse, remplie à la main, mais qui portait, quand-même, le cachet et la signature (illisible !) d’un agent de la Préfecture de police, dans l’Ile-de-la Cité. Il a fallu faire appel au directeur de l’agence, qui a confirmé la validité de ce document*. 

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Je suis Zen! (II)

Suite…

Prés de 40 ans ont passé. Mon rêve japonais est resté… un rêve ! 

Pendant tout ce temps, je revenais périodiquement aux « Jardins Albert Kahn », je visitais des expositions d’art classique japonais (surtout à Rome !) et j’ai même installé une décoration extrême-orientale dans notre grenier, dans le Languedoc. 

Le choix d’une décoration japonaise est devenu, de nos jours, une chose très difficile. A cause de la multiplication des copies, faux, imitations… bon marché, qui inondent les boutiques à trois sous partout dans le monde, la frontière entre l’authentique et le kitsch est extrêmement difficile à tracer, à moins de disposer de ressources financières énormes. Ce qui n’est pas mon cas !

Ceci, d’autant plus que, même les œuvres les plus authentiques frisent, par moment, le goût douteux, selon nos critères européens. 

Mais, la patience, voire l’obstination, ont payé ! 

J’ai ressorti des œuvres accumulées pendant des décennies : j’ai « hérité » d’une collection d’estampes, ayant appartenu à d’un grand artiste roumain, représentant les acteurs du théâtre « Kabuki », réalisées il y a plus d’un siècle ; nous avons trouvé des artisans prêts a exécuter des travaux dans le goût de ce que nous leur avons demandé et, par un pur hasard, l’existence, dans notre région, de pièces de mobilier exécutées par un fameux artiste spécialisé, pendant les années ’50, dans la production de meubles en laque de Chine. 

Evidemment, on peut trouver tous ces objets à des prix ridiculement bas – « à donation », comme disait ma belle-mère !- puisque ce style n’intéresse plus personne. Ils préfèrent le « vintage » des années ’50. Tant mieux pour nous !  Continue reading

Je suis Zen! (I)

La Bastide Vieille, le 24/09/2018

 

La culture japonaise m’intéresse et me passionne depuis un demi-siècle!

En 1969, alors que j’étais  en dernière année à l’École des Mines, mes collègues ont décidé que nous devrions aller, en « voyage de promotion », au Japon.

C’était l’époque où le Japon était très à la mode. Le pays du Soleil-Levant était perçu comme « l’avenir de l’humanité », surtout à cause des progrès technologiques qu’il engendrait jour après jour.

En ce temps-là, on découvrait, à chaque moment, un nouveau produit électronique mis sur le marché par le Japon à un prix inégalable et en quantité presque illimitée. C’était des postes de télé, des transistors, des magnétophones, des radios portables etc.

D’ailleurs, même dans un pays communiste, comme la Roumanie,  cette fascination se faisait sentir. Je me souviens de notre prof d’électronique de l’École Polytechnique  de Bucarest, qui avait eu la chance de faire un stage au Japon, et qui n’arrêtait pas de nous chanter les louanges du système japonais, même si, à l’époque, dans ces contrées, il valait mieux encenser un pays socialiste.

Le résultat, c’est que nous l’avons surnommé « Suzuki », d’après le nom de la servante de Mme Butterfly, en japonais Cio-Cio-San, l’héroïne du roman de Pierre  Lotti, devenu un opéra célèbre, grâce à Giacomo Puccini.

Je n’ai pas cru un seul instant que nous serions capables, avec mes collègues de l’Ecole des Mines, de rassembler les fonds, énormes, exigés par un voyage dans un pays aussi lointain et si cher que le Japon! D’ailleurs, finalement, notre voyage a eu lieu… en Grande-Bretagne ! Continue reading

La bouche de l’enfer…

Ce texte a été publié dans la revue « 3 R », éditée par l’association « Memorie şi speranţă » en Roumanie, dans le no. 4-6, daté avril-juin 2018.

