La Tour, prends garde !

Feuilles de journal
La Bastide Vieille, le 17/04/2019

 

En 1995, dans la maison de mes beaux-parents, j’ai découvert un livre qui m’a beaucoup intéressé. Cet ouvrage, plutôt un album, s’intitulait « L’Eldorado du vin – Les châteaux de Béziers en Languedoc ».

Sur près de 200 pages, Jean-Denis Bergasse, l’auteur du livre, décrivait « …le mouvement architectural du Bitterrois au XIXe siècle, phénomène de « castellisation » lié aux alcools et aux vins », relevant son  «exceptionnelle densité et diversité des réalisations ».

« Entre 1860 et la Première Guerre mondiale, les terroirs du Biterrois, mais aussi de Pézenas, d’Agde et de Narbonne, ont vu surgir de nombreux châteaux, symbole d’une prospérité soudaine et rarement égalée. » 

Je connaissais Jean-Denis Bergasse, pour l’avoir rencontré plusieurs fois dans les manifestations mondaines (mariages, baptêmes, vernissages, conférences savantes…), dont il était un invité phare dans notre région. 

Il maîtrisait avec aisance l’art et la manière d’entretenir un public néophyte sur des sujets tout aussi variés que l’histoire de la région, les coutumes et traditions locales, que de la vie mondaine et la généalogie des grandes familles biterroises.  Mais je ne pouvais pas soupçonner, à l’époque, qu’il m’inviterait à rejoindre la « Société Archéologique de Béziers », dont il était le Président, et qu’il m’inciterait à décrire les liens entre le Languedoc et la Roumanie, ce qui, quelques années plus tard, allait devenir ma première publication en français.  Continue reading

L’Aziza, je te veux si tu veux de moi !

Feuilles de journal

Abu-Dhabi, le 20/03/2019

 

Retourner dans un pays que l’on connaît bien, après quelques années d’absence, c’est une expérience intéressante!

Surtout s’il s’agit des Émirats Arabes Unis où chaque année apporte son lot de nouveautés.

Je connais ce pays depuis 1983. A l’époque, j’étais venu pour leur vendre le compound P.V.C. qui servait à la production des bouteilles d’eau. C’était une nouvelle application pour le Moyen Orient et je sentais qu’elle permettrait un développement fulgurant: l’eau est un sujet capital dans le monde arabe!

Je ne me suis pas trompé. Quelques mois plus tard  je vendais mon P.V.C. à la majorité des fabricants de bouteilles des Émirats : Masafi, Emirates, Hatta…

A partir de ce moment, j’ai développé d’autres marchés, toujours dans le domaine des plastiques.

L’avantage de ce travail était qu’il me mettait en contact avec la consommation des ménages.

Par la suite, à partir de 1994 et jusqu’en 2007, j’y ai vendu un produit utilisé dans les carrières pour la fabrication du béton. D’où les contacts avec les travaux publics et l’industrie du bâtiment.

Je peux donc affirmer, sans fausse modestie, que j’ai participé au développement de ce pays, tant dans le domaine de la vie de tous les jours, que dans celui des infrastructures.

C’est probablement pour ça que l’évolution des Émirats, que j’ai suivi pas-a -pas, m’a fasciné! Continue reading

Al Caffè con Totò !

Acest text a fost publicat în revista « Siamo di nuovo insieme », editată de « Asociaţia Italienilor din România » RO.AS.IT., no. 85 -86 datat ianuarie-martie 2019.

File de jurnal
Napoli, 24/11/2018

  

Dacă aş întreba în jurul meu cine a fost « Antonio Griffo Focas Flavio Angelo Ducas Comneno Porfirogenito Gagliardi De Curtis di Bisanzio » sunt sigur că interlocutorii mei m-ar privi lung şi s-ar întreba dacă nu m-a pocnit vreo dambla ! Iar admiratorii teatrului şi filmului italian, din prima jumătate a secolului XX, ar fi şi mai uimiţi. Mai ales…  dacă sunt napolitani ! 

