Génoise à trois rangées et feuilles de choux farcies

Feuilles de journal

Curtea de Argeş, le 19/10/2017

 

Nous avons à La Bastide Vieille, près de Capestang, sous le toit, une génoise à trois rangées.

Il ne s’agit pas, comme certains pourraient l’imaginer, d’un biscuit à pâte battue du type de ceux fabriqués en Italie et importé en France au XVIIIe siècle!

La « génoise » est l’appellation d’un motif décoratif, largement utilisé dans le Languedoc pour séparer le toit des murs de la maison. La génoise a (surtout) une fonction pratique : créer un décrochement, qui évite à l’eau de pluie de ruisseler sur la façade de la maison et, ainsi, abîmer les murs.

 Traditionnellement, les maisons de notre région n’ont pas de gouttières pour canaliser l’eau de pluie vers un tuyau collecteur qui les conduiraient dans le sol. Mais, les constructeurs ou les restaurateurs modernes trouvent plus simple et que ça rapporte davantage d’installer des gouttières. Donc, pour convaincre plus facilement leurs clients, ils ont inventé des gouttières en zinc et en céramique (verte) ! 

Quand nous avons refait nos toitures, je me suis opposé, avec bec et ongles, à l’installation de ces gouttières, à mon sens anachroniques. Mais, j’ai insisté pour que l’on installe sur le toit des tuiles canal pour respecter la tradition du lieu. Même si elles sont de production actuelle et non pas « roulées sur les cuisses des jeunes filles » (comme les cigares de la Havane !) au XIXème  siècle, qui les rendraient hors de prix. Continue reading

Je vois des « nœuds- verts » partout !

Quand j’avais dix ou quinze ans, à Bucarest, une amie de mes parents souffrant d’un rhumatisme déformant prononcé, souhaitait passer au plus vite à la retraite. Mais, après des mois et des mois d’efforts désespérés auprès des médecins du travail, voyant qu’on n’arrivait à aucun résultat, elle a décidé de changer de tactique.

Elle est allée voir son médecin et, avec le plus grand sérieux, lui a dit : « Je suis très embêtée ! Je vois des « petits nains » partout ! » 

Le médecin, flairant la supercherie, lui a fait passer toutes sortes de contrôles médicaux. Mais, une fois le problème posé, notre amie n’avait plus beaucoup d’efforts à faire. Elle restait prostrée dans les cabinets des médecins, dans les salles d’attente, devant la commission des retraites, et, toutes les cinq minutes, elle sursautait sur sa chaise criant à voix haute : « Là-bas ! Là-bas ! Il y a un petit nain ! ». Et, d’un geste sûr, elle montrait du doigt un coin de la pièce. 

Au bout de six mois d’arrêts maladie et examens multiples et variés, elle a été mise à la retraite d’office avec le diagnostic : « Affection psychique incurable ».

A partir de ce jour, elle n’a plus vu « des petits nains » ! 

Moi, je ne vois pas de « petits nains ». Mais des « nœuds verts », qui me suivent partout. C’est grave, docteur ? 

                                                 *     *     * 

Ma première rencontre avec les poteries d’art a eu lieu à Bucarest, au début des années ’60. Continue reading

Une soirée mémorable: les ‘marteaux’ à +50 !

En souvenir de notre arrivée à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, il y a 50 ans presque jour pour jour, nous nous sommes retrouvés le 2 octobre au Chalet des Îles, dans le Bois de Boulogne.

En dehors des retrouvailles avec certains de nos collègues, que nous n’avions pas vu depuis des décennies, ce fut aussi l’occasion pour quelques-unes de nos épouses de faire connaissance et de nous  découvrir  tels que nous étions au temps de nos études.

Entre autre, nous avons chanté les chansons de notre école. J’ai eu l’honneur et le plaisir de diriger les choeurs et de faire une rapide présentation de l’historique de ces chansons, qui nous représentent depuis deux siècles.

Voici quelques moments de la soirée, ainsi que des photos prises sur le vif.

Nous nous sommes promis de nous revoir, probablement dans deux ans, cette fois-ci à Bordeaux.

On attend cette occasion avec impatience !

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To win or Toulouse?

Feuilles de journal

Toulouse, 07/07/2017 

Je suis à Toulouse après 16 années d’absence ! 

Je ne sais pas pourquoi, mais Toulouse est aussi une ville chère à mon cœur.