 

LA BOUCHE DE L’ENFER…
Rome, le 25/05/2018

 

 « Il ne faut jamais laisser la vérité
détruire une bonne histoire. »

– Michel de Grèce 

La Via Gregoriana est une petite rue, en plein centre de Rome, qui commence à la «  Via di Capo le case » et aboutit à la « Piazza Trinità dei Monti ».

Elle a été ouverte par le Pape Grégoire XIII Boncompagni en 1575, à l’occasion du Jubilé, fêté cette année-là. Le but recherché était de faciliter l’accès au sommet de la colline du Pincio.

Par la suite, le Pape Sixte V a prolongé cette voie avec la « Strada Felice » (aujourd’hui « Via Sistina »), qui amène le passant jusqu’à la Basilique de Santa Maria Maggiore.

La Via Gregoriana relie, donc, le sommet du « cartiere francese », puisque Trinità dei Monti, tout comme la Villa Médicis, a toujours été sous contrôle français, avec la rue « Capo le case », qui était, au XVIIIè siècle, la zone préférée des voyageurs étrangers. D’ailleurs, étant un peu moins sous l’influence du pape, dans cette rue, un peu excentrée, on trouvait, l’un à côté de l’autre, des hôtels pour voyageurs, des hôtels de passe ou des « trattoria » pour toutes les bourses.

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La « Cigale » ayant chanté tout l’été…

Feuilles de journal
Nantes, le 9 juillet 2018

 
Se trouva fort dépourvue 

Quand la bise fut venue!


Pour ne pas la trouver « dépourvue », je suis venu à Nantes en juillet! Alors que, grâce au réchauffement climatique, elle chante…à tue tête !

Trêve de plaisanterie!

Je ne suis pas venu à Nantes depuis le début des années ’90.

A l’époque j’étais « chef produit »  pour le chlorate de soude. Un produit qui servait aussi comme désherbant.

C’est ce  produit qui a été remplacé par le glyphosate, qui fait aujourd’hui l’objet de tant de polémiques.

Eh oui! Je me suis battu en vain pour convaincre toute l’Europe… et mes  chefs, de la nocivité du « Round-up » de Monsanto (le nom de marque de ce glyphosate de malheur !). J’ai même crée  un groupe de réflexion (un lobby, quoi?) à Bruxelles.

Peine perdue! « C’est un combat d’arrière garde! », criaient tous. « L’avenir…c’est le glyphosate! »
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Dans mon hamac!

Feuilles de journal
Dunkerque, le 25/07/2018

 

                                         Georges Moustaki – Dans mon hamac

Depuis deux semaines, il fait si chaud que je dors toutes les nuits sur  le balcon, dans mon hamac!

C’est une habitude prise depuis une trentaine  d’années, depuis que j’ai acheté bon nombre de hamacs en Amérique du Sud où Centrale.

J’ai toute une collection de hamacs, pour une, deux ou trois personnes. Ils viennent de Colombie, du Guatemala, du Costa Rica, d’Uruguay  ou du Brésil, et sont tissés en coton ou en laine.

Cette fois-ci, j’ai choisi un hamac pour une personne, acheté au Costa Rica.

Les hamacs pour une seule personne sont plus légers, moins profonds, donc plus horizontaux. On ne peut pas s’y enrouler, comme on fait quand, le matin, il fait un peu froid. Par contre, dans un hamac pour deux ou trois personnes, on peut ajouter un drap et des oreillers… à volonté.

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… urinat in ventum

Dans mon quartier, à Boulogne, je passe souvent près d’un restaurant où l’on peut voir des pots de fleurs portant l’inscription :

« Moi fleur, pas poubelle »

A Nantes, j’ai découvert une pratique… plutôt différente!

On  vous conseille vivement d’utiliser un « Uritrottoire » pour vous soulager, en cas d’envie pressante, sous un pot de fleurs!

