Anch’io sono pittore !

Boulogne, 25/05/2020

 

En cette période de confinement forcé, les réseaux sociaux tournent à plein régime. Et l’on reçoit, des quatre coins du monde, les mêmes « marronniers »  (Un marronnier en journalisme est un article ou un reportage d’information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Les sujets « débattus » dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres.  )

Tout ça, occupe les internautes désœuvrés !

Parmi les messages envoyés, les jardins japonais occupent une place d’honneur.

C’est ainsi que j’ai reçu, plusieurs fois, l’image d’un superbe cerisier en fleur du Japon. 

En la regardant, une idée me vint à l’esprit :

« Anch’io sono pittore ! » 

C’est l’exclamation émise, paraît-il, par  Correggio (1404 – 1534), à Bologne, devant le tableau représentant Sainte Cécile par Raphaël. On peut la modifier en disant : « Anch’io sono poeta ! » ou de toute autre façon, dit mon « Dictionnaire des citations et locutions étrangères »,

édité par B. Marian à Bucarest, il y a plus de cent ans, en 1916. 

J’ai hérité de ce livre en 1960, au moment du départ précipité d’une tante vers la France, qui a dû abandonner tous ses biens.

J’aime tellement ce livre que je l’ai relié moi-même, avec la couverture d’un cahier « pour écoliers » de l’époque. Puis, je l’ai amené en France, à notre départ de Roumanie.  Continue reading

La mia bella Fornarina al balcone non c’è più!!! (II)

Feuilles de journal


Rome, le 24/05/2018

Je pars vers le Trastevere… par la voie des écoliers !

Y-a pas d’urgence ! La fenêtre de la Fornarina est là-bas depuis cinq siècles et… ne va pas partir juste aujourd’hui !

Je repasse par la « Fontana del Tritone », je descends la Via del Tritone et je traverse le Corso.

Je jette un coup d’œil rapide au Panthéon. Comme d’habitude, une queue « longue et touffue » de touristes attend pour voir la tombe de Raphaël ! Ce n’est pas la peine de rester. J’ai assez perdu de temps comme ça ! 

Je longe au pas de charge la Piazza Navona, je traverse sans m’arrêter le Campo dei Fiori et me voilà, enfin, au Ponte Sisto. 

Si j’ai tenu à traverser le Tibre et entrer dans le Trastevere par ce pont, c’est parce que l’endroit est intimement attaché à l’histoire de Raphaël et de la Fornarina !

Non seulement que ce pont, qui existait depuis l’antiquité,  avait été restauré par le pape Sixte IV à peine une trentaine d’années avant l’arrivée du grand peintre à Rome, mais il débouche, de l’autre coté du Tibre sur le « Lungotevere Raffaello Sanzio ».

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La mia bella Fornarina al balcone non c’è più!!! (I)

Feuilles de journal

 

Se la voce è un po’ velata accompagnami in sordina…
La mia bella Fornarina al balcone non c’è più!!
Lungotevere dorme mentre il fiume cammina…
Io lo seguo perché mi trascina con sé e travolge il mio cuor.
Vedo un ombra lontana e una stella lassù…
O chitarra Romana accompagnami tu!

                « Chitarra Romana »  – Claudio Villa

 

Boulogne, 15/04/2020 

L’ « Annéee Raffaello » vient de commencer !

500 ans depuis sa mort ! Déjà ? On dirait que c’était hier.

Pendant ce (très long) laps de temps, on a vu et revu, par ci et par là, les tableaux, fresques, dessins, sanguines… de Raphaël. Mais, cette fois-ci, on a décidé de mettre « les petits plats dans les grands » !

« Raffaello alle Scuderie del Quirinale », du 5 mars au 2 juin, et « Raffaello alla Domus Aurea », du 24 mars à janvier 2021, à Rome, «  Raphaël au Château de Chantilly », du 7 mars au 5 juillet, au Kupferstichkabinett del Kulturforum de Berlin, jusqu’au 1er juin, à la National gallery de Washington, jusqu’au 14 juin, enfin à la National gallery de Londres, du 3 octobre au 24 janvier 2021.

Et, bien sûr, « An Impossible Exhibition » de Bruxelles, avec « des reproductions grandeur nature, ce qui permet d’admirer des œuvres dispersées dans 17 pays différents. ». Au moins, cette dernière exposition a eu la bonne idée de fermer… le 14 mars.

Juste à temps ! Parce que, les autres ne seront vues par personne !

Pas de chance ! Si Raphaël avait pu imaginer la catastrophe qui allait s’abattre sur le monde cinq siècles plus tard, il serait mort… un an plus tôt ! Ou, qui sait, un an plus tard !

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L’Homme qui « a attaché l’âne à sa clôture »

Ce texte est le centième en langue française, publié sur mon site. Je voudrais remercier, à cette occasion, les quelques 12 000 lecteurs qui ont totalisé env. 120 000 vues pour l’ensemble des « posts » dans les quatre langues (roumain, français, italien et anglais) en 2019.

