Je m’rappelle d’un temps…

Feuilles de journal
La Bastide Vieille, 5/08/2019

 

…que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître !

« La Bohème » de Charles Aznavour (1965)

 La semaine dernière, en passant par le centre ville à Béziers, je suis entré chez un de mes brocanteurs favoris. Malheureusement, je n’ai rien trouvé d’intéressant.  Sauf, deux disques « Microsillon vinyle 45 tours » des années ’50. Me connaissant, la patronne de l’endroit, plutôt que de me demander 3 ou 4 Euro, a préféré me les offrir. 

Je les ai mis de côté, pris par d’autres préoccupations.  De toute façon, je ne peux pas les écouter dans l’immédiat ; mon électrophone d’époque se trouve à Paris !

Maintenant, j’ai décidé de les regarder de plus près. 

Le premier est un disque de Dario Moreno. Il comprend 4 titres, dont le fameux « L’étranger au Paradis ». C’est un extrait de la production musicale du même nom, en anglais «Stranger in paradise», dont la version française a été écrite par Francis Blanche et les principaux interprètes furent, en 1953, Luis Mariano, Gloria Lasso, André Dassary… La musique de cet air était la reprise d’un thème de Borodine, contenu dans son poème symphonique « Le Prince Igor ». Les musiques de Borodine ont été incorporés dans la comédie musicale Kismet , la plus connue étant la danse des femmes, adaptée dans la chanson «  Stranger in Paradise ». 

Ce thème a été, par la suite, repris dans leurs disques, par bon nombre de grands chanteurs de l’époque, parmi lesquels Dalida, Gloria Lasso, Tony Bennett, Luis Mariano, Nana Mouskouri… Continue reading

12 juillet 2019

Feuilles de journal
Domaine de Creiscels, 13/07/2019

 

La date du 12 juillet a, pour nous, une signification particulière : c’est le 12 juillet 1986 que nous nous sommes mariés et le 12 juillet est la fête de Saint Olivier, le prénom de notre fils cadet.

Qui plus est, cette année s’ajoute la décision d’inaugurer MPE, dont la première étape a été finie il y a à peine une semaine. Que signifie le « MPE » ? Simple : c’est l’acronyme de « la maison en pain d’épices », notre nouvelle résidence secondaire.

Il était donc évident qu’il fallait fêter tous ces événements… comme il se doit !

Nous avons commencé avec un « cocktail dinatoire & vin » au Château de Jonquières, près de Clermont l’Hérault.

Nous connaissons ce superbe château depuis des lustres ! Il jouit d’un brillant passé, depuis le XIIe  siècle, mais surtout d’une architecture remarquable, que j’appellerai « féminine », avec une élégante cour d’honneur, d’un escalier en fer à cheval du XVIIe siècle, tout comme l’ensemble du bâtiment.  Continue reading

J’étais là ; telle chose m’advint!

Feuilles de journal 

La Bastide Vieille, le 24/06/2019

 

Rarement un écrivain est si bien inspiré que lorsqu‘il se raconte. Le pigeon du poète a raison de dire : Mon voyage dépeint vous sera d’un plaisir extrême. Je dirai: « J’étais là ; telle chose m’advint : vous y croirez être vous-même. »

                                                   La Vie littéraire (1888) d’Anatole France

Je n’ai pas la prétention de me comparer à Anatole France ! Encore moins à La Fontaine ! Ni d’affirmer, comme disait Georges Brassens, « que mes vers valent mieux que les siens » !

Mais, j’espère que  mon voyage vous procurera quelque plaisir. Surtout, parce que j’ai eu la chance de croiser des personnages historiques ou, tout au moins, des noms connus et de visiter des lieux réputés.

Et, comme le hasard, aidé par un petit coup de pouce personnel, fait bien les choses, il m’a été donné de vivre, plus d’une fois, de tels moments. 

Pas plus loin que pendant les semaines qui viennent de s’écouler !

 

Bucarest, le 10/05/2019 

Le 10 mai est une date importante dans l’histoire de la Roumanie !