Et pourtant, ce n’est pas un endroit facile : trop « continental », très chaud en été, trop humide en hiver, loin des montagnes, comme de la mer, ce sont aujourd’hui des handicaps insurmontables.

Mais, l’unité architecturale, la couleur dominante, le rose des briques, l’élégance des monuments, la Garonne qui la traverse, les coupoles qui se reflètent dans l’eau, les ponts de pierre éclairés par des lampadaires style XIXè siècle, m’ont toujours fait penser à Rome. Ce qui, pour moi est la référence absolue !

Même si une certaine « faune », concentrée d’antan près de la gare, s’est éparpillée maintenant un peu partout dans la ville. 

Mon histoire personnelle avec Toulouse a démarrée en 1971.  Continue reading

…ça « balancé » à Valençay !

Nevers, 12/08/2017

Quand, il y a 8 mois, en janvier 2017, Isabelle, la cousine « à la mode de Bretagne » et amie d’enfance de Sabine, nous a proposé de participer au mariage de son fils Louis, nous avons applaudi des deux mains.

On a appris par la suite que le mariage devait avoir lieu au château de Valençay. Double bonne nouvelle ! D’abord parce que à cette occasion nous allions voir, revoir, découvrir, faire connaissance avec bons nombres de membres de la famille d’Isabelle, que nous ne rencontrons presque jamais. Il faut dire qu’Isabelle habite depuis près de 20 ans aux USA, avec des passages plus ou moins longs en France … et en Chine !

Ce qui fait que ma dernière rencontre avec sa famille au complet doit dater, si je ne me trompe pas, de… 1989.

Ensuite, parce que l’idée d’aller à Valençay, splendide château dans la Vallée de la Loire, où je n’ai pas mis les pieds depuis une dizaine d’années, me tentait énormément.  Continue reading

Les trois maisons de Cadet Roussel…

Feuilles de journal

La Bastide Vieille, 25/07/2017

 

L’année dernière, après une première prise de contact rapide avec le Tarn, je me suis promis de revenir dans cette région. J’avais été agréablement surpris alors par les paysages si différents de ceux de notre département, l’Hérault.

Dans le Tarn, le décor  légèrement ondulé, permet une vue dégagée jusqu’à l’horizon. Le patchwork multicolore des champs de tournesols dorés, des bois de chênes lièges vert foncé, des terrains beiges après la moisson me rappelait les larges plateaux vallonnés de la Transylvanie. Et les routes toutes droites, avec leurs montées et descentes qui se succèdent, ressemblent aux circuits des « montagnes russes » dans les foires d’antan !

Mais, pour qu’un voyage soit intéressant et qu’il aille au-delà d’un sommaire de lieux et monuments, style « Guide Michelin », il faut choisir un thème !

Pour nous, il s’agissait, tel Cadet Roussel, de retrouver les trois propriétés qui ont appartenu, à un moment ou à un autre, depuis plus d’un siècle à la famille de mon épouse. Pour elle, c’était une véritable plongée dans les souvenirs de son enfance : elle n’y avait pas mis les pieds depuis des décennies ! Et pour moi, de coller une image sur des noms de lieux qui représentaient tout au plus des photos en noir et blanc, tout aussi anciennes !

                                                   *    *    *

L’approche du château de Bouffil n’a pas été une chose facile !

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Villers en ‘Beauté’

À peine rentré depuis quelques heures d’un voyage d’un mois à travers l’Europe, j’ai été invité par mon ancien collègue de lycée Matei Cazacu au « Festival pour l’amour de la Beauté » qui se tenait dans la crypte de l’église Saint Sulpice, là où les Roumains célèbrent leurs offices chaque semaine.

La conférence de Matei à été brillante, comme d’habitude, mais la grande surprise à été de découvrir qu’elle était suivi par  un concert-duo ‘Poésie et violon’.

La violoniste était Diana Cazaban, l’épouse de mon cousin Costin Cazaban, mais le poète m’était inconnu.

Poète français, Michel Delaunay chante tout aussi bien la Normandie que les rives du Danube.

Je ne résiste pas au plaisir de vous envoyer son poème sur Villers-sur-Mer, ainsi que celui inspiré par les traditions et paysages roumains.

Le binôme ‘poésie-violon’ était du meilleur effet, le choix des pièces joués illustrant à merveille les vers des différents auteurs, classiques et contemporains.