Pour le premier trimestre 2020, le site a enregistré 49032 visites et 4909 lecteurs. Ce résultat est dû, en grande partie, aux textes écrits en français. J’espère pouvoir continuer sur ce rythme… aussi longtemps que possible ! En espérant que mes passions et sujets d’intérêt dans la vie soient aussi les vôtres!

Boulogne, avril 2020

  

A attaché l’âne à sa clôture.

Şi-a legat măgaru’ la gard.

On le dit de quelqu’un qui a réussi dans la vie.

Il y a quelques vingt ans, en 2001, j’ai découvert, dans la revue « Le COURRIER » du Centre culturel roumain de Paris, un article concernant le Dr. Nicolas Guéritée. Ce texte m’a paru si passionnant que j’ai tenu à faire sa connaissance.

J’ai trouvé ses coordonnées et je l’ai appelé. Très gentiment le Dr. Guéritée m’a donné rendez-vous à son bureau, Av. de New-York, sur le quai de la Seine, juste à côté du Musée Mona Bismarck. 

J’avoue que j’ai été impressionné par cet endroit ! Avec une vue imprenable sur la Seine, le bureau du docteur  était un vrai salon, lambrissé  en bois clair, au milieu duquel trônait un lourd bureau en bois de la même couleur. Sur les murs, comme dans une galerie d’art, s’alignaient des photos en couleur montrant les beautés naturelles des Etats-Unis. Sur le bureau du « patron », pas une feuille de papier ! Le signe tangible que je me trouvais en face d’un vrai « grand patron » !* 

Le Dr. Nicolas Guéritée m’a proposé, tout de suite, de nous assoir dans le superbe salon qui occupait un petit quart de son bureau. Continue reading

Vous prendrez bien un autre café, n’est-ce pas ?

Roma, le 28 Janvier 2020

Feuilles de journal

 

«  Si tu fais comme le café
Rien qu’à m’énerver
Rien qu’à m’exciter
Ce soir la nuit sera blanche… »

COULEUR CAFE – Serge Gainsbourg              

Confortablement attablé dans un restaurant, en plein cœur de la ville de Rome, je tourne et retourne, depuis deux heures, la même question dans ma tête !

Ah ! Ce n’est pas un problème existentiel. Mais, comme chantait Serge Reggiani il y a quelques 30 ans : « …ça a une certaine importance ! ».

La question qui me taraude a un énoncé plutôt simple : « Où vais-je prendre mon café à la fin du repas ? »   

En Italie, cette question est capitale ! Comme il s’agit du meilleur café au monde, le choix de l’établissement où l’on va le déguster n’est pas si simple. 

C’est vrai que, pendant des années, j’ai suivi le conseil de Chiara Valle dans l’article intitulé « Sembra normale bere un caffè » (Ça semble normal de boire un café) et j’ai testé, à travers le monde, l’art et la manière de déguster le café dans les 105 pays que j’ai eu la chance de visiter, à ce jour. 

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Otro modelo, otro color ! (IV)

La Bastide Vieille, le 17/02/2020

 

 L’étape romaine était le moment clé de ce périple israélo-italien ! 

Puisque, dans les étapes précédentes, il s’agissait de ramasser les fruits des actions du passé, alors qu’à Rome il fallait livrer une nouvelle bataille : celle de l’encadrement des tableaux argentins !

Les données du problème étaient connues et définies de longue date. Il s’agissait, dans un premier temps, de trouver des cadres adaptés aux peintures de style colonial sud-américain, à un prix raisonnable, et  faire faire le travail dans le laps de temps dont je disposais à Rome. 

Dans un deuxième temps, arriver à transporter les tableaux encadrés en avion, jusqu’à Paris, sans me ruiner et sans les abîmer !  

Plutôt simple !

Facile à dire ! Mais à réaliser ? Les paris sont ouverts. 

Je bénéficiais, heureusement, de l’expérience du passé : trois tableaux encadrés déjà à Rome et trimbalés à travers 5 pays européens.  Continue reading

Otro modelo, otro color! (III)

La Bastide Vieille, le 17/02/2020

 

Pendant les cinq jours  passés à New-York, mes peintures d’Argentine ont dormi tranquillement dans ma valise.

Bien-sûr, je suis allé visiter quelques musées et j’ai essayé de m’inspirer, à chaque fois, de la manière dont on encadre ce genre de tableau.

Ce n’est pas parce que leur prix est ridiculement bas qu’il faut sacrifier « la mise en page » ! Même si j’étais conscient que le prix du cadre risquerait de dépasser -et de loin !- celui des peintures !

Je suis même allé au Met où, après avoir vu l’exposition « Making Marvels – Science & Splendor at the Courts of Europe », j’ai fait un tour dans les collections permanentes.