Ne amintim cu toţii de un personaj remarcabil al scenei italiene a acelor vremuri : actorul Totò. Insă rari sunt cei ce cunosc adevăratul său nume, care era cel mai sus menţionat. E drept că Totò şi-a început existenţa, pe 15 februarie 1998, la Napoli, cu numele de Antonio Clemente. Nimic mai banal ! 

Însă, fiind fiul ilegitim al marchizului Giuseppe De Curtis – şi al Annei Clemente -, odată ce tatăl său s-a căsătorit, la începutul anilor ’20, cu mama lui şi şi-a recunoscut fiul, Totò a luat numele de familie al părintelui său. 

Câţiva ani mai târziu, în 1933, Antonio De Curtis este adoptat de marchizul Francesco Maria Gagliardi Focas, şi iată că astfel, un « bambino » nevoiaş din Napoli, devine : Antonio Griffo Focas Flavio Angelo Ducas Comneno Porfirogenito Gagliardi De Curtis di Bisanzio, principe, comte palatin, duc de Macédoine, exarque de Ravenne, chevalier du Saint-Empire. Nimica toată ! Continue reading

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage!

Feuilles de journal 
En mer, entre Abu-Dhabi et Mascate, le 13/03/2019

 

Georges Brassens, Henri Colpi, Georges Delerue                   

Heureux, qui, comme Ulysse,
A fait un beau voyage ;
Heureux, qui, comme Ulysse,
A vu cent paysages ;
Et puis a retrouvé,
Après maintes traversées,
Le pays des vertes années.

 

Pendant les 15 dernières années de ma vie professionnelle, j’avais mis au point un programme de « réjouissances » annuelles que j’ai suivi avec le plus grand sérieux.

L’année débutait avec un mois sans voyages, pour se reposer après les fêtes et leurs agapes.

Dès le mois de février, je partais pour 4 ou 5 jours aux États-Unis, afin de participer au Congrès de l’Association des Ingénieurs américains travaillant dans le domaine des explosifs.

Cette association, dont je faisais partie, organisait tous les ans son congrès dans une des villes du « sunny belt », aux États-Unis. Ainsi, revenaient, à tour de rôle, Nashville et Orlando, Las Vegas et la Nouvelle -Orléans, Los Angeles et Austin …

Malheureusement, San Diego, que je rêve encore de connaître, est sortie du chapeau l’année avant mon arrivée dans ce job et l’année après mon départ à la retraite. Pas de chance !

A ces quelques jours passés aux U. S., je faisais un tour dans un pays d’Amérique Centrale, d’habitude mon préféré, le Guatemala, mais, quelques fois, le Costa Rica ou le Panama.

Puis, en mars, c’était la première grande tournée sud-américaine: Argentine, Uruguay, Chili, Pérou. J’ajoutais, chaque fois, un ou deux « petits pays » (en terme de chiffre d’affaires!): la Bolivie, le Brésil, un pays d’Amérique Centrale…

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Objets inanimés, avez-vous donc une âme…

Feuilles de journal
La Bastide Vieille, 12/02/2018

Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?
Lamartine

 

Plus de cent fois, j’ai affirmé : « Oui ! Les objets inanimés ont une âme ! Et elle est vicieuse ! »

Même qu’un jour, ma patronne de l’époque, Sophie M., après une telle affirmation, m’a demandé : « Adrian, êtes-vous sûr que ce n’est pas votre âme qui est vicieuse ? »

Je n’en sais rien, pour ce qui est de la mienne, mais pour « les objets inanimés » j’en suis de plus en plus convaincu, jour après jour ! 

Tout un chacun connaît la « La « loi de l’emmerdement maximum » (LEM) ou « loi de l’emmerdement universel » (qui) est une extrapolation de la loi de Murphy ». Et l’exemple le plus souvent mentionné est celui de la tartine qui tombe TOUJOURS avec la face beurrée vers le sol, quel que soit son centre de gravité !

Mais celui-ci est un cas simple, voir simpliste.

Il y a des cas bien plus sophistiqués ! 

En voici un, qui me concerne directement : 

Depuis toujours, je suis un grand amateur, sinon un fanatique, …des pendules. 