Pour ceux qui ne le savent pas –et je sais qu’ils sont nombreux !- :

« … le 10 mai 1866, le prince Charles de Hohenzollern-Sigmaringen fut appelé à diriger le pays. Le 10 mai 1881, le roi Carol I est couronné roi d’une Roumanie indépendante. Au temps de la monarchie, le 10 mai était le jour de la fête nationale. »

Aujourd’hui, cette date n’est plus fêtée que par la famille royale. Mais, comme la maison royale jouit d’une fonction de représentation du pays, au même titre qu’un ambassadeur, elle peut profiter des « honneurs de la République », sur un plan formel (plaques minéralogiques spéciales, garde républicaine…).  Continue reading

Bizness is bizness !

Feuilles de journal
Khasab (Oman), 14/03/2019

 

J’ai la joie et le plaisir de vous informer que je viens d’ouvrir mon entreprise à Khasab (Oman). Et, dès le premier jour, j’ai fait un bénéfice de 235%, avec un investissement de seulement 20 Euro. Pas mal, n’est-ce-pas ? 

Comment j’en suis arrivé là ? C’est très simple ! 

La péninsule de Moussandam (arabe : محافظة مسندمMusandam) est un endroit particulier. Séparée du reste du territoire omanais par la côte est des Emirats, cet endroit joue un rôle stratégique de premier ordre dans le détroit d’Ormuz. Elle en garde attentivement la côte sud, toute échancrée de khwar (fjord ou rias), d’où son surnom de « Norvège d’Arabie ».   

« Petits villages et spectaculaires routes de montagne ajoutent au charme unique de cette enclave omanaise en terre émirienne. Une région au caractère bien trempé dont l’excentricité culturelle surprend et qui mérite grandement le détour, que l’on ait décidé de découvrir Oman en profondeur ou que l’on souhaite s’immerger en pleine nature après la visite de Dubaï »,

comme l’indique les guides touristiques. 

Image satellite de Musandam

Je connais de réputation cet endroit depuis 25 ans, même si je n’y suis venu, pour la première fois, qu’en 2015. 

Khasab, la capitale du territoire de Musandam est aussi un endroit particulier. On y parle ici

« diverses langues, y compris le kumzari (un mélange d’arabe, de farsi, d’anglais, d’hindi et de portugais), dans le port qui bourdonne d’activités, principalement de la contrebande, entre autres denrées et objets, de cigarettes américaines « importées » en Iran en échange de chèvres ou de moutons. La prospérité et l’animation que créent ces shooties (terme local pour désigner ces trafiquants), font que personne  ne semble pressé de se débarrasser d’eux. Sans compter que l’on respecte ici la tradition, et la piraterie en est une depuis au moins deux siècles ! »

On se souvient des récits d’Henry de Monfreid, au début du XXe siècle. Continue reading

Une porte vers… l’inconnu!

Ce texte a été publié dans la revue « 3R » (Rădăcini/Racines/Radici), no. 13 -15, daté janvier – mars 2019, édité par l’Association « Memorie şi speranţă » en Roumanie.

Rome, 26/11/2018


Pendant les 50 années depuis que je vais et retourne à Rome, je suis passé maintes et maintes fois près de la place Vittorio Emmanuelle II.
J’avoue n’avoir jamais prêté  attention aux ruines, certes imposantes, qui occupent une grande partie du square qui se trouve au centre de la place.

La « Piazza Vittorio Emanuele II », est familièrement appelée par les Romains piazza Vittorio. Se trouvant dans le « rione Esquilino », elle est la plus vaste de la capitale italienne. 

Cette place n’a pas eu toujours l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui.

Dans l’antiquité romaine, ici se trouvait un célèbre monument  le Ninfeo di Alessandro, mieux connu sous le nom de Trofei di Mario (« Trophée de Marius »). Il s’agit d’une fontaine monumentale, adossée à l’antique château d’eau où aboutissait un aqueduc.

Elle fût construite au IIIe siècle sous le règne de l’empereur Sévère Alexandre.

