« Roule, roule train du plaisir »… toute la nuit ! (I)

La Bastide Vieille, le 15/08/2020

 

« …le but ultime le plus audacieux et le plus ambitieux de tout écrivain qui considère son activité comme un art : publier des textes qui peuvent être vus comme les anneaux d’une même chaîne, ou les segments d’un serpent de livres, ou les fragments d’un seul livre formé de tous les textes publiés… »

D’après Roberto Calasso, revu par Franco Maria Ricci (FMR)

 

Je suis un « fan » des trains de nuit… depuis toujours !

Enfin, pas tout à fait !

Quand j’étais enfant, en Roumanie, les distances, plutôt réduites, du pays et notre seul aller-retour annuel vers la région de nos vacances estivales, ne  justifiaient pas un voyage de nuit ! 

Et pourtant…

Quand j’avais 17 ans, le prof de géographie de notre lycée de Bucarest a eu une idée lumineuse ! Il a demandé aux Chemins de fer roumains (C.F.R.) de lui prêter, pour deux semaines, une voiture-couchette avec une quarantaine de lits, en pleine saison d’été. Et il l’a obtenue ! 

Alors, il a démarré une négociation ardue, avec un autre département des C.F.R., pour que, pendant ce laps de temps, la voiture puisse être attachée à des trains circulant de nuit entre les principales villes du pays.

Il a donc concocté un trajet ayant comme points de chute les gares proches des principaux endroits d’intérêt touristique, historique ou géographique  roumains. Et il a obtenu que la voiture-couchette puisse s’arrêter le matin dans ces gares et qu’elle reparte le soir vers une nouvelle destination. 

Une fois tout ce programme finalisé, il a proposé à ses élèves de participer à ce « voyage d’études », en grande partie financé par l’école. Alors, il a sélectionné les heureux élus (moitié garçons, moitié filles) en fonction de leurs résultats scolaires, tout au long de l’année. 

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De l’eau, Daces… !

La Bastide Vieille, le 10/08/2020

Tous ceux qui ont étudié avec attention l’histoire de la Révolution française, se souviennent de la fameuse harangue prononcée devant les députés de l’Assemblée nationale, le 2 septembre 1792, par Danton, qui s’est écrié :

« De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace !» 

Statue de Danton à Paris. Sur le socle est inscrite sa célèbre formule!

Certains historiens pensent, d’ailleurs, qu’il n’a fait que répéter une phrase bien plus ancienne, prononcée par Décébale, le roi des Daces, près de 17 siècles auparavant. Voyant sa capitale, encerclée par les armées de Trajan, en proie aux flammes, il aurait crié : « De l’eau, Daces, encore de l’eau, Daces, toujours de l’eau, Daces ! ». 

Mais, même si cet épisode de l’histoire ancienne de la Roumanie d’aujourd’hui n’est pas confirmé, une autre question taraude l’esprit des « spécialistes » de cette période si éloignée de notre époque : « Où sont passées les tombes des rois daces ? »  Continue reading

Caminante, no hay camino…(IV)

Boulogne, 8/06/2020

 

Séville, le 2/12/2017

C’est un voyage « relampago » (éclair) !

Départ de Paris à 6h00, arrivée à Séville à 8h30 ; retour de Séville à 18h30, arrivée à Paris à 21h00 !

Après le rendez-vous traditionnel avec Don Antonio, je suis passé de nouveau, devant « Las Dueñas ».

Le monument à la mémoire de Machado est toujours là.

Mais, aussi, un groupe d’une trentaine de touristes. Du genre « Jojo, mets ta laine ! ».

Trop peu pour moi ! Il ne faut pas casser une image/un rêve, si longuement construit ! 

Je suis donc allé faire un tour du côté de la mairie de Séville.

J’ai découvert qu’il y avait au programme de la journée  un défilé de fanfares de la jeunesse.

Brassens dit que « la musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas ! ». Continue reading

Caminante, no hay camino…(III)

Boulogne, 8/06/2020

 

Séville, le 30/09/2017

Je suis revenu, six mois plus tard, à Séville.

Cette fois-ci, je savais à quoi il fallait s’attendre et j’ai bien préparé mon voyage.

Avant de partir de Paris, j’ai cherché mon CD « Cantares », avec les vers de Machado et la musique de Serrat.

Et, bien sûr,…je ne l’ai pas trouvé, parmi les centaines de disques qui encombrent mon appartement ! 

« C’est pas grave ! », je me suis dit.

« Je le trouverai certainement à Madrid !» où je devais passer avant d’arriver à Séville. 

Dés mon arrivée dans la capitale espagnole, j’ai couru à la FNAC.

Après une courte recherche sur l’ordinateur, l’employé m’a informé qu’il n’y avait plus aucun exemplaire.

« Et à Séville ? »

Un long moment de tension !

« Oui ! A Séville il reste… un dernier exemplaire ! »

« Pouvez-vous me le réserver ? Je paye d’avance ! »

« Non ! Ce n’est pas possible ! Vous devez régler sur place ! » 

J’ai tellement insisté et cassé les pieds, que l’employé a pris le téléphone, a parlé avec son collègue de Séville, qui a promis qu’il va mettre le CD de coté ! Ouf !