Comme enfant, à Bucarest, nous avions une pendule de cheminée en marbre noir, surmontée de la statue d’un poète romain assis, portant fièrement sur  la tête une couronne de lauriers,  qui écrivait, le style à la main, sur une tablette du même métal dans lequel il avait été tourné. Je l’ai admirée, pendant des années, et un jour, j’ai décidé de l’appeler « Ovide » ! Continue reading

C’est mon passé que l’on jette à la poubelle !

Boulogne, 27/02/2019

 

«Les choses ont leurs secrets, les choses ont leurs légendes 
Mais les choses nous parlent si nous savons entendre…
 

Il cria: “Je prends, je rachète tout ça
Ce que vous transportez là, c’est mon passé à moi”…

C’était déjà trop tard, pour sa voix suppliante ! » 

D’après Barbara : « Drouot – La salle des ventes »

En 1967, quand nous avons quitté la Roumanie, nous avions le droit d’emporter seulement 50 Kg par personne. Bien sûr, rien en or ou en argent, pas d’objets fabriqués en Occident, même pour les vêtements il y avait une liste mentionnant le nombre de chemises, costumes, ceintures ou cravates…

Pour ce qui est des alliances, seulement les personnes mariées avaient le droit de les emporter, et seulement dans la limite de 10 g par personne. Ceux qui possédaient des alliances plus lourdes ont été obligés d’enlever ce qui dépassait cette limite !

En ce qui concerne notre famille, mes parents et moi, nous avions donc droit à 150 kg. En pratique, nous n’avons pas atteint cette limite et de loin ! Continue reading

L’heure exacte !

La Bastide Vieille, 20/02/2019

 

L’histoire raconte qu’un type, qui venait d’aménager dans un nouvel appartement, a invité un ami, pour lui présenter sa nouvelle installation.

Une fois le tour du salon, des chambres, de la cuisine, que sais-je !, fini, l’ami lui a fait plein de compliments sur l’agencement, la disposition des lieux, les équipements de la maison… 

Toutefois, un peu étonné, il lui a dit :

« Tout est parfait dans ta maison, mais, j’ai remarqué qu’il n’y a pas de pendule, ni de montre et je sais que tu ne porte pas de montre bracelet et que tu refuse le téléphone portable. Alors, comment fais-tu pour savoir l’heure qu’il est ? » 

« C’est très simple ! Quand je veux connaître l’heure, j’ouvre la fenêtre et je regarde l’horloge sur la tour de l’église d’en face ! »

« D’accord ! Mais, la nuit ? »

« Pour la nuit, j’ai une trompette ! »

« Ça va pas ? Que fais-tu la nuit, avec la trompette ? »

« J’ouvre de nouveau la fenêtre et je joue un petit air. Il y a toujours quelqu’un pour crier : « Tu es fou ? A 3 heures et demi du matin, tu joues de la trompette ? »

                                               *   *   *  Continue reading

Un siciliano a Bucarest

Questo testo è stato pubblicato, in  lingua romena, sulla rivista “Siamo di nuovo insieme” nel numero 81 – 82, di luglio-ottobre 2018 

Bucarest, 02/06/2018

Negli ultimi anni, ogni volta che arrivo a Bucarest, soggiorno nel quartiere in cui sono cresciuto.

Lì, ho scoperto un albergo aperto di recente, all’interno di un edificio costruito nel 1900, nello stile dell’epoca. L’albergo, gestito da alcuni italiani, ha anche un ristorante con menù specifico latino. Così, succede che buona parte della clientela provenga dal paese di Dante.

Nel mese di maggio di quest’anno, nella hall dell’albergo, ho notato un personaggio pittoresco: di bassa statura, muscoloso, abbronzato, tutto il tempo in giro in canottiera, con i capelli bianchi e gli occhiali da sole. Piuttosto agitato, cercava di spiegarsi in italiano con l’addetta alla reception dell’albergo, che non capiva sempre cosa l’uomo volesse. Sono intervenuto per aiutarlo e ho scoperto che… voleva comprare una chitarra!

Gli ho spiegato come raggiungere un negozio specializzato in articoli del genere e poi… sono andato per la mia strada.