Mais, au XIXe siècle, avec l’accession de Rome au rang de « capitale du Royaume », le besoin d’une nouvelle urbanisation de la ville s’est fait sentir.

Sur des terrains acquis par la municipalité, on a réalisé une place rectangulaire et sur tout son pourtour des immeubles de style humbertien, dressés sur de hautes arcades, avec au centre un large parc arboré. Continue reading

Chronique d’une mort annoncée…

Feuilles de journal

Paris, 29/04/2019

 

                                          « Cafetín de Buenos Aires » avec Goyeneche

Je viens d’apprendre, un peu par hasard, une mauvaise, une très mauvaise nouvelle : la « Clasica y Moderna » vient de fermer définitivement ses portes !

Pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds à Buenos Aires, je précise que « Clasica y Moderna » était un établissement qui annonçait  sa fonction sur sa carte de visite comme : « Libros -Café- Restaurant-Bar-Galeria de Arte ».

Je connais cet endroit depuis une trentaine d’années. Ce qui ne représente même pas le tiers de son existence ! 

En 1916, ouvrait ses portes, dans l’Avenida Callao 713, la «Libreria Académica », fondée par Poblet hermanos y Cia. 

En 1938, Francesco Poblet, un de ses fondateurs, abandonne cet endroit et ouvre, quelques maisons plus loin, au no. 892, son propre local similaire, appelé « Clasica y Moderna ». 

Don Francisco était espagnol de Madrid, fils de catalans, et avait épousé Rosa Ferreiro. Ils ont eu deux fils, Natu et Paco, qui ont grandi « dans ce monde merveilleux que propose les livres, et dans la fantaisie et les illusions que produit la lecture ». A partir de 1980, après le décès de Don Francisco, les deux frères ont pris  la direction du local.  Continue reading

La Tour, prends garde !

Feuilles de journal
La Bastide Vieille, le 17/04/2019

 

En 1995, dans la maison de mes beaux-parents, j’ai découvert un livre qui m’a beaucoup intéressé. Cet ouvrage, plutôt un album, s’intitulait « L’Eldorado du vin – Les châteaux de Béziers en Languedoc ».

Sur près de 200 pages, Jean-Denis Bergasse, l’auteur du livre, décrivait « …le mouvement architectural du Bitterrois au XIXe siècle, phénomène de « castellisation » lié aux alcools et aux vins », relevant son  «exceptionnelle densité et diversité des réalisations ».

« Entre 1860 et la Première Guerre mondiale, les terroirs du Biterrois, mais aussi de Pézenas, d’Agde et de Narbonne, ont vu surgir de nombreux châteaux, symbole d’une prospérité soudaine et rarement égalée. » 

Je connaissais Jean-Denis Bergasse, pour l’avoir rencontré plusieurs fois dans les manifestations mondaines (mariages, baptêmes, vernissages, conférences savantes…), dont il était un invité phare dans notre région. 

Il maîtrisait avec aisance l’art et la manière d’entretenir un public néophyte sur des sujets tout aussi variés que l’histoire de la région, les coutumes et traditions locales, que de la vie mondaine et la généalogie des grandes familles biterroises.  Mais je ne pouvais pas soupçonner, à l’époque, qu’il m’inviterait à rejoindre la « Société Archéologique de Béziers », dont il était le Président, et qu’il m’inciterait à décrire les liens entre le Languedoc et la Roumanie, ce qui, quelques années plus tard, allait devenir ma première publication en français.  Continue reading

L’Aziza, je te veux si tu veux de moi !

Feuilles de journal

Abu-Dhabi, le 20/03/2019

 

Retourner dans un pays que l’on connaît bien, après quelques années d’absence, c’est une expérience intéressante!

Surtout s’il s’agit des Émirats Arabes Unis où chaque année apporte son lot de nouveautés.

Je connais ce pays depuis 1983. A l’époque, j’étais venu pour leur vendre le compound P.V.C. qui servait à la production des bouteilles d’eau. C’était une nouvelle application pour le Moyen Orient et je sentais qu’elle permettrait un développement fulgurant: l’eau est un sujet capital dans le monde arabe!