C’est une idée à reprendre, aussi bien dans un contexte normand que…roumain!

 Adrian Irvin ROZEI

 Paris, juin 2017

Mon Alexandrie!

Constantza est l’Alexandrie de la Roumanie !

Ou, peut-être qu’Alexandrie est le Constantza de l’Egypte ! Qui pourrait me le confirmer ? Peut-être Georges Moustaki. Mais il n’est plus parmi nous. 

Alors, dans une chaude soirée de printemps à Constantza, j’ai décidé de faire appel à sa mémoire chantée pour savoir si j’ai tort ou raison de penser cela. 

Je vous chante ma nostalgie
Ne riez pas si je rougis
Mes souvenirs n’ont pas vieilli
J’ai toujours le mal du pays
Ça fait pourtant cinquante années
Que je vis loin d’où je suis né…
 

Je ne suis pas né à Constantza,  pardon!, à Alexandrie comme Georges Moustaki.

Mais je me souviens de la chaleur et des odeurs de la ville de Bucarest de mon enfance.

Bucarest, à cette époque, au mois de juillet, c’était un cagnard. Pas le moindre souffle de vent, pas la moindre brise marine, comme à Alexandrie, pour adoucir les 40° C à l’ombre du cœur de l’été. D’ailleurs, en vieux roumain, le mois de juillet est appelé «Cuptor » : la Fournaise.  Continue reading

Boulogne…entre l’ancien et le nouveau

Boulogne, 27/04/2017 

 

A Boulogne,  prés de ma maison, tout un quartier porte l’empreinte du passé industriel de la ville. 

Je ne parle pas de l’endroit où se trouvaient, pendant prés d’un siècle, les usines « Renault ». Là-bas, des grandes opérations d’urbanisme et d’architecture font que l’on ne puisse plus reconnaître quoi que ce soit du passé industriel des lieux. 

Je pense à un petit quartier, formé de quelques rues seulement, où l’on trouvait, collées les unes aux autres, les maisons des ouvriers de chez «Renault », pendant plus d’un siècle. Oh ! Il ne s’agit pas de « chefs-d’œuvre d’architecture » dans le vrai sens du mot, mais de « pavillons » traditionnels de banlieue. Mais, qui ont leur spécificité et leur charme surtout à cause des matériaux fréquemment utilisés à cette époque : briques apparentes, marquises ou vérandas en verre, dessins en céramique vernissée en façade, quelquefois des poutres  en bois, qui donnent aux constructions une allure balnéaire. 

Ce quartier a été sauvagement bombardé par l’aviation anglaise, canadienne et américaine, en 1942 et en 1943, « par erreur », faisant un millier de morts et de blessés. Mais une grande partie des maisons ont échappées au massacre et, pendant des dizaines d’années, elles ont gardé leur aspect spécifique, embelli par des jardinets minuscules, bien cultivés, avec fleurs et buissons colorés, des tables en bois ou ciment, des niches pour oiseaux ou chiens. Presque toutes avaient un étage où l’on accédait par un escalier extérieur.  Continue reading

That’s entertainement ! 

Feuilles de journal

Boulogne, 25/04/2017

 

Au milieu des années ’70, j’étais responsable des ventes de différentes matières plastiques, fabriquées dans le groupe ELF, pour le nord de l’Europe. 

A ce titre, j’allais quatre ou cinq fois par an à Dublin, en Irlande. Au lieu de choisir un Sheraton ou Hilton récemment construits, moi j’avais décidé d’habiter à l’hôtel « Shelbourne ». 

Cet hôtel a été fondé en 1824 et se trouve juste en face du St. Stephens’s Green, le plus grand square paysagé d’Europe. Son nom rappelle celui de William Petty, le second duc de Shelbourne. 

L’hôtel a connu, pendant les deux siècles de son existence, d’innombrables moments historiques. Entre autre, en 1922 la constitution irlandaise a été rédigée dans la chambre 112, aujourd’hui appelée « The Constitution Room ». 

A l’époque, le « Shelbourne » avait conservé son élégance d’antan, mais faisait un petit peu… démodé. 

Un jour, ayant oublié mon rasoir à la maison, j’ai appelé la réception, demandant s’ils ne pouvaient pas m’en trouver un.  « Certainly, Sir ! »  Et quelques minutes plus tard, un groom frappait à ma porte et me présentait, sur un plateau d’argent, un…coupe-chou !  Continue reading