J’ai été scandalisé par ce procédé! Pas pour des raisons d’hygiène, de morale publique, voire… de protection de la nature!

Mais, à cause de la discrimination insupportable que cette pratique barbare introduit par rapport à  nos consœurs qui ne peuvent pas bénéficier de cette facilité.

Je compte écrire à Mme la Maire de Nantes, qui peut comprendre ma démarche grâce à sa propre expérience, et exiger la suppression de  ces bornes d’aisance tellement sexistes.

Ou plutôt, non! Si on les abaissait au niveau du sol… elles pourraient être utilisées par les deux sexes.

Et même par les animaux.

C’est une idée à creuser… dans le sol!

                                                 Adrian Irvin ROZEI

                                                  Nantes, juillet 2018

Fan de Fanourios (II)

Ti pathos – Protopsalti

 

Paros, dans les Cyclades

Parikia, le 13/06/2018


Même si j’y suis passé en bateau des dizaines de fois, voyageant entre Athènes et les Cyclades, je ne me suis jamais arrêté à Paros!

Pourquoi ? Difficile à dire!

Mais, comme mon dernier patron avait une maison dans cette île, je me suis intéressé, il y a une dizaine d’années, à son histoire.

J’ai découvert ainsi qu’un ancien prince de Valachie avait construit une fontaine, encore en service, dans l’île de Paros.

Voici une bonne raison pour passer quelques jours à Parikia, la capitale de l’île.
On m’avait dit, par ailleurs, que Paros serait la plus verte des Cyclades. Pour l’instant, ça ne me saute pas aux yeux !

Mais, je suis allé, dès mon arrivée, trouver ma fontaine. Je n’ai pas eu à chercher très loin!

Dans la rue principale du vieux  village, je suis tombé toute de suite sur une fontaine, puis une seconde, et ensuite une troisième, portant l’inscription « Nikolaos Mavrogenis » et la date de 1777. Continue reading

Fan de Fanourios (I)

Feuilles de journal
 

Athènes, le 11/06/2018 

Melina Mercouri – Athènes, ma ville (1974)

Sachant que j’allais passer en Grèce dans les semaines à venir, j’ai commencé à ramasser des informations sur ce pays dans les magazines offerts par les compagnies de navigation aérienne, dés le mois de mars.

C’est ainsi que je suis tombé, dans la revue de « Paris Worldwide » du mois de mai, sur un entrefilet parlant de l’ouverture de l’hôtel « Electra Métropole Palace » et de la vue exceptionnelle sur tout Athènes, depuis le bar de son dernier étage. Mais, pas un mot sur sa localisation.

Quand j’ai trouvé son adresse sur Internet (Metropoleos 15), d’innombrables souvenirs ont surgi dans ma mémoire !

*  *  *
Au début des années ’70, j’avais pris une habitude étrange !

Dès que j’avais une semaine de vacances, je prenais le train en soirée à la Gare de Lyon, le lendemain matin j’arrivais à Milan, dans la journée je débarquais à Ancône, ensuite, je sautais dans le ferry pour Patras et, le jour d’après, me voilà à Athènes! De telles folies…on ne les fait qu’à 20 ans! C’est vrai qu’à l’époque il n’y avait pas de charters, mais, jusqu’à l’âge de 26 ans, on pouvait encore bénéficier des tarifs «  étudiant ».

Fallait-il encore être inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur ! On verra, par la suite, qu’en Grèce ce n’était qu’un « détail » facile à régler!

C’est ainsi qu’un jour, ou plutôt une nuit, car à cause de la mer déchaînée, des transports aléatoires en Grèce et de notre méconnaissance des habitudes et de la langue du pays, nous sommes  arrivés à Athènes vers une heure du matin. Je parle d’un petit groupe de 4 ou 5 jeunes, rencontrés sur cette longue route, tous à peu près du même âge, qui avaient décidé de voyager ensemble.

Où aller à cette heure tardive de la nuit? Continue reading