Je ne me suis pas trompé. Quelques mois plus tard  je vendais mon P.V.C. à la majorité des fabricants de bouteilles des Émirats : Masafi, Emirates, Hatta…

A partir de ce moment, j’ai développé d’autres marchés, toujours dans le domaine des plastiques.

L’avantage de ce travail était qu’il me mettait en contact avec la consommation des ménages.

Par la suite, à partir de 1994 et jusqu’en 2007, j’y ai vendu un produit utilisé dans les carrières pour la fabrication du béton. D’où les contacts avec les travaux publics et l’industrie du bâtiment.

Je peux donc affirmer, sans fausse modestie, que j’ai participé au développement de ce pays, tant dans le domaine de la vie de tous les jours, que dans celui des infrastructures.

C’est probablement pour ça que l’évolution des Émirats, que j’ai suivi pas-a -pas, m’a fasciné! Continue reading

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage!

Feuilles de journal 
En mer, entre Abu-Dhabi et Mascate, le 13/03/2019

 

Georges Brassens, Henri Colpi, Georges Delerue                   

Heureux, qui, comme Ulysse,
A fait un beau voyage ;
Heureux, qui, comme Ulysse,
A vu cent paysages ;
Et puis a retrouvé,
Après maintes traversées,
Le pays des vertes années.

 

Pendant les 15 dernières années de ma vie professionnelle, j’avais mis au point un programme de « réjouissances » annuelles que j’ai suivi avec le plus grand sérieux.

L’année débutait avec un mois sans voyages, pour se reposer après les fêtes et leurs agapes.

Dès le mois de février, je partais pour 4 ou 5 jours aux États-Unis, afin de participer au Congrès de l’Association des Ingénieurs américains travaillant dans le domaine des explosifs.

Cette association, dont je faisais partie, organisait tous les ans son congrès dans une des villes du « sunny belt », aux États-Unis. Ainsi, revenaient, à tour de rôle, Nashville et Orlando, Las Vegas et la Nouvelle -Orléans, Los Angeles et Austin …

Malheureusement, San Diego, que je rêve encore de connaître, est sortie du chapeau l’année avant mon arrivée dans ce job et l’année après mon départ à la retraite. Pas de chance !

A ces quelques jours passés aux U. S., je faisais un tour dans un pays d’Amérique Centrale, d’habitude mon préféré, le Guatemala, mais, quelques fois, le Costa Rica ou le Panama.

Puis, en mars, c’était la première grande tournée sud-américaine: Argentine, Uruguay, Chili, Pérou. J’ajoutais, chaque fois, un ou deux « petits pays » (en terme de chiffre d’affaires!): la Bolivie, le Brésil, un pays d’Amérique Centrale…

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C’est mon passé que l’on jette à la poubelle !

Boulogne, 27/02/2019

 

«Les choses ont leurs secrets, les choses ont leurs légendes 
Mais les choses nous parlent si nous savons entendre…
 

Il cria: “Je prends, je rachète tout ça
Ce que vous transportez là, c’est mon passé à moi”…

C’était déjà trop tard, pour sa voix suppliante ! » 

D’après Barbara : « Drouot – La salle des ventes »

En 1967, quand nous avons quitté la Roumanie, nous avions le droit d’emporter seulement 50 Kg par personne. Bien sûr, rien en or ou en argent, pas d’objets fabriqués en Occident, même pour les vêtements il y avait une liste mentionnant le nombre de chemises, costumes, ceintures ou cravates…

Pour ce qui est des alliances, seulement les personnes mariées avaient le droit de les emporter, et seulement dans la limite de 10 g par personne. Ceux qui possédaient des alliances plus lourdes ont été obligés d’enlever ce qui dépassait cette limite !

En ce qui concerne notre famille, mes parents et moi, nous avions donc droit à 150 kg. En pratique, nous n’avons pas atteint cette limite et de loin ! Continue reading