Belle expo. au Met.!

Mais ici, à mon grand désespoir, je n’ai pas trouvé des « ángeles  arcabuceros».

Nobody’s perfect ! 

 *   *   *

Une fois arrivé en France, je me suis dit qu’il ne faut pas abandonner la lutte  sans combat ! Même si les expériences du passé tentent à prouver qu’il ne s’agit pas de l’endroit idéal pour trouver un encadreur compétent, bon marché et proposant une large gamme de cadres, dans tous les styles. Continue reading

Otro modelo, otro color ! (II)

La Bastide Vieille, le 17/02/2020

 

« Le Museo de Arte Hispanoamericano Isaac Fernández Blanco est un musée d’art situé dans le quartier Retiro de Buenos AiresArgentine.

Le musée a vu le jour avec une vaste collection d’art espagnol et latino-américain (en particulier de l’Ecole de Cuzco ) amassée par Isaac Fernández Blanco à partir de 1882. 

Fernández Blanco était ingénieur de vocation; mais il aimait aussi beaucoup le violon, et la fortune familiale lui permit d’avoir une importante collection d’instruments à cordes. Plus tard, il a étendu son intérêt aux objets de la culture hispano-américaine: argenterie, icônes religieuses, peintures, meubles, livres et documents. Le patrimoine Fernández Blanco, qui compte près de 10 000 œuvres, est considéré comme l’un des plus importants de l’art hispano-américain, principalement dans l’art et l’argenterie du Pérou.

 La collection d’art péruvien présente un… grand nombre d’ œuvres originales de l’Ecole de Cuzco de la période coloniale. » 

Ce que Wikipedia ne dit pas, c’est que ce musée se trouve au coin de la rue  Arroyo, là où j’avais rendez-vous, deux jours plus tard, pour la réception officielle précédemment mentionnée, dans les salons de l’Ambassade de Roumanie.

Je connais aussi ce musée depuis quelques 25 ans.

Qui plus est, mon ami, l’ex-ambassadeur d’Argentine en Roumanie dans les années ’50, Medoro Delfino, qui avait réussi à faire sortir toute une collection d’art roumain à la fin de sa mission, avait commencé une négociation avec la direction du musée pour la lui léguer, après sa mort.

La collection comprenait aussi un salon, ayant appartenu à Marie-Antoinette, qui avait fait un détour, de près d’un siècle, par… la Roumanie ! Continue reading

Otro modelo, otro color ! (I)

La Bastide, le 17/02/2020  

Volver
Con la frente marchita
Las nieves del tiempo
Platearon mi sien.

Sentir
Que es un soplo la vida
Que doce años no es nada
Que febril la mirada
Errante en las sombras
Te busca y te nombra.

« Volver »Tango de Carlos Gardel

Au début des années ’70, à l’occasion de mon premier voyage en Turquie, je suis allé, comme chaque touriste à peine arrivé à Istanbul, visiter le Grand Bazar.

J’étais surtout intéressé par la section « vestes en cuir », que je portais très souvent, à cette époque. 

J’ai passé un long moment en scrutant les vendeurs dans plusieurs  boutiques et  en écoutant  attentivement leur baratin. L’un d’entre eux m’a particulièrement impressionné par sa rapidité à réagir aux demandes des clients et par son bagout. D’autant plus qu’il était assez jeune. Nous avions, à peu près, le même âge. 

J’ai commencé à négocier avec lui l’achat d’une veste en cuir.

A un certain moment, pour lui faire comprendre que j’avais, comme lui, une certaine expérience du marchandage, j’ai dit que j’étais né en Roumanie. Continue reading

« Quel est le lien entre…

Boulogne, 02/01/2020

 

…le Général San Martin, le «Libertador » de l’Argentine, sa patrie, du Chili et du Pérou,  le prince de Valachie,  Michel le Brave, l’ « Unificateur » des trois provinces roumaines (Valachie, Moldavie, Transylvanie) et le cimetière de Boulogne ? »

Fermez vos livres et vos cahiers, sortez une feuille de papier blanc, inscrivez votre nom entier et correct dans le coin haut, à droite, pliez et collez-le.

Vous disposez de 3 minutes, avant que je ramasse les copies !

Je compte jusqu’à 180 !

1, 2, 3, 4… 

 *   *   *

Alors ? Vous-avez trouvé ?

Comment « Non ! » ? Vous-êtes de vrais cancres ! 

Je vais vous aider. La réponse tient en deux mots : « Carrier-Belleuse » ! 

Ça ne vous dit rien ? Vous êtes pire que ce que je pensais ! Vous avez séché, certainement, les cours d’histoire et d’arts plastiques toute l’année ! 

Bon ! Puisque c’est vous, je vais vous expliquer ! Mais, vous promettez de ne pas recommencer l’année prochaine. 

Commençons… par la fin !  Continue reading