Une fois arrivé à Séville, j’ai couru chez le disquaire désigné, et j’ai bien trouvé mon CD.

C’est celui que l’on voit ici. 

Pas tout à fait !

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Caminante, no hay camino…(II)

Boulogne, 8/06/2020

 

Séville, le 12/03/2017

Quelques quatre décennies sont passées ! 

Pendant ce long laps de temps, j’écoutais, de temps en temps, les chansons de Machado/Serrat. Tour-à-tour, sur disque P.V.C. noir, puis sur cassette, ensuite sur CD,  que j’ai dû racheter en suivant l’évolution de la technique. 

En mars 2017, j’étais à Séville, à la recherche d’un fournisseur d’azulejos pour  le panneau que je comptais installer dans notre jardin du Languedoc, à La Bastide Vieille. 

Je l’ai trouvé Calle Feria 15 !

J’ai discuté, pas-à-pas, avec Don Antonio, le propriétaire de la boutique « Ceramica Nazareth » le sujet, les motifs décoratifs, les conditions du transport jusqu’en Languedoc, les termes de paiement… de mon panneau.

J’ai raconté tout ça dans le texte intitulé « 3 ans, 6 mois et 20 jours… ». 

Une fois cette négociation finie, je suis parti visiter la ville. 

Je n’étais pas venu à Séville depuis… 1992, au moment de l’Exposition internationale. Et, à cette époque, de passage dans la ville pour un week-end à la suite d’une semaine de « visites-clients » en Espagne, j’avais vu surtout les pavillons de l’Expo. 

EXPO ’92 : Avec Mihai Tulbure, le Directeur du Pavillon de la Roumanie, mon ancien collègue de l’Ecole Polytechnique de Bucarest. Le Pavillon à été construit par ARTEXPO Bucarest, dont le Directeur était Mihai Oroveanu, mon ancien collègue de lycée.

Il me restait donc (presque !) tout à découvrir !

Mais, au vu de l’état d’avancement de mon projet « azulejos », j’ai compris que m’attendaient moult visites à Séville ! Ce qui s’est effectivement passé, pendant les deux années qui ont suivi.  Continue reading

Caminante, no hay camino…(I)

Boulogne, 8/06/2020

Caminante, no hay camino
Se hace camino al andar…

Caminante no hay camino
Sino estelas en la mar…*

 En 1969, j’étais élève à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne.      

A cette époque, nous avions la grande chance d’avoir un restaurant pour les élèves de l’Ecole dans l’immeuble même de notre résidence.

Après 1968, une ouverture vers le monde universitaire stéphanois a donné l’occasion aux étudiants des autres établissements d’enseignement supérieur de profiter de nos « puissantes installations »**. 

En vérité, le but, non avoué, de cette ouverture visait plutôt le rééquilibrage du budget de la cantine !

Mais nous, les élèves-mineurs, nous avons beaucoup apprécié ce changement. C’est vrai que nous étions obligés de déjeuner « en deux services », ce qui générait une certaine attente, mais  cela nous donnait l’occasion de rencontrer des jeunes de notre âge et, surtout, des jeunes filles. Parce que, à cette époque, les cours de notre école étaient réservés exclusivement aux jeunes gens !  Continue reading

Anch’io sono pittore !

Boulogne, 25/05/2020

 

En cette période de confinement forcé, les réseaux sociaux tournent à plein régime. Et l’on reçoit, des quatre coins du monde, les mêmes « marronniers »  (Un marronnier en journalisme est un article ou un reportage d’information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Les sujets « débattus » dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres.  )

Tout ça, occupe les internautes désœuvrés !

Parmi les messages envoyés, les jardins japonais occupent une place d’honneur.

C’est ainsi que j’ai reçu, plusieurs fois, l’image d’un superbe cerisier en fleur du Japon. 

En la regardant, une idée me vint à l’esprit :

« Anch’io sono pittore ! » 

C’est l’exclamation émise, paraît-il, par  Correggio (1404 – 1534), à Bologne, devant le tableau représentant Sainte Cécile par Raphaël. On peut la modifier en disant : « Anch’io sono poeta ! » ou de toute autre façon, dit mon « Dictionnaire des citations et locutions étrangères »,

édité par B. Marian à Bucarest, il y a plus de cent ans, en 1916. 

J’ai hérité de ce livre en 1960, au moment du départ précipité d’une tante vers la France, qui a dû abandonner tous ses biens.

J’aime tellement ce livre que je l’ai relié moi-même, avec la couverture d’un cahier « pour écoliers » de l’époque. Puis, je l’ai amené en France, à notre départ de Roumanie.  Continue reading

La mia bella Fornarina al balcone non c’è più!!! (II)

Feuilles de journal


Rome, le 24/05/2018

Je pars vers le Trastevere… par la voie des écoliers !