Il giorno dopo, l’italiano era di nuovo alla reception dell’albergo. Poiché avevo del tempo libero, gli ho chiesto se avesse risolto il problema. Così ho conosciuto Eligio!

Lui aveva comprato davvero una chitarra ma ora aveva bisogno di altri accessori musicali. Piuttosto stupito nello scoprire le sue preoccupazioni, ho iniziato a fargli… qualche domanda supplementare! Così, ho scoperto che Eligio Faldini è un “cantautore” siciliano, che accompagna i suoi testi con la chitarra e che vive non lontano da Palermo, in una piccola città chiamata Marineo. Continue reading

Daţi un RON pentru Ateneu!

Boulogne, 27/01/2019

Pe Dl. Ion Mirică l-am cunoscut la Buenos Aires, în anul 2003.

M-am dus atunci, la fel ca şi în celelalte ambasade ale României din America de sud, şi  am cerut să vorbesc cu Dl. Ambasador ; i-am pus aceeaşi întrebare ca şi omologilor săi din ţările vecine : « Ce personaje sau personalităţi marcante, legate de « spaţiul mioritic », se găsesc în ţara unde sunteţi în misiune ? »

In majoritatea cazurilor, ambasadorul mi-a recomandat o persoană, fie din oraş, fie din cadrul personalului ambasadei, care cunoştea bine acest subiect. 

La Buenos Aires, a fost Dl. Mirică ! 

Discutând cu el vreo jumătate de oră, am descoperit o mină inepuizabilă de informaţii, nu numai despre personalităţi din lumea argentiniană, ci şi din celelalte ţări vecine : Uruguay, Chile, Brazilia etc.

Cu ocazia vizitelor care au urmat, Dl. Mirică m-a îndemnat să vad cutare sau cutare loc, persoană, edificiu…legat de interesele mele. Şi, foarte repede, am descoperit că erau…interesele noastre comune !

Merită să menţionez, în special, pasiunea lui pentru tangoul argentinian, ca şi pentru muzica simfonică, în general. 

Aşa se face că, după ce am părăsit amândoi America Latină, am continuat să ne vedem la Bucureşti. Am profitat, de câteva ori de legăturile strânse pe care Dl. Mirică le-a păstrat cu ambasada argentiniană de la Bucureşti şi astfel am participat la sărbătorirea Zilei lor naţionale.

Dar, cel mai des, am asistat împreună la concerte de tango din oraş sau la serile muzicale de la Ateneul român. 

Acum câteva zile, Dl. Mirică mi-a trimis un mesaj ilustrat, foarte interesant, despre : « Ateneul român – Marea Frescă a Neamului ».

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Faune, fais-moi peur !

Ce texte a été publié dans la revue « 3 R », éditée par l’association « Memorie şi speranţă » en Roumanie, dans le no. 7-12, daté juillet – décembre 2018.

Les remparts de la Cité de Carcassonne

La Tour et le portail du Domaine Cazaban, près de Carcassonne

Lodève, 5/10/2018

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Quand j’avais 10 ou 12 ans, à Bucarest, je rendais visite, plusieurs fois par semaine, à mon cousin, Costin Cazaban, le fils du grand acteur, professeur et directeur de théâtre, Jules Cazaban.

Costin habitait en plein centre ville, à deux pas du Palais Royal, devenu depuis une dizaine d’années le « Palais de la République ». En partant de sa maison, nous allions régulièrement nous promener en ville, à la découverte d’un quartier, d’un musée, d’un jardin, d’un monument ou d’une église. 

Mais, tout d’abord, nous faisions un crochet par le parc qui se trouvait derrière le Palais royal. Là-bas, descendant en pente douce, on pouvait rencontrer cinq ou six bassins, formant une fontaine, dont l’eau tombait en cascades. Sur les deux cotés, une dizaine de jets d’eau alimentaient les bassins avec leur eau. Comme ceux-ci étaient branchés sur un même tuyau, il suffisait de boucher une sortie pour que les jets des autres deviennent plus puissants et arrosent beaucoup plus loin. Nous les appelions « vases communicants » et on prenait grand plaisir à boucher les jets, à tour de rôle, pour les faire cracher… le plus loin possible !  Continue reading