Y-a pas d’urgence ! La fenêtre de la Fornarina est là-bas depuis cinq siècles et… ne va pas partir juste aujourd’hui !

Je repasse par la « Fontana del Tritone », je descends la Via del Tritone et je traverse le Corso.

Je jette un coup d’œil rapide au Panthéon. Comme d’habitude, une queue « longue et touffue » de touristes attend pour voir la tombe de Raphaël ! Ce n’est pas la peine de rester. J’ai assez perdu de temps comme ça ! 

Je longe au pas de charge la Piazza Navona, je traverse sans m’arrêter le Campo dei Fiori et me voilà, enfin, au Ponte Sisto. 

Si j’ai tenu à traverser le Tibre et entrer dans le Trastevere par ce pont, c’est parce que l’endroit est intimement attaché à l’histoire de Raphaël et de la Fornarina !

Non seulement que ce pont, qui existait depuis l’antiquité,  avait été restauré par le pape Sixte IV à peine une trentaine d’années avant l’arrivée du grand peintre à Rome, mais il débouche, de l’autre coté du Tibre sur le « Lungotevere Raffaello Sanzio ».

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La mia bella Fornarina al balcone non c’è più!!! (I)

Feuilles de journal

 

Se la voce è un po’ velata accompagnami in sordina…
La mia bella Fornarina al balcone non c’è più!!
Lungotevere dorme mentre il fiume cammina…
Io lo seguo perché mi trascina con sé e travolge il mio cuor.
Vedo un ombra lontana e una stella lassù…
O chitarra Romana accompagnami tu!

                « Chitarra Romana »  – Claudio Villa

 

Boulogne, 15/04/2020 

L’ « Annéee Raffaello » vient de commencer !

500 ans depuis sa mort ! Déjà ? On dirait que c’était hier.

Pendant ce (très long) laps de temps, on a vu et revu, par ci et par là, les tableaux, fresques, dessins, sanguines… de Raphaël. Mais, cette fois-ci, on a décidé de mettre « les petits plats dans les grands » !

« Raffaello alle Scuderie del Quirinale », du 5 mars au 2 juin, et « Raffaello alla Domus Aurea », du 24 mars à janvier 2021, à Rome, «  Raphaël au Château de Chantilly », du 7 mars au 5 juillet, au Kupferstichkabinett del Kulturforum de Berlin, jusqu’au 1er juin, à la National gallery de Washington, jusqu’au 14 juin, enfin à la National gallery de Londres, du 3 octobre au 24 janvier 2021.

Et, bien sûr, « An Impossible Exhibition » de Bruxelles, avec « des reproductions grandeur nature, ce qui permet d’admirer des œuvres dispersées dans 17 pays différents. ». Au moins, cette dernière exposition a eu la bonne idée de fermer… le 14 mars.

Juste à temps ! Parce que, les autres ne seront vues par personne !

Pas de chance ! Si Raphaël avait pu imaginer la catastrophe qui allait s’abattre sur le monde cinq siècles plus tard, il serait mort… un an plus tôt ! Ou, qui sait, un an plus tard !

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L’Homme qui « a attaché l’âne à sa clôture »

Ce texte est le centième en langue française, publié sur mon site. Je voudrais remercier, à cette occasion, les quelques 12 000 lecteurs qui ont totalisé env. 120 000 vues pour l’ensemble des « posts » dans les quatre langues (roumain, français, italien et anglais) en 2019.

Pour le premier trimestre 2020, le site a enregistré 49032 visites et 4909 lecteurs. Ce résultat est dû, en grande partie, aux textes écrits en français. J’espère pouvoir continuer sur ce rythme… aussi longtemps que possible ! En espérant que mes passions et sujets d’intérêt dans la vie soient aussi les vôtres!

Boulogne, avril 2020

  

A attaché l’âne à sa clôture.

Şi-a legat măgaru’ la gard.

On le dit de quelqu’un qui a réussi dans la vie.

Il y a quelques vingt ans, en 2001, j’ai découvert, dans la revue « Le COURRIER » du Centre culturel roumain de Paris, un article concernant le Dr. Nicolas Guéritée. Ce texte m’a paru si passionnant que j’ai tenu à faire sa connaissance.

J’ai trouvé ses coordonnées et je l’ai appelé. Très gentiment le Dr. Guéritée m’a donné rendez-vous à son bureau, Av. de New-York, sur le quai de la Seine, juste à côté du Musée Mona Bismarck. 

J’avoue que j’ai été impressionné par cet endroit ! Avec une vue imprenable sur la Seine, le bureau du docteur  était un vrai salon, lambrissé  en bois clair, au milieu duquel trônait un lourd bureau en bois de la même couleur. Sur les murs, comme dans une galerie d’art, s’alignaient des photos en couleur montrant les beautés naturelles des Etats-Unis. Sur le bureau du « patron », pas une feuille de papier ! Le signe tangible que je me trouvais en face d’un vrai « grand patron » !* 

Le Dr. Nicolas Guéritée m’a proposé, tout de suite, de nous assoir dans le superbe salon qui occupait un petit quart de son bureau. Continue reading